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HNA Open de France 2018 : La première réussie de Jon Rahm

HNA Open de France 2018 : La première réussie de Jon Rahm

Tout comme Justin Thomas plus tôt dans la journée, Jon Rahm a su manier les difficultés du Golf National pour sa première sortie. D’autant qu’entre les parties du matin, et celles de l’après-midi, le vent est venu considérablement complexifier le jeu. A plusieurs reprises, avec l’aide de son cadet, l’espagnol s’est soucié du sens, et de la force du vent, pour réaliser les meilleurs choix possibles sur les premiers 18 trous de ce 102eme Open de France. A trois coups du leader Bradley Dredge, bien qu’il rende finalement la même carte (70) que l’an passé pour sa première apparition, le contenu de sa partie a été différent. Une question d’expérience et d’attitude ?

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Présent sur sa partie du premier tour avec Levy et Fleetwood l’an passé au départ du 10 à 8h du matin, j’avais pu constater de visu la puissance phénoménale de l’espagnol Jon Rahm. Il débarquait en France avec son statut de néo-star du PGA Tour, déjà auréolé d’une victoire spectaculaire à Torrey Pines.

Très rapidement, il allait visiter avec une certaine régularité les roughs du Golf National, et en profitait alors pour exprimer à la fois sa puissance, mais aussi sa créativité pour se sortir de situations bien compliquées.

Comparativement à Fleetwood, d’une précision d’orfèvre, Rahm ne ménageait pas sa peine. Il était alors la tête d’affiche du tournoi, et le favori.

Son premier tour joué en 70 lui avait donné une chance de néanmoins bien figurer. Cependant, Tommy Fleetwood avait déjà assainé un 67 plein de réalisme, et fort utile plus tard pour la victoire.

Cette année, j’ai retrouvé Jon Rahm à partir du trou numéro 7, et l’ai suivi jusqu’au 10 avant de passer sur Sergio Garcia. Rahm associé à Tyrell Hatton, bien plus nerveux et Matthew Fitzpatrick était cette fois parti du trou numéro un, peu avant 13h.

Si finalement un double au 15 va ternir sa journée, et sa performance d’ensemble (jusqu’à cet incident, il était régulièrement à -3 à la faveur d’un départ idéal), Jon Rahm a affiché une concentration encore améliorée par rapport à l’an passé.

Vainqueur de son Open national à Madrid, quatrième du Masters, vainqueur du CareerBuilder Challenge, Jon Rahm est quelque peu rentré dans le rang depuis quelques semaines. Il vient de manquer le cut à l’US Open, ce qui n’est pas nécessairement significatif au vue du nombre de top-players à avoir été en difficulté à Shinnecock Hills.

Ce n’est pas lui faire injure que de constater que le numéro 5 mondial n’a pas rééditer exactement le même début de saison sur le PGA Tour par rapport à 2017.

En quatre mois, il avait non seulement remporté le test de Torrey Pines, et terminé second du championnat du monde de match-play. Le monde le découvrait.

A Torrey Pines justement cette année, après deux tours, on a bien cru qu’il allait ravir le fauteuil de numéro un mondial à Dustin Johnson, et puis finalement, peut-être sous la pression de l’enjeu, il ne put empêcher Jason Day de l’emporter.

Pour performer sur le Golf National, il faut clairement être sur les fairways, pour ensuite avoir la chance de se rapprocher le plus possible des drapeaux.

Très rapidement devenu numéro deux mondial après avoir découvert le PGA Tour fin 2016 (il est actuellement cinquième), Rahm ne vient pas pour faire de la figuration à Paris.

Au fur et à mesure de l’après-midi, les conditions sont devenues de plus en plus fermes, de l’aveu même du leader, Bradley Dredge.

Le 70 de l’après-midi signé par Rahm ne vaut peut-être pas le même 70 signé par Justin Thomas ce matin, la nouvelle tête d’affiche et donc favori du tournoi 2018.

Pour performer sur le Golf National, il faut clairement être sur les fairways, pour ensuite avoir la chance de se rapprocher le plus possible des drapeaux.

La fermeté des greens est la principale difficulté. C’est toujours le leader Bradley Dredge, un habitué du golf national qui l’affirme.

Il ajoute d’ailleurs que le parcours est juste parfait en termes de difficulté, ce qui tranche avec les nombreux avis des joueurs entendus après le troisième tour à Shinnecock Hills, théâtre du dernier US Open, et souligne la bonne préparation de l’Open Français.

