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Fedex St Jude Classic : Le retour du boss Dustin Johnson !

Fait rare sur le PGA Tour, l’américain Dustin Johnson a remporté le tournoi Fedex St Jude Classic bien avant d’arriver lui-même sur le dernier green, celui du 72eme trou.

Fait rare sur le PGA Tour, l’américain Dustin Johnson a remporté le tournoi Fedex St Jude Classic bien avant d’arriver lui-même sur le dernier green, celui du 72eme trou. Déjà largement leader du tournoi devant Andrew Puttnam et JB Holmes, le boss a rentré son approche au fer 9 à plus de 154 mètres du drapeau pour signer un ultime eagle, scellant définitivement une victoire qui ne faisait plus de doute. Au passage, Dustin Johnson récupère le fauteuil de numéro un mondial, seulement quelques jours avant le début de l’US Open à Shinnecock Hills.

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Détrôné par Justin Thomas, exceptionnel sur les fairways du PGA Tour, et bientôt présent à Paris pour l’Open de France, il aurait été étonnant que le géant (1,93m) sommeille encore longtemps.

Auteur d’une seule victoire depuis le début de la saison 2018, DJ n’a jamais franchement mal joué depuis janvier. Il a tout simplement été moins exceptionnel que l’an passé alors qu’il enchaînait les victoires avant de se blesser au Masters.

Depuis janvier, son plus mauvais résultat en tournoi avait été une 17eme place au Player’s, ce qui était loin d’être déshonorant.

En dix tournois, il a déjà réussi à rentrer à 7 reprises dans le top-10.

Chassé de son fauteuil de numéro 1 acquis en février 2017 après une victoire au Genesis Open, Dustin Johnson a pourtant tout de l’actuel « big boss » sur le circuit professionnel.

C’est bien plus Justin Thomas qui a enchaîné les exploits depuis aout dernier qu’une réelle défaillance de sa part qui peut expliquer le jeu de chaises musicales entre les deux américains.

Thomas ou Johnson, on assiste à l’excellence dans les deux cas. Simplement, le dernier nommé semble avoir moins besoin de forcer pour rester au top.

Il y a 8 ans d’écart entre les deux hommes. DJ a 33 ans et déjà 18 victoires sur le tour. Justin Thomas a 25 ans et 6 victoires.

Entre ces deux grands talents, c’est peut-être encore l’expérience qui peut les distinguer.

Thomas ne tape pas franchement beaucoup moins fort, et n’est pas moins talentueux, simplement DJ semble ne pas avoir de plafond.

Son attitude sur et en-dehors du parcours impressionne. Il est un modèle de placidité. Il avance sur les fairways imperturbables que la balle rentre dans le trou après un coup de fer 9 à plus de 150 mètres ou qu’elle se pose à 5 mètres du drapeau.

Jamais une émotion plus haute qu’une autre, quand DJ a entendu la clameur de la foule après son ultime eagle de la journée, il a simplement esquissé un sourire, lever doucement la main vers le ciel tel Jules César heureux de régaler le public de sa magnificence.

Dustin Johnson est désormais un empereur du golf impeccable. Père de deux enfants, rangé de la drogue et des soirées arrosées, le voilà au niveau que tout le monde lui prédisait dans ses jeunes années tant son potentiel était énorme.

Il lui aura fallu dix ans pour se révéler un golfeur totalement complet dans tous les domaines. Le travail au trackman l’a beaucoup aidé dans ce sens. Sous son air nonchalant, DJ est un très gros travailleur qui a mesuré chacun de ses coups, pour mémoriser corporellement chaque approche pour toutes les distances possibles.

De ce point de vue, ce serait plus un empereur robotique, capable de répéter toujours le bon geste dans la bonne situation. C’est peut-être même le modèle du golfeur parfait.

A-t-il vraiment des limites ?

A-t-il vraiment des limites ?

En -19 après 4 tours, Johnson a largement dominé le Fedex St Jude Classic de la tête et des épaules. Son plus proche poursuivant, Andrew Puttnam termine 6 coups derrière, et lui-même a créé un écart de 4 coups avec le troisième JB Holmes.

