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Posté par le dans Insolites sur le golf

Et si Tiger Woods était finalement humain?

Et si Tiger Woods était finalement humain?

Quelques jours après avoir annoncé sa rupture la championne de ski, Lindsay Vonn, Tiger Woods est apparu sous un nouveau jour, lors de sa conférence de presse de rentrée au Players Championship, qui se dispute cette semaine à Ponte Vedra Beach. Et si Tiger Woods était tout simplement en train de rompre sa carapace pour se révéler ? Notre enquête…

Sommaire de l'article consacré à Tiger Woods, l'homme, avant le Players 2015

  1. L'autre visage de Woods devant la presse...
  2. Change-t-il de registre ?
  3. Un Tigre plus vulnérable et plus sympathique
  4. Un Tiger plus sage pour aborder le test de Sawgrass ? 

L'autre visage de Woods devant la presse...

Arrivé détendu en press room, Tiger se savait attendu au moins sur deux sujets, son retour à la compétition après sa blessure contractée au Masters 2015, et sa récente rupture après trois ans de relations avec l’américaine Lindsay Vonn.

Par le passé, Woods qui a toujours cultivé une certaine froideur avec les médias, et le public, aurait très vite éludé les sujets, assurer le service minimum, et se serait rendu aussi antipathique et énigmatique qu’il en avait l’habitude.

Cette fois, au contraire, Woods a fait front, et démontré un véritable tournant dans sa stratégie de communication.

Et justement, cela ne semble pas être une stratégie, mais plutôt un profond changement d’attitude déjà observé au Masters.

Habitué à l’attention des médias, et à être traité comme un extraterrestre, au fil de ses succès, Woods s’est finalement auto convaincu qu’il pouvait peut-être en être un….d’extraterrestre.

D’où des comportements à la limite de la vie de Monsieur Tout le Monde qui ont émaillé la fin de son règne sur le golf mondial.

Car, il y a bien une corrélation entre le Woods dominateur, et le Woods touché dans sa chair qui a non seulement perdu de sa superbe, mais semble aussi relativement sans ressources pour rattraper et dépasser, ceux qui l’adoraient hier, et qui aujourd’hui ont repris son flambeau : Rory McIlroy et Jordan Spieth pour ne citer qu’eux.

Change-t-il de registre ?

Quand Woods remportait son dernier British Open à Hoylake en 2006, il était capable de jouer sans driver, tant il frappait son fer 2 plus loin que le reste du champ de joueurs.

Aujourd’hui, Woods est très loin au classement de la longueur au drive sur le PGA Tour.

Pas seulement parce qu’il a 39 ans, mais aussi parce que ses rivaux se sont inspirés de lui, et l’ont même dépassé sur les questions de préparation athlétique pour le golf.

C’est d’ailleurs l’intéressante limite du physique au golf. C’est que dans ce domaine, vous trouvez toujours plus fort que vous.

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Fort heureusement, le golf propose bien d’autres façons de tromper le parcours. Woods n’est donc pas condamné au déclin.

La victoire de Mickelson au British Open 2013 a plus de 43 ans, et mieux, les performances de Tom Watson a plus de 65 ans, sous le par au Masters d’Augusta 2015 démontre que même sur le PGA Tour, cogner n’est pas la seule solution…

Woods a semble-t-il trouvé les limites de son corps depuis deux saisons.

Alors qu’il avait réussi à redevenir numéro un mondial en 2013 sans pour autant arriver à gagner en Majeurs, jouant ses forces connues, jeu de fer stratosphérique, et putting ciselé au millimètre.

Cette fois, Woods semble devoir se réinventer pour revenir une dernière fois au sommet du golf, car c’est bien l’enjeu qui est posé devant lui.

Un Tigre plus vulnérable et plus sympathique

Woods n’est pas que détendu et avenant en salle de presse, il l’est aussi au practice quand il retrouve son ancien coach, Sean Foley.

Les deux hommes se saluent chaleureusement tels des vieux copains heureux de se retrouver après quelques mois de séparations.

Devant les journalistes, et après sa partie d’entraînement (un 9 trous), Woods a été tout aussi chaleureux.

Au lieu d’éluder les questions, au contraire, il les a embrassé, baissé la garde, juste comme il l’avait déjà fait un mois plus tôt au Masters.

D’une certaine façon, il a aussi fait preuve de vulnérabilité.

