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Honda Classic : Tiger Woods affiche un niveau de jeu très solide sur le terrible PGA National

Tiger Woods affiche de nouvelles ambitions en prévision du Masters 2018 - Crédit Photo : Mark Newcombe

Une semaine après avoir manqué le cut au Genesis Open à Pacific Palissades en Californie, un tournoi dont il est l’organisateur, Tiger Woods a radicalement changé de visage en Floride, sur l’un des parcours qu’il arpente le plus souvent dans l’année, le difficile PGA National de Palm Beach Gardens. En moins d’une semaine, Woods a considérablement amélioré son jeu, et peut légitimement revoir ses ambitions à la hausse, à quelques semaines du Masters d’Augusta, son véritable objectif.

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Tiger a toujours fonctionné en planifiant les gros tournois, et principalement les majeurs. Le circuit du PGA Tour lui servait souvent de mises en jambes en prévision des 4 plus gros rendez-vous de l’année.

Ok, depuis décembre 2017, il est de retour sur le circuit. Cependant, avant ce week-end, personne ne pouvait réellement dire ou penser que Tiger serait vraiment en mesure de pouvoir concourir dans des conditions normales.

Depuis 30 mois, il n’avait pas montré jusqu’à présent de signes laissant penser qu’il pourrait de nouveau jouer à un niveau élevé pour défendre réellement ses chances sur le tour.

Oui, il avait plutôt fait bonne figure, et envoyer un « bon » message au cours du Hero World Championship disputé au Bahamas, un autre tournoi qu’il organise, mais qui ne présente pas de cut, et ne réunit que 16 joueurs plutôt en « vacances » plus qu’obsédés par un résultat.

Lors de sa précédente tentative de retour, au bout de seulement deux tournois, il devait se « scratcher » en raison de douleurs au dos.

Pendant le Honda Classic, personne ne l’a vu se soutenir le bas du dos ou marcher comme un vieillard. A 42 ans, Tiger est apparu en forme, concentré, et déterminé.

Autant, une semaine plus tôt, il a dispersé son drive un peu partout sur le Riviera Country Club, autant cette semaine sur le terrible PGA National, l’un des dix parcours les plus difficiles de la saison régulière, il s’est montré plus adroit.

Il faut aussi admettre qu’il a mieux géré les moments où il fallait sortir le « tigre », et s’en est remis plus souvent à l’excellence de son jeu de fers, pleinement retrouvé avec quelques-uns de ses fameux stingers, coups de départs au fer 2 dont il a le secret.

Dans bien des catégories statistiques, Tiger Woods a démontré des compétences dominantes retrouvées.

Cela s’est vu dans le jeu, sur le tableau du leaderboard, et aussi en conférence de presse d’après tournoi où une phrase a retenu l’attention de tous les journalistes dont le chroniqueur de Golf Channel, Rian Lavner « Ces derniers jours, je me suis senti à l’aise sur le fait de jouer un tournoi de golf. »

Cette phrase toute simple de la part de Tiger en dit beaucoup sur un Tigre retrouvé, un golfeur dans la possession de ses moyens, ce qui n’en fait pas un golfeur comme les autres.

Durant tout le tournoi, Woods s’est montré aux avant-postes, patiemment, rigoureusement, machinalement, sans donner l’air de forcer.

Au contraire, Woods a déroulé son jeu.

Il a fait moins d’écarts au driving comme une semaine plus tôt au Riviera, tout en continuant à taper des coups de fers d’une précision chirurgicale comme à Torrey Pines où il avait terminé 21eme.

Depuis le début de ce nouveau retour, il semblait évident que Woods avait besoin de jouer, besoin d’enchaîner les parties en compétitions, se remettre dans le vrai bain.

A moitié du dernier tour dimanche, il a admis avoir ressenti un peu de fatigue.

Toute la préparation physique que vous pouvez effectuer en salle ne vaut pas le fait de marcher le parcours pendant 4 jours d’affilés.

Depuis le mois de décembre, en seulement quatre tournois, ce qui représente 14 parties de 18 trous, Tiger Woods a démontré des progrès aussi spectaculaires que rapides.

Non seulement, en touchant du bois, on peut considérer qu’il n’est plus gêné physiquement, et peut donc se concentrer pleinement sur son jeu, mais de plus, il semble retrouver la plénitude de ses compétences de golfeur.

Après avoir changé de shaft pour son driver, Woods a tout simplement délivré des statistiques de frappes de balles qui le place au niveau des tous meilleurs.

