Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Flightscope X3: Le challenger du Trackman 4

Flightscope X3: Le challenger du Trackman 4

Depuis 2012, je suis plus familier de Trackman par rapport à FlightScope, mais j’ai pu récemment tester le X3, pour me faire une idée plus précise d’un launch monitor qui partage la même technologie doppler. Assumé comme un challenger de Trackman, FlightScope revendique pourtant la paternité du principe doppler. Principe qui permet de suivre une balle de golf, et en donner toutes les mesures balistiques, un besoin hérité d'applications militaires à l’origine. Si vous êtes pro de golf, et vous vous interrogez sur l’achat d’un radar de mesure, qu’allez-vous trouver avec le nouveau FligthScope X3, en comparaison avec le Trackman 4 ?

Découvrez nos formules d'abonnements

Sur le marché des radars de mesures ou « launch monitors », on retrouve trois principaux acteurs crédibles : Trackman, la référence sur le tour, Foresight qui développe le GCQuad  plus en vue de l’autre côté de l’Atlantique, et enfin FlightScope, une entreprise fondée à l’origine par Henri Johnson (1989).

Le Trackman et le FlightScope  sont basés sur la technologie Doppler 3D, à l’origine imaginée pour suivre des projectiles.

FlightScope a été dépassée au niveau marketing par Trackman, qui a réussi le tour de force de s’imposer comme la référence absolue, en équipant notamment la majorité des joueurs sur le tour professionnel.

A l’image de « Karcher » pour les nettoyeurs hautes pressions, on parle plus souvent de Trackman comme un nom de produit plus qu’un nom de marque. Les radars sont souvent dits des Trackmans...

FlightScope ne peut pas jouer sur une telle notoriété, et pourtant propose les mêmes données. Le prix est alors un élément de distinction entre les deux produits.

Quand le Trackman 4 est commercialisé à partir de 19 000 dollars, le Fligthscope démarre à partir de 14 000 dollars, un écart de prix sensible, en particulier pour la clientèle ciblée, à savoir les enseignants.

A un tel niveau de prix, les amateurs ne semblent pas être le premier marché, bien qu’ils soient en fait les principaux utilisateurs indirects, puisque les launch monitors permettent de leurs fournir des données précieuses pour leurs swings.

L’analyse du pro, et sa capacité à interpréter les très nombreuses données, reste bien entendu la clé de l’utilisation de cet outil pédagogique.

Pour des tests de clubs de golf, il est difficilement envisageable de travailler avec des outils moins complets, c’est pourquoi, Jeudegolf s’est équipé.

Les deux radars fournissent vitesse de swing, vitesse de balle, smash factor, taux de spin, dispersion, et tous les éléments utiles, aussi bien au niveau de l’analyse du club que de la balle, les deux éléments étant difficilement dissociables.

Bien entendu, beaucoup de lecteurs attendent une comparaison entre les deux radars. Quel est le plus performant ?

En réalité, les deux radars fonctionnent sur la même technologie.

Ils sont censés fournir les mêmes mesures.  Objectivement, les deux seules données qui peuvent se distinguer à la marge sont l’angle d’attaque, et le loft dynamique, des donnés qui concernent le club.

Par le passé avec le FlightScope Xi, un autre modèle de radar, j’avais trouvé des écarts de vitesses de swing vis-à-vis du Trackman 2.

Si le Trackman 4 est disponible depuis janvier 2016, le FlightScope X3 est arrivé plus tard.

Annoncé pour décembre 2016, il est réellement disponible depuis cet été en France.

options-x3.JPG

Les deux dernières générations de radars se basent toujours sur le principe Doppler pour suivre la balle, mais combinent en plus, une caméra haute vitesse, qui renforce la capacité de précision.

Dans le domaine des radars, pour avoir déjà testé plusieurs outils, et notamment le Skytrack, ou le ES14, il y a un élément qui ne pardonne pas : La précision des mesures !

Quel intérêt d’acheter un radar de mesure, si ce dernier présente une plage d’erreur conséquente ?

L’ES 14 me semblait donner des mesures très aléatoires, et sur la base de simples calculs plutôt que de mesures.

Plus abordable en prix, ce type de radars portatifs faisait en fait beaucoup de sacrifices sur la précision.

J’aurai très prochainement l’occasion de développer la question du MEVO, un autre radar portable de la part de Flightscope, mais cette fois à un prix abordable par les amateurs. Je verrais si ce dernier fait mieux que l’ES14…

Pour en revenir au match Trackman 4 / Flightscope X3, pour continuer à maintenir un niveau de prix élevé, les deux adversaires ont misé sur l’ajout de fonctionnalités innovantes.

Le putting et le chipping faisaient naturellement offices de terrains à explorer, surtout au bénéfice de la nouvelle caméra haute vitesse.

Jusqu’à cette nouvelle génération, l’usage d’un launch monitor était « limité » à l’analyse des pleins coups.

doppler-radar.JPG

Avec le X3, la caméra suit la trajectoire de la balle sur le green, et fournit jusqu’à 28 données à analyser sur la qualité du putt.

Toutefois, il faut considérer cette fonction putting comme complémentaire.

Des outils spécialisés comme le Sam Putt Lab conservent un avantage de précision par rapport aux launch monitors.

