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Posté par le dans Chronique de golfeurs

L’effondrement, ou quand on perd son golf subitement, et sans comprendre pourquoi

un golfeur amateur qui s'effondre pendant une compétition de classement
Chaque joueur de golf, et même les plus célèbres, ont connu ces passages où d’un seul coup tout s’effondre. Une partie qui commence bien, le jeu est en place et le score est bon, et puis subitement un mauvais coup et puis un autre, et le jeu semble nous échapper sans comprendre ce qui se passe. Dans d’autres sports on parle de la peur de conclure, ou de gagner, qui entraîne à son tour une perte de lucidité, et l’effondrement.

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Parfois, quand on joue bien, chaque bon coup en entraîne un autre, le swing est bien en place, et la confiance se renforce. D’autres fois, et sans que l’on s’en rende compte, l’enchaînement de bons coups et la carte de score qui se rempli avec des petits chiffres, créent une pression que l’on ne voit pas venir. Cette pression qui s’installe sans que l’on n’en prenne vraiment conscience, va progressivement ou brutalement, faire disparaître la confiance, et en cascade perturber le swing et la lucidité.
un joueur pro qui s'effondre

On se souvient de leurs victoires, mais les exemples de champions de golf victimes à un moment de cet effondrement sont pourtant nombreux

Nous avons tous en mémoire le final tragique de Jean Van de Velde en 1999 au British Open. Jean n’avait pas alors une grande expérience du circuit européen, mais au départ du 18e trou avec 3 coups d’avance, il lui suffisait de faire un double bogey  pour remporter le British Open 1999 à Carnoustie, et ainsi être le premier Français à remporter le British Open depuis 1907.

Sur le 18, après un mauvais départ Jean Van de Velde a enchaîné les mauvais choix et les coups impossibles, pour terminer avec un triple bogey qui l’emmena en play off contre Paul Lawrie et Justin Leonard. Paul Lawrie est sorti vainqueur de ce play off, et Jean avait touché de prêt une grande victoire, avant de s’effondrer dans le dernier trou. Malgré une victoire en 2006 à l’Open de Madère, soit sept ans plus tard, nombreux sont ceux qui pensent que depuis ce jour là à Carnoustie, Jean Van de Velde ne s’était jamais vraiment remis de son effondrement sur ce 18e et dernier trou.

Nombreuses sont les images de joueurs de golf professionnels, où on les voit abattus, baisant les bras, après un ou une succession de mauvais coups, quand cela n’est pas de mauvais choix…

ce golfeur baisse les bras pendant une compétion 

En 2005 à l’US Open féminin, au 18e trou du dernier jour, Lorena Ochoa était en tête, et la victoire à portée de club. Le 18e trou du parcours de Cherry Hills obligeait les joueuses à viser droite, en coupant au dessus d'un lac pour atteindre le fairway.

Son driver a heurté le sol quelques centimètres derrière la balle en faisant un divot, puis a rebondi sur la balle. La balle est parti à gauche et a plongé dans l'eau. Pour aggraver les choses, le deuxième coup de driver d’Ochoa a trouvé le rough, puis son approche vers le green est entrée dans les tribunes. Elle a fait un quadruple bogey sur le 18 et a terminé à quatre coups de la tête.

Phil Mickelson en 2006 à l’US Open. Phil Mickelson avait beaucoup travaillé pour changer son swing quand il s’est aligné au départ de son quatrième US Open. Son travail avait payé, et pourtant son drive l’a à nouveau lâché dans le dernier tour. Au 17 il propulse sa balle dans une poubelle, mais il insiste avec son driver, et sur le 18 où il avait une avance d’un coup, il envoie sa balle sur une tente dans la zone réservée aux spectateurs.

La balle de Mickelson se trouvait dans un lie acceptable, mais il a pris une mauvaise décision. Plutôt que de se recentrer et ensuite pouvoir faire un par ou au pire un bogey pour aller en play off dont il serait le grand favori, Mickelson a tenté un coup invraisemblable sous et autour des branches d'arbres. Cela n'a pas fonctionné. La balle a frappé une branche et c’est arrêté 25 mètres devant lui. Il termina avec un double bogey à un coup du play off . « Je suis un idiot » a t-il simplement déclaré.

Quand le doute s’installe dans la tête d’un joueur, il perd souvent toute lucidité, quelque soit son expérience, ou son talent. Certains sont plus fragiles que d’autres, et souvent l’apport de leur caddy peut les aider à passer ce mauvais cap.

un caddie qui soutient son joueur pro 

Mark Calcavecchia en 1991 à la Ryder Cup. La pression était énorme sur les épaules des américains qui venaient de perdre la Ryder Cup trois fois consécutivement en face des européens.

Dans le simple entre Calcavecchia contre Colin Montgomerie, une victoire ou même juste un trou à égalité, sur l'un des quatre derniers trous aurait permis à l'Amérique de gagner la Coupe. Calcavecchia a perdu les quatre trous. Sur le 17, alors que Colin Montgomerie était lui même pourtant également en difficulté, Calcavecchia envoie sa balle dans l’eau, puis a atteint le green avec encore une chance de faire égalité sur le trou, et de gagner la Ryder Cup avec un double bogey, mais il a raté le putt de 60 centimètres.

