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Le Genesis Open: Un tournoi où s’écrit souvent la légende du golf

Le Genesis Open à Pacific Palissades: Un tournoi du PGA Tour ou s’écrit souvent la légende du golf

Ce week-end se tenait sur le parcours du Riviera Country Club, le Genesis Open, un tournoi du PGA Tour, non loin de Los Angeles, dans la banlieue chic de Pacific Palissades. Deux ans plus tôt, j’avais eu l’opportunité de couvrir ce tournoi sur place. Déjà à l’époque, la pluie s’était invitée pour troubler cette fête du golf, alors que pourtant au bord de l’Océan Pacifique, on s’attendrait plutôt à une expérience Sea, Sun and Beach. Si vous n’avez jamais assisté à un tournoi du PGA Tour, je vous conseille de vivre l’expérience Genesis Open…

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Sur le chemin pour accéder au Genesis Open, en venant de Los Angeles, vous longez la côte Pacifique.

Des plages de sables gigantesques à pertes de vues, des drôles de maisons plus hautes que larges, et une deux voies largement arrosées par l’eau de pluie, en plein mois de février, le Genesis Open n’a peut-être qu’un seul défaut, se dérouler à la fin de l’hiver.

Loin de la carte postale californienne, au cœur de la forêt de Pacific Palissades, sur une plaine du Canyon de Santa Monica, une banlieue chic, et vraiment très chic de Los Angeles, les maisons rivalisent d’esthétismes faussement inspirées de styles européens.

Alors que dans beaucoup de villes américaines, et par exemple autour d’Orlando, les maisons ont souvent un style « carton-pâte » pour ne pas dire pas de style du tout, dans ce coin de Californie où le revenu par habitant est sans doute le plus élevé des Etats-Unis, les architectes et propriétaires s’en sont donnés à cœur joie pour essayer d’inspirer l’American Way of Life dans sa version la plus confortable, et la plus épanouie.

Au milieu des villas chics, vous arrivez au Riviera Country Club par la navette qui fait la liaison avec l’immense parking où vous êtes obligé de laisser votre voiture.

Dans d’autres états, et même à Los Angeles, vous croisez beaucoup de voitures avec des moteurs sur vitaminés ou les fameux pick-up. Pacific Palissades serait à contrario la capitale de Tesla, et de son modèle électrique haut de gamme.

Il y a pratiquement devant toutes les maisons.

Dans ce coin d’Amérique, on revendique une forme de culture européenne, et de plus grande conscience de l’environnement.

En décembre dernier, à Huntington Beach, toujours en Californie, en visite chez Travis Matthew, j’avais été stupéfait de constater le volume de pollution visible dans l’air.

En pleine crise existentielle en France où le débat hystérisait la fin de mois contre la fin du monde, je n’avais jamais vu dans notre pays, un taux de pollution de l’air aussi visible, et sur des kilomètres.

Plus que d’autres états américains, la Californie se préoccupe de l’environnement, notamment la gestion de l’eau, et jusqu’à fermer des parcours de golf !

Qualité de l’eau, qualité de l’air, l’ambiance à Pacific Palissades est feutrée.

A peine, avais-je mis un pied sur le Riviera Country Club, qu’une journaliste américaine avait sans doute reconnu mon accent ou mon visage européen, pour engager la conversation, et très vite me dire sa honte d’avoir Donald Trump comme Président des Etats-Unis.

Quelques jours plus tôt, à une station essence de Carlsbad, pour régler le plein, une employée afro-américaine, à nouveau ayant deviné mon accent français et mon anglais parfois hésitant, me demandait ce que je pensais de Marine Le Pen de but en blanc, ici à plus de 9000 kilomètres de Paris.

Sans véritablement lui répondre, un peu décontenancé par le caractère incongru de la situation, cherchant plutôt à comprendre quel type d’essence je devais mettre dans la voiture de location, elle poursuivait en me disant que c’était quand même bien de privilégier son pays d’abord.

