Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Golf féminin

Evian Championship 2015 : Un majeur à la mode américaine

Evian Championship 2015 : Un majeur à la mode américaine

L’idée de ce sujet sur le premier jour passé à Evian ne tient pas seulement au fait que l’américaine Lexi Thompson se soit illustrée d’entrée de tournoi, en prenant les commandes avec autorité (score de 66) -5 sous le par. Le fait que le tournoi soit passé du statut de Masters à Championship est aussi une affaire de petits détails imperceptibles pour le grand public que nous vous proposons de vous relater.

Découvrez nos formules d'abonnements

Les médias US en force

Jeudi pour le premier tour du cinquième majeur de la saison de golf féminin professionnel, il a fait un temps magnifique sur Evian-Les-Bains.

L’été indien aux bords du lac Léman avec une pointe de douceur dans l’atmosphère…

En salle de presse, on en viendrait presque à regretter l’air climatisé, et sur le parcours, ce n’était pas incongru de chercher des coins d’ombres. Et le parcours très boisé, toujours magnifique et fleurie n’en manquait pas.

Pour une journée de semaine, le public a quelque peu répondu à l’appel d’un prestigieux événement organisé dans une ville qui ne compte pourtant que 7500 âmes.

Sur la partie de Nathalie Gulbis, nous étions une trentaine de personnes autour du green, alors que sur le tee de départ du un avec Suzann Pettersen, à peu près le double.

Les parties des stars étant à l’évidence les plus suivies…

C’est loin de l’affluence de l’Alstom Open de France, mais ce n’est pas ridicule pour un tournoi joué à 600 kilomètres de la capitale française. On croise quelques fans sud-coréens, drapeaux en mains, et bon nombres d’américains venus suivre Stacy Lewis, Paula Creamer ou encore Julie Inkster.

Lors de notre dernier passage en 2012, nous avions été frappés par le nombre de médias d’origines asiatiques, qui toutefois correspondaient logiquement aux nombres de joueuses du LPGA Tour présentes sur l’Evian.

Pratiquement la moitié du champ de joueuses venait de Corée du Sud, du Japon, de Chine, de Taiwan, et de Thaïlande.

C’est encore vrai cette année !

Ceci dit, en 2015 par rapport à 2012, il est frappant de constater à quel point la LPGA et les américains ont pris les commandes du tournoi passé majeur.

Partout dans les coulisses du tournoi, on sent la mainmise des américains pour que l’organisation soit parfaite, et digne d’un majeur.

Non pas qu’elle ne l’était pas déjà avant le changement de statut !

En conférence de presse, et cela n’a pas changé, l’organisation est prise en charge par le circuit nord-américain. Les questions posées, y compris aux joueuses françaises se font en anglais.

Karine Icher et Gwladys Nocera sont habitués. En 2012, dans une salle plus petite, les médias français étaient pourtant plus présents. Nous étions un peu plus « entre nous ». 

En 2015, les frenchis sont clairement minoritaires.

Thierry David, le journaliste de Golf + arrive néanmoins à interviewer Lexi Thompson au sortir de sa conférence de presse. Privilège de la télévision sur la presse écrite…

Néanmoins, Golf + est à la bataille avec GolfChannel, et surtout les impressionnants moyens mis en place par NBC pour couvrir le tournoi.

Sur les écrans géants ou dans les loges, tous les écrans diffusent les images officielles…commentées par les anglophones. Ce ne sont pas les images de Canal, et les commentaires de Christian Ledan ou les interviews d’Astrid Bard qui sont diffusés.

Les sujets fusent, et les américains ont tous en tête la prochaine Solheim Cup qui aura lieu une semaine plus tard en Allemagne.

Les médias US sont certainement en force à Evian, du fait du regroupement en l’espace de seulement dix jours de deux grands événements golfiques sur le vieux-continent.

Sans doute vexés d’avoir concédé les deux dernières éditions, ils craignent une éventuelle passe de trois de l’Europe.

Les journalistes de GolfChannel cherchent à savoir quel serait l’éventuel secret des golfeuses européennes.

Icher répond non sans malice qu’il n’y a peut-être pas de secret, et que c’est tout simplement, un esprit plus soudé qui a permis aux golfeuses du vieux-continent de s’imposer.

