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Genesis Open: Le gratin du PGA Tour se donne rendez-vous au Riviera Country Club

Genesis Open: Le gratin du PGA Tour se donne rendez-vous au Riviera Country Club

Los Angeles a Hollywood Boulevard ! Le PGA Tour a un rendez-vous annuel des stars du golf au Riviera Country Club. En 1992, un jeune golfeur du nom de Tiger Woods faisait ses débuts sur le circuit à l’occasion de ce tournoi. Son drive surpuissant sur le tee de départ du numéro un, un par-5 de 500 yards qui surplombe le fairway de près de 22 mètres, est resté dans les annales. Sans un énième coup du sort, il aurait dû ajouter son étoile à celles présentes ce week-end.

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Difficile d’imaginer que cela fait déjà 25 ans que Tiger Woods a réalisé ses débuts sur le circuit professionnel à l’occasion de ce tournoi, et d’autant plus qu’aujourd’hui, sa société TGR est l’organisatrice de l’événement sponsorisé par la marque automobile Genesis, tout nouveau partenaire cette année après le Northern Trust.

Toutes les stars du tour sont présentes cette semaine. Arrivé sur place samedi matin, je n’ai manqué que Bryson DeChambeau (déjà vu en Suisse à l’Omega European Masters), Bubba Watson et Hideki Matsuyama.

Jason Day, Jordan Spieth, Dustin Johnson, Phil Mickelson, Adam Scott, Justin Rose (champion olympique), Jim Furyk, Luke Donald, Paul Casey, Brandt Snedeker, Justin Thomas, Patrick Reed…pratiquement l’intégralité du top-30 mondial est présente à Pacific Palisades, une station balnéaire chic de Los Angeles.

D’ici, on ne voit pas le panneau « Hollywood », seulement celui de la Fedex Cup, mais c’est tout de même un tournoi de golf prestigieux.

Sans la consigne de ses médecins lui demandant de rester à l’horizontale, Woods aurait dû jouer ce tournoi, dix ans après sa dernière apparition.

Quand il a démarré pour la première fois un tournoi du PGA Tour, à seulement 16 ans, Woods admet bien avoir ressenti l’émotion d’un moment qui change votre vie. Toute son histoire a donc commencé ici.

L'empreinte de Tiger Woods

Quelques semaines encore auparavant, il déclarait « Je travaille dur pour affiner mon jeu. Mon objectif est simple : Gagner ! »

En 25 ans, l’ambition n’a pas changé. Le dos oui !

Beaucoup de grands champions, dont Jack Nicklaus, lui prédisaient une fin de carrière difficile, si Woods n’apprenait pas à ralentir son swing, et ne jouer peut-être plus qu’à 80% de ses capacités.

Dans l’histoire du golf, aucun autre champion n’a eu en même temps tous les talents. Le même Nicklaus n’était pas un très bon golfeur dans le domaine du petit jeu.

Woods a tout : Driving, jeu de fers, petit jeu et putting. Sans chercher à être absolument le plus long sur le tee, avec le reste de son jeu, il pourrait bien gagner un US Open ou un British Open, et pourquoi pas un Masters.

McIlroy, et Jason Day, ses fidèles disciples l’ont d’ailleurs imité sur cette voie du driving survitaminé, et les deux ne sont pas en meilleure forme au niveau du dos.

Pour avoir vu l’australien driver de près, je peux vous confirmer qu’il met toute « la patate » dans sa rotation, et que les contraintes mises sur le dos sont évidentes.

Pour Tom Olsavsky, un observateur du tour privilégié dans sa qualité de technicien pour Titleist et TaylorMade avant de rejoindre Cobra, et de développer les clubs du tour depuis 20 ans, Bryson DeChambeau a justement construit son swing pour résister au temps, et aller à l’inverse des Woods, McIlroy ou Day.

En adoptant une posture beaucoup plus droite, beaucoup plus debout, il considère qu’il met moins de tension dans son dos. C’est la grande raison de son principe de swing avec des clubs d’une longueur unique.

Pour sa première apparition en 1992, Woods avait manqué le cut de seulement six coups, laissant au passage une belle impression, alors tenant du titre de l’US Amateur. Fred Couples avait remporté le tournoi.

