Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

HNA Open de France 2018: Justin Thomas, un américain à Paris

HNA Open de France 2018: Justin Thomas, un américain à Paris

Jeudi, pour le premier tour de l’Open de France 2018 au Golf National, Justin Thomas sera la star du tournoi. L’américain, numéro deux mondial, tenant de l’US PGA Championship, quatrième majeur de golf, et révélation de ces derniers mois s’apprête à disputer son premier événement sur le circuit européen. A l’inverse de beaucoup de ses compatriotes restés aux USA, il veut découvrir le prochain parcours de la Ryder Cup. Si sa décision a positivement surpris son capitaine, lui, se sent comme un poisson dans l’eau, et prêt à relever le défi.

Découvrez nos formules d'abonnements

En conférence de presse, devant une assemblée plutôt internationale composée de français, d’anglais, et d’américains ou sur le practice du Golf National, Justin Thomas démontre une réelle bonne humeur, et une forme de décontraction.

En 2016, McIlroy, dans le même rôle, était apparu beaucoup plus sérieux, inaccessible et même légèrement vaniteux.

Justin Thomas a d’ailleurs discuté de l’Open français avec Rory avant de venir. Bien qu’il soit concentré sur son golf, il voulait voir Paris, la Tour Eiffel et Versailles, et autrement que sur des photos sur le net.

Plus ouvert qu’un Bubba Watson, Justin Thomas est l’atout charme d’une Amérique qui en a bien besoin par les temps qui courent.

Au practice, il porte ses deux seaux de balles devant son fidèle cadet, qui a déjà fort à faire avec le sac.

Il croise son ami Ricardo Gouveia, échange quelques bons mots. On ne dirait pas que l’américain s’apprête à jouer son premier Open de France.

J’avais déjà pu le voir l’an passé au Genesis Open, Justin Thomas n’est pas du genre à être stressé sur le parcours. Ce n’est pas lui qui va casser un shaft de colère comme James Morrison ou invectiver un partenaire trop près de sa place de practice comme l’allemand Marcel Siem.

D’ailleurs, cette année sur le practice des joueurs au Golf National, il y a foule ! Les places sont chères. Thomas a dû se faufiler pour se trouver une petite place, coincé entre Renato Paratore et Sébastien Gros, qui vient lui-aussi d’arriver.

jt-2018hna3-mini.jpg

Thomas est suivi par plusieurs personnes dont une photoreporter travaillant pour Titleist Europe, l’occasion est trop rare d’avoir un tel joueur.

Pas intimidé plus que ça par le Golf National, en conférence de presse, il n’avait pas hésité à vanter le terrain, en très bon communiquant qu’il est.

Légèrement grippé, mais ne voulant pas laisser transparaître quoi que ce soit, il avait été très professionnel dans ses réponses au média.

« Cela devrait être une semaine amusante. Je suis très content d’être là. J’ai eu l’occasion de parler du parcours avec Rory la semaine passée au Travelers. Il m’en a dit beaucoup de bien. »

A la différence de la conférence de presse de 2016 pour McIlroy, très formatée, sans aucune liberté de pouvoir poser des questions autres que celles de la presse britannique, Justin Thomas a donné le double de temps que Levy ou Garcia, et répondu à toutes les questions, même les moins pertinentes !

Plus sérieusement, sur sa stratégie par rapport au Golf National, là-encore, il n’a pas semblé pris de court.

Un journaliste lui demande s’il va jouer agressif ou plus défensif, il répond que la météo sera un facteur déterminant. Il a déjà pris le soin d’analyser le sens du vent des deux derniers jours.

Sur ce sujet, il s’est d’ailleurs renseigné auprès de Tommy Fleetwood, et semble y accorder une grande importance.

Il pense jouer beaucoup de bois 3 et de bois 5 sur les tees de départs dans le but de trouver un maximum de fairways. Il anticipe le fait que les balles pourront rouler un petit peu à la faveur d’un sol plus sec.

Dans le cas où le parcours pourrait être plus soft, il considérera alors de taper plus de drives.

Sa priorité sera bien de mettre un maximum de balles sur le fairway. Il a sans doute déjà vu la hauteur des roughs, qui cette année, ont de quoi impressionner.

roughs-hnaopenfrance.JPG

Il était aussi très intéressant de recueillir sa perception sur le Golf National versus les parcours qu’il joue plus souvent aux Etats-Unis. Il n’a pas éludé la question, et a répondu de manière directe et franche.

« J’en ai beaucoup parlé avec mes proches, et nous avons eu du mal à nous mettre d’accord. Ce parcours me paraît vraiment unique. Il a un look assez similaire à un parcours comme Shinnecock à cause des herbes hautes, mais il y a aussi de l’eau, ce que nous n’avons pas à Shinnecock. Il y a aussi des trous avec des arbres. En réalité, ll y a beaucoup d’éléments variables qui me font penser que ce parcours est vraiment unique. »

Il conclut finalement « C’est vraiment difficile de le comparer à un parcours américain. Si c’était un parcours américain, on dirait de lui qu’il est difficile. Cela va être un bon test. »

A nouveau, il constate que selon la direction du vent, la difficulté du parcours peut complètement changer. Pour cela, il se refuse à trop anticiper, ce que sera le parcours pendant la Ryder Cup.

