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Le final du Evian Championship 2017 fait polémique !

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L’éditorialiste américain de Golf Channel, Randall Mell, un vétéran du journalisme golfique avec plus de 30 ans d’expériences n’a pas hésité à remettre en doute le caractère « Majeur » de l’Evian Championship, suite à la dernière édition, et notamment le play-off entre Anna Nordqvist et sa compatriote, perdante, Brittany Altomare, disputé dans des conditions météos dantesques. C’est peut-être l’occasion de remettre à plat la question de la date du tournoi, déplacé de juillet à septembre à la demande… des américains de la LPGA…

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Randall Mell n’y a pas été de main morte dans son édito consacré à l’Evian Championship, remettant en cause le tournoi, Danone, et son président Franck Riboud.

Il commence son article par « L’Evian Championship est plus un championnat majeur pour le groupe Danone qu’il n’est un majeur pour le golf féminin. »

Randall Mell n’a sans doute pas apprécié que sa compatriote, la jeune et novice Brittany Altomare, surprise du tournoi, soit défaite en un trou de play-off dans des conditions météos qu’il faut bien reconnaître comme délicates, et même injouables.

Il pointe du doigt le fait que tellement obsédé de finir le tournoi le plus rapidement possible, il ait fallu pousser l’eau hors de la ligne de putt de l’américaine.

Pour avoir assisté de près à toute la scène, et pas seulement sur le green, Altomare a perdu en 2 temps.

D’abord, son drive a été moins bon que celui de Nordqvist.

Certes de peu, mais c’est la réalité du golf !

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Un drive 5 mètres plus court et plus enfoncé dans le rough est moins bon, et lui a coûté l’attaque de green dans de bonnes conditions.

Ensuite, elle a complètement craqué sur son chip qui n’a pas parcouru la moitié de la distance (25 mètres), alors que dans le même temps, la suédoise a eu un coup plus court mais plus délicat à jouer.

Alors qu’Altomare a joué un chip roulé trou court, Nordqvist a opté pour une sorte de lobshot qui a justement évité le problème de la roule sur un green détrempé.

Désolé Randall, même si, moi-même, je me suis interrogé sur la pertinence de jouer sous un déluge, Anna Nordqvist a simplement mieux joué à conditions égales que la jeune Altomare, dont il faut souligner la bravoure, et le talent pour s’être hissée si haut dans ce tournoi, et alors, que personne ne l’attendait.

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De là, à laisser penser qu’Evian ne mérite pas d’être un tournoi majeur. Cela semble trop sévère, et trop partisan, et surtout oublier consciemment le rôle clé de la LPGA dans l’organisation ou la désorganisation du tournoi.

Dans l’article consacré à Anna Nordqvist, j’ai illustré l’absence surprenante de commissaire et surtout de responsables de la LPGA à la tombée de drive pendant le play-off.

Est-ce que Evian sert plus les intérêts de Danone ou ceux du Golf Féminin ?

En toute objectivité, le fait même de poser la question est déjà à la limite de la correction vis-à-vis de Franck et Antoine Riboud.

Que peut-on reprocher ? D’avoir tout fait pour obtenir ce statut de championnat majeur ?

L’Evian Masters était déjà dans les faits le plus grand tournoi de golf féminin en Europe, avant même de devenir un majeur, et peut-être même devant le British Open féminin.

Le cadre, le cérémonial, la date, l’ambiance et effectivement le soutien de DANONE en avaient déjà fait un rendez-vous incontournable, et même trop gros, pour que la LPGA ne récupère pas le tournoi dans son giron.

La pire des compromissions acceptée par Riboud, et Jacques Bungert, l’organisateur opérationnel du tournoi a été le changement de date, et de mon point de vue, le nœud du problème.

Un problème énorme qui si cela continue aura raison du tournoi.

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Il ne s’agit plus de tirer la sonnette d’alarme, mais de monter sur la table, et donner un grand coup de pied aux fesses de la LPGA, cette organisation américaine que Randall Mell oublie de citer dans son édito, comme le principal responsable.

Pour protéger les tournois américains de fin d’été, ne pas marcher sur les plates-bandes des autres majeurs, la LPGA a effectivement récupéré EVIAN comme cinquième majeur de golf féminin, mais l’a traité comme cinquième majeur de golf féminin dans l’ordre d’arrivée et de traitement calendaire.

Quand on connait le mode de fonctionnement de nos amis américains que nous pouvons adorer par ailleurs, ce n’est guère surprenant. « America first » est plus qu’un crédo politique. C’est la pensée profonde de l’immense majorité.

En 2013, 2016 et donc 2017, le tournoi a largement été dominé par le problème de la météo. Pour nos amis américains qui ont parfois du mal à dessiner la position de la France sur une carte, effectivement, en septembre, en Haute-Savoie, il fait un temps de chien !