Il y a fort à parier que Trackman comme FlightScope essaient d’améliorer leurs mesures dans ce domaine, et notamment sur de futures machines.

Sur le Trackman, pour l’avoir essayé, la fonction putting est tout de même très intéressante.

Elle apporte des données comme le skidding ou la vitesse du green, qui en font un véritable outil d’entraînement sur les greens, surtout pour un coach qui n’aurait pas d’autres outils de puttings. C’est une sorte de 2 en 1.

En revanche, il faut des chips à 10/15 mètres pour que le radar fournisse des données exploitables. En-dessous, j’ai eu du mal à obtenir des données.

La balle ne sortant tout simplement pas assez vite, et ne volant pas assez longtemps pour que le radar délivre des données (à moins de 4 mètres).

A l’usage, les deux radars sont très semblables.

Il s’agit de "boites" à poser derrière le joueur, et qui s’ajustent automatiquement en outdoor.

A savoir, les deux radars ajustent la hauteur de la caméra en fonction de ce qui se trouve devant eux.

Idéalement, il faut poser le radar à 2,5 mètres derrière soi, pour à la fois capter une image complète du swing (et oui, la caméra permet aussi de filmer le swing, et les trajectoires de swings, comme de balles), et bien entendu, pour mesurer précisément le vol de la balle.

En réalité, entre les deux radars, c’est surtout l’interface du logiciel qui change nettement.

interface-x3.JPG

Quand on est habitué comme moi depuis longtemps à l’univers du Trackman, il faut un certain temps pour s’y retrouver dans celui du Flightscope.

Les données sont pourtant les mêmes.

Cependant, la navigation dans les menus diffère. Le set-up du FlightScope semble légèrement plus long que celui du Trackman qui est plus intuitif. Suis-je objectif ? 

Le X3 comme le Trackman peuvent s’utiliser avec un ordinateur portable, une tablette et un smartphone. Personnellement, je suis plus habitué à l’usage avec un ordinateur.

L’usage d’un mobile est certes utile en « mobilité », cependant, j’aime moins l’interface mobile du Trackman 4, et notamment les graphiques qui me paraissant plus sommaires, en comparaison du nouveau système dynamique, qui lui propose de nouvelles options très intéressantes pour illustrer le fonctionnement d’un club de golf, et donner du sens aux datas, qui sont parfois complexes à expliquer sans visuels.

Le X3 met quant à lui l’accent sur différentes vues du practice.

practice-x.JPG

On sent que ce radar mise plus sur l’équipement de studios indoor. Soit une autre partie du marché possible pour ce type d’outils : l’expérience ludique entre amis ou le coaching en indoor.

Guillaume Sauzet, représentant de la marque en France, équipe d’ailleurs régulièrement des practices en France avec le FlightScope, mais pas seulement.

Le FlightScope est au centre d’un dispositif qui peut être plus exhaustif.

Quelque part, le radar est au service d’une expérience qui peut dépasser le cadre du coaching, mais être en plus un outil ludique pour créer des événements.

Comme FlightScope n’a pas la même notoriété que Trackman, le radar veut se distinguer en apportant d’autres services complémentaires, comme par exemple un couplage possible avec des outils pédagogiques utiles comme la Focusband, le Boditrack ou le MySwing.

Ces trois outils permettent de donner des informations complémentaires au launch monitor.

Si je suis moins adepte du Focusband, le boditrack donne des informations utiles sur la gestion des appuis au sol, alors que le MySwing est très pertinent sur la mécanique corporelle du joueur, des éléments que ne peuvent complètement analyser les launchs monitors.

De mon point de vue, c’est le point intéressant avec FligthScope que de pouvoir étendre son champ d’analyse, justement en se couplant à d’autres outils, qui sont plus orientés causes que conséquences.

Finalement, le déplacement du club et le vol de balle sont des conséquences d’actions corporelles.

De son côté, Trackman a mis en place une académie qui permet des échanges de données entre les membres de sa communauté, et une meilleure compréhension de l’outil. 

Pour le nerf de la guerre, il semble que pour la distance totale, à moins d’un mètre près, les deux radars donnent la même mesure.

Pour ceux qui s’interrogent sur la fiabilité d’un radar et la précision des mesures, je doute qu’un journaliste puisse donner une réponse 100% fiable.

test-trajectoire-x3.JPG

Pour tester deux radars en simultané, il faut pouvoir placer les radars derrière le joueur, et à la même place.

C’est en fait impossible ! C’est l’un ou l’autre !

Comment tracker la même balle avec deux radars placés côte à côte ? C’est fonctionnellement impossible ou peu fiable.

Taper un coup avec l’un, puis avec l’autre ? Cela n’aurait aucune valeur scientifique.

La meilleure solution consisterait à faire taper deux balles successives avec un robot Iron Byron.

Soit un procédé à plus de 30 000 dollars le test pour peut-être trouver un mètre d’écart.

La véritable différence entre les deux radars se jouent selon moi, sur la navigation et la familiarité avec l’interface de gestion. C’est donc plutôt une question de goût et d'usage.

Enfin, la différence de prix est certainement un élément à prendre en considération.

Alors que Foresight est complètement absent du marché français, Trackman et FlightScope, avec chacun des stratégies commerciales différentes, ont le mérite de dynamiser notre marché, et permettre une saine concurrence.

Posté par le dans Accessoires Golf
  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 987
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.