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French Connection en Afrique du Sud pour Bourdy, Hebert, Gros et Linard

French Connexion en Afrique du Sud pour Bourdy, Hebert, Gros et Linard

Les quatre mousquetaires ont porté haut les couleurs de la France sur le parcours de golf de Leopard Creek en Afrique du Sud pour la toute première étape du circuit européen de golf 2015-2016. Gregory Bourdy, deuxième du Alfred Dunhill Championship et leader du camp tricolore composé de Benjamin Hebert, Sébastien Gros, et Thomas Linard, tous dans le top-5, lance parfaitement la saison alors que pourtant le déplacement de près de 9000 kilomètres n’est pas toujours simple pour les frenchies en terrain zoulou…

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L’importance du début de saison sur le tour européen…

Chaque année, c’est la même histoire. Le circuit de golf professionnel européen fait ses valises pour aller à l’autre bout du monde, en Afrique du Sud.

Premier avantage, alors que sur le continent européen, la majorité des golfeurs commencent à ranger leurs clubs en prévision de l’hiver, l’hémisphère sud fonctionne à l’inverse de nous, ce qui fait que c’est le plein été austral.

Deuxième avantage, lié au premier, les sud-africains disputent le Sunshine Tour, soit l’équivalent du circuit européen mais cette fois uniquement dédié aux golfeurs sud-afs.

Ce circuit démarre en janvier avec les qualifications puis une vingtaine d’épreuves toutes disputées en Afrique du Sud, avec en plus les championnats du monde disputés aux Etats-Unis et en Asie qui rentrent dans la comptabilisation des points.

Entre novembre et février, les plus grosses épreuves de ce circuit sont co-sanctionnées par le Sunshine tour …et l’European Tour, qui de ce fait peut proposer des tournois à jouer à ses membres, surtout en vue de concurrencer le grand circuit américain, le PGA Tour qui lui ne s’arrête jamais, bénéficiant du gigantisme du pays, et de la « Sun Belt » qui permet de jouer au golf même pendant l’hiver.

Ces circonstances contribuent donc à une situation qui n’est pas nécessairement simple pour les golfeurs basés en Europe.

En 2016, quatre tournois sont prévus dans ce pays et donnent des points à l’ordre du mérite ou Race to Dubai: l’Alfred Dunhill Championship, le Nedbank Golf Challenge, le South African Open et le Tshwane Open, le tout sur quatre mois de novembre à février.

Y aller ou pas n’est pas une décision anodine et sans effets sur la suite de la saison !

En théorie, si la saison a démarré au Alfred Dunhill, le véritable coup d’envoi médiatique a lieu le 21 janvier à Abu Dhabi pour le HSBC Champions…une autre capitale européenne comme vous pouvez le constater !

Sur ce tournoi, quelques-uns des meilleurs golfeurs européens mais aussi mondiaux sont au rendez-vous.

Généralement, Rory McIlroy, Justin Rose, Sergio Garcia, et parfois des américains comme Tiger Woods ou Phil Mickelson, ce qui fait que les places d’honneurs coûtent chers.

Pendant trois semaines, les européens jouent au Moyen-Orient (Abu Dhabi, Qatar, et Emirats Arabes Unis).

Tant et si bien qui si vous ratez la saison sud-africaine puis les tournois du Moyen-Orient, vous pouvez commencer votre saison sur le premier tournoi réellement disputé en Europe, le 14 avril en Espagne, une semaine après le Masters d’Augusta !

A ce stade, une quinzaine de tournois ont déjà été proposés par l’organisateur sur un total qui approche la cinquantaine.

Plus d’un quart du calendrier sportif se joue très loin de Paris ou de Londres et en dehors du continent Européen, tant et si bien qu’il est impossible de faire complètement l’impasse.

Un véritable challenge pour les golfeurs français…

Pour un golfeur français confirmé tel que Gregory Bourdy (plus de 300 départs) ou encore plus pour des rookies comme Sébastien Gros et Thomas Linard, prendre la décision de se rendre en Afrique du Sud ne présente pas un réel avantage.

Si vous suivez le circuit européen, peut-être aurez-vous constaté l’importance du contingent de golfeurs sud-africains sur le circuit.

C’est la conséquence directe d’avoir intégré le Sunshine Tour dans l’European Tour.

