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Entretien exclusif avec Adrien Pendariès, un espoir français à suivre

Entretien exclusif avec Adrien Pendariès, un espoir français à suivre

A 16 ans, le golfeur français Adrien Pendariès promet d’être un futur très grand champion de golf. Déjà vainqueur en 2015 de l’Irish Boys U18 sur le golf de Tuam en Irlande, il a récidivé cet été en remportant l’Optimist International Championship en Floride, un tournoi qu’en son temps, Tiger Woods avait lui-aussi remporté (1991). Découvrez l’histoire d’un golfeur qui affiche une très grande maturité, sur le chemin d’accomplir son rêve…gagner le Masters d’Augusta.

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Nous avons découvert Adrien après sa très belle victoire en double sur le trophée Jacques Léglise, une des plus prestigieuses compétitions de golf par équipes pour les amateurs de moins de 18 ans.

Une belle performance pour une première participation réussie sur ce match opposant le vieux-continent à la Grande-Bretagne et l’Irlande.

Associé à l’italien Guido Migliozzi, Adrien a remporté un point précieux en faveur de son équipe (victoire sur le score de 6 & 4).

D’autant qu’Adrien, du haut de ses 16 ans, était le plus jeune joueur sélectionné par le capitaine de l’équipe continentale, Miguel Franco de Sousa.

Si les britanniques ont de nouveau soulevé le trophée, il nous a semblé que la participation d’un jeune français dans l’équipe, et pas pour faire de la figuration, méritait que nous en apprenions davantage sur ce garçon.

Bien qu’ayant un emploi du temps très chargé, Adrien a fait preuve d’une très grande disponibilité, et d’une certaine manière, d’un grand professionnalisme pour répondre sans détour à toutes nos questions.

Garçon mature, organisé et déterminé, le fils de Marc Pendariès, golfeur pro sur le tour européen dans les années 90, vainqueur de l’Orange Bowl (championnat du monde junior) a été à bonne école.

Pas difficile d’imaginer qui lui a transmis le virus du golf…

Bonjour Adrien, quelle expérience retirez-vous de votre participation récente au trophée Jacques Léglise ?

C’était génial pour une grande première, et même si j’avais déjà l’expérience des matchs par équipe avec l’équipe de France.

Nous avons formé une équipe très soudée, et l’ambiance était comparable à celle d’une Ryder Cup.

Jouer contre les meilleurs européens sur le meilleur parcours possible, c’était une expérience incroyable.

Je ne suis pas prêt d’oublier cette semaine. D’autant que les locaux sont venus en nombre pour soutenir leur équipe.

Il n’y avait jamais moins de 20 à 30 personnes pour suivre chaque partie.

Toute l’organisation du trophée a été parfaite. Le parcours du Royal Dornoch a été très bien préparé. C’était vraiment top !

En quoi diriez-vous que c’était un apprentissage ?

Le parcours déjà était très différent de ce que j’ai l’habitude de jouer en France (joue au golf de Saint-Nom-La-Breteche).

Un links, et en plus, avec des conditions de vent soufflant entre 50 et 70 kmh, ce n’est vraiment pas le même jeu de golf qu’à Paris !

Cela a été une expérience très enrichissante, et je sais quel secteur de jeu améliorer pour le futur.

Vous retiendrez sans doute votre victoire en double ?

Oui avec Guido, nous avons formé un super tandem. Nous nous sommes très bien entendus sur le parcours pour remporter une belle victoire lors du dernier jour.

Pour les deux simples que j’ai disputé, les scores ont été très serrés, notamment sur le deuxième.

Je regretterai simplement mon départ où après trois trous, j’étais déjà trois down. C’est toujours très difficile de remonter après un tel démarrage.

Cela restera de toute façon une très belle expérience, d’autant que j’étais le plus jeune joueur du trophée.

Quand et comment avez-vous appris votre sélection pour représenter le vieux-continent ?

C’est une drôle d’histoire. Depuis mon retour des Etats-Unis, je me préparais à jouer un match avec la Ligue de Paris contre la Ligue de Madrid.

Puis, j’ai reçu un mail de mon coach.

J’étais sélectionné par rapport à mes résultats, et notamment mes deux victoires en Irlande, et aux Etats-Unis, ce qui m’a valu une forte progression au ranking amateur, et de taper dans l’œil du capitaine, Miguel Franco de Sousa.

J’avais déjà donné mes dimensions à la fédération française de golf pour mes polos en prévision du match contre les espagnols. J’ai été vraiment désolé de poser un lapin à la ligue de Paris.

Ceci dit, ils se sont très bien débrouillés sans moi pour remporter le match contre Madrid.

Quelles ont été vos relations avec votre capitaine ?

Très bonne…Miguel Franco de Sousa est un très bon capitaine ! Il est toujours très positif, et nous encourage beaucoup.

Cette année, vous remportez deux gros tournois, quel a été l'élément déclencheur ?

Justement, il n’y a pas vraiment eu d’éléments déclencheurs. C’est plus le résultat d’une progression constante au fil des années.

Jusqu’à présent, j’ai été très patient, très régulier, et très travailleur.

Cela a payé cet été !

Vous avez parlé des conditions particulières sur le parcours de Donoch, qu’en a-t-il été en Irlande pour l’Irish Boy ?