Interrogé sur sa rupture, il a sobrement confirmé « Oui, bien sûr que cela m’affecte. C’est difficile, sans aucun doute… »

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Annoncé dimanche, cette rupture tombe le jour du neuvième anniversaire du décès de son père et mentor, Earl Woods, celui qui agissait comme un paratonnerre sur le champion, et l’homme.

« Je n’ai pas dormi » a ensuite révélé Woods en pleine préparation d’un tournoi qu’il a remporté à deux reprises sur le parcours du TPC de Sawgrass.

En quittant la salle de presse, le tigre a laissé une drôle d’impression comme si finalement, il avait besoin de réconfort.

« C’est trois derniers jours (il marque une pause)…ont juste été brutal pour moi. »

Le champion a su préserver sa vie privée, ne se répandant pas non plus en commentaires d’ordre privés, mais il n’a pas cherché à se protéger aussi intensément que par le passé.

Au Masters, il avait déjà fendu la carapace en amenant pour la première fois ses deux enfants sur le concours de Par 3, et donc en présence du public.

Pour Johnny Miller, ancienne gloire du golf reconverti consultant pour la chaîne NBC, il semble que Woods soit devenu une personne plus douce. « Sa vie sentimentale compte…il est beaucoup plus amical. Je ne suis pas certain que cela soit bon pour son jeu de golf, mais c’est certain qu’il est plus agréable à côtoyer. »

Un Tiger plus sage pour aborder le test de Sawgrass ?

Passé la question relationnelle, pour Miller comme pour d’autres observateurs, le Players sera de toute façon un sacré rendez-vous pour Tiger.

Si Woods s’est adouci, ce ne sera certainement pas le cas du Sawgrass Stadium Course qui lui va interroger le jeu de Woods pour scruter la moindre faiblesse.

Comment l’américain va pouvoir passer un tel test ? Personne ne peut le prédire.

En revanche, il sera intéressant de voir les progrès enregistrés par Woods sur son swing à travers les difficultés du parcours dessinés par Pete Dye, le génial architecte de ce golf.

Déjà rassurant sur son petit jeu au Masters après une performance solide (17ème), Woods va devoir démontrer l’état de son jeu long en Floride.

Brandel Chamblee, consultant pour GolfChannel a déjà admis avoir été très positivement surpris, et même impressionné par la capacité du champion à dépasser les problèmes de pitching dont il avait souffert en début de saison. « Je n’ai jamais vu personne régler ce type de problème aussi vite. »

En revanche, Augusta avait aussi révélé une nouvelle faiblesse dans le jeu du tigre. Jamais dans son passé, il n’avait pris aussi peu de fairways en régulation sur ce tournoi.

Pour Chamblee « Jamais, il n’avait aussi mal drivé de toute sa carrière » se rendant la tâche particulièrement compliqué pour sauver les pars.

Si Augusta autorise quelques drives erratiques, Sawgrass ne le permettra pas, et son jeu d’approches ne suffira pas à lui sauver la mise.

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A première vue de sa partie de repérage joué Mardi en compagnie de Jason Day, Woods n’a pas particulièrement bien tapé dans la balle.

Interrogé son partenaire du jour a admis qu’il ne s’agissait que d’une partie d’entraînement, pas de quoi en tirer d’enseignements pour la suite du tournoi.

Ce type de partie servant essentiellement à reconnaître et sentir le parcours.

Concernant son attitude, Jason Day n’a pas voulu se prêter au jeu des commentaires, affirmant qu’il n’avait pas voulu poser de questions à son illustre partenaire de jeu, ayant juste apprécié de partager neuf trous comme s’il avait joué avec un copain.

On en revient à cette première constatation : Jamais par le passé, un autre pro de golf aurait vanté le côté agréable de Woods en premier commentaire d’après partie…amicale ou pas.

Le tigre semble bien avoir changé.

Blessures au dos ou à l’âme,qu’est-ce qui a présidé à ce changement, nul ne le sait réellement et qu’importe…Woods entre dans la dernière ligne droite de sa grande carrière, et quoi que son swing lui réserve, il pourrait bien reconquérir le public, avant peut-être de renouer avec les Majeurs qui restent dans un coin de sa tête.

Typiquement, le genre d’histoires de repentance, et de retournement de situations que le public adore.

La légende de Woods continue de s’écrire…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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