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Henrik Stenson remporte le British Open 2016, et pulvérise le record en Majeur!

Henrik Stenson remporte le British Open 2016, et pulvérise le record en Majeur! Crédit photo : Mark Newcombe

C’est fait ! « Iceman » remporte enfin un majeur de golf. Pour sa carrière et son talent, clubs de golf en mains, ce n’est pas usurpé. A l’occasion du 145 eme Open Championship, après 42 départs en majeur, le géant suédois a livré le plus beau récital de golf possible sur un links, et face à un adversaire qui méritait tout autant la victoire, Phil Mickelson. Les deux hommes ont survolé les débats sur le Royal Troon, kidnappant toute l’attention sur leur dernière partie. Avec un dernier score stratosphérique de 63, le suédois de 40 ans a eu le dernier mot.

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Stenson puissance majeure du golf sur un links !

The Open a rarement été le théâtre d’un tel spectacle d’aisance sur un links ! Pourtant, pendant quatre jours, c’est peu dire que de reconnaître la suprématie d’Henrik Stenson, et Phil Mickelson.

Les deux auraient pu faire un très beau vainqueur.

Mickelson qui a dominé les deux premières journées, aurait été à 46 ans le plus vieux à l’emporter, démontrant que les « nouvelles générations » peuvent jouer très bas encore très longtemps.

Nouvelle génération faisant référence aux Els, Mickelson, Goosen, Singh, Jimenez qui entre 45 et 50 ans arrivent encore à se hisser au niveau des meilleurs golfeurs du monde, et par rapport aux Norman, Faldo, Couples, Price, Langher…qui incarnent la génération précédente.

Stenson qui a dominé les deux dernières journées, et donc brillamment remporté The Open contre un adversaire redoutable est forcément un beau champion.

D’une part, parce qu’il a gagné, et d’autre part, parce qu’à 40 ans, il fait partie d’une autre génération, celle qui a été privée de victoires par les Woods, Mickelson, Toms, et qui en plus, voit arriver les Jason Day, Jordan Spieth, Dustin Johnson, et Rory McIlroy à grand pas.

Tout comme Adam Scott qui a déjà remporté le Masters, et comme Sergio Garcia qui lui attend toujours sa première victoire, en début de carrière, tous les observateurs lui promettaient une très grande carrière.

Or, au golf, une grande carrière implique forcément au moins une victoire en majeur.

A l’image de Lee Westwood ou encore Sergio Garcia, Henrik Stenson aurait pu faire partie du club des meilleurs joueurs du monde à ne jamais avoir remporté un majeur…

Un suédois contre tous les américains

Dès jeudi, à bien regarder le leaderboard, il y avait de fortes présomptions qu’un américain allait encore gagner The Open.

Avec une demi-douzaine de golfeurs de l’Oncle Sam dans le top-10, les américains arrivaient encore à démontrer leur domination en terre écossaise, et ce, alors que les conditions spécifiques des links ne font pas parties de leur quotidien.

Sur une série de six victoires consécutives, les américains en nombre se sont pourtant inclinés contre un seul suédois.

Stenson profite de cette victoire pour élever son pays au rang des grandes nations du golf, ce qu’elle était déjà par le nombre de pratiquants en Europe, mais pas encore, par le palmarès en majeur.

Non seulement, le natif de Goteborg a remporté une grande victoire, mais en plus, il a battu le record de score le plus bas sur quatre jours (-20), et le record du score le plus bas sur un dernier tour pour le champion (63), pendant que Mickelson, lui battait le record de score le plus bas pour un second !

Mickelson félicite Stenson quelques secondes après sa victoire

Imaginez que Stenson a joué -20 sur quatre tours pendant un majeur ! Ces tournois censés être préparés pour être infecte même pour les meilleurs joueurs de la planète.

-20 alors que Stenson a touché 80% de fairways en régulation, et pris 90% des greens en régulation pour seulement 27 putts !

Imaginez le niveau de perfection !

Pour citer Rémy Bédu, coach au golf de Sully « Stenson fait 63 aujourd'hui avec deux bogeys pour gagner "the open". Nous sommes sur une autre planète, je pratique un sport qui porte le même nom, mais c'est notre seul point commun. »

Effectivement, cette semaine, Stenson était sur une autre planète, y compris pour la majorité des autres pros engagés sur ce même tournoi.

Demandez au belge Thomas Pieters qui au onze en a cassé un club sur ses genoux de rage !

Avec Stenson, le golf peut paraître facile. Sauf qu’il n’est pas le reflet ordinaire d’un joueur comme les autres.

