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Evian Championship 2017: Une édition pour sauver le golf féminin européen ?

Evian Championship 2017: Une édition pour sauver le golf féminin européen ?

Jeudi 14 septembre débutera le premier tour de l’Evian Championship, cinquième majeur du golf féminin devenu un rendez-vous incontournable dans le calendrier du golf mondial. 5 ans après son changement de statut international, le tournoi haut-savoyard reprend un peu malgré lui une position de fer de lance d’un golf féminin européen en plein désarroi. Peut-il vraiment supporter tout le continent ? Par ses choix, dix ans plus tôt n’a-t-il pas contribué au renforcement du golf asiatique ? Par effet rebond, le tournoi ne va-t-il pas pâtir d’un manque de compétitivité des européennes ?

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Le golf féminin européen, un déclin inquiétant

Plus de dix ans en arrière, l’Evian Masters se distinguait par le fait d’être un des premiers tournois de golf d’envergure à inviter régulièrement des joueuses en provenance d’Asie.

Chine, Japon, et bien entendu Corée du Sud, l’Evian Masters accueillait des joueuses peu connues en Europe et aux Etats-Unis, à une époque où Annika Sorenstam, Helen Alfredsson, et Laura Davies étaient les références du golf en Europe, et dans le monde.

Aujourd’hui, non seulement le golf féminin européen (Ladies European Tour) traverse la plus grave crise de son histoire avec un calendrier de compétitions qui compte à peine une quinzaine de dates sur 52 semaines, alors qu’en même temps, comme un lien de cause à effets, les meilleures joueuses européennes sont très loin d’être en capacité de dominer le classement mondial.

La dernière Solheim Cup, match entre les 12 meilleures américaines et les 12 meilleures européennes a servi de cruel révélateur du retard pris par l’Europe en seulement quatre ans.

Alors qu’au début des années 2010, les golfeuses européennes emmenées par des Azahara Munoz, Carlotta Ciganda, Suzann Petersen, Mel Reid, la française Gwladys Nocera ou encore Caroline Masson pouvaient largement rivaliser avec les américaines du LPGA Tour.

L’édition 2015 de la Solheim Cup a marqué un premier tournant. Les européennes étaient encore à « portée » de leurs adversaires.

Deux ans plus tard, il n’y a plus photo à tel point qu’un match entre l’Asie, plus particulièrement la Corée du Sud et les Etats-Unis aurait plus de sens.

En l’espace de quelques petites années, le golf féminin européen s’est littéralement effondré sous l’effet d’une politique du Ladies European Tour que l’on peut juger comme désastreuse.

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Son président, le controversé Ivan Khodabakhsh a d’abord jugé opportun de ne plus organiser OU accepter de tournois en-dessous d’une dotation de 250 000 euros, ce qui a eu pour effet d’éliminer beaucoup de dates dans le calendrier.

Il faut aussi reconnaître que le circuit féminin européen peine à recruter de nouveaux sponsors ou mécènes. Franck Riboud est justement bien seul dans sa position de fervent défenseur du golf féminin.

Les meilleures joueuses européennes n’ayant plus de tournois à disputer pour s’aguerrir. Dans certains moments de la saison, il peut y avoir plus d’un mois d’écart entre deux épreuves !

Pire, cette saison, près de 7 tournois ont dû être tout bonnement annulés.

Les joueuses de première division ont parfois plus intérêt à jouer en seconde division (LETAS) pour garder le rythme, et ce, même si elles perdent de l’argent avec des dotations inférieures aux gains.

Après 4 ans à la direction du circuit, le bilan était trop négatif pour que l’action du directeur Khodabakhsh perdure.

Au cours du mois d’août, Ivan Khodabakhsh a donc été débarqué de la direction du LET pour être remplacé dans l’urgence et sans véritable plan B par le président Mark Lichtenhein.

C’est peu dire que Khodabakhsh avait attiré sur lui la foudre des joueuses, et des organisateurs de tournois, conscient de la dépréciation du produit.

