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Golf et Internet: Comment constater l'attractivité du secteur en France?

A quand la sortie de bunker pour le golf français?

Quand on discute avec les acteurs du golf (distribution, marques, pros, directeurs…), ils sont unanimes pour constater que depuis 2005, chaque année est moins bonne d’un point de vue e l’activité économique du secteur. Parallèlement, les chiffres que nous publions dans cet article, et issus du moteur de recherche google confirment cette tendance sur Internet.

Le golf en France : Une récession en 3 étapes depuis 2005 

Pour certains distributeurs, l’érosion a commencé en 2007, pour d’autres un peu avant, et d’autres un peu après…en revanche, l’intérêt des internautes pour les choses du golf ont réellement commencé a baissé à partir de 2005, année faste pour la pratique de ce sport dans l’hexagone.

golf et Internet en France : Les tendances depuis 2005

Comme l’illustre, le graphique ci-dessus, on constate que le golf est bel et bien une activité saisonnière avec deux tendances distinctes : la haute saison qui commence en mars pour trouver son apogée un peu avant l’été, puis commence à décliner en septembre pour entrer dans la période basse d’octobre à février, janvier étant le mois le plus bas de l’année.

En 2013, on a même constaté que l’hiver prolongé et la neige en plaine, a fait du mois de février,  le plus mauvais mois de l’année de Lille à Nice l

Dans la suite de cet article, on aborde quatre thèmes : la description de la récession du golf sur Internet, 2012-2014 les années noires ? 2000-2005, Retour sur les raisons du boom, et Ryder Cup 2018, peut-on réellement croire à un rebond?

Si tout le monde s’accordera sur le fait que l’année 2013 ne restera pas dans les mémoires en raison de la météo, et du contexte économique français, l’érosion a bien commencé à partir de 2005, et même de manière très forte sur la période 2005-2007, moins spectaculaire sur 2007-2010, pour à nouveau décrocher sur 2010-2013, sans que l’on puisse dire si la courbe va enfin s’inverser.

Au contraire, depuis 2010, on sent que le volume de recherches effectués sur GOOGLE concernant le golf (et non pas la voiture) est globalement stable.

Cet indicateur n’a pas la prétention d’être une mesure complète de l’activité de la filière golf en France, mais elle donne une indication sur le niveau d’implication des internautes, des golfeurs potentiels avec le loisir golf.

En parallèle, on sait que le nombre de licenciés golf qui avait fortement augmenté à la fin des années 90, a globalement stagné à partir de 2007, pour même fortement ralentir ces deux dernières saisons.

D’ailleurs, la FFG multiplie les offres pour inverser cette tendance.

Dernier exemple en date, la newsletter de la fédération française de golf en date du 7 octobre qui proposait une offre couplée de licence 2013/2014 aux golfeurs pas encore licenciés cette année.

Prix proposé 67€ pour deux mois en 2013, et l’année 2014 complète au lieu de 71€ pour une année.

2012 – 2014 : Les années noires ?

Le golf se développe en France depuis la fin des années 60. La crise des dernières années est certainement la plus violente que n’ai jamais affronté un secteur finalement assez jeune, et peu habitué à un tel contexte.

Répartition des recherches d'internautes golfeurs en France

Ce qui inquiète le plus les directeurs de golf à l’heure actuelle, est plus le fait de savoir quand cela va s’arrêter.

L’année 2012 avait sérieusement entamé les réserves des clubs qui arrivaient encore à dégager de très courts bénéfices.

2013 a plongé le secteur dans le rouge.

Dès l’été, les clubs qui osaient communiquer sur des chiffres parlaient déjà d’une baisse de 20% du nombre d’abonnés.

Derrière ce démarrage poussif, on pouvait mélanger le début de saison tardif lié à la météo, et le contexte économique.

Moins touché que d’autres classes sociales de la population, certains profils de golfeurs ont mieux résisté, notamment le noyau dure des 40 ans et plus.

Et finalement avec le retour des beaux jours, on a même assisté à une sorte de rattrapage, notamment en octobre où le temps a été plus clément, et où certains pros de golf ont vu leurs plannings mieux se remplir que l’année passée à pareille époque.

En réalité, il semble que d’un mois sur l’autre, l’activité soit assez imprévisible !

Si octobre a semblé relativement bon, les distributeurs de matériels se sont réellement fait peur sur Septembre, et notamment lors des quinze premiers jours.

Dans ce contexte aussi fragile, bien malin qui pourra prédire 2014, et c’est là tout l’enjeu pour la filière qui a été fragilisée, et qui aura bien du mal à faire face à une longue période de disette.

Si dans bien des domaines, une baisse d’activité peut s’accompagner par de l’ajustement sur la masse salariale, autrement dit par des licenciements de personnels, le problème d’un parcours est la forte part de frais fixes liés au terrain, difficilement compressibles.

A la différence du football touché par la taxe à 75% ou l’équitation touché par la hausse de la TVA à 20%, le golf est en fait un sport trop petit en France pour crier son inquiétude, et de plus, aurait du mal à être pris au sérieux par le reste de la population, trop peu connaisseur des réalités de ce sport, et de la filière.

En France, on est souvent trop content de se réjouir des impôts qui tombent sur le voisin, censé être plus riche que soi, sans se soucier, comme c’est le cas dans le football, qu’en réalité, derrière les salaires astronomiques de quelques dizaines de personnes, il y a 25 000 emplois en jeu, du stadier au président de club.

Les villes où on s'intéresse le plus au golf sur Internet

2000 – 2005 : Retour sur les années du boom

Si on admet que la baisse de l’activité golf en France a en réalité commencé bien avant la crise des subprimes en 2008, intéressons-nous rétrospectivement à la réalité de ce qui a fait le boom du golf.

