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Golf du Médoc : Interview du directeur Vincent Paris

Vincent Paris, directeur du golf du Médoc

Parmi les plus prestigieux resorts de golf en France, le Golf du Médoc a la particularité d’être implanté au plus proche d’un des plus beaux vignobles français, ce qui lui confère un statut tout à fait particulier, et une attractivité qui ne se dément pas à l’internationale.

Fondé en 1989 sous l’impulsion de plusieurs investisseurs privés dont Jérôme Seydoux et Gérard Pelisson, deux des plus éminents entrepreneurs français, le Golf du Médoc se classe régulièrement dans le top-15 des meilleurs parcours d’Europe Continentale.

Le Golf du Médoc, c’est en fait deux parcours, le parcours des Châteaux, et le parcours des Vignes.

Chaque trou a la particularité de porter le nom d’un très grand cru partenaire, et d’ailleurs le pro-shop du club est probablement l’un des seuls au monde à avoir l’agrément de caviste, ce qui lui permet de vous proposer quelques-uns des meilleurs vins de Bordeaux en plus des clubs ou accessoires de golf.

Découvrez ci-dessous, notre interview exclusive du directeur du golf du Médoc, Monsieur Vincent Paris, le parcours d’un passionné de golf presque devenu directeur de golf par hasard, qui nous présente son golf.

Quel a été votre parcours ?

Originaire de Biarritz, je joue au golf depuis mon plus jeune âge, et j’ai même fait partie de l’équipe du golf du Phare pendant plus de quinze ans.

Période au cours de laquelle, nous avons remporté le championnat de France de première division, leTrophée Gounouilhou en 1995.

Je suis diplômé d’une maîtrise d’économie gestion puis d’un master en commerce et marketing international de l’ESC Bordeaux.

Au départ, je ne me destinais pas forcément à travailler dans le domaine du golf. J’envisageais une carrière à l’international et dans le marketing sportif, et par le fait de la vie professionnelle, j’ai eu l’opportunité de partir travailler pour Cleveland Golf à Los Angeles  en 1999.

Pour autant, devant la très longue attente pour obtenir un visa et un permis de travail aux Etats-Unis, finalement, j’ai eu l’opportunité de prendre le poste de Directeur du centre d’entrainement d’Ibarritz, poste que j’ai occupé pendant cinq ans de 1999 à 2004.

Un excellent endroit pour démarrer une carrière de directeur du fait des installations, de l’école de golf, du terrain, et de l’enjeu du tourisme golfique.

En 2005, j’ai pris la direction du golf du Médoc, poste que j’occupe toujours à ce jour, et dans lequel j’ai eu beaucoup de beaux projets à mener  dans un golf dynamique et ambitieux.

l'équipe du Training Center au moment de l'inauguration

Par exemple, en 2007, le golf s’est doté d’un hôtel de tout premier plan, et en 2013, nous avons ouvert un training center parmi les plus pointus d’Europe, avec notamment le concours de Bernard Pascassio, et Dominique Larretche.

Sans oublier les investissements réalisés sur le terrain, et notamment le drainage du parcours.

Comment devient-on directeur de golf ?

En étant passionné ! Il existe aujourd’hui des cursus de formation solides comme un master gestionnaire de golf à Poitiers, et l’académie des métiers du golf à Montpellier.

A mon époque, cela n’existait pas, mais je peux vous assurer que ces formations sont d’excellents niveaux.

J’ai notamment un élève de l’école de Poitiers en stage avec moi, et je peux vraiment vérifier que le niveau général est très bon.

Quelles sont vos principales missions ? Quels sont vos objectifs ?

Il s’agit d’une mission globale de gestion de PME avec quelques axes incontournables :

  • Gestion financière – RH – administrative
  • RP – événements – compétitions
  • Gestion de l’entretien du terrain
  • Commercialisation et marketing

En ligne de fond, ma mission principale consiste à améliorer sans cesse la qualité du produit, qui est assurément haut de gamme, en offrant les meilleures prestations en termes de parcours, de pro-shop, d’enseignement, et globalement de service rendu.

