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Entretien avec Fanny Pontabry, co-organisatrice de Rock'N'Golf

Entretien exclusif avec Fanny Pontabry, co-organisatrice de Rock N  Golf

Golfeuse depuis plus de 20 ans, Fanny Pontabry connait très bien le milieu du golf, ses points forts, ses points de progrès, et surtout, elle n’hésite jamais à se lancer dans des projets novateurs tels que Rock'N'Golf, convaincue qu’il faut renouveler la façon de parler golf, et de repousser les frontières de notre sport. Découvrez une personnalité qui insuffle du dynamisme au golf en France.

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Situé à une heure et quart de Lyon, le Golf d’Aix-les-Bains accueille quatre jours durant l’un des moments les plus étonnants de la saison golf 2015 : le Rock N Golf, un « event » qui mélange musique et golf.

La musique adoucit les mœurs, et elle peut aussi rapprocher les cultures.

Entre Johnny Gallagher, un des meilleurs guitaristes d’Irlande qui aime reprendre avec son style, le répertoire des Pink Floyd ou d’Hendrix, et les membres du très distingué club de golf d’Aix-Les-Bains, on pourrait faussement croire qu’il n’y a pas de points communs.

Ce serait ignorer que le guitariste a grandi tout près d’un golf.

Cependant, pourquoi avoir voulu marier golf et Rock ? Surtout que ce n’est pas quelque chose de répandu ailleurs qu’en France. Nous sommes donc allés poser directement la question à Fanny Pontabry, co-organisatrice, en plus de sa casquette de directrice du golf de Borely.

Pouvez-vous nous expliquer la genèse de cette union entre golf et Rock ?

Je suis golfeuse passionnée depuis une vingtaine d’années, et même plutôt une bonne joueuse (Fanny ne l’a pas précisé mais elle est index 2).

En parallèle, je travaille dans l’événementiel depuis dix ans.

Trois ans en arrière, et juste après la candidature d’Annecy 2018 sur laquelle j’ai travaillé avec Cyril Dethyre qui aujourd’hui est le producteur de Rock N Golf, associé à Maurice Suissa, le manager de Bertignac, ce dernier rentrant de New York, me dit « Fanny, on a fait un truc génial à New York, ça s’appelle Rock'N'Pétanque. »

J’ai tout de suite aimé l’idée. On a déposé la marque. Et puis, il y a deux ans, je suis contacté par le Golf d’Aix-Les-Bains pour qui j’ai joué en équipe, et dont j’ai été membre.

Le golf cherchait alors un nouveau concept pour relancer « La Grande Semaine » d’Aix-Les-Bains qui périclitait un peu.

J’ai alors contacté Cyril et Maurice en janvier 2014 pour leur proposer de lancer notre Rock N Golf à Aix-Les-Bains.

On a signé en mars 2014 pour une première édition en juin sous le format d’une semaine de sept jours.

Ceci dit, cette année, nous avons décidé de réduire à quatre jours, car la formule d’une semaine complète était trop éprouvante pour tout le monde. Nous avons eu tout de même 12 concerts !

Il faut que cet événement reste exceptionnel. Quatre jours, c’est beaucoup plus abordable pour faire quatre concerts, quatre parcours, quatre apéros, et autant d’animations autour.

Les journées sont très bien remplies.

Le golf d'Aix-Les-Bains

Cyril est le producteur à 100% avec sa société Les Bonnes Etoiles, et moi, j’assure la coordination, et la caution golf de cet événement que nous avons monté tous les deux.

Cyril est un habitué de ce type de manifestation où il associe sport et musique. Il a notamment été le programmateur du Club France pendant les JO de Londres.

La musique, c’est universel ! Et surtout, cela permet de scénariser et scénographier beaucoup de choses.

Pensez-vous que Rock N Golf peut contribuer à changer l’image du golf en France ?

C’est certain que cela contribue à faire entrer des gens qui ne seraient pas entrés dans un golf. C’est même sûr !

Faire entrer dans les enceintes des golfs, c’est déjà beaucoup. Il faut admettre que les enceintes des golfs sont très fermées.

Aix-Les-Bains en est un parfait exemple.

Pour les gens, aller dans un golf, ce n’est pas commun. Et en plus, physiquement, vous avez un portail, une caméra, un code…bref des choses qui n’aident pas !

Passer les portes d’un golf, c’est compliqué !

Passer les portes d’un club de golf de membres, c’est encore plus compliqué, car quand une personne un peu différente rentre, ils vous dévisagent de haut en bas…Les codes ne sont pas les mêmes.

Le DJ sur le practice du golf d'Aix Les Bains

Pourtant, l’année dernière, et encore cette année, on a vu des vrais rockers, des fans de Johnny Gallagher, être sur le bord de la scène, être mariés avec des golfeurs, et ravis d’avoir accès à ces artistes dans un contexte aussi enchanteur.

L’anecdote, c’est que ces mêmes fans de rock sont venus me voir pour me demander si c’est un endroit dans lequel on peut venir si on n’est pas golfeur ? Je leur ai répondu par l’affirmative, notamment ne serait-ce qu’au niveau du restaurant. Ils étaient très surpris !

Donc, oui, pour nous, avant même de démocratiser, ce qui est presque une utopie, c’est déjà d’ouvrir les portes à travers un changement d’image.

On comprend bien vos intentions, mais est-ce que cette vision était partagée par le golf d’Aix-Les-Bains ?

