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Etude sur les résultats au drive d’un senior réalisée sur une période de 18 mois

Etude sur les résultats au drive d’un senior réalisée sur une période de 18 mois

Depuis novembre 2015, Jean, 66 ans, golfeur d’index 24, joueur loisir, nous apporte son aide pour le test des clubs de golf mis sur le marché. A ce stade, cela représente déjà 141 clubs testés dans différentes configurations dont 41 drivers sur 18 mois. Dans cet article, je saisis l’occasion de regrouper ses résultats mesurés à l’aide d’un radar trackman, pour en tirer un enseignement sur les shafts, les types de têtes, les lofts, les poids et les longueurs des manches… En matière de choix d’un driver, les croyances sur les drivers pour les seniors se vérifient-elles dans la pratique ?

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L'origine de cette étude sur le driving senior

A l’occasion de tests sur les drivers avec Jean, n’ayant pas toujours l’opportunité d’essayer tous les shafts proposés (il en existe plusieurs centaines), au fil des mois, j’ai réalisé que les croyances en matière de choix d’un driver adapté pour un senior, ne supportaient pas toujours la comparaison avec la pratique.

Je n’ai pas prémédité cet article. L’exercice des tests suppose que je contrôle après chaque essai, les données de chaque testeur pour m’assurer de la cohérence, et par exemple, des vitesses de swings.

L’objectif étant d’isoler les éléments de différences entre les clubs, et d’assurer que les données comparables le soient justement, comme par exemple, l’usage de la même balle ou la même configuration du radar.

En faisant un récapitulatif des données de Jean, j’ai eu l’idée de décomposer les données trackman par sous-catégories.

Ma première préoccupation était en fait liée à la vitesse de swing, mais pas seulement…

temps-driver.jpg

En comparant les clubs testés sur la saison 2015-2016, et la saison 2016-2017, Jean a légèrement perdu en vitesse de swing, soit 0,5 mph de vitesse de swing en moins sur 18 mois.

Ce n’est pas encore extrêmement significatif, mais c’est en un sens, assez conforme à ce que l’on pourrait imaginer concernant un senior, pas nécessairement un sportif assidu ou adepte de la préparation physique en plus de sa pratique golfique.

Jean, cadre à la retraite, encore très investi dans la vie associative est assez représentatif des seniors qui pratiquent le golf en loisir.

Cette mesure sur 18 mois illustre qu’il pourrait perdre en moyenne 5 mètres de longueur totale au drive.

C’est bien sa moyenne qui est en cause !

En regardant ses balles les plus longues, elles sont très comparables entre deux saisons.

Physiquement à 65 ans ou 66 ans, il est capable d’envoyer la balle aussi loin. Cependant, dans cette étude, c’est sa moyenne ou plutôt sa régularité qui faiblirait légèrement.

Pas de fatalité ! Avec quelques conseils techniques, et certainement quelques exercices de fitness, ce qui suppose un petit peu plus d’investissement qu’une pratique loisir, un senior peut non seulement limiter la perte de vitesse de swing, mais même, encore l’augmenter.

A ce stade, premier enseignement, effectivement, et en toute logique, la vitesse de swing de Jean peut effectivement baisser dans le temps.

Bien entendu, il faudrait mener une étude sur plusieurs golfeurs pour confirmer cette tendance.

Cette thèse est pourtant soutenue par un certain nombre de marques, qui challengées sur les gains de distances au drive, arguent que le joueur senior ne swingue pas toujours à la même vitesse l’âge avançant. 

En argumentant ainsi, elles contrent l’argument qui dirait qu’un driver ne va pas plus loin d’une année sur l’autre puisque c’est le joueur qui ralentit !

Si mon étude doit être prise avec des pincettes, visiblement, d’autres ont fait le même type de constat.

club.jpg

En matière de drivers, il existe deux grandes familles de clubs bien que la frontière soit souvent extrêmement étroite.

Improvment ou Player, certains clubs sont légèrement plus larges et plus tolérants.

