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Faut-il être naturellement doué pour bien jouer au golf ?

Faut-il être naturellement doué pour bien jouer au golf ?

Dans le monde des affaires, il est de plus en plus courant de dire à un entrepreneur qui créé une entreprise « Trompe-toi rapidement pour apprendre plus vite ». Cette maxime pourrait tout à fait s’appliquer au golf

Au plus haut niveau, des golfeurs professionnels comme le français Victor Dubuisson ou le belge Nicolas Colsaerts semblent être naturellement doués, comme pouvaient l’être Léonard de Vinci ou Picasso dans leurs domaines.

Quand on les voit taper des balles au practice, on pourrait croire qu’ils sont nés avec le don du swing de golf, afin de devenir les meilleurs golfeurs de la planète.  Nous pourrions même imaginer que leurs progressions ont été rapides et naturelles. 

Pourtant, selon le dernier livre de Daniel Coyle « The talent code » paru aux Etats-Unis, rien ne se fait facilement ! Pas plus pour Victor, Nicolas ou même Picasso ! 

La théorie de cet auteur consiste à dire que le talent s’acquière

Il n’y a pas de qualité innée ou de don donné exclusivement à certains. 

Le talent serait en fait le résultat d’un processus bien précis, au cours duquel, l’apprenti acquière une construction cérébrale (une substance qu’il nomme myelin) qui effectivement le placerai au-dessus de l’élève moyen. 

En tant que moniteur de golf, je ne m’aventurerai pas sur le terrain de ce Monsieur Coyle. 

En revanche, les principes édictés dans ce livre peuvent s'avérer très utiles dans l’enseignement du golf auprès des amateurs.

L’apprentissage est le fruit d’un entraînement intensif composé d’essais et d’erreurs 

Dans son livre, Coyle cite un grand nombre d’exemples de musiciens qui répètent à l’infini une partition de sorte qu’elle finisse par être parfaite à l’oreille, de même que des footballeurs qui répètent des dribbles même si le ballon ne cesse de leurs échapper…. 

Quelle que soit la compétence, le dénominateur commun est la façon dont elle est acquise. 

Se mettre en difficulté n’est pas une option selon Coyle, « c’est un besoin biologique ! » 

L’entrainement intensif  est construit sur un paradoxe : Le fait de rencontrer des difficultés dans son apprentissage permet d’aller à la limite de ses capacités, là où nous commettons des erreurs, mais c’est aussi cela qui nous rend plus compétent. 

Le fait de se pousser dans nos propres retranchements, en situation d’échecs, nous forcent à faire des erreurs et à les corriger. 

« Le truc consiste à choisir un objectif juste au-dessus de nos capacités actuelles, de cibler cette difficulté. Le fait d’échouer aveuglément n’aide pas. Par contre, atteindre un objectif oui ! » 

L’effet résiduel d’un entrainement intensif modifie partiellement la structure du cerveau. 

L’auteur du livre nous apprend que tous les grands artistes sécrètent avec abondance une substance appelée Myelin dans leurs structures neuronales. 

Toujours selon lui, nous pouvons tous acquérir cette substance après des heures, et des heures d’entraînements intenses. 

Et plus l’entraînement est important, et plus la Myelin contribue à construire, et à modifier des synapses (structure qui permet à un neurone d’envoyer un signal à une autre cellule, neurone ou autre). 

Il appelle ce processus la myelination. 

L’effet de la propagation de la myelin, est le transfert de signaux qui deviennent plus rapides, et plus directs. 

« Le talent est le fruit de la myelination qui permet l’agrandissement les circuits neuronaux en fonction de certains signaux. »

Jusqu’à quel point devons-nous nous entraîner pour sécréter cette substance ? 

Selon Coyle, pour acquérir un talent, il faut 10 000 heures pour atteindre le bon niveau de compétence dans une activité. 

Nicolas Colsaerts au practice

En somme, pour atteindre ce résultat, il faut travailler cinquante heures par semaines, toutes les semaines pour atteindre ce résultat en quatre ans ! 