L’écossaise Catriona Matthew n’avait pas hésité au cours du dernier Women’s British Open à le mettre directement en cause. « Nous avons un bon produit. Nous avons beaucoup de bonnes joueuses, mais peut-être, nous n’avons pas la bonne personne à la tête. Si nous pouvions résoudre cela, nous pourrions commencer à reconstruire quelque chose. »

Cependant, est-ce que c’est l’arbre qui cache la forêt ? N’y a-t-il pas un déni de réalité. Le golf féminin peine à trouver sa place en Europe.

Le sport féminin, une affaire d'hommes ?

Prenons les exemples du tennis ou du football. Dans ces deux cas, le sport féminin est en développement soit parce que les tournois de tennis féminins sont organisés en même temps que les tournois masculins (sur la même semaine et dans le même stade), soit parce que le public qui se déplace est essentiellement masculin.

Il faut admettre que peu de golfeuses sont des fans du haut niveau. Elles ne jouent pas au golf pour s’émerveiller des exploits d’In Gee Chun, Se Ri Park, I K Kim, Inbee Park, So Yon Ryu, etc…

Les hommes sont les principaux spectateurs des sports féminins ! Encore faut-il les intéresser en démontrant un défi technique, physique ou mental.

En six ans, le circuit européen a pratiquement perdu la moitié de ses événements, soit 11 tournois en mois autour de l’Evian Championship. Seulement 15 dates, c’est indigne d’un circuit qui se veut global, et formateur de l’élite du golf en Europe.

C’est révélateur d’une situation d’échec pour justement convaincre les hommes européens de s’intéresser à ce circuit, et aussi révélateur du manque de joueurs.

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Aux USA, sur 25 millions de golfeurs, tenant compte de 20 à 25% de joueuses, vous avez au moins 6 millions de golfeuses. Le « bassin de population » n’est pas comparable.

Le circuit américain se porte plutôt bien, et il ne compte pas saisir l’occasion de faire main basse sur son partenaire européen.

Par la voix de son commissaire, Mike Whan, la LPGA préfère considérer l’Europe comme un partenaire, et même un partenaire faible, plutôt que comme une occasion de fusionner enfin une fois pour toute en un seul grand circuit mondial.

Ce serait pourtant la meilleure solution pour une plus grande lisibilité du professionnalisme, quand le golf est un des derniers sports à ne pas centraliser tous ses tournois en un seul classement, ce qui ne favorise pas sa compréhension par les spectateurs, les golfeurs et les non-golfeurs.

La LPGA n’a sans doute pas envie de partager ses « millions » et faire office de région riche qui vient en soutien de la région pauvre.

Cette logique stérile passe à côté du vrai grand sujet : la création d’un seul circuit unique mondial qui pourrait recréer de l’élan pour toute la profession.

Qu’est-ce que c’est un qu’un numéro un mondial de golf qui ne joue qu’aux Etats-Unis et environ deux fois par en Europe, et en Asie ?

Le tournoi d'Evian peut-il échapper à un contexte où l'Europe disparaît peu à peu ?

Dans ce contexte apocalyptique, le tournoi d’Evian peut se féliciter d’avoir été le premier à miser sur le marché asiatique, d’avoir militer pour devenir un majeur, et se sauver du marasme en intéressant d’est en ouest, de dépasser le cadre seulement européen.

Il peut aussi être considéré comme l’un des événements qui a fait rentrer le ver dans le fruit.

Si l’Asie connaît depuis 10 ans une croissance exponentielle de ses résultats dans les grands tournois féminins, sous l’impulsion d’une très grande popularité et d’un accroissement du nombre de joueurs et joueuses, cela a aussi contribué à éloigner le public européen.

Depuis 2009, sur 8 éditions, le tournoi d’Evian a été remporté à 7 reprises par des joueuses asiatiques, alors que de 1994 à 2008, une seule asiatique avait réussi à s’imposer en la personne de la japonaise Hiromi Kobayashi.

Pour le public européen, il faut reconnaître qu’il n’y a aucune connaissance des championnes sud-coréennes, chinoises ou japonaises. Le public ne les connait pas !

Cette semaine, sur 120 joueuses engagés pour 26 nationalités différentes, de quelques-unes au début des années 2000, les sud-coréennes représenteront le plus fort contingent en quantité et en qualité.

A la vue des statistiques des dernières années, il ne serait pas étonnant que l’actuelle numéro un mondiale So Yeon Ryu soit la principale favorite.

