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Golfbidder: Le leader du matériel de golf d’occasion anglais qui inonde le marché français

Golfbidder: Le leader du matériel de golf d’occasion anglais qui inonde le marché français

Depuis 2013, on ne peut pas vraiment dire que la vente de matériel de golf en France se porte pour le mieux. 2018 marque même pour l’instant une accélération dans le mauvais sens. La vente de matériel baisse de près de 10 à 15% dans les magasins traditionnels, et surtout dans les pro-shops. On pourrait avoir du mal à croire que des clubs de golf puissent se vendre facilement sur Internet, et pourtant, un site marchand tire son épingle du jeu : Golfbidder.com, site marchand spécialisé dans la vente de clubs d’occasions, basé au sud de Londres. Quelles sont les raisons de ce succès en trompe l’œil ?

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Le bonheur des uns fait le malheur des autres dans le domaine du matériel de golf

Du fait d’une stagnation, et même une baisse du nombre de licenciés en France, le marché du matériel de golf, qui comprend les clubs, le textile, les accessoires, et encore les chaussures souffre d’une baisse continue, et même structurelle de son activité.

Structurelle ?

A ce stade de baisse depuis plusieurs années, nous ne sommes plus dans une problématique conjoncturelle.

Le manque de débutants agit directement sur toute l’économie du golf, en particulier l’achat de matériel typé débutant, et sur le marché du renouvellement.

Le problème est bien structurel, car la diminution des ventes s’observe de manière brutale dans les pro-shops, qui dix ou quinze ans auparavant avaient tout pour être les premiers « fournisseurs » des golfeurs : Proximité, service, achalandage…

Avec Internet, l’argument de la proximité a volé en éclat.

Avec le fait que l’offre, notamment pour le matériel, se soit complexifiée, ou que le fitting ait pris enfin plus de crédit aux yeux des golfeurs et des golfeuses, cela a mis en difficulté le vendeur ou la vendeuse en Proshop, qui doit à la fois répondre aux questions sur les horaires de départs, ou faire de l’accueil, tout en essayant de faire preuve de crédibilité sur la vente d’outils techniques.

Le problème est bien structurel, car le marché est en train de se couper en deux, entre d’une part, des consommateurs qui tendent à plébisciter le haut de gamme, le fitting, et les marques valorisantes, et d’autre part, beaucoup de golfeurs retardent leurs achats, jouent avec du matériel assez ancien ou scrutent de bonnes occasions.

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Les magasins spécialisés grincent des dents et serrent la vis.

Pour l’instant, si la plupart d’entre eux constatent la baisse de fréquentation, ils se rattrapent avec une augmentation du ticket de vente moyen.

Les magasins qui apportent du service après-vente, notamment sur les chariots électriques, peuvent même tirer leur épingle du jeu vis-à-vis d’une clientèle plutôt senior, qui exprime toujours une forte attente de service.

Revers de la médaille de ce jeu de chaises musicales, les magasins ont tendance à arbitrairement pousser la vente des clubs et accessoires les plus chers ou les mieux margés, ce qui profite aux marques premiums et ultra-premiums.

A l’inverse, et c’est pratiquement antinomique avec la loi de l’offre et la demande, les clubs ou marques bien placés en prix ne bénéficient pas de cette évolution du marché.

C’est une des raisons qui a forcé Nike à se retirer du marché.

Depuis le départ de la marque à la virgule, les ventes de drivers à moins de 350 euros neuf n’ont pas progressé dans ce type de magasins.

Sans chiffres précis à ce sujet, les sites marchands des magasins traditionnels ne semblent pas réellement cannibaliser les ventes par rapport aux boutiques.

Les clients ont toujours tendance à s’informer sur Internet, consulter ses sites à la recherche de prix qu’ils ne trouvent pas, étant donné que la plupart des distributeurs suivent les politiques tarifaires des fabricants.

C’est tout le sujet autour du succès grandissant de Golfbidder, site qui offre des prix plus que cassés.

Dans un marché morose, en théorie, c’est tout à fait le type d’offres amenées à se développer.

La présence de plus en plus forte de Golfbidder en France est aussi une forme d’injustice du marché économique européen pré-Brexit, qui fait qu’un acteur qui tire la plupart de ses ressources du marché intérieur anglais (plus d’un million de golfeurs) peut se placer sur le marché français, et être immédiatement plus puissant au niveau marketing que les leaders nationaux.