Imaginez pour un simple amateur qui s’entraîne quatre heures par semaine toute l’année, il lui faudra 48 ans pour arriver à parfaitement maîtriser tous les aspects du jeu, tout en s’efforçant à chaque fois de se pousser lui-même dans sa zone d’incompétences. 

Car n’oublions pas que la quantité ne suffit pas pour acquérir un talent ! 

Il faut s’entraîner très fortement dans des situations où nous sommes en situations d'incompétences.

Enfin, rappelons qu’il s’agit ici de talent, et non pas du temps nécessaire pour apprendre à jouer au golf, et se faire plaisir. 

Je ne voudrai pas vous effrayer...

Toutefois, ce gap devrait vous paraître logique entre apprendre à jouer pour se faire plaisir, et être talentueux comme Victor Dubuisson ou Nicolas Colsaerts.

Imaginez le nombre de balles de golf qu’il faut taper cinquante heures par semaine ! 

A moins de 24 ans, Victor Dubuisson a sans doute atteint les 10 000 heures bien avant de devenir professionnel sur le tour, et probablement même à l’adolescence. 

C’est aussi le cas de ces jeunes pros comme Lydia Ko sur le circuit féminin qui est déjà à moins de 17 ans parmi les cinq meilleures golfeuses du monde. 

Imaginez qu’elle a sans doute développé le bon niveau de myelin avant ses quinze ans à raisons de quatre ans d’entraînements intensifs, soit un début de travail intensif à dix ans seulement ! 

Dans tous les cas, le fait d’essayer et de faire des erreurs de manière répétée est clairement partie intégrante du processus de développement du talent, à travers la myelination. 

Que pouvons-nous en retirer pour l’apprentissage par un amateur de golf ? 

Appliqué au golfeur amateur, si nous reprenons notre compte de 10 000 heures, ce n’est donc tout simplement pas réaliste. 

Pourtant, nous pouvons tirer profit de cette méthode d’essais et d’erreurs, pour organiser une méthode d’apprentissage. 

Imaginez le nombre de balles de golf qu’il faut taper cinquante heures par semaine !

Quand Coyle parle d’entrainement intensif, il décrit le type de travail qui est le plus performant dans l’apprentissage du jeu. 

Par exemple, il est toujours intéressant de regarder des golfeurs débutants au practice. 

Regardez comment il manque la balle, semble maladroit, et tape le club dans le sol, puis recommence…

D’une manière ou d’une autre, ils sont en train de résoudre l’équation de l’apprentissage en utilisant cette méthode de l’essai et de l’erreur, et peut-être aussi parce qu’ils n’ont rien d’autres sous la main pour faire autrement. 

Une leçon de golf ne devrait pas être autre chose qu’un entrainement guidé, fournissant à l’élève des opportunités de résoudre un problème, et apprendre de ces erreurs. 

En tant qu’élève, si vous arrivez à apprendre de vos erreurs, c’est que vous êtes sur la voie de ce travail en profondeur, qui peut vous permettre de faire des progrès à long terme. 

Quelle que soit votre motivation, que vous vouliez jouer au golf à haut niveau ou entre amis pour vous détendre, la beauté du golf, c’est qu’il existe différents niveaux de plaisir. 

Retenez donc deux choses :

  • La qualité de l’apprentissage -  il faut se mettre en difficulté pour commettre des erreurs, apprendre de ses erreurs pour progresser.
  • La  quantité d’apprentissage permet de modifier les connexions neuronales pour qu’elles soient plus rapides, et plus efficaces, d’où la notion de 10 000 heures.
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Auteur

Master Class PGA en petit jeu et entrainement de haut niveau certifié par la TPI (Titleist Performance Institute), Michel a dirigé la section Sport Études Golf Rhône Alpes de 1995 à 2001, et a formé plusieurs joueurs actuellement sur le tour européen.


Sur le site, il intervient comme consultant technique pour les questions liées à la pratique du golf pour les amateurs.

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