Il ne fait plus seulement partie de la mêlée, ce qui était déjà une victoire en soi, il y a 4 mois. Il démontre qu’il est aussi et surtout, à nouveau capable de la dominer.

Sur certains drives, il a déroulé une vitesse de swing dépassant les 128 mph ! Une telle moyenne peut le placer au niveau de Dustin Johnson ou Justin Thomas.

C’était clairement le point qui pouvait nous laisser sceptique quant à son retour, et sa capacité à réellement pouvoir peser sur les événements.

Au cours de ce Honda Classic, il a levé cette inquiétude.

A 42 ans, tout comme Phil Mickelson à 47 ans, la capacité à driver très loin ne sera pas un handicap contre DJ, Justin Thomas ou encore Rory McIlroy.

Il aura en plus l’expérience pour lui, même si ses jeunes adversaires ne sont pas des perdreaux de l’année.

Derrière, Woods a d’autres compétences à faire valoir, et il en a déjà montré une belle partie sur le PGA National.

Il termine à la 12eme place du Honda Classic, soit son meilleur résultat en tournoi PGA Tour depuis 30 mois, mais à un moment, avant le trou 15, on pouvait encore espérer qu’il rentre dans le top-10.

Pendant tout le week-end, les commentateurs du PGA Tour n’ont cessé de donner son écart de coups avec la tête, occupée tour à tour par Alex Noren, Luke List puis finalement Justin Thomas.

A un moment, il n’a été qu’à 3 coups de la tête.

Dimanche matin, sans oser y croire, il avait encore toutes ses chances.

Finalement, il rend une carte de 70 dans le par. Il est d’ailleurs le dernier joueur du tableau à jouer dans le PAR total pour la semaine.

Justin Thomas est certes à 8 coups devant, mais sans son double bogey pour une balle dans l’eau au 15, il pouvait facilement finir à -2 et T7.

Avant les trois tournois déjà disputés comme un échauffement (Torrey Pines, Riviera et Palm Beach), Woods ne savait pas trop à quoi s’attendre, et ne s’était pas vraiment fixé d’objectifs.

Depuis dimanche, il a revu ses ambitions à la hausse.

Dans moins de six semaines, sauf cataclysme, il sera au départ du Masters, et pas dans la peau d’un figurant à en juger par son niveau de jeu retrouvé.

Qui l’aurait cru 4 mois plus tôt ?

Lui se sent sur le bon chemin pour être compétitif à Augusta.

Avec une moyenne de 291 mètres au drive pendant cette semaine, il s’est classé troisième pour la distance sur le parcours très venté du PGA National ! Alors qu’une semaine plus tôt, c’était un dilemme, pour l’instant, il semble que ce soit à nouveau un point fort.

Il faudra attendre de constater si Woods confirme dans ce registre pour réellement s’emballer.

En revanche, en matière de jeu de fers, et d’approches, Woods a confirmé.

Il s’est classé premier pour la statistique de la proximité au trou. Personne n’a affiché un meilleur jeu de fers que lui.

Dimanche, il a pris 14 greens en régulation. Il s’est classé dixième pour cette statistique sur les 4 jours de compétitions.

Même le petit jeu a été consistant avec une onzième position pour la statistique du « scrambling ».  C’est son putting qui a été correct mais sans plus.

Là-aussi, c’est le manque de compétition qui parle. Dans six semaines, il aura encore plus de repères.

Le PGA National est un parcours fameux pour l’enchaînement de trois trous du 15 au 17 surnommé le « Bear Trap » ou piège de l’ours en référence à Jack Nickaus.

Sur ces trous, pour les 4 tours, Tiger a perdu 8 coups. En revanche, sur tout le reste du parcours, il a gagné justement 8 coups.

Il faut admettre que les conditions météos étaient délicates, et sa balle dans l’eau au 15 dimanche, tient dans un mauvais jugement du vent, mêlé à son peut-être seul véritable mauvais coup de fer de la semaine.

En seulement quelques parties de golf, Tiger est donc passé du statut d’énigme à celui de potentiel favori pour le prochain Masters.

Il faut rester prudent, mais le tigre semble sur la bonne voie. « J’ai le contrôle de mon jeu. »

Depuis combien de temps ne l’avions-nous pas entendu dire une phrase aussi simple et aussi forte pour un golfeur ?

Cette semaine, Woods n’est donc plus seulement de retour, il n’est plus loin d’être complètement redevenu lui-même.

A lui d’écrire librement et pleinement, la suite de son histoire, avec peut-être un dernier chapitre aussi extraordinaire que le premier…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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