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HNA Open de France 2018: Levy chasse la pression

HNA Open de France 2018: Levy chasse la pression

Mercredi 27 Juin – Conférence de presse de veille de premier tour à Saint-Quentin-En-Yvelines, Alexander Levy se présente à la presse pour faire le point sur sa forme du moment, ses chances de qualification pour la prochaine Ryder Cup, et ses ambitions concernant cette 102eme édition de l’Open de France de golf. Numéro un français, il porte toute la pression du golf tricolore sur ses épaules, et quelque part, cela se voit…

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Que penser de la conférence de presse de pré-tournoi d’Alexander Levy ?

Avec une majorité de journalistes français, une fois n’est pas coutume sur un tournoi de l’European Tour, Alex Levy a tenu à faire sa conférence en français.

Et effectivement, la majorité des questions ont tourné autour de l’actualité française, à savoir l’Open, et la prochaine Ryder Cup.

Sur la question spécifique de l’Open français, Alexander Levy a tenu à rappeler qu’il s’agit d’une semaine « que nous attendons tous, et dont on a envie d’ajouter à notre palmarès ».

Pourtant, dès les premières minutes de la conférence, l’attitude corporelle, et les mots employés par Alexander ne laissaient pas penser qu’il était dans un temps fort, en pleine confiance ou même euphorique.

A l’inverse de son attitude sur le parcours, il paraissait évident qu’il était un peu en-dedans, la tête un peu rentrée dans les épaules… une attitude surprenante pour un joueur qui réalise finalement une saison honorable, déjà émaillée d’une victoire, et surtout qui porte les espoirs de toute une fédération.

Au moment où un journaliste français lui a demandé pourquoi cet Open était particulier, il a esquissé un sourire « Je pense qu’on est pas stupide. On sait que dans trois mois, il y a la Ryder Cup. On a un plateau comme jamais vu auparavant. Je pense que cela le rend particulier. Il fait partie des Rolex Series. C’est un Open qui sera particulier pour tout le monde. Je pense qu’il n’y a jamais eu autant d’attention sur cet open. »

dès les premières minutes de la conférence, l’attitude corporelle, et les mots employés par Alexander ne laissaient pas penser qu’il était dans un temps fort, en pleine confiance ou même euphorique.

Le journaliste du Figaro a voulu savoir si le français discutait avec les américains à propos du parcours, et surtout si ces derniers pouvaient le craindre.

Le journaliste voulant ainsi faire référence au fait que peu d’entre eux ont finalement fait le choix d’être présent pour faire un repérage.

Levy a tout simplement commenté que l’organisation du calendrier actuel rendait les choses compliquées pour les américains. Justin Thomas et Sergio Garcia le confirmeront quelques minutes plus tard, dans le même exercice.

« Ils ont un calendrier très chargé. Ils ne peuvent pas tous venir. »

Et puis la question clé de cette conférence est venue !

Quel est le pourcentage de chances que tu participes à la Ryder Cup ? Quel pourcentage te donnes-tu ?

Le français a esquissé un bref sourire, levé les épaules un bref instant, comme s’il s’attendait à cette question.

Il s’est tourné vers la responsable des médias de l’European tour, pris son temps pour répondre, avant d’interroger son interlocuteur à son tour « Aujourd’hui ? ».

Puis il lâcha comme sûr de son effet « zéro ! »

Il haussa à nouveau les épaules, conscient qu’il venait de prendre tout le monde de court.

Est-ce une habile façon d’éluder la question, de chasser la pression sur un question qui revient en boucle, ou est-ce un constat lucide, résigné ?

Le journaliste renchéri presque incrédule de la réponse du français « Il reste quatre tournois dont des Rolex et un majeur pour inverser le processus… »

Levy concède alors « J’ai deux mois pour monter à 100% » dans un large sourire, de sorte que l’on ne sait pas si c’est du lard ou du cochon.

Hilare, Levy attend la question suivante, qui inévitablement revient sur ce thème, car la plupart des journalistes présents ne s’attendaient pas à ce type de réponse.

« Quand tu dis 0%, c’est parce que tu ne te sens pas au top de ta forme ? »

Levy répond « C’est juste que pour l’instant… je ne sais pas… j’ai pas regardé… il doit y avoir quinze personnes devant moi dans chaque classement. Au jour d’aujourd’hui, j’ai zéro chance d’y participer. Après, il me reste trois mois pour faire des bons résultats. Si je fais des bons résultats dans cette période, forcément les chances pourront augmenter. Pour l’instant, si l’équipe doit se faire demain, je n’y serai jamais ! C’est pour ça que je dis zéro. »

Plus que de chasser la pression, Levy semble surtout défaitiste.