La Corée du Sud présente 160 joueuses classées dans les 500 premières dont 5 dans le top 10.

Sans mettre de côté la qualité de ses joueuses, et le fait incontestable qu’elles sacrifient tout à la carrière, et plus que les européennes, cela crée un profond déséquilibre de représentativité entre les continents. La responsabilité des organisateurs du circuit est fortement engagée.

Dans de telles conditions, sans tournois, les européennes sont de plus en plus vulnérables, et pas assez soutenues.

Dans un tel contexte, la meilleure chance des françaises est encore de tenter leurs chances aux USA pour surnager.

Au départ du tournoi d’Evian, pas de Nocera, victime du système alors que Icher, Klatten, ou Delacour seront présentes.

L’Evian Championship est donc en position de majeur d’un continent à la dérive. Si sa stratégie de diversification internationale l’a protégé, l’effondrement de son environnement proche pourrait finir par l’affaiblir.

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Deux ans en arrière, le propriétaire des lieux, Franck Riboud s’inquiétait de l’effondrement des rémunérations pour les joueuses européennes, comprenant qu’elles ne pourraient pas s’en sortir.

Aujourd’hui, il essaie tant bien que mal de valoriser et de soutenir les amateurs, mais cela paraît bien insuffisant et isolé pour tenir tout un continent à bout de bras.

« Une véritable dynamique qui fait écho à notre détermination à soutenir le développement de la nouvelle génération à travers l’Evian Championship et son écosystème de tournois de jeunes: l’Evian Championship Juniors Cup, l’Evian Junior Event, un nouvel événement en partenariat avec l’AJGA, l’Arnold Palmer Cup ou encore la Haribo Kids Cup » rappelle Franck Riboud, Président de Danone et Président de l’Evian Championship. « C’est aussi le sens de notre politique d’invitation qui donne la part belle aux meilleures joueuses amateurs du moment. »

Toujours plus jeunes et peut-être même trop jeunes ?

La jeunesse… c’est bien le maître mot sur un circuit mondial trusté par des « gamines » dans la mesure où l’expérience ne semble plus être un atout pour performer sur les parcours.

C’est aussi un phénomène qui pose question sur le niveau général du circuit quand les golfeuses de 25 ou 30 ans ne sont pas aux commandes alors que ce devrait être l’âge de la maturité ou de la performance.

Le top-10 mondial est actuellement dominé par des jeunes femmes de moins de 25 ans.

Lydia Ko fait presque office de vétéran du haut de ses 20 ans.

A trop pousser les juniors, le circuit professionnel adulte ressemble de plus en plus à un circuit junior, ce qui ne doit pas favoriser l’intérêt du grand public…

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Pour équilibrer, les organisateurs ont invité cette année trois jeunes amatrices avec notamment la Suissesse Albane Valenzuela, et la française Agathe Laisné en face de l’américaine Nathalie Gulbis, déjà sacré à Evian, mais complètement hors du coup depuis plusieurs saisons.

Passé la trentaine, beaucoup de golfeuses mettent en balance une carrière faiblement rémunératrice avec l’envie de fonder une famille.

Rares sont celles qui arrivent à cumuler les deux comme la française Karine Icher. L’ex-star du circuit Lorena Ochoa n’a pas hésité à stopper sa carrière en pleine gloire…

C’est un autre signe qui rend délicat la notion de professionnalisme et de carrière longue dans un sport féminin.

Les nuages sont donc nombreux, comme souvent la météo du mois de septembre à Evian (le changement de date qui a déplacé le tournoi de juillet à septembre n’était pas le plus opportun), et les opportunités à saisir rares pour tenter de relancer le golf féminin européen.

Même en changeant le directeur du tour européen, les perspectives ne sont pas rassurantes…

Concernant Evian, le Masters était un des plus beaux rendez-vous du golf mondial, en juillet avec des joueuses de renoms comme Sorenstam, Davies, Webb, Creamer ou Gulbis, des stars, depuis son passage au Championship en septembre dans une ambiance un peu différente, il y a 80% de chances que le tournoi soit remporté par une sud-coréenne inconnue du public européen. Où est le progrès ?

Posté par le dans Golf féminin
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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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Invité 23/11/2017

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