Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Insolites sur le golf

Golf et dopage en 2013 : Tabou ou réalité ?

Dopage et golf : est-ce vraiment le principal problème de ce sport ?

Cyclisme, football, rugby, athlétisme, tennis, beaucoup de sports n’échappent au problème du dopage à haut niveau ou même au niveau amateur, et pourtant concernant le golf, les cas de dopages avérés sont extrêmement rares…

L’affaire Vijay Singh a démarré dans l’incrédulité pour s’achever sur un « gros pschitt pour rien »

L’ex-numéro un mondial de golf, et vainqueur de Majeurs, le fidjien Vijay Singh a admis en début de saison au cours d’un entretien avec la presse avoir utilisé un spray, qui s’est révélé contenir une substance dopante.

Après deux mois d’investigations, le PGA Tour, saisit du dossier, a finalement rendu un verdict de non-lieu à l’encontre du champion de 50 ans, considérant qu’il n’y avait pas eu volonté de se doper.

Dans cette affaire, le fidjien n’a pas été spécifiquement contrôlé positif à une substance dopante, et au contraire, sans son témoignage, il n’y aurait jamais eu d’affaire.

D’autre part, il n’a pas été avéré qu’il avait bénéficié d’un avantage d’une utilisation accidentelle d’un composant, certes interdit mais peu décisif pour améliorer ses capacités.

Cependant, cette affaire réveille les plus vieux démons du sport !

Peut-on tirer avantage d’un produit dopant au golf, et y a-t-il des golfeurs dopés ?

Et enfin, quelles seraient les bonnes mesures à appliquer pour garantir l’équité d’un sport qui brasse beaucoup plus d’intérêts financiers que le cyclisme ou l’athlétisme réunis ?

A la question, existent-ils des golfeurs de haut niveau qui se dopent ?

La réponse serait vraisemblablement oui pour Gary Player ou Greg Norman !

Dès 2007, le sud-africain assénait qu’il avait déjà entendu des confidences de golfeurs admettant utiliser des hormones de croissance, des stéroïdes ou de la créatine.

Sur ce point, permettez-moi un avis dubitatif ! Ce type de produits dopants, et sans être un spécialiste de la médecine du sport, semblent être destinés à l’augmentation de la force musculaire, ou pour parler plus simplement, pour favoriser l’augmentation de la puissance.

Mais de quelle puissance parle-t-on ?

Au golf, on ne parle pas réellement de puissance, mais de vitesse de rotation des hanches dans un mouvement de coordination parfait entre plusieurs parties du corps.

La puissance ou plutôt la vitesse découle de la parfaite exécution technique d’un geste complexe, ou en tout cas, bien plus que par le fait d’avoir des gros bras…

Ian Woosnam avait beau être petit, trapu et pas vraiment un golfeur au physique d’athlète, cela ne l’a pas empêché de remporter un Masters en 1991.

A l’inverse, des gros cogneurs hyper baraqués comme Boo Weekley ou JB Holmes n’ont pas encore obtenu de résultats significatifs sur le PGA Tour, pour que l’on puisse associer le physique à la performance au golf.

Alors, pardonnez-moi de ne pas céder à la tentation de hurler avec la meute, et de crier au dopage  à tout prix dans le golf, car cela ne paraît pas nécessairement logique.

Comment tirer un avantage du dopage dans le golf ?

A contrario, une autre forme de dopage moins spectaculaire à l’œil nu, et plus adapté au golf est possible : les béta-bloquants.

Si un amateur qui joue une partie de golf avec des amis le dimanche, ne se sent pas vraiment stressé à l’idée de réussir ou manquer un putt pour remporter un match-play, il n’en est pas de même pour le golfeur professionnel qui joue pour sauver son gagne-pain chaque week-end.

Principalement employé en cardiologie, les bêta-bloquants ont pour but d’agir comme médiateur avec le système adrénergique, et par exemple, réguler l’adrénaline.

Dans certains cas, ils permettent la réduction de la fréquence cardiaque.

Comme souvent avec les produits dopants dans le sport, en plus de tricher, il s’agit de produits dangereux !

Il est difficile de croire que des golfeurs puissent utiliser des hormones de croissance, en revanche, le fait d’utiliser des bêta-bloquants apparaît au moins plus plausible.

Pourtant, à haut niveau, les golfeurs professionnels ont les moyens d’être préparés de manière optimum par un préparateur mental, et faire le travail en amont, sans nécessiter de telles extrémités.

Enfin, tout est toujours possible, même la bêtise !

Les faiblesses de la lutte anti-dopage dans le golf

L’affaire Singh a de nouveau pointé du doigt les lacunes des contrôles anti-dopage dans le golf, et notamment sur le PGA Tour.

Comme décrit plus haut, comment réprimander les instances mondiales du golf devant une problématique difficilement transposable au golf ?

Les golfeurs qui ont les statistiques de longueur au drive les plus élevées sont rarement ceux qui s’imposent le plus fréquemment à la fin des tournois.

