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Golf en Azerbaïdjan: Monty inaugure le Dreamland Golf Club à Bakou

Golf en Azerbaïdjan: Monty inaugure le Dreamland Golf Club à Bakou

Bakou sera-t’elle bientôt une nouvelle destination golf à la mode ? Coincée entre la Russie, la Turquie et l’Iran, l’Azerbaïdjan est un trait d’union entre l’Europe et l’Asie, mais aussi un pays émergeant pour le golf. Début octobre, Colin Montgomerie a inauguré un tout nouveau complexe golfique extrêmement luxueux, le Dreamland Golf Club. Enquête sur la stratégie de soft-power du gouvernement azéri pour rendre le pays fréquentable…golfiquement parlant…

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Sommaire de cette enquête consacrée sur l'ouverture du Dreamland Golf Club à Bakou 

  1. Golf en Azerbaïdjan : le contexte politique et économique
  2. L’enjeu du tourisme golfique pour une économie
  3. Dreamland : Monty sous le charme du soft-power azéri
  4. Dreamland : plus qu’un parcours, un nouveau resort gigantesque à la gloire du pouvoir 

Golf en Azerbaïdjan : le contexte politique et économique

L’Azerbaïdjan n’est pas encore une destination très connue pour le tourisme golfique.

Depuis quelques années, on observe un réel développement de l’activité dans les pays de l’Est et dans les ex-pays membre de l’URSS.

En 2015, l’association IAGTO (International Golf Travel Writers Association) a d’ailleurs plébiscité la Slovénie comme destination émergente en Europe.

Pour les pays en développement, le golf est à la fois vecteur de réussite et une opportunité touristique non-négligeable, surtout en vue d’attirer une clientèle VIP.

Malgré la crise, le secteur du tourisme appliqué aux golfeurs a connu de belles années de croissances.

Entre 2013 et 2014, la progression de l’activité a été estimée à plus de 20% dans le monde selon une étude menée par IAGTO auprès de 650 tours opérateurs.

Les golfeurs européens ont d’ailleurs augmenté leurs réservations de séjours de près de 10% en 2013, après une année à +9% en 2012, seulement quelques points de moins que la clientèle nord-américaine.

Les touristes golfeurs ne semblent pas connaître la crise, et c’est justement ce qui encourage des investissements dans des structures de plus en plus 5 étoiles comme le nouveau golf de Bakou, modestement appelé Dreamland.

62 pays se battent pour attirer ces golfeurs, et aux premiers rangs, on retrouve régulièrement : L’Espagne, le Portugal, l’Irlande, l’Ecosse, la Turquie, Les Etats-Unis, la Thaïlande, et la France, seulement huitième de ce classement des meilleures destinations, juste devant le Maroc, et l’Italie.

Passé ce top-10 qui bouge difficilement, des pays comme l’Azerbaïdjan se rêve un destin similaire à celui de l’Indonésie qui a connu la plus forte progression en 2014, gagnant neuf places dans ce palmarès pour se situer au vingtième rang mondial.

L’enjeu du tourisme golfique pour une économie

Attirer ne serait-ce que seulement 1% de la population golfique mondiale, c’est se donner l’opportunité d’accueillir 550 000 golfeurs-trotteurs dans son pays, pour un revenu estimé à 1,65 milliards d’euros de dépenses au cours de séjours golfiques.

Enjeu économique mais aussi enjeu d’image pour ne pas être en reste à un moment où le golf se joue partout dans le monde, même dans les derniers pays communistes au monde.

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Politiquement, l’Azerbaïdjan n’échappe pas facilement à son passé d’ex-pays membre de l’URSS.

En 2003, le président Heydar Aliyev a fait élire son fils Ilham pour  lui succéder avec 77% des voix. En 2008, il a été réélu avec 88% des voix…l’OSCE a jugé cette élection non-démocratique.

Plus récemment, en 2012, le concours de l’Eurovision a permis à la presse internationale de s’intéresser à ce petit pays de 9 millions d’habitants pour y constater à quel point, il s’agissait d’une parodie de démocratie et une dictature déguisée.

Economiquement, le pays se distingue par l’exploitation du pétrole en mer Caspienne qui représente 70% de ses exportations, et 50% du budget de l’état.

Avec l’ouverture du super oléoduc à destination de l’Europe en 2006, et la flambée des cours du brut, l’Azerbaïdjan a connu une croissance spectaculaire de son PIB à près de 36%, un record pour l’époque !

La crise a ralenti ce développement, mais le pays reste sur une tendance positive.

D’autant qu’il possède deux atouts : en plus des hydrocarbures, cette nation occupe une place stratégique parfaite au moment où l’économie se tourne de plus en plus vers l’est, et l’Asie.