Du temps de l’Evian Masters (1994 à 2012), le tournoi était le plus souvent disputé en juillet. A l’époque, il régnait un petit parfum d’insouciance… un petit parfum de vacances.

Le tournoi avait d’ailleurs une plus grande affluence, en profitant des vacanciers, et même des touristes étrangers dont des américains.

Plus le temps passe, et plus l’audience du tournoi baisse. Je n’ai pas de chiffres à l’appui. Qu’une impression visuelle ! Je suis certain qu’il y avait moins de monde en 2017 qu’en 2015, et cela ne tient pas à la qualité du plateau.

Toutefois, concernant l’édition 2017, Randall Mell pointe avec justesse une décision que l’on pourrait qualifier de surprenante, et de même de traiter à la va-vite : la suppression du premier tour !

Effectivement, cela amoindri forcement la qualité du tournoi, et bien plus que le play-off disputé sous une pluie torrentielle.

D’ailleurs, quelle frustration d’avoir précipité le départ du play-off alors que finalement 20 minutes plus tard, la pluie avait baissé en intensité, notamment au moment de la remise des prix.

Il y a donc un peu de vrai dans l’édito de Randall Mell sur les choix qui ont été opérés durant ce majeur. En revanche, son argumentation sur l’implication de Danone ou la priorité donné au géant de l’agro-alimentaire est hors de propos.

Certes, le putt d’Altomare a été joué dans des conditions qui n’étaient pas justes pour elle.

Cependant, c’est elle qui a manqué les coups précédents, et dans la même situation, Nordqvist a fait clairement de meilleurs choix, ou eu une meilleure exécution. Sa victoire ne doit souffrir aucune contestation, et à la différence de Mell, j’étais à côté des joueuses.

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Randall Mell s’accorde alors pour mettre en cause la LPGA. Pour lui, effectivement, le circuit a mis dans la balance l’intérêt du tournoi par rapport à d’autres contingences comme par exemple, le fait de décaler le tournoi à lundi et reporter le play-off.

Dans ce cas, il aurait été même plus juste de reprogrammer le premier tour et de bien jouer quatre tours pleins.

D’autant plus, que la semaine suivante, il n’y avait tout simplement pas d’autre tournoi.

Là où Randall Mell s’égare, c’est le moment où il laisse penser que cette situation convenait mieux à Danone, soucieux de la couverture médiatique du tournoi.

Randall Mell en appelle aux puristes qui pourraient considérer que ce tournoi a été loin des enjeux d’un majeur.

Peut-être ! C’est finalement aux joueuses qu’il faut poser la question. Et manifestement, elles ne sont pas organisées avec un syndicat pour les représenter, et participer aux décisions. Clairement, à Evian ou ailleurs, elles n’ont pas forcément voix au chapitre.

Randall continue son argumentation en mettant en avant que le golf féminin est plus pauvre que son homologue masculin, et de fait, quatre des cinq majeurs sont dépendants des sponsors.

Sur ce point, il faut être un peu cohérent.

On ne peut pas déplorer l’absence de sponsors, au point que l’on ne peut plus organiser un calendrier professionnel en Europe, et les remettre en cause, quand la pureté de l’art subit un soi-disant compromis en leur faveur.

Encore une fois, je doute que Danone avait à gagner à la situation décrite. Ce serait plus utile de changer la date du tournoi qui clairement est incompatible avec la météo saisonnière.

Le journaliste américain surjoue sur le rôle de visionnaire de Mike Whan, le patron de la LPGA.

La faillite du circuit professionnel féminin en Occident, plus particulièrement en Europe est le résultat d’une ouverture trop déséquilibrée en faveur de l’Asie, et de l’argent promis au circuit par la Corée du Sud.

Si on doit parler de la compromission éventuelle de Danone, il faut parler de celle de Whan qui a récupéré Evian, et sacrifié le circuit européen sur l’autel du roi dollar made in Korea ou China.

En fin d’article, il tempère son jugement sur Riboud et Evian, reconnaissant les efforts consentis pour élever à un niveau exceptionnel, la dotation du tournoi, juste devancé par l’US Open.

A la limite, on ne comprend plus son argumentation de début d’article, mettant en cause DANONE, alors qu’à la fin, il reconnaît la contribution indiscutable du sponsor pour faire d’Evian, un majeur nécessaire au golf féminin.

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En conclusion, il pointe encore du doigt un fait qui mérite d’être relevé, et qui est juste. Le parcours est trop court, et pas assez difficile.

Dans l’histoire du golf en majeur, les scores les plus bas sur 18 trous (61) et sur 72 trous (-21) ont été postés à Evian.

Si les greens sont très délicats, la longueur des trous n’est pas assez prononcée pour poser des problèmes aux 100 meilleures joueuses de la planète.

Finalement, la LPGA et Franck Riboud ont encore beaucoup à accomplir pour développer Evian. Ceci dit, est-ce que les autres majeurs se sont seulement construits en 5 ans ?

Posté par le dans Golf féminin
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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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