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Evian Championship 2013: Pettersen à qui perd gagne!

Suzann Pettersen, première lauréate de l'Evian Championship

Premier majeur féminin à se disputer sur le vieux-continent, l’Evian Championship a été remporté par la norvégienne Suzann Pettersen, l’une des meilleures golfeuses du monde. Raccourci à trois tours, le tournoi s’est joué à très peu de choses, ou plutôt à beaucoup de coups manqués.

Avec finalement 15 joueuses sous le par, on ne peut pas affirmer que le parcours ait été réellement injouable, pourtant les fortes pluies qui se sont abattues sur la région tout au long de la semaine, ont sans doute eu une influence sur le niveau de jeu pratiqué à Evian.

Bien que l’on peut déjà lire les commentaires dithyrambiques des quelques médias français qui ont couvert l’événement, certains pour la première fois, d’autres étant des habitués, le niveau de jeu pratiqué par les meilleures golfeuses du tour féminin est encore à des années lumières de celui pratiqué par les hommes.

La finale du cinquième majeur de l’année s’est beaucoup joué à qui perd gagne, tant on a assisté à une série de coups ratés ou imprécis.

Pour ceux qui ont pu assister au déroulement de l’action, ils ont sans doute remarqué le grand nombre de coups d’approches trop courts ou trop longs qui ont été légions ce dimanche.

Pettersen seul devant

Il est un peu hypocrite de dire que l’on a assisté à un match au sommet entre d’une part, la numéro 3 mondiale, Suzann Pettersen, une des rares à avoir tenu son rang à Evian, et d’autre part, Lydia Ko, une adolescente de seulement 16 ans, déjà doublement titrée sur le LPGA Tour, et seule joueuse réellement en mesure de contrarier la norvégienne.

Sur les six derniers trous du troisième et dernier tour, on a été très loin d’assister à du très haut niveau golfique.

Pettersen a essentiellement contrôlé la situation sans réellement dominer sa rivale de 16 ans, qui, sans plusieurs maladresses au putting aurait pu profiter de la situation pour égaliser la norvégienne, et créer alors une véritable sensation.

A défaut d’être flamboyante, la numéro 3 mondiale a gagné parce qu’elle a été finalement plus solide tout au long des trois jours de compétitions.

Trop rarement poussé dans ses retranchements, la désormais numéro deux mondiale, qui profite à 32 ans du nouveau statut de majeur du tournoi savoyard pour empocher son deuxième trophée majeur, a été l’une des rares joueuses à présenter un jeu au moins solide.

Derrière, mis à part le phénomène ou cas Lydia Ko, aucune joueuse n’a semblé en mesure d’empêcher le scénario de s’écrire en faveur de Pettersen.

Ni Stacy Lewis, Ni Paula Creamer, ni Se Ri Pak n’ont été en mesure d’y changer quoi que ce soit.

Et la seule joueuse à avoir vraiment donné l’impression de bien jouer dimanche fut la jeune américaine Lexi Thompson qui termine troisième avec un score de 68.

Lydia Ko : le nouveau prodige du golf féminin

Réussir à terminer deuxième d’un majeur de golf n’est pas une chose anodine, surtout quand on n’a que 16 ans !

Conformément à son statut d’amateur puisqu’elle n’est pas encore passée pro, ce qui ne devrait plus tarder, Lydia Ko n’a pas pris son chèque, mais elle a fait bien plus en marquant les esprits, confirmant au passage qu’elle ne serait pas un talent éphémère.

A la différence d’une Michelle WIe, annoncée trop tôt nouveau phénomène de golf, on n’en est plus à parler du potentiel de la gamine, mais à constater les résultats de très haut niveau qu’elle obtient.

Dimanche, on a pu à nouveau découvrir avec quel relâchement et quel professionnalisme, elle abordait le jeu.

Seuls quelques signes extérieurs comme un sweat-shirt à capuche trahissaient le fait qu’elle n’était encore qu’une adolescente.