Plus que de chasser la pression, Levy semble surtout défaitiste.

Veut-il se protéger ? Veut-il préparer l’opinion publique et la fédération au fait qu’aucun français n’y sera, à commencer par lui ?

Un autre journaliste essaie alors de l’emmener sur le terrain de la pression liée à la Ryder Cup « On arrête pas de te parler de la Ryder Cup, comment arrives-tu à faire abstraction, et pour jouer libéré ? »

Levy plus sérieux répond « Il faut juste savoir où on en est ! Comme je l’ai dit deux minutes plus tôt, c’est bien d’en parler ! Ce n’est pas parce que j’en parle… que les gens m’en parlent… que je vais être dans cette équipe. C’est par les résultats que cela va se jouer. »

Il poursuit, peut-être sincèrement « Je le sais au fond de moi, et je ne le dis pas parce que je suis en face de vous… si je dis que je ne serai pas dans l’équipe, c’est parce que je le pense. Il y a des meilleurs joueurs devant moi. Ce n’est pas parce que je suis français et que c’est la Ryder Cup en France… Au jour d’aujourd’hui, mon niveau de jeu n’est pas assez bon. Mes résultats ne sont pas assez bons pour faire partie de cette équipe ! C’est tout ! »

Effectivement, c’est tout !

Alexander ne fait pas seulement que chasser la pression, il l’évacue complètement. Si lui-même fait ce constat de cette façon, comment espérer pour lui ?

Le public doit se préparer à ce constat de vérité. Levy souhaite visiblement préparer le terrain pour l’inéluctable, selon lui.

Incrédule, le journaliste de Nice-Matin le relance « Tu dis ton niveau de jeu ou tes résultats ? »

Placide, Levy rétorque « Je pense que cela va ensemble. Cela fait un petit mois que j’ai un coup de moins bien. Ce qui fait partie d’une saison. Pour autant, je n’ai pas lâché. Je continue à bien travailler, à faire des bonnes choses…J’ai fait des erreurs au niveau de l’entraînement ces derniers mois. Ça fait partie du jeu. J’apprends tout le temps. Je suis jeune. J’ai 27 ans, et j’en apprends tous les jours. »

Poursuivant « Il y a une belle série de tournois qui arrive. Je me suis bien préparé. Maintenant, il va falloir un bel enchaînement. » Disant cela, il cherche ses mots. On a du mal à sentir l’enthousiasme dans ses propos.

A nouveau, son langage corporel et ses mots ne traduisent pas une grande confiance.

Il y a une belle série de tournois qui arrive. Je me suis bien préparé. Maintenant, il va falloir un bel enchaînement.

Levy est peut-être marqué par son dernier US Open manqué, un tournant négatif dans sa saison.

Il parle d’essayer de relever les gros challenges qui viennent dans les semaines à venir, mais à l’écouter, on ne sait pas si lui-même y croit, et c’est bien le plus inquiétant.

Justin Thomas et Sergio Garcia qui ont suivi en conférence de presse n’ont pas du tout développé le même discours.

L’écart était saisissant entre d’un côté, un français un peu résigné, et un américain et un espagnol, souriants, combatifs, et beaucoup plus confiants.

Un autre journaliste interroge alors Alex sur la composition de son groupe pour les deux jours à venir (Fleetwood et Thomas) pour savoir si cela allait l’aider à élever son niveau de jeu ?

« C’est toujours positif d’avoir une bonne partie. J’ai plutôt une très bonne relation avec Tommy. On a beaucoup joué dernièrement ensemble. Je connais son jeu. J’aime vraiment son style de jeu. Concernant Justin Thomas qui est numéro deux mondial, c’est toujours bien de se confronter à ce type de joueurs. Bien évidemment, cela pousse vers le haut. Ça donne des idées pour la suite. »

Deuxième temps fort de la conférence, Martin Coulomb demande au français, comment s’est passé son dernier US Open en laissant penser qu’il avait été malade, et surtout si désormais, il se sent en forme pour démarrer ce tournoi français.

