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Gary Stal vs Kaymer à Abu Dhabi: « En 2015, j’ai mérité ma victoire ! »

Gary Stal vs Kaymer à Abu Dhabi: « En 2015, j’ai mérité ma victoire ! »

C’était il y a tout juste un an ! Le lyonnais Gary Stal remportait son premier grand tournoi sur le circuit européen de golf, et ce, aux dépens du golfeur le plus titré sur le parcours du golf national d’Abu Dhabi, l’allemand Martin Kaymer. Un an après, Stal rappelle qu’il a joué 65 sur le dernier tour, et qu'il ne doit pas victoire à un coup de chance ! Depuis où en sont les deux joueurs ? Qu'est-ce qui les attend en 2016 ?

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Sommaire de ce portrait croisé entre Martin Kaymer et Gary Stal 

  1. Abu Dhabi : La défaite de Kaymer ?
  2. Où en est l’allemand ?
  3. Abu Dhabi : La victoire de Stal ?
  4. Où en est le français ? 

Abu Dhabi : La défaite de Kaymer ?

L’an passé, Martin Kaymer semblait intraitable sur ce tournoi déjà remporté à trois reprises, et dominé jusqu’à mi-parcours sur le dernier tour.

Avec une avance confortable de dix coups, l’allemand a démontré une nouvelle fois que tant que le dernier putt n’est pas au fond de la boîte du 18, rien n’est totalement joué.

Sur les neuf derniers trous, la machine Kaymer s’est subitement enrayée pour gâcher des coups et jusqu’à terminer avec deux coups de retards sur le futur vainqueur, Gary Stal qui n’en demandait pas tant…

Kaymer ne cherche d’ailleurs pas particulièrement à se souvenir de ce passage à vide, et préfère valoriser les moments les plus fructueux de son expérience sur ce tournoi.

Il admet néanmoins qu’il n’est jamais complètement possible de faire le vide ou abstraction de ce qui s’est passé. « C’est juste humain. »

Vous avez toujours le choix de vous parler intérieurement sur un ton positif ou négatif. Kaymer prétend avoir choisi le positif !

Mais plus important, le joueur doit s’interroger sur ce qui a provoqué une rupture de performance, et être honnête envers lui-même dans ses réponses pour progresser, et en tirer un enseignement.

Jeudi, il prendra part à son dixième tournoi aux Emirats, et avoue accorder une part importante à cet événement, y ayant connu son premier succès sur le circuit professionnel.

« Tous les jeunes qui rêvent de devenir pro un jour espèrent jouer sur un parcours où ils pourront célébrer ce rêve. C’est pourquoi même si vous enlevez deux de mes trois victoires, cela restera toujours un endroit spécial pour moi. »

Kaymer démarrera jeudi par une partie en compagnie d’Henrik Stenson et du champion sortant, Gary Stal.

Où en est l’allemand ?

Après une saison 2015 décevante sur le PGA Tour, Kaymer pourtant champion de l’US Open et du Players en 2014 a perdu son droit de jeu sur le circuit américain par la faute d’un nombre de tournois disputés insuffisants.

Martin Kaymer à la recherche de son meilleur niveau

En effet, il lui fallait jouer à 15 reprises sur le continent américain pour prétendre rejouer à temps plein cette année.

Interrogé à ce sujet, il n’a pas semblé plus contrarié que cela par cette perspective.

« Mon programme de tournois va être exactement le même. L’an dernier, j’ai joué 13 tournois pour être éligible aux play-offs de la Fedex Cup, et cette année, je n’en jouerai que 12.

Pour ce faire, il compte sur quelques invitations de sponsors et devrait bien pouvoir jouer une douzaine de fois aux USA avec notamment des participations au Valspar Championship, au RBC Heritage ou encore au Wells Fargo Championship.

A cela, il pourra ajouter les majeurs, les championnats du monde, et le Players pour lequel il est automatiquement qualifié du fait de son classement mondial (30ème).

En fin de compte, malgré la perte de sa carte à temps plein sur le PGA Tour, il va jouer le même nombre de tournois aux USA qu’il aurait néanmoins joué sans cet événement.

C’est dire toute l’incohérence du système actuel qui est en fait une guerre froide qui ne dit pas son nom entre d’un côté le PGA Tour, et de l’autre, l’European Tour.

Chaque circuit impose un minimum de participations pour ne pas perdre la face vis-à-vis de l’adversaire.

A ce petit jeu, l’Europe perd plus souvent que les USA. Le cas de Kaymer est finalement le contre-exemple de l’anglais Paul Casey qui a carrément décidé de faire une croix sur la Ryder Cup, et ne jouer qu’à plein temps aux USA, plutôt que d’alterner les tournois entre les deux circuits, et traverser l’Océan Atlantique toutes les semaines.

A l’inverse, Kaymer s’arrange de sa situation, et avoue se concentrer sur deux autres objectifs : La Ryder Cup, et les Jeux Olympiques.

Seul point de difficulté dans son agenda, la semaine de juillet qui verra se télescoper les championnats du monde Bridgestone avec l’Alstom Open de France !