A ce sujet, la question est inévitablement revenue « Pourquoi peu d’américains ont finalement fait le déplacement ? »

Très diplomate, il a déclaré « Je pense que beaucoup de joueurs auraient aimé venir pour repérer le parcours avant la Ryder Cup.  Pour ma part, quand j’ai construit mon planning en prévision du British, je me suis demandé ce que j’allais faire. J’aurai pu prendre trois semaines de repos après le Travelers, mais j’ai considéré que ce parcours allait accueillir la Ryder Cup, que c’était une opportunité de prendre des points dans les classements, et enfin, l’opportunité de venir à Paris, de visiter Versailles… »

Il poursuit « J’ai mis les choses en balance. Je ne voulais pas prendre trois semaines de repos. Bien entendu, je suis un peu fatigué après Shinnecock et le Travelers, mais c’est le process que j’ai décidé de suivre pour ma préparation. Je préfère jouer. »

links-hna-mini.jpg

Toujours au sujet du parcours, un journaliste anglais a voulu savoir si le Golf National pouvait être une bonne préparation pour Carnoustie.  Sur ce point, Justin Thomas concède beaucoup plus facilement que Sergio Garcia, le fait que le Golf National est une sorte de links loin de la mer !

« Oui, c’est assurément une bonne préparation. Il faut avoir un total contrôle de votre balle. Il faut être précis, et taper vraiment droit. Il faut travailler contre le vent. C’est effectivement une bonne préparation. »

D’ici au British qui est bien entendu son objectif principal, Justin Thomas compte bien prendre une semaine de repos sans jouer, et devrait donc faire l’impasse sur le Scottish Open. Il concède avoir pris beaucoup d’avions, et avoir besoin de reposer son corps.

Son choix de disputer l’Open Français est donc bien à prendre en considération versus le choix qu’il aurait pu faire de jouer en Irlande (comme McIlroy) ou en Ecosse (comme Fowler).

Cela étant, pour beaucoup de journalistes, et pas nécessairement des français, cette question du manque d’américains est une véritable obsession.

Un journaliste anglais demande à Justin s’il comprend pourquoi Tiger et Rory ont préféré tourner une pub pour Nike plutôt que de venir.

Thomas botte astucieusement en touche. Comme tout bon communiquant américain, il évite de se mettre à dos ses confrères. « Je n’étais pas au courant. Je suis sûr que s’ils avaient pu, ils auraient aimé être là. »

jt-2018hna6-mini.jpg

Pour revenir à sa présence, il assure que chaque tour joué est toujours une occasion d’apprendre. Il est certain que son expérience sur ce golf National va lui permettre de prendre quelques astuces, et bien entendu, de les partager avec ses partenaires de l’équipe américaine.

« Cela étant, les membres de notre équipe n’ont pas besoin de moi pour jouer très bien. Nous avons quelques-uns des meilleurs joueurs du monde dans notre équipe. Cela dit, les européens ont aussi une très bonne équipe. »

Le finish du Golf National a aussi été évoqué. Les quatre derniers trous, et en particulier le 18 sont considérés comme très difficiles. Justin a été interrogé à ce sujet.

« C’est vrai que le 18 est très impressionnant. Cela étant, je pense que le joueur qui sera contre moi pensera de la même façon à ce sujet… »

Il poursuit « C’est un super trou pour finir une partie. Il faudra être solide comme pour tout finish de Ryder Cup. »

N’ayant jamais remporté de tournoi sur le circuit européen, Justin Thomas s’est montré motivé par cette perspective, et de manière surprenante pour nous européens, il considère que gagner sur le PGA Tour n’est pas une fin en soi.

Gagner un tournoi européen signifierait beaucoup pour lui… ne serait-ce parce que la météo est différente. « La dynamique est totalement différente. »

Interrogé sur l’ambiance avec les joueurs, Justin Thomas a pour finir, rappelé qu’il avait joué avec certains européens ou américains sur le circuit comme Chase Koepka, le frère de…,

« Il y a beaucoup de joueurs que je connais ici. C’est juste que je n’ai pas si souvent l’occasion de les voir. C’est amusant d’être ici pour cette raison. »

jt-2018hna-mini.jpg

Il a même parlé d’une forme de camaraderie entre les joueurs, et s’est senti très bien accueilli par tout le monde.

Justin Thomas n’a pas encore gagné le tournoi, mais il a séduit tout le monde.

Assurément, sur le parcours, il pourra séduire les spectateurs qui feront le déplacement pour découvrir l’un des meilleurs golfeurs du monde en activité.

Posté par le dans European Golf Tour
  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 210
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.