Sans vous surprendre, selon votre position sociale en Californie, vous n’avez pas du tout la même vision de la politique, de Trump, et en revanche, ce qui m’a surpris par rapport à 20 ans en arrière, une plus grande conscience du monde qui entoure les Etats-Unis, quitte à vouloir se replier.

Même quand vous ne cherchez pas à faire de la politique, avec Trump, elle vous rattrape, car il clive très fortement la société américaine, et cela se ressent même sur un tournoi de golf.

Même Woods est obligé de se prêter au jeu des présidents, et de jouer une partie chaque année avec le président, qu’il s’appelle Obama ou Trump.

Cependant, au Riviera Country Club, le boss c’est Tiger !

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Une fois entré dans le « press center » pour récupérer mon badge et mon brassard photographe, on voit un peu partout des logos TGR, son entreprise ou des photos du Tigre rugissant.

Ici tout le monde travaille pour lui, même si lui est finalement assez discret pour n’être présent que sur le parcours, pour faire le seul métier que l’on attend de voir de lui.

En 2017, j’avoue que j’étais venu en grande partie pour le voir. Il avait déclaré forfait seulement quelques jours avant le début du tournoi.

Depuis deux ans, il a fait beaucoup de chemin pour faire partie des principaux animateurs de la compétition. A l’époque, il parlait de revenir pour gagner. Aujourd’hui, il a déjà prouvé qu’il revenait pour gagner. Le Genesis Open lui sert surtout de tournoi préparatoire en vue du Masters à Augusta.

Ce dimanche, il a finalement terminé sa semaine à la quinzième place, un peu déçu de ne pas avoir fait mieux sur ce parcours qu’il affectionne tant, et alors qu’il a réussi un superbe eagle au 11 sur le troisième tour.

La magie du Tigre n’est jamais très loin pour le plus grand plaisir du public venu le soutenir.

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Au départ du trou numéro un, un trou assez extraordinaire visuellement, notamment depuis le tee de départ surélevé, une plaque rappelle qu’il a fait ses débuts professionnels sur ce parcours, en 1992.

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Peut-être plus que n’importe où ailleurs, vous êtes ici au cœur de l’histoire de Tiger Woods.

Le tournoi existe depuis 93 ans.  Il est organisé par TGR depuis 2017, et on sent que cela revêt une grande importance pour lui.

« Tout a démarré ici pour moi. J’avais 16 ans quand j’ai fait mes débuts à Riviera. Cela a été un moment qui change une vie.»

Le tournoi a changé plusieurs fois de sponsors titres, mais l’histoire n’a cessé de s’enrichir de Ben Hogan à JB Holmes, le dernier vainqueur.

16 membres du Hall of Fame du golf ont gagné un tournoi du PGA Tour sur ce parcours.

C’est pourquoi chaque année, la plupart des membres du top-100 mondial sont présents, et rendent ce tournoi aussi prestigieux qu’un championnat du monde de golf.

Justin Rose, Phil Mickelson, Justin Thomas, Jordan Spieth, Adam Scott, Hideki Matsuyama, Matt Kuchar, Keegan Bradley, Rory McIlroy, mais aussi Vijay Singh, Ernie, Els, c’est un véritable défilé de stars juste sous vos yeux.

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Le club-house du Riviera Country Club qui surplombe le parcours n’est pas étranger au standing de l’événement.

Il fait partie des lieux iconiques de la saison. La photo du vainqueur devant cette imposante bâtisse fait généralement le tour du monde.

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Pour avoir arpenté les fairways pendant deux jours, quelle émotion de marcher à côté de Jim Furyk et son célèbre caddie, Mike Cowan, ou encore être en salle d’interview à côté de Phil Mickelson.

Sur le parcours, à l’époque de mon reportage, c’était encore Jim Bones MacKay qui portait son sac.