Par exemple, le TaylorMade M1 n’est vraiment pas un club à mettre entre toutes les mains, tandis qu’inversement, le XXIO Prime ou le Mizuno JPX-EZ sont rarement vues sur le TOUR.

xxio-prime-golf.jpg

Entre ces deux catégories de drivers, les écarts sont en fait infimes dans la réalité. En distance totale, on ne trouve que 3 mètres d’écarts avec les essais réalisés par Jean.

Le smash factor est légèrement plus élevé (1.42 contre 1.41). Encore une fois, pas de quoi s’émouvoir, même si cela commence à valider le principe de driver légèrement, très légèrement plus tolérant.

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S’agissant du loft, j’ai retrouvé des données cohérentes.

A mesure que l’on augmente le loft d’un driver de 9,5 à 12 degrés, l’angle de lancement de la balle augmente de 12 à 16 degrés pour Jean. Le principe fonctionne…

Logiquement, le smash factor baisse en conséquence, puisque plus le loft du driver augmente, moins la balle est compressée, et plus, elle peut théoriquement « glisser » sur la face.

Autre élément logique, le spin augmente de 3000 à 3400 tours par minutes.

Maintenant, existe-t-il un loft plus performant pour un senior ?

Ce n’est pas réellement démontrée ici. Avec le loft 10 degrés, Jean a été le plus long (158 mètres contre 153 mètres en moyenne).

En revanche, entre un loft de 9 degrés et un loft de 12 degrés, le loft le plus ouvert est plus favorable.

J’en arrive à l’élément que je voulais démontrer dans cet article : le rôle du shaft !

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Un shaft senior est-il indispensable pour un... senior ?

Par rapport aux shafts regulars et stiffs, le shaft senior n’a pas démontré qu’il était nettement plus performant.

Depuis un certain temps, je constate que le swing weight, à savoir l’équilibre du club exprimé par le poids de la tête, et le poids du shaft, est bien plus déterminant pour le choix du bon manche.

Comme pour les têtes « improvment », et « player », la frontière entre regular et senior est parfois difficile à démontrer.

Les clubfitters expérimentés ont parfois beau jeu de contester aux marques un manque de régularité dans l’assemblage de shafts de séries.

Dans le cas de Jean, c’est bien avec un shaft regular qu’il obtient les meilleurs résultats, et pourtant, sa vitesse de swing est loin d’être exceptionnelle, même pour un senior.

Les écarts sont faibles, à peine 3 mètres, entre un shaft regular et un shaft stiff.

L’élément le plus frappant concerne le smash factor, bien plus faible avec un shaft très peu rigide, alors que le niveau de spin baisse bien à son niveau le plus bas. A nouveau, ce paramètre semble logique. A contrario, avec un shaft senior, le spin augmente d’au moins 400 tours par minute, ce qui atténue forcément la distance.

Encore une affaire de compromis…

poids-shafts.jpg

En poussant l’analyse plus loin, notamment sur le grammage des shafts, allant de 36 à 68 grammes, on constate que plus le shaft s’alourdit, et plus la vitesse de swing diminue, idem pour la vitesse de balle dans des écarts beaucoup plus notables que la seule question de la rigidité.

Le grammage influe nettement sur les écarts de distances. Entre le shaft le plus léger, et le shaft le plus lourd, on trouve un écart de 13 mètres.

Tout ceci justifie encore un fitting poussé, car d’un shaft à un autre, on trouve des disparités flagrantes.

A nouveau, je dois prendre des pincettes dans mes commentaires. Il s’agit des essais réalisés avec Jean depuis novembre 2015 sans préméditer d’en faire une telle synthèse, et sous une forme scientifique. C’est plus la retranscription d’une expérience.

longueur.jpg

Concernant la longueur du manche, on retrouve un phénomène compréhensible. Plus le shaft s’allonge, et plus Jean perd sa capacité à centrer la balle dans la face.