Passé cette impression d’américanisation du tournoi, nous avons envie de saluer le travail des reporters/photographes de golf que nous avons côtoyé sur le terrain, et en salle de presse.

Hommage au travail des photographes

Avec leurs téléobjectifs gigantesques, ils sont faciles à repérer sur le parcours, et au plus près du jeu.

Ils sont souvent peu considérés alors que paradoxalement, ce sont eux qui font vivre les tournois dans notre imagination.

A chaque swing, on peut entendre les clics répétitifs de l’obturateur de l’appareil qui mitraille la fin du geste de la joueuse.

Un appareil Reflex, bien que numérique est rarement équipé d’un silencieux. Au mieux, on peut atténuer le bruit…

La joueuse n’est pas perturbée parce qu’ils sont relativement loin pour ne pas déranger (à 30 mètres).

Ce sont leurs clichés pris sur le vif qui contribuent à fabriquer l’image des championnes, et des grands tournois.

Dommage que la salle dans laquelle il travaille, soit aussi exiguë, sans air climatisé, alors que plus que nous qui écrivons les sujets, ils mériteraient les égards des organisateurs.

De 6h00 du matin à 23h, ils sont sur le pont, et partout où une photo intéressante pourrait être faite.

Qu’il pleuve ou qu’il fasse une chaleur caniculaire, ils sont sur le terrain pour shooter des milliers de photos, alors que seulement une poignée seront retenues par les rédactions pour illustrer les sujets consacrés au tournoi.  

Un premier tour marqué par la prise de pouvoir de Lexi Thompson

Les américains ont titré « Lexi on Fire ». En conférence de presse, l’américaine qui n’a pourtant que 20 ans….a été…comment dire…très américaine.

lexi3.JPG

Avec une voix forte, et un charisme étonnant pour une très jeune femme déjà bien habitué à cet exercice.

Les médias US l’avaient presque oublié à force d’être concentré sur la quête de super grand chelem en vue pour Inbee Park.

Lexi Thompson a déjà gagné en majeur. Elle a remporté le Kraft l’an passé, mais cette saison, ses résultats ont été moins clinquants.

Assez régulière, elle a collectionné un grand nombre de top-10, mais elle n’arrivait pas jusque-là à casser le plafond pour atteindre la première marche du leaderboard.

Pour y parvenir, elle a donc décidé de changer sa routine de coups d’essais, et d’améliorer sa respiration sur le parcours.

Objectif : Améliorer la consistance de ses coups.

Concrètement, cette routine consiste à répéter deux coups d’essais en se situant derrière la balle et la ligne de jeu, prendre un dernier regard en direction de la cible, et se mettre à l’adresse pour taper.

Au plus près des joueuses sur le terrain, une chose nous a plus frappé que lorsque nous avons effectué le même exercice avec les hommes : l’ancrage des appuis dans le sol !

Toutes les joueuses, et cela se voit plus facilement parce qu’elles portent souvent des jupes, affichent une puissance musculaire impressionnante dans les jambes pour parfaitement s’ancrer dans le sol, avant d’entamer le backswing.

Le geste est ensuite relativement lent pour monter le club, et la biomécanique parfaitement respectée pour relancer à l’impact. Malgré l’excellence technique, cela n’empêche pas quelques balles à droite, à gauche, trop longue ou trop courte…La difficulté incroyable de ce jeu !

Après cette digression, il est intéressant de noter que l’effort de Lexi Thompson a porté sur le même exercice effectué par Jason Day sur le circuit masculin, pour remporter son premier majeur !

Intéressant mais aussi payant puisque la joueuse a occupé la tête du tournoi toute la journée ce jeudi.

Parmi les premières à être partie sur le terrain, elle a fini sa journée autour de 12h30. Personne n’a réussi à faire mieux que son 66.

Plus tard dans la journée, la Sud-Coréenne, Mi-Hyang Lee a égalé ce score, mais dans l’esprit de tout le monde, c’était bel et bien l’américaine qui était l’héroïne de cette première journée réussie à Evian.

Crédits photo : @Phillppe Millereau

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 1582
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.