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Jimmy Walker, qui à 100 mètres, vous demande de vous pousser, car il a égaré sa balle à droite du fairway dans la forêt, et cherche à couper la ligne pour accrocher le green.

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Jason Day, qui au moment d’une interruption du jeu en raison de la tombée de la nuit, vient attraper juste à côté de vous, une voiturette pour repartir au club-house.

Ne pas savoir donner de la tête, tant sur chaque partie, vous pouvez suivre des stars de notre sport.

A l’époque, j’en avais profité pour photographier un golfeur encore peu connu, mais qui manquait dans les bases de données de nos fournisseurs : Justin Thomas ! Il avait été un des animateurs du tournoi. Depuis, je l’ai revu à Paris…

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Cette année, il a encore été à un cheveu de rejoindre JB Holmes, et lui  contester la victoire. A deux reprises, son putt a flirté avec le trou, le privant d'un play-off.

Thomas Pieters avait réussi un superbe tournoi pour finalement terminer à la deuxième place. En salle d’interview post-partie, devant la télévision américaine, j’avais pu glisser une petite question un peu incongrue « allait-il jouer l’Open de France ? », une question qui ne pouvait pas trahir l’origine du journaliste, et qui n’a pas manqué de surprendre le belge.

Malheureusement, dans ce genre d’exercice, agglutiné au milieu de tous les journalistes américains expérimentés et vifs, ce fut la seule question que je pu lui poser, avant de partir écrire rapidement un article sur lui en salle de presse, et alors que le décalage horaire me donnait l’avantage de pouvoir écrire sur lui, avant la presse française et belge.

J’avais assisté à la victoire de Dustin Johnson, qui du coup, avait pris au passage le titre de numéro un mondial.

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DJ m’avait impressionné par la longueur de ses drives, et la précision de son jeu autour des greens. Il n’était clairement plus seulement un bombardier. Pour devenir le meilleur golfeur du monde, il fallait être bien plus complet dans son jeu de golf.

Seulement neuvième ce week-end à sept coups du vainqueur, JB Holmes, il n’est plus aussi rayonnant sans sa barbe, mais pas vraiment très loin de son meilleur niveau sur ce parcours long de 7322 yards (6695 mètres), par 71.

Un parcours dessiné par George C. Thomas, et considéré dès son ouverture en 1927, comme l’un des plus beaux des Etats-Unis, et toujours à ce niveau depuis.

Un parcours détrempé par la pluie allant jusqu’à perturber l’édition 2019 au moins jusqu’au samedi.

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Déjà en 2017, le parcours était détrempé, ce qui avait joué sur la fréquentation en baisse. Cette année, au contraire, un homme, lui, pouvait faire remonter le niveau d’affluence, et malgré la pluie.

Woods, toujours lui, dont les parties de cette année ont été particulièrement suivies, et notamment par quelques-unes des stars de cinéma qui apprécient le golf, comme par exemple, l’acteur Josh Duhamel, star de la saga Transformers.

Hollywood n’est pas très loin, à moins que ce soit Hollywood sur le parcours avec toutes ses stars de golf à la chasse d’une dotation de 7 millions de dollars, dont 1,2 millions pour le vainqueur.

Le PGA Tour se déplace chaque semaine de parcours en parcours. Dans quelques jours, les meilleurs joueurs du monde auront rendez-vous au Mexique pour le WGC-Mexico Championship.

La semaine précédente, ils étaient à Pebble Beach, une autre place mythique du golf aux Etats-Unis, pourtant le Genesis Open est bien l’un de mes plus beaux souvenirs professionnels, un lieu d’histoire et d’authenticité, une sorte de parenthèse calme dans l’excitation du circuit professionnel américain.

Mis à part la partie de Woods, il n’y a pas nécessairement plus de public autour des greens que pour l’Open de France.

Pourtant, c’est un parcours sur lequel se sont déjà écrit quelques-unes des plus belles pages de l’histoire du golf moderne, et du PGA Tour.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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