Encore cette semaine, le vainqueur n’est autre que Charl Schwartzel, le plus jeune golfeur sud-africain à avoir gagné dix tournois professionnels en carrière dont…sept en Afrique du Sud ( Alfred Dunhill Championship 2013, 2014, et 2016, Joburg Open 2010 et 2011, Dunhill Championship 2005 et Africa Open 2010).

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Comparativement, imaginez si en France, pays qui ne compte qu’une date au calendrier de l’European tour, nous avions tous les ans, quatre tournois au calendrier.

Et pour les quatre tournois, un champ composé à 60/70% de joueurs nationaux…

Dans votre club, combien de fois un championnat ou une épreuve de classement est dominée par un visiteur ?

En onze participations, Charl Schwartzel a terminé huit fois deuxième ou mieux…

Un tournoi disputé en Afrique du Sud à cette période de l’année (l’hiver pour un golfeur vivant habituellement en France), et c’est l’assurance d’une performance d’un sud-africain.

Branden Grace et Jaco Van Zyl ont terminé tous deux dans le top-10, et encore cette année, les quatre mousquetaires français ont sérieusement bousculé la hiérarchie.

Cela pourrait être relativement anecdotique si cela n’avait pas une influence au classement mondial.

En effet, quand Charl Schwartzel remporte ce tournoi, il fait un bond en avant au classement.

Le cas présent, il se retrouve autour de la quarantième place mondiale, ce qui signifie qualification pour tous les championnats du monde, et les majeurs.

Pour un golfeur sud-af, c’est en fait boulevard pour jouer sur tous les plus grands tournois dans le monde.

Il ne s’agit pas de refaire le monde, et d’expliquer à nouveau en quoi le calendrier européen est déséquilibré, ce qui ne manque pas de favoriser un certain désintérêt du public, mais bien de relativiser la très belle performance des golfeurs tricolores qui ont conscience de tout cela.

Le calendrier n’a rien de nouveau, et les contraintes sont connues.

Performer pour rentrer dans le budget…ou prendre de l’avance

En théorie, aller jouer en Afrique du Sud à cette période de l’année est géniale d’un point de vue climat.

Sauf que cela tombe en plein dans les fêtes de fin d’années, et à moins que nos joueurs soient sans familles, il faut faire l’aller-retour entre décembre et janvier.

Ce qui n’est pas vraiment réaliste au niveau économique et de la gestion de la fatigue liée aux voyages, surtout quand vous ne passez pas le cut, et que les frais ne sont pas amortis par des gains substantiels.

Demandez à Edouard Espana qui a manqué le cut d’un coup ce vendredi…ou alors à Clément Berardo qui lui est passé pour finalement terminer 52ème.

52ème signifiant un chèque de 5500 euros auquel vous pouvez enlever 1500 euros de frais de billets d’avions, 1000 euros d’hôtel pour la semaine…

Vous me direz, cela fait toujours 3000 euro de gains pour quatre jours de travail (ne pas oublier les impôts….)

Bien entendu, c’est difficile de financer une saison avec un entraineur, un caddie, etc…avec ce type de gains.

C’est pourquoi la décision d’aller jouer en Afrique du Sud n’est pas réellement rentable d’un point de vue financier, sauf à faire comme Bourdy et prendre un chèque de  172 000 euros.

Bourdy a résolu le dilemme posé par le calendrier en venant jouer cette première épreuve du Dunhill, puis en s’accordant un bon mois de break pour couper après une saison longue de janvier à novembre de manière ininterrompu.

Dans son esprit, il s’agit de prendre des points le plus tôt possible, et de profiter que les leaders se mettent au repos sur ces tournois à l’autre bout du monde.

L’an passé, l’anglais Danny Willet avait disputé ce tournoi en plus du Nedbank Golf Challenge pour commencer sa saison le plus tôt possible.

Bien lui en a pris, puisque finalement deuxième de l’ordre du mérite en fin de saison, il avait commencé par remporter le Nedbank et pris la quatrième place du Dunhill.

Effectivement de bons résultats en Afrique du Sud peuvent littéralement changer votre saison.

Pendant que d’autres ne jouent pas, vous marquez des points, et montez au classement mondial, ce qui peut vous ouvrir les portes des grandes épreuves, et finalement, avec de la réussite, vous pouvez accélérer le processus.

En réalisant une telle opération, Willet qui était relativement inconnu en 2014 est devenu l’un des trente meilleurs golfeurs du monde en 2015.

Ceci dit, facile à écrire, plus difficile à faire, justement aux vues de l’adversité composée d’une très grande majorité de golfeurs locaux motivés par la perspective de faire une perf pour quitter l’Afrique du Sud, et jouer en Europe….une sacré motivation.