Si on devait coller une étiquette arbitraire sur le golf, on pourrait choisir le mot « libéral ». Pourtant, c’est une mesure socialiste qui a fortement contribué au développement du golf au début des années 2000.

En effet, il est impossible de nier l’impact d’un événement totalement extérieur au golf et à la FFG, et sa politique de recrutement de nouveaux golfeurs : les 35 heures !

Non-sens économique qui a coûté beaucoup en compétitivité aux entreprises, payé par les salariés français qui ont d’abord vu leurs augmentations de salaires être globalement gelées pendant deux ans, et sans doute qu’aux termes de cette aventure, à nouveau, ces mêmes salariés paieront encore la note avec un retour à 39 heures payées 35.

En revanche si les salariés aux bas salaires n’ont pas réellement profité de cet ajout de temps libre par fautes de moyens, les cadres ont été réellement bénéficiaires de la mesure…au début !

Les premières années, les clubs de golf ont réellement senti l’effet RTT sur les réservations de green-fees le vendredi après-midi.

C’est justement cet effet RTT qui a globalement disparu des parcours de golf de nos jours.

Les 35 heures sont toujours d’actualités, mais globalement, les actifs ont tellement été pressurés par leur management, et le contexte de tension sociale extrême au sein des entreprises, qu’il n’est même plus envisageable de s’échapper une après-midi au golf.

Au contraire, les jours de semaines, si on croise toujours les fidèles séniors, la catégorie des cadres guillerets a été un peu remplacée par une catégorie beaucoup plus fragile : les golfeurs chômeurs.

De 2000 à 2005, la France a profité de quelques mois de croissances, et d’un climat moins hostile, laissant le champ à la pratique du golf par les 30-50 ans.

Depuis cette période, le climat social et économique n’est plus vraiment à la pratique du golf, un sport, qui chaque année gagne un nouveau pratiquant sur cinq, mais en perd aussi un sur cinq, d’où la stagnation des licences.

Pour un débutant qui commence, un golfeur arrête le golf. Ce syndrome n’est pas propre à la France, il se vérifie un peu partout dans le monde.

C’est sans doute une piste de travail pour la filière, qui si elle peut éprouver conjoncturellement des difficultés à recruter, peut travailler sur les golfeurs déclinants pour limiter la casse.

Ryder Cup 2018 : Peut-on réellement croire à un rebond ?

Lorsque nous avions interviewé Pascal Grizot, le responsable français de l’organisation de la Ryder Cup, ce dernier tablait déjà sur des chiffres plus mesurés que ceux trop rapidement annoncés de 700 000 licenciés à horizon 2022.

Pyramide des licences en France (source FFG)

Quand on interroge les acteurs de la filière à l’heure actuelle, très peu croient dans un scénario qui consiste à doubler le nombre de golfeurs d’ici huit ans, même avec la perspective de la Ryder Cup !

Désormais, il existe une vraie défiance à l’idée que l’arrivée de la Ryder Cup à Paris en 2018 puisse avoir une incidence aussi forte sur l’évolution du golf en France.

Pourtant, il y avait des raisons d’y croire !

En 1998, l’organisation de la coupe du monde de Football avait permis à la fédération française de football de connaître une explosion des licences en septembre 99, alimentant une vague positive jusqu’en 2010, et les événements de Knysna qui ont précipité l’effet inverse.

On estime que l’impopularité de l’équipe de France de Football coûte entre 1 à 2% des licences amateurs enregistrées en moins par la FFF. Soit un impact qui se chiffre en centaine de milliers de personnes.

Dans la mesure où Jacquelin, Levet, Havret, Bourdy and co ont bien prévu de descendre du bus s’ils ont la chance d’être invité à Saint-Quentin-En-Yvelines, la Ryder Cup a sur le papier toutes les chances de doper le golf en France.

Désormais, il y a deux lectures possibles de l’impact de la Ryder Cup en France : une vision pragmatique, et une vision optimiste.

D’un point de vue pragmatique, à l’instant T, tous les voyants sont au rouge !

Cependant, nous sommes en 2013 !

Il y a encore du temps pour que le contexte économique et social se dégrade encore avant de remonter.

Il semblerait que la zone euro soit en bien meilleure forme en 2015, et rien n’interdit de penser que d’ici à 2018, le contexte européen aura changé.

Une question demeure ! Quid de la France qui comparativement à ses voisins prend chaque jour du retard dans ses réformes structurelles ?

Au 8 novembre 2013, la note de la France attribuée par l’agence Standard & Poor’s a encore été déprimée pour passer de AA+ à AA.

Et cette fois, les politiques ne peuvent plus cacher l’impact sur les taux d’intérêts de l’emprunt, qui dès le matin de cette annonce ont sérieusement commencé à grimper, rendant encore plus grave et plus incertaine la situation d’un pays qui n’a plus de marge de manœuvre du côté de la hausse des impôts, ni du côté de la baisse des dépenses.

D’une manière indirecte, il y a fort à parier que l’année 2014 sera compliquée pour le golf en France.

Ceci étant dit, le motif d’espoir vient du fait que le noyau des golfeurs les plus assidus semble relativement épargné, et permette à la filière de tenir le choc, en attendant des jours meilleurs pour recruter de nouveaux pratiquants, et relancer la croissance du secteur.

D’ici là, la Ryder Cup peut encore créer un effet positif bien que le secteur ne voit pas aujourd’hui.

A long terme, il faut être optimiste, c’est pour 2014 qu’il faut être inquiet.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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