Sur cette dernière journée, Johnson n’a jamais semblé forcer son talent.

Avant d’arriver sur le 18, il n’avait signé que 3 birdies pour largement contrôler le tournoi avec 3 coups d’avances. Avec son ultime eagle, il a conclu son tour en apothéose, comme pour envoyer un message ou une signature, un trait de force.

Déjà au Tournoi des Champions, il s’était fait remarquer en gagnant largement, mais aussi en manquant de peu de rentrer un drive directement dans le trou.

Quand DJ gagne, il écrase tout sur son passage comme un empereur romain aussi placide que déterminé. En réalité, il est dans sa « zone » de confiance, et quand il atteint cette plénitude, il semble intouchable par les autres golfeurs.

Premier pour les coups gagnés depuis le tee, premier pour le jeu du tee au green, premier pour le nombre de coups gagnés, premier pour le nombre d’eagle, et premier pour le score moyen (68,82), Johnson n’est pas un nouveau numéro un mondial au rabais.

Il faut admettre qu’il est actuellement le meilleur golfeur au monde. Le fait qu’il récupère son fauteuil de numéro un n’est pas une aberration.

Cela lui permet d’arriver cette semaine sur l’US Open, deuxième majeur de la saison avec le plein de confiance.

Ce véritable test de golf ne va en être que plus dramatique avec une opposition exceptionnelle entre deux grands champions : Dustin Johnson et Justin Thomas, sans oublier le retour du Tigre qui ne cesse de se rapprocher de ces deux monstres de talents.

A titre de comparaison, la victoire de DJ lui permet d’égaler le record du plus grand nombre de victoires sur le tour depuis 2008 (18) détenu sur cette période par un certain Tiger Woods.

Définitivement le golfeur le plus cool du tour, il a déclaré sobrement « Je savais que cette semaine, je swinguais très bien. J’avais beaucoup de confiance avant de démarrer le dernier tour. J’ai finalement très bien joué toute la semaine. »

Depuis le début de la saison, il alterne entre les drivers M3 et M4, ayant d’ailleurs une victoire avec chacun des deux modèles. Cette semaine, et en prévision de l’US Open, il avait justement opéré un changement.  Il avait réglé son M4 sur un loft de 10,5 degrés monté sur un manche Fujikura Speeder Evolution 661 X Tour Spec 2.0.

Il a drivé à 288 mètres de moyenne sur la semaine contre 279 depuis le début de la saison. Il est d’ailleurs un poil en retard sur sa statistique de l’an passé… (284 mètres).

Aucun golfeur n’a jamais gagné l’US Open en ayant remporté un autre tournoi du PGA Tour la semaine précédente, et DJ le sait sans doute.

Cela ne semble pas lui faire perdre le sommeil. On se demande ce qui pourrait d’ailleurs l’empêcher de dormir.

Si quelqu’un peut remporter un US Open après une semaine victorieuse, c’est bien lui !

Si quelqu’un peut remporter un US Open après une semaine victorieuse, c’est bien lui !

Ce grand majeur n’a pas toujours été un bon souvenir pour lui, comme par exemple à Pebble Beach en 2010, son dernier triple à Chambers Bay en 2015 ou encore le ratage avec les règles en 2016 à Oakmont.

C’est pourtant justement sur ce tournoi qu’il a pris enfin le statut de vainqueur en majeur. De tous les majeurs, c’est sans doute celui pour lequel, il est le plus taillé.

« J’ai de grandes attentes chaque semaine. J’ai l’impression que mon jeu est en place. J’ai l’impression de bien driver. Je frappe vraiment bien mes fers, et mes wedges sont bons. J’ai vraiment hâte d’être à la semaine prochaine. »

Si vous cherchez un favori pour ce prochain US Open, il faut commencer la liste avec Johnson.

Et quoi qu’il arrive à Shinnecock Hills, il sera certainement d’une placidité à toute épreuve.

Crédit photos : Getty Images

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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