Qui sait si cette année, Dustin Johnson ne va pas l’emporter et s’emparer de la première place mondiale, tandis que personne n’aura vraiment remarqué la présence d’un futur talent des vingt prochaines années.

J’aimerai croire ce que ce talent pourrait être le belge Thomas Pieters. Ce n’est plus un amateur, et il est déjà plus vieux que Woods lors de ses débuts ici.

Thomas Pieters dans l'anonymat du PGA Tour

Pour autant, le belge, star de la dernière Ryder Cup à Hazeltine entend jouer plus de tournois sur le PGA Tour, et ne se dit pas impressionné par l’événement.

Il faut dire qu’un tournoi du PGA Tour ne diffère pas tant que cela d’un tournoi de l’European Tour.

Pour avoir suivi de l’intérieur quatre tournois du circuit européen (Open de France et European Masters) et trois Evian Championship, ce premier tournoi du PGA Tour ne me donne pas l’impression de beaucoup différer dans l’organisation ou l’atmosphère.

Samedi, certes sous les averses, le public n’était pas franchement plus nombreux autour des fairways par rapport à ceux de l’Open de France ! Comme pour les autres tournois, le public choisit ses têtes.

Thomas Pieters, relativement inconnu ici, a pu jouer tranquille dans la partie de Wagner et Hubbard, ses partenaires du deuxième tour, pas plus que lui, stars du PGA Tour.

D’ailleurs, ce principe est un peu cruel. Le public n’était pas plus nombreux pour suivre d’immenses légendes comme Vijay Singh ou Ernie Els, certes en fin de carrière, mais toujours aussi impressionnant à suivre. Dire que je me suis retrouvé à quelques mètres de multiples vainqueurs en majeurs, alors dans une certaine indifférence du public américain pour ces immenses champions !

Ernie Els ne va pas passer le cut

C’est visiblement la loi du golf, et c’est pareil partout. L’an passé, à Paris, nous avions Mike Weir dans le champ des joueurs. Le public français avait visiblement aussi oublié que le gaucher canadien avait remporté un Masters. Pourtant, des porteurs de vestes vertes, nous n’en avons pas tous les jours à Saint-Quentin-En-Yvelines !

Pour attirer les foules, mieux vaut être en tête du leaderboard comme Phil Mickelson ou Jim Furyk, finalement, les increvables de cette génération 90/2000 à laquelle Woods appartient, et qui est tout de même en train de tirer gentiment sa révérence.

Els, Goosen, Singh, le prochain capitaine de Ryder Cup (Furyk) sont ici, concernant Furyck, on se demande s’il ne pourrait pas être un capitaine-joueur, et lui et Lefty sont bien décidés à ne pas laisser leur place aux jeunes.

Pieters attendra de la même façon que Curtis Strange toisait Tiger Woods à ses débuts.

Phil n’a ni extrêmement bien joué ni mal joué pendant la journée du samedi. Il n’a pas semblé dans une grande réussite dans ce qu’il a entrepris sous une pluie battante une grande partie de la journée.

43eme à -2 (8 coups derrière Dustin Johnson, leader après deux tours), Mickelson démontre qu’il n’est pas très loin du top niveau. La différence d’âges ne se voit pas. Avec un brin de réussite en plus, il pourrait être plus haut au leaderboard.

Jim Furyk dans ses oeuvres

A l’inverse, Furyk est 27eme à -4, et sur l’approche du green numéro deux, il m’a réservé un coup dont il a le secret pour jouer très bas.

Son deuxième coup trop court du green l’avait laissé dans le bunker en contre bas du green. Sa sortie de bunker allait être inhabituellement grattée et trop courte pour atterrir sur le bord du green. De là, il prend un pitch, et rentre l’approche à 5/6 mètres pour sauver le par. Du grand Furyk sous l’acclamation du public massé à ce point stratégique qui fait la jonction entre le départ du dix, du trois, et l’arrivée du deux.

On y croise Matt Kuchar en train de courir pour rejoindre le départ du un, mais qui s’arrête pour laisser chiper son copain Furyk, ou encore Jordan Spieth, tout sympa, tout sourire, et qui signe des autographes sur des fanions du Masters pour une jeune fille toute mignonne qui n’a que les yeux de l’amour pour lui.