Et que dire de cette dernière partie avec les deux meilleurs joueurs du tournoi qui ensemble se sont portés vers le sommet.

Souvent, c’est le contraire qui se produit, et le jeu prend le pas sur l’enjeu.

Une dernière partie de folie à Troon

Au cours de cette partie, ils ont tout bonnement enquillé quatorze birdies et même un eagle pour le combatif Mickelson qui savait qu’il devrait tout tenter pour aller chercher son rival du jour. 

Imaginez encore que Mickelson termine seulement deuxième en ayant joué 63, 69, 70 et 65. Surtout, le troisième JB Holmes termine à onze coups de Mickelson, un écart immense à ce niveau de la compétition.

Alors qu’il a déjà obtenu neuf top-10 en huit saisons sur les majeurs, Stenson a enfin saisi la bonne.

D’autant que la dernière fois où il avait eu une bonne occasion de s’imposer, c’était justement contre Mickelson à Muirfield, trois ans plus tôt !

2016 était en fait la revanche de 2013 !

A Muirfield, Stenson avait été seulement battu par un dernier tour démoniaque de la part de Mickelson. Cette année, ce fut au tour de l’américain de subir la loi du suédois. 

En jouant 65 ce dimanche, Mickelson ne pensait certainement pas qu’avec un tel score, il aurait pu néanmoins être battu !

Duel sous le ciel écossais entre Stenson et Mickelson, les deux meilleurs golfeurs du monde sur des links

Ce qui est frappant concernant la performance de Stenson, c’est la capacité qu’il a eu à casser le par sur les neuf trous du retour pourtant considéré comme les plus difficiles.

Justement, les Pieters et autre, ont été rincés sur les trous du retour. Pas Stenson qui encore aujourd’hui, et malgré un bogey au onze, a joué seulement 31 !

Paradoxalement, toute la semaine, Stenson a mieux scoré sur le retour plutôt que sur l’aller, jugé plus abordable !

Le scénario de cet Open Championship n’a rien eu à envier au Masters 2016 qui a vu Danny Willett emporter la mise surtout parce que Jordan Spieth a connu le coup de la panne à seulement quelques trous du terme.

Cette fois, à Troon, le vainqueur n’a rien laissé au hasard.

Stenson aurait pu jouer le rôle de DiCaprio dans "The Revenant"

Déjà vainqueur d’un championnat du monde, du Players, de la Fedex Cup et de la Race to Dubai, Stenson avait vraiment besoin de ce succès à Troon pour définitivement s’inscrire comme une des légendes de ce sport.

Et pourtant, peu de gens savent à quel point il revient de loin…

Cinq ans auparavant, non qualifié pour l’US PGA, il jouait un petit tournoi sur le parcours de ses débuts avec son père comme cadet. Alors deuxième derrière un membre, Stenson plaisanta et affirma que c’était son meilleur finish depuis plus de deux ans !

C’est peu dire que Stenson a connu sa traversée du désert, tombé au-delà de la deux-centième place mondiale.

Mais c’est précisément à ce moment qu’il a entamé une fantastique remontée vers l’élite du golf mondial, et à être membre du top-10 mondial.

Quand Stenson et Mickelson se sont croisés ce dimanche au practice, quelques minutes avant de prendre le départ de la fameuse dernière partie, l’américain a lâché « Let’ have a good one », soit « allons jouer une bonne partie. »

C’était peu dire !

Pendant 18 trous, les deux hommes ont survolé le monde du golf de leur aisance avec notamment des coups de fers chirurgicaux, et des birdies brillants.

Alors que tous les autres bataillaient avec les roughs, Stenson, au plus fort de la pression, enquillait les putts de 6, 7 ou 10 mètres.

Le suédois a d’ailleurs gagné le droit de revenir jouer The Open pendant au moins les 20 prochaines années, privilège de vainqueur… 

Stenson prêt pour la bagarre ? Non ! Stenson toujours prêt pour ne pas se prendre au sérieux ! Même avec la Claret Jug posé à côté de lui...

Que ce soit en 2006 quand il commença sa carrière en Ryder Cup ou en 2011 quand il était au plus bas, Stenson n’a jamais cessé d’être le même personnage, sarcastique, honnêtre, drôle, pince sans rire.

Il lui ait arrivé de casser des clubs de colère. Probablement que cela lui arrivera encore.

Cependant, depuis ce dimanche, il est bel et bien un joueur majeur…qui a eu l'impression d'être un boxeur poids-lourds se battant contre deux hommes !

Remerciements à Mark Newcombe pour les photos exclusives de The Open 2016 qui ont agrémenté nos articles pour cette semaine de majeur à Troon.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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