Un nouveau majeur qui ne restera pas dans les annales mais doit persévérer

Les conditions météos expliquent sans doute en partie le très faible public venu assister pour la première fois à un majeur de golf sur le vieux-continent, mais cela n’est sans doute pas suffisant pour expliquer qu’après le dernier putt de Pettersen au 18, on ait entendu des applaudissements aussi timides que brefs.

Evian se cherche un public

Seulement retransmis par Canal + en crypté, et un court article sur le site web de L’Equipe pour couvrir la victoire de Pettersen, Evian a peut-être changé de statut, mais seuls quelques initiés sont au courant.

Est-ce Evian qui ne sait pas intéresser les médias ou les médias qui ne s’intéressent pas à Evian ?

Probablement un peu des deux !

Les organisateurs ont dépensé des sommes colossales pour transformer le parcours dans des conditions épiques.

Ils ont aussi dépensé des millions pour faire venir les meilleures joueuses.

Par contre, ils ont trop cru que le fait de passer majeur de golf, de changer le parcours, et amener les meilleures joueuses allaient suffire à faire venir un nouveau public à Evian.

Sans oublier que les alentours du Lac Léman sont loin d’être les plus faciles d’accès, et que les Alpes ne comptent pas le plus grand contingent de fans de golf.

Le vivier de spectateurs locaux reste assez timide, et il n’est pas si simple de faire venir les asiatiques pour quatre jours de golf.

Dans les prochaines années, Evian devra complètement repenser sa stratégie de communication, et aller vers le public, plutôt que d’attendre que le public vienne à Evian.

Le milieu du golf,  et pas seulement Evian fonctionne en vase clos, privilégiant les VIP, sans se soucier de fédérer un public de fans ou de badauds, qui en fait crée réellement l’ambiance majeur.

C’est ce qu’on parfaitement réussi les américains sur leurs tournois.

On pourrait se contenter d’affirmer qu’aux USA, il y a 30 millions de golfeurs contre seulement 400 000 en France.

Mais ce n’est pas la seule explication !

Les tournois du PGA Tour font le plein, car bien souvent, il s’agit du plus gros événement de la ville d’accueil, et cela brasse un grand nombre de curieux.

Mais surtout, les tournois ne lésinent pas sur le budget communication : presse, radio, affichage, tv, internet, le tout orchestré dans le but de vendre un maximum de tickets, et cela plusieurs mois à l’avance.

Sur ce point, l’Evian Championship a été sans doute trop timide.

Une édition 2013 de rodage

Le tournoi français a beau avoir changé de statut, sans public, il n’est pas encore un rendez-vous majeur.

Soyons positif, il n’y a plus que cela à construire sur les prochaines éditions pour que l’aventure soit un total succès.

Cette première année a permis aux hommes de Franck Riboud et Jacques Bungert de mettre en place les solides fondations d’un tournoi qui va s’installer, et rapidement trouver sa vitesse de croisière.

L’expérience acquise sur l’Evian Masters ne se dément pas.

Les joueuses n’ont eu aucun mal à être présente, étant les premières militantes du tournoi, et la LPGA et le LET sont activement mobilisées autour du cinquième majeur féminin.

Canal + donnerait sans doute un coup  de main au tournoi en diffusant plus d’images sur ses chaînes principales, et pourquoi pas les deux premiers tours en clair.

Franck Riboud et Jacques Bungert : le bisou de la victoire

Sans doute qu’il ne l’avouera pas, mais Franck Riboud, président du tournoi doit sans doute être un peu déçu du déroulement du tournoi, de cette fichu météo, et du faible écho de l’épreuve dans les médias.

Mais qu’il ne se décourage pas, il lui faudra encore quelques années pour réussir son projet, et c’est sans doute un challenge exaltant d’installer un tel tournoi dans un pays aussi peu golf que la France.

Il faudra changer le regard des français sur le golf, mais cela passera aussi par un changement de regard du golf sur les français !

Sans eux, rien ne sera possible. Le golf doit apprendre à s’ouvrir, et sortir du côté bling-bling petit four pour devenir un sport si ce n’est populaire, au moins attractif.

Crédit photo : The Evian Championship Organisation / © PHILIPPE MILLEREAU/KMSP

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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