Pour l’instant, l’allemand ne semble pas encore avoir fait son choix, surtout qu’en représailles, l’European Tour qui administre le tournoi français a décidé de ne pas donner de points et de reconnaissances au championnat du monde, un fait assez unique dans l’histoire du golf !

Quoi qu’il arrive, Kaymer ne sait pas encore s’il voudra reprendre sa carte aux USA lors de la saison suivante, mais pour l’ancien numéro un mondial, et vainqueur de majeurs, la priorité devrait être ailleurs !

En 2015, sa saison a été bien trop discrète, et pour l’actuel numéro 30 mondial, son classement est trop éloigné du top-10 auquel il devrait plus logiquement appartenir.

Que ce soit aux USA ou en Europe, Kaymer doit faire mieux, et cela peut commencer par Abu Dhabi !

Abu Dhabi : La victoire de Stal ?

De son côté, le lyonnais n’a jamais eu le sentiment que sa victoire devait plus à la défaite de Kaymer que sa propre performance.

« Concernant ce 65 que j’ai joué le dernier tour, j’aurai peut-être pu rentrer quelques putts de plus. J’aurai pu jouer encore un peu mieux. Ceci dit je n’avais manqué aucun green de toute la journée, et en fait beaucoup de putts sont tombés pour ce qui a sans doute été un de mes meilleurs parcours. »

Poursuivant « Si j’avais remporté le tournoi au 18 parce que n’importe qui en tête avait rentré un triple-bogey, oui, alors dans ces conditions, j’aurai pu me sentir chanceux. »

« Au contraire j’étais déjà en tête en sortant du 14, et j’ai résisté à la pression. Au final, j’ai joué 65. Dommage pour Martin qu’il ait perdu, mais j’ai vraiment le sentiment d’avoir mérité cette victoire, et pas le contraire. »

Où en est le français ?

De son propre aveu, son début de saison 2015 a été très bon. Victorieux d’un premier grand tournoi sur le circuit européen, Stal a même été longtemps le seul vainqueur français de l’année, avant que Dubuisson ne profite d’un des derniers tournois pour le rejoindre in-extremis au palmarès.

 Gary Stal à la recherche de sa première participation à un majeur

Pour Stal, le déclic s’est sans doute réalisé quelques jours avant sa victoire, et notamment au cours du South African Open, terminé à la cinquième place.

Derrière ce pic de performance, Stal n’a pas réellement réussi à confirmer, ni même à retrouver un tel niveau de forme.

Selon lui, son jeu était pourtant en place, et il ne lui manquait pas grand-chose pour reprendre un top-10.

Néanmoins qualifié pour la finale de la Race, l’année 2015 de Stal lui a tout de même offert un nouveau statut, celui de potentiel favori !

Peut-être pas autant que l’anglais Andy Sullivan qui comme lui a remporté son premier titre en 2015 mais a surtout enchaîné avec deux autres victoires au cours du même exercice !

Le lyonnais reconnait de ce point de vue qu’il n’a pas correctement optimisé son calendrier, et sa participation surprise au championnat du monde Cadillac.

Des vacances posées avant le début de ce grand rendez-vous, et dix jours sans taper de balles n’ont pas permis une préparation optimale.

Et la confiance n’a pas suffi par rapport à la difficulté du parcours.

Résultat, ce tournoi a été un mauvais tournant pour la saison du français. Sa confiance s’est effilochée…

A la différence de Kaymer, le français n’a pas pu se qualifier pour les majeurs, et c’est sans doute le prochain palier qu’il devra passer rapidement.

Première réserve au British, et d’une place trop loin sur l’US PGA, Stal a déchanté.

En 2016, il ne veut pas revivre cette expérience, et fait de la participation à un majeur, son objectif prioritaire.

Pour ce faire, régularité et progression sont ses maîtres mots.

En 2015, il a connu son plus haut pic, mais il a aussi été beaucoup moins régulier qu’en 2014 avec dix cuts ratés contre seulement quatre l’année précédente !

Moins patient, plus offensif, Stal n’a pas trouvé la bonne carburation, et il admet devoir revoir son chipping, tout en travaillant toujours avec beaucoup de ferveur son putting.

Malgré un changement de cadet en deuxième partie de saison 2015, pour l’instant, le français a tout à prouver sur le parcours d’Abu Dhabi.

Son premier tournoi de l’année 2016, le South African Open ne l’a pas franchement rassuré !

Deux cartes en 74 et 75 ne lui ont pas permis de passer le cut, et de se rappeler à cette fameuse journée de rêve jouée en 65, un dimanche de janvier à Abu Dhabi !

Cette semaine, la pression sera à son maximum sur les épaules d’un joueur qui ne veut pas que l’on se souvienne de sa victoire comme un coup de chance !

De tout cœur derrière lui pour briller à  nouveau, ce dont son talent ne devrait pas le priver…mais inquiet pour sa confiance s’il venait à contre-performer sur le golf national d’Abu Dhabi.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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