C’est tout à fait exprimé par la baisse du smash factor passant de 1.46 à 1.39 entre un shaft à 44,75 inches et un shaft de 46,5 inches.

Effectivement, plus le shaft est long, et plus la vitesse de swing augmente nettement.

Avec le shaft le plus long, Jean a swingué à 77,9 mph, soit 7 mph de plus qu’avec le shaft le plus court.

Logiquement, un tel écart devrait favoriser la distance. Or, ce n’est pas franchement le cas.

Le gain de vitesse de swing étant accompagné par une hausse du niveau de spin.

Conclusion

Cette étude est contestable, car elle ne concerne qu’un seul joueur.

Je ne peux pas affirmer sans faire d’autres essais que son résultat s’applique à tous.

Les résultats d’un joueur tel que Jean sont aussi très variables d’un club testé à un autre, et conformes à ce qu’on peut attendre d’un golfeur non-professionnel.

Les points qui émergent à ce stade concernent la rigidité des shafts qui n’est pas mis en avant comme un élément absolu pour être certain de faire le bon choix.

Forme de la tête, loft, longueur et poids du shafts, tous ces éléments variant, la performance absolue ne se trouve pas dans une seule configuration indiscutable.

Comme il existe beaucoup de combinaisons, il existe différentes manières d’atteindre un bon niveau de performance.

A minima, le premier grand enseignement consiste à se méfier de la théorie, et des phrases toutes faites du style « Un senior a besoin d’un shaft plus long pour augmenter sa vitesse de swing et donc sa distance. » ou alors « Un senior a besoin d’un shaft plus léger pour accélérer plus dans la balle. »

longueur-shaft-driver.JPG

Si cet exercice de mesures mené sur plusieurs mois doit rester modeste dans ses conclusions, cela démontre tout de même que le marketing des marques est souvent contestable.

Quelques mois en arrière, une marque se vantait de proposer le driver qui donnait le plus de vitesse de swing, omettant de préciser que le shaft avait été nettement allongé.

De toute façon, cet argument peut se remettre en question par rapport à la capacité du golfeur à mieux centrer la balle dans la face, un élément beaucoup plus déterminant dans la création de distance.

Aujourd’hui, le salut pour les marques, et pour les golfeurs est dans le fitting, à condition de ne pas seulement tester deux ou trois shafts, et deux ou trois configurations de têtes.

Toutefois, le fitting se justifie quand le joueur recherche la performance, et à gagner une dizaine de mètres ou plus de tolérance.

Dans le cadre d’une pratique loisir, driver à 150 ou 159 mètres n’est pas l’élément le plus déterminant.

D’autant que sur la carte de score, la difficulté au golf ne se limite pas à la distance au drive.

Incomplète à ce stade, car il faudrait reconduire cet essai avec plusieurs joueurs, cette première série de tests m’incite à poursuivre l’exercice plus loin.

Considérez cet article comme un premier jet ou une première marche pour démontrer qu’entre la théorie et la pratique pour un senior, il y a parfois un certain écart.

Toute la question tourne autour de savoir situer son niveau d’attente par rapport à un club. Jusqu’où pousser la logique du fitting entre pratique loisir ou pratique compétition ?

NB : La photo en début d’article n’illustre pas Jean.

Ce dernier m’apporte son concours bénévole dans les tests en contrepartie de préserver son anonymat. La seule entorse que j’ai faite étant de révéler son prénom, son âge et son profil.

Je profite de cette occasion pour le remercier de sa disponibilité en plus de ces autres activités.

La réalisation des tests avec un même joueur est un élément intéressant dans notre démarche, puisqu’on peut faire des comparaisons.

Cela représente une vingtaine de séances par an sur 2 à 3 heures à chaque fois.

A l’avenir, et dans le cadre du développement du site, j’envisage de faire intervenir de plus en plus de testeurs, ce qui suppose un cadre, et un processus conséquent à mettre en place. J’y travaille…

Posté par le dans Golf Senior
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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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Invité 18/10/2017

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