La vision du golf est un peu bicéphale ! D’un côté, vous avez l’association sportive qui gère le golf, et de l’autre, la ville avec l’office du Tourisme qui est propriétaire du terrain.

Le club a une DSP (délégation de service public), et donc doit répondre à un cahier des charges de la mairie.

Cette dernière souhaite que ces équipements sportifs soient accessibles. La mairie a donc très envie que les portes de ce golf s’ouvrent et que nous en fassions un outil touristique, et une ouverture vers les jeunes et les scolaires.

Quelles sont les perspectives pour Rock N Golf ?

Aujourd’hui, c’est un modèle économique qui n’a pas encore trouvé son équilibre. Donc, il nous faut encore convaincre que ce nous faisons est une bonne idée.

Tous ceux qui sont venus, sont convaincus ! L’office du tourisme y voit un réel intérêt.

Pour nous, finalement, le plus compliqué, c’est le golf et les membres.

D’une certaine façon, ils sont très contents d’avoir ça dans leur jardin, mais ils ne se rendent pas compte de ce que cela implique.

On a des partenaires comme Leclerc qui invite dix personnes pour le soir, et qui trouvent que c’est magique.

En fait, notre événement est presque plus calibré pour les entreprises. C’est sans doute une orientation qui va être de plus en plus forte pour nous à l’avenir.

De ce fait, on va sans doute devoir déplacer ROCK'N'GOLF dans le planning.

Fin juillet pour les entreprises, ce n’est pas une date !

La scène de Rock N Golf

Nous sommes forcés de reconnaître que notre événement est assez VIP. On essaie de maintenir un climat très détendu, et très convivial. Vous pouvez être proche des artistes, mais c’est vraiment calibré pour des VIP, et donc des entreprises. C’est là que se situe notre potentiel de développement.

Quant au golf d’Aix-Les-Bains, on ne sait pas encore !

Quel est le profil des personnes qui viennent sur Rock N Golf ?

C’est des personnes qui sont déjà un peu dans le golf.

Pour l’année prochaine, on envisage d’organiser une journée Hors les murs dans Aix-Les-Bains pour faire découvrir le street golf, et même organiser un concert dans le centre-ville.

C’est une idée sur laquelle on travaille pour justement attirer un public qui reste à l’extérieur du golf.

Les musiciens jouent-ils au golf ? Si les golfeurs vont vers la musique, est-ce que les mélomanes font le chemin inverse ?

Tous les musiciens participent au moins à une initiation. L’année dernière, nous avions Beverly Jo Scott qui est venue et qui a tapé des balles. On a eu Flavia Coelho qui pensait qu’elle allait trouver ça nul, et qui finalement a adoré.

Johnny Gallagher, lui a passé toute son enfance sur un golf….

Est-ce que c’est un critère de sélection pour faire partie de la programmation musicale ?

Non, clairement pas ! Maintenant, avoir un jour un musicien comme Neil Young, qui est un excellent golfeur, ce serait très sympa, mais ce n’est pas un critère de sélection.

Comment arrivez-vous à organiser ces deux activités, concert et golf en même temps ?

Au niveau de l’organisation, en prenant les bénévoles, on doit au moins être une trentaine de personnes réparties en deux équipes.

On a donc une équipe qui est plutôt golf dont je m’occupe, et une équipe plutôt rock qui est gérée par Cyril.

C’est d’ailleurs vraiment son métier ! Il connait ça par cœur. Et enfin, on a des personnes qui ont les deux casquettes comme Julie Gillot qui s’occupe de la presse au niveau global.

Fanny Pontabry et Maurice Suissa

Après l’habillage d’un site reste de la technique classique pour une société d’événementiel, bien que cela ne s’improvise pas.

L’organisation d’une compétition de golf représente une certaine complexité quand on ne connait pas du tout ! C’est beaucoup de temps, mais ce n’est pas technique.

Concernant la compétition en tant que telle, on essaie de la rendre ludique. De sortir de l’ordinaire en faisant des lots un peu différent, comme d’offrir une leçon pour celui qui arrive dernier (rires).

Le golf, c’est un sport très formaté. Alors même si on apporte un peu de fantaisie, on conserve les grands basiques pour ne pas trop déstabiliser les joueurs.

Au golf, le changement, ce n’est pas maintenant !

Vous avez des personnalités qui sont venus cette semaine, et notamment Nathanael de Rincquesen, quelle influence peuvent-elles avoir sur le développement de Rock N Golf ?

Ce sont clairement des ambassadeurs de notre sport. L’année dernière, nous avons eu beaucoup de sportifs qui sont venus, et derrière, toute l’année, ils ont fait la promotion de Rock N Golf !

Cette année, nous avons eu Nathanael de Rincquesen, Enak Gavaggio (skieur acrobatique français)…des gens qui font partie de notre réseau, qui connaissent bien le golf.

De plus nos membres connaissent bien le monde du ski. Donc quand une Marion Rolland, championne du monde de descente vient remettre un prix, ça parle aux gens.

Ce soir, nous avons Tessa Worley, championne du monde de ski qui vient remettre un autre prix.

Cela fait partie de notre valeur ajoutée. Mais c’est aussi un moyen de mettre en valeur ses sportifs.

Beaucoup de sportifs jouent au golf. L’année dernière, Olivier Girault (champion de handball) est venu pour jouer la compétition. Il était très content d’être là, de pouvoir se montrer. Et nous, cela nous permet de les mêler aux invités et de passer un moment convivial avec des champions qui en plus aiment le golf, et la musique.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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