Jordan Spieth en séance dédicaces

Le nouveau héros local, Justin Thomas est tout décontracté, il prend des photos avec des fans. L’ambiance est tout de même bon enfant. L’affluence n’est pas extrême et suffocante pour les joueurs.

Le belge Thomas Pieters continue tranquillement son bonhomme de chemin. Auteur de deux tours en 69, il pointe à la 17eme place. Sans faire parler de lui, il joue placé pour peut-être tenter un coup dimanche.

Ce n’est pourtant pas le meilleur européen au leaderboard. Luke Donald, un golfeur extraordinaire, ancien numéro un mondial en 2011, et disparu depuis, qui a un temps pensé arrêter sa carrière est bien de retour au plus haut niveau depuis quelques mois. Le porte-drapeau Mizuno fait briller les couleurs à la 7eme place provisoire.

L’an passé, à Paris, il avait lui-aussi traversé l’Open de France dans une certaine indifférence du public. Moins populaire que Paul Casey, et surtout Justin Rose, il retrouve pourtant de l’attention à la faveur de son jeu.

A propos de couleurs, je remarque la présence en masse de sacs Callaway, TaylorMade, et Titleist, mais aussi de plus en plus de PXG avec notamment Billy Horschel ou James Hahn.

A l’inverse, Ping et Mizuno sont moins visibles.

En revanche, aubaine pour Srixon, Keegan Bradley et Graeme McDowell sont dans la même partie lors du début du troisième tour qui n’aura finalement pu partir qu’à 4h10 de l’après-midi pour être interrompu 1h25 plus tard.

McDowell et Bradley attendent sur le green du 2

Ici, toute la question est de savoir si le tournoi pourra bien se finir dimanche soir.

Pour les organisateurs, c’est possible ! A condition de faire repartir les joueurs à 5h40 du matin avec la levée du jour, et de ne pas changer les paires entre le troisième et le quatrième tour, ce qui n’est pas l’usage.

Selon moi, cela va avoir une incidence sur le classement général final. Attention plus que jamais aux golfeurs qui viennent de derrière et sans pression, capable de poster un score très bas dimanche sur un parcours qui va aller en s’améliorant.

Si samedi, nous avons eu des conditions détestables, notamment le matin, dimanche, la météo prévoit une belle amélioration.

Dustin Johnson est le favori logique de l’issue de ce beau tournoi. Il est le golfeur qui joue le plus bas sur ce parcours depuis plusieurs années, cependant, malgré deux cartes de 66, il ne compte qu’un coup d’avance sur Pat Perez et Cameron Tringale, autour d’un beau coup de chance sur le 18 avec une approche qui rentre directe.

Au moment de l’interruption quand la sirène a retenti dans les airs, j’étais sur la partie de KJ Choi, Jason Day, et Byeong Hun An au 15.

Jason Day a tapé son drive, et quand ce fut le tour de Choi, la sirène l’a justement interrompu au moment où il allait déclencher son swing.

Jason Day au départ du 15

Curieux moment du circuit, Jason Day et An ont voulu finir le trou dans la pénombre pour placer leurs balles sur le green en jouant drives et approches, alors que Choi n’a pas voulu les imiter, préférant rentrer immédiatement.

Il faut dire que le numéro un mondial ne joue pas au mieux de sa forme. Avec déjà un bogey dès le deuxième trou (11), il a sans doute voulu finir le trou pour couper, et redémarrer sa partie le lendemain par un putt plutôt que par un drive. En tout cas, cela a visiblement été son choix…Choix autorisé par les commissaires…

En retournant vers le media center, je me fais gentiment interpeller par un couple d'américains.

Très rapidement, ils reconnaissent mon accent français. Anecdote pour vous dire que la France jouit toujours d'une belle cote d'amour, au moins en Californie, et qu'un joueur a marqué les esprits ici : Victor Dubuisson lors de son match play d'anthologie contre Jason Day...

Demain, journée marathon en prévision, avec tant de grands joueurs à suivre, je vais devoir me démultiplier pour tous les suivre au moins sur quelques trous, et surtout espérer que le tournoi se termine bien dimanche. Lundi, la suite de mon aventure aux Etats-Unis et en Californie m’attend déjà ailleurs…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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