D’une certaine manière, les clubs d’occasions anglais finissent par arriver en masse sur le marché français.

Golfbidder : Un positionnement digital de leader

Pour affirmer l’importance de Golfbidder en France, j’ai réalisé une enquête de positionnement marketing et de présence digitale avec un outil de référencement professionnel.

C’est à cette occasion que j’ai pu percevoir la présence de plus en plus forte de Golfbidder sur l’Internet français.

A ce jour, Golfbidder pourrait être estimé comme le deuxième site marchand de matériel de golf le plus consulté en France après Golfplus.fr, mais devant Golfdesmarques.com et MonsieurGolf.com, les acteurs « pure players » du matériel sur Internet en France.

En nombre d’expressions de recherche positionnée en première page sur Google.fr, Golfbidder serait même assez largement le premier site marchand avec plus de 8400 positions contre un peu moins de 6000 pour Golfplus.fr, qui se sauve donc uniquement au bénéfice de sa notoriété, et son trafic direct.

Ce chiffre n'est pas anodin, car il résume la présence forte de Golfbidder sur la toile, soit près de 30% de plus que le leader français, qui compte pourtant près de 15 magasins sur le territoire, et une ancienneté au moins trois fois plus longue.

Cette véritable inondation du net profite donc largement au succès de Golfbidder qui valide le principe que plus vous avez d’exposition, et plus vous vendez.

Le succès de Golfbidder ne se résume pourtant pas seulement au fait d’être le plus actifs en marketing digital.

Dans un marché où une partie de la clientèle recherche du prix, alors que les distributeurs sont quasiment tous alignés, la seule offre qui dénote peut potentiellement rafler la mise.

Golfbidder s’affranchit du problème du prix de vente affiché, puisque la plupart de ses ventes concerne des clubs d’occasions.

Pour avoir recueilli l’avis de plusieurs utilisateurs, la formule gagnante de Golfbidder ne semble pas faire de mystère à leurs yeux : Prix, délai, réactivité, qualité de l’emballage, et surtout reprise de votre ancien matériel.

La qualité du matériel d’occasion est notée sur un barème de 10.

Finalement, à seulement 7 sur 10, il semblerait que les clubs soient estimés par les clients, comme encore suffisamment de bonne qualité.

Il suffit de se rendre sur la partie « enchères » du site pour trouver un mélange de clubs neufs et clubs d’occasions super bradés.

En seulement deux clics sur le site, vous pouvez trouver des drivers neufs à moins de 200 euros, comme par exemple un driver Callaway Big Bertha Fusion à 187 euros ou un Cobra King F7 à 193 euros.

Encore moins cher, un driver Nike Vapor Speed à 130 euros au lieu de 299 euros initialement.

Et que dire du driver Titleist 915 D3 à 147 euros au lieu de 499 euros ?

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Une stratégie qui enfonce toujours un peu plus le marché français du matériel de golf

Golfbidder est en train d’enfoncer le marché du matériel de golf, distributeur et fabricant mis dans le même sac.

Impossible d’avoir la part du chiffre d’affaire réalisé par l’occasion versus le matériel neuf, mais visiblement, on peut se douter qu’il y a un véritable phénomène de transfert dicté par la demande.

Pendant des années, les fabricants ont alimenté le marché des clubs avec des nouveautés pas assez innovantes sur un rythme de renouvellement trop rapide.

Le phénomène se retourne aujourd’hui contre les distributeurs classiques, qui suivaient cette stratégie sans pouvoir l’infléchir, et sans réellement comprendre ce qui allait se passer ensuite.

Le consommateur n’achète pas moins de matériel de golf.

Après avoir été « drogué » aux promotions tous les six mois de clubs neufs rapidement bradés, quand bien même les fabricants ont arrêté de surproduire, et alimenter ce marché de l’occasion, Golfbidder a pris le relais en agrégant toutes les offres.

Par la force de son marché intérieur, il a pu rapidement s’étendre sur toute l’Europe, la France en particulier.

Vont rester sur le carreau, les distributeurs français bernés par les fabricants dans cette affaire.

Cela nous renvoie au problème d’un marché dominé par des marques américaines qui traitent des volumes de ventes en milliards contre des distributeurs français qui ne parlent qu’en millions, et seulement à 400 000 licenciés.