Bourdy à l’aise en Afrique du Sud

Gregory Bourdy joue sur le circuit européen depuis 2002, et plus particulièrement sur le grand tour depuis 2005, pourtant il ne démarre pas systématiquement sa saison de manière aussi précoce.

En 2015 et 2014, il n’était pas venu jusqu’à Leopard Creek et avait démarré à Abu Dhabi fin janvier.

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Pour retrouver trace d’une participation aussi précoce, il faut remonter à 2013…et déjà une troisième place au Alfred Dunhill Championship !

Quelques semaines plus tard, il avait aussi pris la deuxième place au Africa Open, et parfaitement lancé sa saison qui allait être émaillée d’une très belle victoire au Pays de Galles en septembre…sa dernière victoire sur le tour européen.

Grosso modo, Bourdy revient en Afrique du Sud tous les 2/3 ans. Il était déjà venu en 2010 mais aussi en 2006, 2005, et 2004.

Plus, il a progressé au classement européen et moins le besoin de venir jusque sur le territoire zoulou s’est fait sentir.

Pourtant, il avait souvent réussi à s’illustrer.

Si dans son cas, il s’agit de se relancer en terrain connu après deux saisons moyennes, dans le cas de Benjamin Hebert, mais plus encore Sébastien Gros et Thomas Linard, néophytes à ce niveau de la compétition, la question de venir ici ne s’est pas posée longtemps…

Les jeunes déjà sur le pont !

D’un point de vue financier, c’est plutôt risqué surtout si vous ne terminez pas dans le top-40 (le 41ème gagne 9450 euros), et d’un point de vue sportif, vous prenez le risque de jouer contre des golfeurs qui connaissent mieux le parcours et le contexte que vous.

En revanche, le risque en vaut la chandelle quand cela marche !

Imaginez que Benjamin Hebert a déjà gagné 103 000 euros en un tournoi, alors qu’en une saison l’an passé, il a empoché 500 000 euros en 30 participations (16 000 euros de moyenne) !

@Bhebert

Dans la perspective de sauver sa carte, ce début de saison lui change la vie, et lui enlève de la pression même si en 2015, il a terminé la Race à la 65ème place.

Pour Sébastien Gros, et Thomas Linard qui ont tous deux brillé sur le Challenge Tour, ils font une entrée en fanfare sur le grand circuit.

La difficulté pour des rookies étant d’arriver à assurer leurs maintiens le plus tôt possible dans l’année.

En 2015, Jérôme Lando-Casanova a finalement perdu sa carte à temps plein sur ce circuit en disputant pourtant 31 tournois (très proche du maximum) pour un gain de seulement 87 500 euros (172ème sur 294).

A quelques euros près, il sauvait sa carte pour rester sur ce circuit.

En prenant la quatrième place, ce dimanche, le lyonnais Sébastien Gros a déjà empoché 73 650 euros tandis que Thomas Linard a gagné 53 100 euros avec la cinquième place.

Autrement dit, et alors que la saison ne fait que commencer, les deux tricolores ont déjà fait un grand pas en avant pour sauver leurs cartes en fin d’année.

On peut même légitimement penser aux vues de ce qu’ils ont produit ces derniers mois qu’ils ne vont pas s’arrêter en si bon chemin, et peut-être même espérer mieux.

Pour Hébert, l’objectif est clairement annoncé !

Participer aux séries finales de l’European tour qu’il a manqué d’un cheveu en 2015 (65ème au lieu de 60), et obtenir sa première victoire sur le grand tour.

Ce dimanche, de son propre sentiment, il n’a pas assez bien putté, et assez bien géré les sorties de bunker pour contester la victoire à Schwartzel.

Il n’est peut-être plus très loin d’y parvenir, et 2016 pourrait être une nouvelle année de progression pour lui.

Le golf professionnel français tourne actuellement à plein régime sur le circuit européen.

Le contingent de joueurs engagés est de plus en plus important. Durant les dernières séries finales, le nombre de français était le deuxième plus important juste derrière l’Angleterre.

Avec la victoire de Dubuisson en Turquie, les bons résultats de Gary Stal ou Alexander Levy, et maintenant, les performances de Bourdy, Hebert, Gros et Linard (Wattel a pris la 18ème place), la France est de plus en plus en avant dans la perspective de la Ryder Cup 2018.

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