Le parcours étant un Inland, c’était donc beaucoup plus facile qu’un links, même si le vent soufflait lors du tournoi.

Mentalement, j’ai essayé d’utiliser le vent comme un avantage plutôt que comme une contrainte ou un ennemi.

J’ai tiré profit du vent, utilisé deux à trois clubs de plus, et joué des demi-swings pour garder la balle basse au maximum.

Selon vous, quels sont vos points forts dans le jeu, et les points que vous souhaiteriez travailler à l'avenir ?

Je dirais que je suis un bon « frappeur ». Ma frappe de balle a toujours été mon point fort. Ensuite, j’ai un bon petit jeu, et un bon putting.

Mentalement, je suis quelqu’un de très compétitif.

J’adore gagner ! Je déteste perdre !

De toute façon, je travaille tous les compartiments de mon jeu. Ce qui est passionnant avec le golf, c’est que l’on ne peut jamais vraiment atteindre la perfection. On peut toujours progresser.

Pour m’aider, je peux compter sur l’aide de mon père qui a été joueur Pro sur le tour pendant 13 ans.

Et trois à quatre fois par an, je vois Martin Hall. (un célèbre coach de golf qui est aussi connu pour intervenir sur GolfChannel).

Mentalement, je dois aussi continuer à améliorer mon discours intérieur.

Etre positif, et m’encourager. Ne jamais me rabaisser et tomber dans des commentaires négatifs.

Je travaille justement avec Mark Walker, mon préparateur mental, pour développer le bon état d’esprit.

Pouvez-vous nous raconter vos premiers pas dans l'univers du golf?

Comme mon père jouait sur le tour, bébé, je voyageais beaucoup. Pour mon premier anniversaire, mes parents m’avaient offert des clubs et des balles en plastiques.

J’ai donc tapé mes premières balles à un an sur le practice de Gleneagles pendant un tournoi de l’European Tour.

J’ai beaucoup joué à la maison avec mes clubs en plastiques, et je n’ai pas le souvenir d’avoir cassé de meubles (rires).

J’adore ce que m’apporte le fait de jouer au golf. Dès que j’ai commencé à taper des balles, je suis tombé amoureux de ce sport.

C’est grâce à mon père que je joue au golf. C’est grâce à mon envie que je continue !

Quelle est votre approche du métier de golfeur professionnel ? On n'imagine que c'est votre but ?

C’est un métier très difficile…Peu de golfeurs réussissent ! C’est pourquoi mes études sont très importantes dans mon cursus.

Comme mes parents me l’ont appris, il faut toujours avoir un plan B. Je suis donc aussi focalisé sur le fait de réussir mes études pour préparer mon futur. (Adrien est actuellement en Première)

Etre un golfeur professionnel, ce n’est pas que jouer au golf. C’est aussi savoir gérer la carrière.

D’un point de vue purement sportif, j’ambitionne de jouer sur le PGA Tour, et de gagner le Masters ! Et plusieurs autres majeurs…

A bientôt 17 ans, quelle est la prochaine étape pour vous ?

J’ai accepté une bourse à l’université de Duke en Caroline du Nord. Université que je rejoindrais en 2017 pour poursuivre mes études, tout en jouant au plus haut niveau universitaire (le NCAA-division 1).

Céline Boutier est actuellement dans cette université qui est forte pour le golf, et très forte pour les études.

Jouer aux USA, c’est avoir l’opportunité de pratiquer le golf au plus haut niveau international.

Mon père m’a souvent répété que le golf n’est pas un sprint mais bien un marathon.

Il faut travailler dur, aussi bien au niveau physique que mental.

Ceci dit, je considère que le golf est un jeu, et je le prends comme tel. Je m’amuse sur le parcours, et à l’entraînement.

Je pourrais jouer tout le temps…C’est comme cela que les résultats suivront !

Au quotidien, comment arrivez-vous à gérer votre carrière de golfeur amateur, et vos études ?

C’est très compliqué ! Comme je suis dans une école normale avec des horaires normaux, il faut impérativement bien gérer son temps, ce que je commence à savoir-faire.

C’est une question d’équilibre pour performer au mieux. Le jour, je travaille à l’école, et le soir, je fais de la préparation physique.

Au moins trois fois par semaine à raison d’1h30 pour bosser ma mobilité, ma souplesse, ma puissance, et ma force brute.

Bien entendu, il faut aussi récupérer. Dès que je peux, je fais de « longues nuits ».

Comme j’ai toujours joué en compétition, j’ai pris ce rythme depuis la sixième.

Pour moi, m’entraîner physiquement et jouer au golf n’a jamais été un problème. Au contraire, c’est une passion.

C’est souvent mon père qui m’incite à récupérer.

Votre meilleur souvenir de golf ?

Incontestablement, ma victoire au Doral en 2012 ! C’est un moment très spécial pour moi, car c’est le premier gros tournoi que j’ai gagné, et toute ma famille me suivait ce jour-là.

Les années précédentes, j’ai souvent été dans les dernières parties, et en mesure de gagner, mais à chaque fois, un mauvais score sur le dernier jour m’en empêchait, jusqu’à sortir du parcours en pleurant.

En 2012, j’ai joué sous le par le dernier jour ! J’ai donc appris à perdre avant d’apprendre à gagner.

Cela a été une grande étape pour moi.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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