Conscient de ses atouts, le pouvoir en place a mis en place une nouvelle stratégie de soft-power, dont le golf est un exemple.

A savoir donner une bonne image du pays et de ses dirigeants ce qui n’a pas toujours été une réussite.

Souvenez-vous de l’exemple du rachat du club de football du RC Lens par l’azéri Hafiz Mammadov, un homme chargé par le pouvoir de développer l’attractivité du pays à travers le sport.

Toujours est-il que Bakou cherche à développer sa stratégie diplomatique pour rallier à sa cause d’autres pays que la Turquie, surtout pour faire entendre sa voix concernant le conflit qui l’oppose à l’Arménie  au sujet du Haut-Karabakh.

Par exemple, L’AZE investit massivement en Turquie (plus de 20 milliards de dollars par an) pour s’assurer du maintien de l’embargo turc contre l’Arménie.

Dreamland : Monty sous le charme du soft-power azéri

Dimanche, Colin Montgomerie, et l’agence IMG, chargée de promouvoir l’opération, nous ont donc livré une démonstration du soft power appliquée à faire la promotion de l'Azerbaidjan.

Monty s'est fendu du premier drive sur le nouveau parcours dessiné par Cynthia Dye, et en présence du président Ilham Aliyev.

Un parcours qui a l’ambition d’être un véritable terrain de championnat, en prévision d’accueillir de grands tournois dans les années à venir.

Montgomerie n’a pas été choisi au hasard pour faire la promotion du golf en Azerbaïdjan.

Membre à huit reprises de l’équipe européenne de Ryder Cup, vainqueur de 48 tournois professionnels, numéro un européen pendant une petite décennie, l’écossais qui joue désormais sur le Senior Tour est l’image parfaite du type de joueurs que Bakou souhaite attirer : un golfeur britannique senior aisé financièrement ayant envie de découvrir un nouvel environnement, et pas très intéressé par les questions politiques.

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IMG a contribué à l’événement, en invitant des jeunes pour un « clinic » animé par Montgomerie au sein de la toute nouvelle académie de golf du parcours.

Et en plus du parcours 5 étoiles, le pouvoir a vu les choses en grand avec un centre de performance équipé de studios pour analyser le swing, un compact 9 trous, le tout dirigé par un professionnel PGA, Michael Sweenie.

Montgmerie n’a pas ménagé sa peine, participant même au pro-am d’inauguration.

Interrogé au sujet du terrain, Monty a justifié sa présence « J’ai déjà eu l’occasion de jouer sur des centaines de parcours dans ma carrière. Je peux vous dire que ce parcours, et ce complexe sont vraiment à un très haut niveau. De la qualité du parcours aux villas avoisinantes, tout est très soigné. C’est vraiment excitant de voir à quel point le golf peut pénétrer de nouveaux territoires. Le fait que ce parcours soit si près du centre-ville va sans doute faciliter la création de nouveaux golfeurs, surtout qu’avec de telles installations, ils vont rapidement progresser techniquement. »

Dreamland : plus qu’un parcours, un nouveau resort gigantesque à la gloire du pouvoir

Le Dreamland Golf Club ne sera pas seulement un parcours de 18 trous, voué à accueillir très prochainement une épreuve de l’European Tour, ce sera aussi près de 2100 appartements, 300 villas, un hôtel de luxe, et des  boutiques de luxes.

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Les golfeurs ciblés par cette opération de communication sont les golfeurs les plus fortunés.

Néanmoins, ils devront savoir bien jouer !

Pour le dessin des 18 trous, Cynthia Dye a voulu combiner deux caractéristiques difficilement conciliables : en faire un parcours exigeant techniquement mais néanmoins jouable par le commun des golfeurs amateurs !

En théorie, nous pouvons tous jouer au Golf National sur le parcours de l’Albatros. De là à dire que c’est un parcours accessible techniquement…

Sachant qu’en toile de fond, un des objectifs du gouvernement est de favoriser la pratique du golf par les Azéris, et d’en faire un sport national !

Pas sûr que les opposants au pouvoir en place puissent goûter aux joies du golf, étant donné la fermeté de la répression.

En attendant le développement du tourisme golfique dans cette partie du monde, force est de constater que les centaines de milliers de Syriens qui fuient leur pays en guerre dans la perspective d’arriver en Europe, ne semblent pas presser de faire un stop dans ce pays…pourtant voisin…et en plus forte croissance que nos vieilles économies développées.

Faut-il se réjouir du développement du golf partout dans le monde ou s’inquiéter de la récupération de l’image du golf pour se forger une image de pays fréquentable, je vous laisserai  vous faire votre opinion.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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