Pour préciser, je dirais que j’ai aussi deux objectifs principaux: La satisfaction de la clientèle, et assurer le développement de la qualité de l’outil de gestion.

Ce qui est intéressant pour un directeur de golf, c’est de développer la valeur patrimoniale du complexe, et de rendre un produit de qualité supérieure à celle qu’elle était au départ.

Ce qui est intéressant pour un directeur de golf, c’est de développer la valeur patrimoniale du complexe

Bien sûr, je suis évalué sur des éléments quantitatifs comme le nombre de green-fees, les abonnements, le nombre de passages, et le taux de rotation, qui est en fait le nombre de golfeurs qui reviennent dans le Resort, reprennent des stages, et sont donc contents de nos prestations.

Nous surveillons aussi de très près les évaluations laissés par nos clients sur des sites Internet de ranking type Tripadvisor.

Quelle organisation ou organigramme sous votre responsabilité ?

27 personnes qui se répartissent de la façon suivante :

  • Un adjoint
  • Un greenkeeper
  • Un responsable enseignement
  • Un enseignant
  • Un comptable
  • Un responsable sportif
  • Un responsable commercial et marketing
  • Un responsable boutique
  • Un responsable accueil
  • Une personne à l’accueil
  • Deux caddy-masters
  • Et 14 jardiniers

Quel budget gérez-vous pour faire fonctionner le golf ?

Le budget est de l’ordre de 2,5 millions d’euros hors taxe.

Quelles sont vos principales contraintes ?

Les contraintes principales sont liées à l’entretien des terrains (facteur météo et législation sur les produits et traitements).

Concernant le facteur météo, il faut savoir qu’un resort touristique a deux grandes familles de clients.

D’une part, une clientèle fidèle de golfeurs locaux et d’abonnés, et d’autre part, une clientèle de touristes. Cette deuxième catégorie est extrêmement sensible à la météo.

Si une année, vous avez de la pluie, il y a de fortes chances que l’année suivante, vous ne retrouviez pas ces golfeurs sur votre parcours.

Même pour les courts séjours, le paramètre météo devient critique sachant qu’ils se réservent de plus en plus tardivement, et justement selon ce critère.

Pour le quantifier, je dirais que 15 à 20% de l’activité totale en dépend.

Concernant le facteur entretien du parcours, nous sommes de plus en plus contraints sur les questions de protection de l’environnement, ce qui est évidemment une bonne chose.

Les produits phytosanitaires sont très réglementés. Pourtant, nous en avons besoin pour traiter comme n’importe quel autre environnement naturel.  Nous devons traiter les maladies ou les insectes polluants.

Néanmoins, la législation devient de plus en plus ferme.

Idem pour la gestion de l’eau où nous sommes appelés à adopter des gestions de plus en plus intelligentes.

Pour vous donner un exemple de l’évolution des coûts, ne serait-ce que les engrais, nous avons une augmentation de 7 à 10% par an en plus.

Quel est le principal attrait de votre golf ? Quel atout selon vous ?

Nous sommes un réel Resort golfique dans lequel nos clients peuvent bénéficier d’une offre globale (Hôtel – Spa – Gastronomie – 36 trous – Training Center), le tout situé à seulement trente minutes du centre de Bordeaux et quinze minutes de l'Aéroport.

Nos points forts sont le tracé et la qualité des parcours avec un architecte très renommé (Bill Coore – USA) mais également les attraits de la destination Bordeaux, et la présence des meilleurs vignobles du monde.

 Ici, ça sent le vin, ça respire le vin !

Il est clair que le vin est un produit d’appel. Chaque trou est parrainé par un grand cru, et notre pro-shop est habilité à pratiquer le métier de caviste, sans doute un fait unique au monde.

C’est la grande spécificité du lieu. Ici, ça sent le vin, ça respire le vin !

Nous organisons des dîners et des remises de prix dans les châteaux. Je pense que c’est notre valeur ajoutée.

Quel est le profil type du golfeur dans votre club ?

Un golfeur heureux !

En tout cas le profil recherché, c’est un golfeur qui séjourne à l’hôtel, qui joue sur le parcours, dîne au restaurant, prend des leçons, et se fait masser au spa.