La pratique du golf met en œuvre un tel mélange de paramètres techniques, mentaux et tactiques, que le physique intervient sur un second plan.

Bien sûr, un golfeur peut chercher à augmenter sa masse musculaire à travers des produits illicites, mais avant d’en tirer un bénéfice substantiel, il lui faudra de toute façon s’améliorer sur les aspects non-physiques pour espérer être meilleur.

Pourtant, l’australien Greg Norman considère, et sans doute à juste titre, que le golf professionnel doit se doter des mêmes mesures de lutte anti-dopage que d’autres sports à risques, avec notamment la mise en place de contrôles sanguins.

Pour l’ex-star du golf des années 80-90, les contrôles sanguins semblent être le meilleur moyen pour assurer une politique anti-dopage performante dans tous les sports, y compris le golf.

Avant d’ajouter pour enfoncer le clou, qu’il considérait que c’était une chance pour les athlètes de haut niveau de faire la preuve du fait qu’ils étaient « cleans » à l’aide du passeport biologique qui justement mêle tests sanguins et urinaires.

Actuellement, le PGA Tour ne procède qu’à des tests via les urines, et ne se livre pas à la mise en place de tests sanguins.

Si, on peut encore être sceptique sur le bien-fondé du dopage dans le golf, en revanche, Greg Norman a au moins raison sur un point : Chaque golfeur essaiera toujours de trouver le petit truc en plus, qui lui permettra de prendre l’ascendant sur ses partenaires.

A ce titre, et avant de parler de dopage, il semble que les putters permettant plusieurs points d’ancrages aient une incidence beaucoup plus immédiate sur les résultats des tournois professionnels.

Cela tombe bien ! La suppression des belly-putters sur le PGA Tour est bien à l’ordre du jour !

Car le fait de pouvoir utiliser plusieurs points d’ancrages au moment de putter, permet bien de réduire les effets négatifs liés à la nervosité.

Ce qui démontre que le golf n’est pas forcément un sport de dopage, mais n’est pas non plus un sport de gentils vertueux !

La gestion du cas Singh embarrasse le monde du golf

Singh a donc admis avoir utilisé un spray contenant de l’IGF-1 (une substance à base d’insuline et considéré comme une hormone de croissance), prohibé par le PGA Tour, mais pourtant pas testée, dans la mesure où le circuit nord-américain ne pratique pas de contrôle adapté pour détecter ce type de produits.

Vijay Singh au putting green lors du dernier Masters 2013

Après deux mois de délibérations, Tim Finchem, patron du tour a donc déclaré un non-lieu et autorisé le fidjien a reprendre le cours normal de sa carrière.

Pourtant, ce dernier a déclaré forfait à la dernière minute au Wells Fargo Championship, s’excluant de lui-même du tournoi, prétextant une douleur au dos.

En réalité, on peut imaginer que sous les feux des projecteurs et d’une pression négative, Vijay Singh entend plutôt laisser passer l’orage.

La lutte antidopage et la fédération française de golf

Pour les fédérations sportives, y compris la FFG, il est utile de rappeler, que se doper…c’est tricher ! Mais aussi se manquer de respect, et manquer de respect aux autres…

Une attitude pas très « étiquette » dans un sport qui se veut exemplaire.

D’ailleurs, dans sa page dédiée au dopage, la FFG rappelle quelques conseils simples pour éviter de se doper :

  • Choisir une alimentation adaptée à la pratique du sport
  • Alterner entrainement et repos
  • Et apprendre à gérer la pression

En réalité, tous les golfeurs peuvent subir un contrôle anti-dopage : les pros et les amateurs qui participent à des compétitions FFG.

D’ailleurs, en 2011, la fédération a organisé une cinquantaine de contrôles, et contrairement au PGA Tour, les contrôles peuvent prendre plusieurs formes : tests sanguins, urines, prélèvements de cheveux, etc.

Les sanctions prévoient une suspension ou l’annulation des résultats individuels ou par équipes, et voire une radiation.

De mémoire de golfeur, on a rarement vu un contrôle anti-dopage après une compétition de golf de club…

D’ailleurs, il y aurait plus de chances de trouver des traces de saucissons, de vins rouges ou de cornichons, faisant état d’un passage au buffet du club-house que véritablement de substances dopantes, sauf si on démontre que le saucisson est un dopant…

Plus sérieusement, il est vrai qu’il y a peu de cas de dopage dans le golf car il y a déjà peu de contrôles.

Peut-être est-ce un tort, mais le golf n’est pas un sport où il suffit d’être le meilleur athlète pour gagner.

Ce qui ne signifie pas que le golf est un sport plus vertueux. Bien au contraire, le golf est frappé par d’autres fléaux comme la triche au moment de marquer ses coups sur sa propre carte de score, en comptant sur la bienveillance ou la crédulité de son partenaire de jeu, mais c’est un autre sujet…

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 3186
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.