Pensant que l'équipe américaine avait perdu la Ryder Cup à cause de lui, Calcavecchia a quitté le green du 18, pour aller s’écrouler dans le sable sur la plage en contre bas, et a pleuré. Mais finalement, Bernhard Langer a raté son putt sur le dernier trou, faisant égalité avec Hale Irwin et permettant aux États-Unis de regagner la Coupe.

Adam Scott, en 2012 au British Open. Joueur régulier enchaînant de bons résultats, c’était un mystère qu’il n’ait pas encore gagné un majeur. Le British Open semblait enfin lui tendre les bras après un 64 dans le premier tour.

Adam Scott a commencé le dernier tour avec une avance de 4 coups, et semblait tout contrôler. Sur le 15, Scott à fait un coup parfait pour le par, Ernie Els qui était dans la partie précédente a fait un birdie sur le 16 pour revenir à 4 coups.

Ensuite tout est allé très vite pour Adam Scott qui n’a pas cessé de commettre des erreurs, tant et si bien que pendant qu’il faisait bogey sur les quatre derniers trous, Ernie Els enchaînait deux par et un birdie, pour finalement l’emporter.

Souvenir personnel, mais que sans doute, nombre d’entre nous peuvent partager 

Je vais vous livrer un souvenir personnel de modeste joueur amateur, une expérience qui m’est arrivée il y a une dizaine d’année, et dont je me souviendrais vraisemblablement encore longtemps. Mais sans doute que vous aussi avez vécu au golf des expériences similaires.

Un beau matin de printemps, j’étais engagé dans une compétition de classement du club de golf dont j’étais membre, je devais alors être autour de 20 de handicap, et je jouais plusieurs fois par semaine.

Dans ma partie se trouvait également une jeune femme dont le compagnon était mon enseignant de golf, et qui ce jour là s’était joint à nous pour la cadayer, et c’est donc lui qui marquait ma carte, mais en aucun cas il n’était là pour me donner le moindre conseil, son attention se portant essentiellement sur le jeu de sa compagne.

Ce matin là, je planais… réussissant et enchaînant des coups qui sans être exceptionnels atteignaient pratiquement tous les cibles que je visais. À mi-parcours sur ce golf que je connaissait bien, j’avais enchaîné pars et birdies, avec quelques bogeys, en scorant bien mieux que ce que mon niveau réel pouvait habituellement mes laisser envisager.

Arrivé au départ 13, notre ami enseignant devant nous quitter pour rejoindre ses leçons et ses élèves, il confia ma carte de score à sa compagne, en lui disant « regarde la carte de Christian, il ne s’en rend pas compte, mais jusque là il vient de jouer +3 ». Bien sur que je m’en rendais compte ! J’étais sur un nuage, et de plus sous les yeux de celui qui me donnait des leçons de golf, et était le plus à même d’apprécier ce résultat.

Je savais que mon score provisoire était exceptionnel et inespérable, mais je commençais à faire une projection sur un résultat final qui allait m’amener à une baisse significative de mon handicap. Et puis plus rien… plus un seul coup magique, la réalité de mon niveau de jeu avait refait surface, et même pire, à la chance se substituait la malchance, et aux bons coups, les mauvais coups.

J’ai terminé cette compétition avec 37 points stableford. Adieu veaux, vaches, cochons, pars et birdies, mais ce résultat était bien celui qui correspondait à mon véritable niveau de jeu. Je suis toujours convaincu que le départ de mon enseignant n’avait aucun rapport avec cet effondrement et je ne sais pas dire ce qui c’est passé. Plus simplement, j’avais joué 12 trous consécutifs en sur jouant, comme en surrégime, et sans doute qu’à ce moment, il y a eu un petit déclanchement qui m’a fait perdre la confiance, et perdre en même temps une sorte d’influx qui permet quelques fois de se surpasser.

baisse de moral pour ce joueur de golf 

La réussite au golf est volatile. Certes, le talent, les leçons, l’entraînement, permettent de progresser, et plus rapidement pour certains que pour d’autres, mais c’est loin d’être une science exacte où au départ d’un parcours ou d’une compétition, on peut être certain du résultat final.

Au golf plus encore que dans d’autres sports, la notion de grain de sable qui peut venir bloquer toute la mécanique a sa signification. Peut être aussi que c’est pour cette incertitude que nous aimons autant le golf.

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Auteur

Golfeur depuis les années 90, j'ai eu la chance de faire un grand nombre de voyages golfiques en France, en Europe, ainsi qu'aux Caraïbes, pour jouer sur plus d'une centaine de parcours. J'ai partagé les parties de très bons golfeurs amateurs, et de pros. Au cours de mon expérience, j'ai été proche des professionnels du secteur, enseignants, dirigeants de golf, organisateurs de Pro-Am, architectes de golf, et sponsors.


Professionnel du monde de la communication, j'ai obtenu un premier prix pour la réalisation de sites internet de parcours de golf.
Aujourd'hui, je mets à profit mon expérience golfique sur le site jeudegolf.org en apportant ma vision sur l'évolution du golf sur près de trois décennies.

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