Dans cet esprit, nous avons récemment développé un training center avec Bernard Pascassio, équipé de tous les derniers équipements dédiés à l’entrainement comme des radars flightscope, et des caméras hautes définitions, le tout uniquement réservé aux clients des stages que nous organisons.

Sur ce point, nous organisons de très nombreux stages à thèmes, comme par exemple les stages yoga-golf où les joueurs s’entraînent le matin au practice, jouent sur le parcours l’après-midi, et terminent par une séance de yoga en fin de journée.

Sans oublier, un de nos produits phares, un stage de quatre jours animé par Gregory Havret, notre touring pro.

 un de nos produits phares, un stage de quatre jours animé par Gregory Havret, notre touring pro.

En termes de chiffres, notre clientèle se décompose de la façon suivante :

  • 65% de golfeurs français, dont une majorité de locaux pendant la période hivernale, et des parisiens sur la période avril-octobre.
  • 35% de touristes golfeurs, dont 50% viennent du Royaume-Uni, une autre grande partie vient de Belgique et de Suisse, et enfin, nous avons de plus en plus une clientèle en provenance des pays émergents, notamment des pays de l’Est (Tchéquie et Pologne), et même d’Asie (Chine, Japon, Corée du Sud).

Quelles sont les attentes spécifiques de votre clientèle ?

La qualité et l’homogénéité de nos installations, et plus globalement, une vraie qualité de service.

Combien de golfeurs, d’abonnées ou de parties de golf par an ?

  • 600 abonnées
  • 20 000 green-fees
  • 70 000 départs annuels
  • 300 stagiaires

Quelle est votre perception de l’activité en 2014 ?

Nous ressentons une reprise intéressante sur les marchés étrangers, notamment Anglo-Saxons.

Le marché touristique du golf se porte plutôt bien dans le monde.

Nous devrions constater en 2014 une poursuite de la reprise entamée en 2012.

Je trouve que l’excuse de la météo est un peu l’excuse du pauvre. Il pleut trop…Il fait trop chaud… La vérité concernant l’activité golf, c’est que la filière a surtout été très touchée par la crise économique dans les années 2009, 2010, et 2011.

Nous ressentons une reprise intéressante sur les marchés étrangers

Fin 2012, nous avons senti une esquisse de reprise, et dans la foulée, l’année 2013 ne s’est pas trop mal passée.

Pour 2014, nous avons des signes comme l’augmentation du nombre de réservations de tour-opérateurs qui laissent penser que l’année sera plutôt bonne.

Pour le marché intérieur, et concernant les greens-fees, nous arrivons à équilibrer en proposant des cartes de fidélité, et en proposant des offres attractives.

Il me semble aussi que les golfeurs sont de moins en moins sédentaires. Il y a même une réelle nomadisation du golfeur français, qui réfléchit à deux fois à s’abonner à l’année dans un club, et qui analyse plus qu’avant le nombre de parties qu’il joue dans l’année.

Il va être de plus en plus difficile d’abonner des golfeurs de manière automatique, et au contraire, le marché va devenir de plus en plus une activité de one-shot qu’il faudra attirer avec du tarif.

Que faudrait-il faire selon vous pour développer le nombre de golfeurs en France ?

Le travail de la FFGolf est très bon sur le sujet. Il est essentiel qu’un champion français se distingue au niveau mondial sur le long terme.

Par contre, je trouve que l’offre de golf en France n’est pas assez sectorisée.

Nous manquons d’une structure type guide Michelin avec des golfs une étoile, deux étoiles, trois étoiles, quatre étoiles qui permettraient de mieux différencier les parcours, les structures et les resorts.

Cela se passe très bien aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, où vous pouvez tout à fait trouver des parcours à 15 dollars, et des parcours à 150 dollars.

Aujourd’hui, ce n’est pas possible en France. Les parcours entrée de gamme cherchent péniblement à monter en gamme, et de notre côté, les parcours de haut de gammes ne peuvent pas réellement vendre au prix qui serait pourtant justifié.

Crédits photo : Golf du Médoc

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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