Les acteurs du marché français sont restés trop petits, et trop frileux à l’international, pour réellement peser, et même tenter de renverser les relations de négociations qui leur sont clairement défavorables.

Plus Golfbidder va se développer, et plus la vente de matériel neuf va baisser en France, et plus les distributeurs vont devoir se concentrer pour essayer de survivre.

Pourront-ils y parvenir ? A priori, en l’état du marché actuel, la réponse pourrait être négative.

Comme le consommateur final ne perçoit plus l’intérêt du nouveau matériel, et du matériel neuf, rien ne peut le dissuader d’acheter franchement moins cher, un club qui a déjà un an ou deux ans de conception.

Cependant, ce même consommateur a peut-être un peu tort !

Acheter des clubs sur Internet au motif que c’est moins cher n'est pas nécessairement faire le bon choix.

Le golf est un sport de précision. Quand on a l’ambition de bien jouer au golf, on s’assure au minimum de jouer un club adapté.

Sans aller dans une logique de fitting poussée, le fait d’acheter un bois, un hybride ou une série de fers en l’ayant essayé au moins une fois, ou en sachant ce qui vous est vraiment utile pour votre performance devrait rester prépondérant comme argument d’achat.

Acheter un club de golf parce qu’on l’a trouvé à 50 euros sur internet au lieu de 200 n’est pas faire une bonne affaire, si on n’a pas la certitude qu’il va correspondre à son besoin.

J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, le matériel de golf ne fait pas mieux jouer, cependant, il peut faire mal jouer.

Il ne faut raisonner en nombre de coups gagnés, mais en nombre de coups sauvés ou perdus.

Le choix de matériel de golf est vaste. Les occasions de se tromper sont donc importantes.

La bonne démarche pourrait être d’acheter des pièces détachées, comme par exemple, un shaft en remplacement, car vous savez que c’est celui que vous devez jouer, et dans ce cas, Internet apporte une bien meilleure réponse que nos acteurs traditionnels, qui sont d’une grande passivité sur la compréhension de ce qu’est un golfeur aujourd’hui, et ce qu’il recherche.

Le succès actuel de Golfbidder est donc une bien mauvaise chose, car cela nous renvoie à l’échec de tous les autres.

A très court terme, ce site marchand pourrait bien passer de deuxième vendeur de matériel à premier en France. 

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Commentaires   

Avec
 
stephane.gayet@gmail.com
0 #2 Qui de la poule ou de l'oeuf ?stephane.gayet@gmail.com 30-08-2018 14:17
"Les magasins spécialisés grincent des dents et serrent la vis.
Pour l’instant, si la plupart d’entre eux constatent la baisse de fréquentation, ils se rattrapent avec une augmentation du ticket de vente moyen."
La question peut se poser de qu'est-ce qui entraîne cette baisse de fréquentation... Je n'ai pas réellement besoin de changer de fer, mais je regarde ce qui se fait, au cas où l'envie me prendrait de changer... j'ai actuellement des AP2 714. Quand je vois que les AP2 718 ont pris 50€ par rapport au 714, ça me calme. D'une série à 850€ on passe à 1250€ ??? La techno a évolué à ce point ? Le prix des matériaux a grimpé à ce point ?
Est-ce que finalement, à vouloir rattraper la baisse de fréquentation en augmentant les prix, les enseignes traditionnelles n'alimentent pas elles-mêmes cette baisse de fréquentation.
 
 
moura.antonio@outlook.fr
+2 #1 Avis d'un acheteurmoura.antonio@outlook.fr 17-07-2018 12:25
Bonjour Laurent, pour compléter votre article, étant moi-même un acheteur assidu sur GolfBidder, il y a deux choses très intéressantes sur site :
- la possibilité d'essayer les clubs et les renvoyer gratuitement via UPS
- un large choix de matériel et notamment pour les gauchers comme moi.
Je dirai que l'énorme avantage est de trouver des références connues à des prix moindre. J'ai pour ma part une série complète de TaylorMade M2 (du driver au SW) et je dois dire que je suis très satisfait, le rapport prix / état du club est irréprochable. Ceci étant dit, je ne joue au golf que depuis 3 ans et il est clair que quand j'aurai un handicap en dessous des 20, je ferai un fitting pour avoir des clubs parfaitement adaptés. J'en profite pour vous remercier pour vos articles qui sont d'une grande qualité et d'une grande pertinence. A bientôt. Antonio
 

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