Contrairement à l’an passé, Rahm a bien été sur la piste sur la plupart des trous que j’ai pu suivre.

C’est plutôt son partenaire du jour, Tyrell Hatton qui a semblé s’agacer de visiter les herbes terriblement hautes.

C’est plutôt son partenaire du jour, Tyrell Hatton qui a semblé s’agacer de visiter les herbes terriblement hautes.

Les positions de drapeaux sont loin d’être données, notamment sur le par-3 du 8 où j’ai pu voir Matthew Fitzpatrick, Tyrell Hatton et Jon Rahm tenter le birdie sans y parvenir.

Au bord droit de ce large green, et dans une pente, il y aura sans doute peu de birdies, et comme l’affirme Andy Sullivan, à chaque trou, il peut y avoir potentiellement une catastrophe.

Comme les années précédentes, le futur vainqueur sera sans doute celui qui commettra le moins de bogey.

Sur l’aller, Rahm n’en a concédé qu’un seul. Et sur le retour, son double au 15 est presque une surprise, et même une sévère punition pour sa partie d’ensemble.

Il le concède, c’est sans doute son seul mauvais coup du jour.

Cette année, Fleetwood n’a pas réalisé le même départ. Rahm devra donc rattraper Bradley Dredge, et surtout se méfier d’Andy Sullivan et Graeme McDowell déjà à -3.

Rahm devra donc rattraper Bradley Dredge

Plus tôt en conférence de presse, Rahm avait déclaré aimer ce parcours.

Un parcours où il ne suffit pas de prendre le driver, et de taper le plus loin possible.

Au contraire, Rahm soulignait le fait qu’il fallait beaucoup réfléchir.

De ce que j’en ai vu, et entendu avec son cadet, Rahm m’a paru beaucoup moins nerveux et précipité que l’an passé. Chaque coup a été longtemps discuté.

« Pour gagner, il faut jouer extrêmement bien. Il faut réfléchir et être assez malin. »

Clairement, Rahm veut gagner.

Bien qu’il rende finalement la même carte que l’an passé, ce 70 ne traduit pas son attitude et un jeu bien en place.

A la différence de l’américain, l’autre star de la Ryder Cup présent cette semaine, l’espagnol ne veut pas seulement repérer le parcours. Il aime ce terrain, et note que c’est le plus ancien open continental, ce qui lui confère un caractère prestigieux à ses yeux.

Bien qu’il rende finalement la même carte que l’an passé, ce 70 ne traduit pas son attitude et un jeu bien en place.

En gommant de toutes petites erreurs, il devrait pouvoir descendre encore plus bas, surtout que demain, il aura l’avantage de partir le matin avec des greens un peu moins fermes.

Comme le confirmait Thomas Pieters en interview post-tour, cela devrait être difficile de jouer moins de cinq coups sous le par sur ce parcours, tenant compte du vent, et des placements des drapeaux sur les greens.

Rahm aura pour lui sa combativité.

Rahm aura pour lui sa combativité.

La presse espagnole avait épinglé le fait que le natif de Barraka était peut-être meilleur quand il paraissait en colère sur le parcours, plutôt que de rester plus impassible.

A ce sujet, Rahm a commenté qu’il avait fait l’erreur l’an passé, lors de l’US Open, de changer sa nature profonde, et son comportement sur le parcours, pour paraître un peu plus polissé.

« Afficher un sourire sur mon visage pendant toute la partie n’est pas quelque chose d’aisée quand ce n’est pas dans votre nature. »

Ce jeudi, il n’avait pas le sourire, mais plutôt le visage d’un joueur très très concentré sur son sujet.

« Pour mieux jouer, je dois surtout accepter mes émotions comme elles viennent. Je dois les laisser passer plutôt que d’essayer de m’y accrocher. Le fait de me concentrer sur ce que je devrais être plutôt que de jouer au golf avait été une erreur. Ce n’est pas pour autant que je vais jeter mes clubs par terre. Je ne ferai tout simplement plus l’erreur d’essayer d’être quelqu’un d’autre. »

Pour mieux jouer, je dois surtout accepter mes émotions comme elles viennent.

Rahm est déjà un sérieux candidat pour la victoire dimanche. Le Mano à Mano rêvé entre lui et Justin Thomas se met peu à peu en place. Comme il l’affirme, dimanche, ce sera encore plus une bataille mentale que physique, surtout au regard des nombreux obstacles d’eaux sur le parcours qui mettent sous pression.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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