« Cela fait partie de la vie. Malheureusement, j’ai chopé une petite bêtise. Il faudra que je fasse un petit peu plus attention à ce que je mange. Forcément, j’étais déçu. J’étais arrivé une semaine avant le tournoi. Je m’étais super bien préparé. Le parcours demandait le maximum d’énergie possible. J’ai pas pu répondre présent. J’ai appris pas mal de choses sur cette semaine. Je vais essayer de mettre en pratique ici… »

Ou les golfeurs français devraient prendre des cours de média training, pour ne pas faire ce type de réponse à la presse, ou c’est désolant de constater que dans un sport individuel, où tous les détails comptent, on sent une forme d’à peu près, qui ne pardonne pas au plus haut niveau.

On a déjà eu l’occasion d’évoquer le pourquoi du golf français qui ne performe pas. Cela n’est pas réjouissant, mais il suffit d’écouter les joueurs pour en avoir une petite idée.

A 27 ans, Alexander Levy se défend en avançant son âge, cependant, plus jeune que lui, Justin Thomas ou Jordan Spieth en sont déjà à un autre niveau. Pas certain que ce soit une question d’âge.

Le plus inquiétant, c’est que le joueur lui-même ne transpire pas une ambition débordante. Il ne semble pas rêver, et déjà gérer ses limitations.

Ce parcours ne correspond pas trop à mon style de jeu, un peu fou fou...et agressif.

Interrogé sur le fait qu’il n’est jamais parvenu à performer par le passé sur cet Open, il a livré son analyse dans la lignée de ses déclarations précédentes « Ce parcours ne correspond pas trop à mon style de jeu, un peu fou fou...et agressif. C’est quelque chose que j’avais coché comme objectif fin 2017, et en prévision de cette année. Notamment jouer des parcours un peu plus challenging… Jouer un peu plus dans la stratégie, et un peu moins dans l’agressivité. »

Ajoutant « Je pense que le parcours au Maroc a été un bon exemple. J’ai réussi à relever ce challenge sur un parcours où le score n’est pas descendu trop bas. J’évolue d’année en année. Je suis venu ici vendredi dernier avec Tom. On a passé six heures sur le parcours, et encore, nous n’avons pas joué le 17 et le 18.  Nous avons essayé de planifier au mieux, de refaire de la stratégie, de faire des approches, des putts,et en fait, m’entraîner à jouer ce parcours avec beaucoup d’intelligence. »

Dernière partie de la conférence, un journaliste revient sur la question des erreurs cités par le joueur.

« En fait, c’est simple ! J’avais un petit coup de moins bien techniquement. Depuis le début de la saison, je m’étais donné comme objectif de beaucoup m’entraîner sur le parcours, et de taper beaucoup de coups dans des situations différentes. Vraiment m’entraîner pour me challenger. Vraiment être dans la compét ! Essayer d’être le plus performant possible. J’ai fait ça pendant 3 à 4 mois jusqu’au Player’s. Depuis ce tournoi, j’ai commencé à taper beaucoup plus de balles au practice parce que j’étais un peu moins bien techniquement. Je m’acharnais sur ma technique. Je pense que je me suis un peu perdu là-dedans. C’est ce que j’appelle une erreur. »

Pour se rassurer ou nous rassurer, il poursuit « Ces trois, quatre derniers jours, je suis revenu sur de l’entraînement sur le parcours. J’ai senti la différence. Cela ne veut pas dire que je vais être performant cette semaine. Néanmoins, j’ai vraiment senti que j’avais besoin de cette forme d’entraînement pour être performant. Je comprends mieux pourquoi Victor a souvent déclaré qu’il avait besoin de s’entraîner sur le parcours. Cela permet d’être directement dans la performance, et moins dans la technique. »

Ces trois, quatre derniers jours, je suis revenu sur de l’entraînement sur le parcours. J’ai senti la différence. Cela ne veut pas dire que je vais être performant cette semaine. Néanmoins, j’ai vraiment senti que j’avais besoin de cette forme d’entraînement pour être performant.

Au sortir de cette conférence de presse, difficile de faire de Levy un favori pour cette semaine. A plusieurs reprises, il a pondéré ses chances, et relativiser sa forme du moment.

Dans sa façon de s’exprimer (il faudrait vraiment qu’il fasse du média training), il ne transpire pas la même motivation et combativité que l’on peut pourtant voir sur le parcours. Certes, ce n’est pas l’exercice qu’il semble préférer, mais comment ne pas imaginer qu’il ne s’écoute pas parler, et tenir un discours finalement aussi peu positif, et manquant d’entrain.

Comment ne pas imaginer que ses propres mots ne raisonnent pas dans son cerveau ?

C’est peut-être à méditer pour sortir d’une spirale négative par le haut… Il est à craindre que Levy ne joue effectivement pas la Ryder Cup en Septembre.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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