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Dustin Johnson remporte le WGC-Mexico Championship 2017 en mode patron

Dustin Johnson remporte le WGC-Mexico Championship 2017 en mode patron - Crédit photo : Getty Images

Première victoire pour sa première sortie en tant que numéro un mondial, l’américain Dustin Johnson a montré dimanche au WGC-Mexico Championship, sur le parcours du golf de Chapultepec qu’il pouvait désormais être le nouveau patron du circuit, capable de gagner quand la pression est au maximum, et quand le champ de joueurs est le plus relevé.

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Déjà à Pacific Palissades pour sa victoire au Genesis Open, on pouvait remarquer à quel point DJ était capable d’élever son niveau de jeu très haut au-dessus de ses rivaux.

Cette semaine, il a encore été premier pour la capacité à placer ses coups de fers les plus près des drapeaux, mais aussi le meilleur des principaux favoris du week-end, pour le nombre de greens pris en régulation ou pour la distance au drive.

Dustin Johnson ne gagne pas par hasard, et il rappelle franchement les victoires de Tiger Woods au plus fort de sa domination.

Ce week-end, il a remporté ce premier championnat du monde de la saison avec un seul coup d’avance, mais au départ du dix, il en avait quatre alors qu’il était parti avec un coup de retard sur Justin Thomas.

Johnson n’est pas infaillible, mais son niveau de jeu actuel est tellement élevé, et sa confiance si forte depuis sa victoire à l’US Open l’an passé, qu’il peut affronter des événements contraires.

A la différence de sa victoire au Genesis Open, alors qu’il avait pris un avantage quasi définitif avant le retour, il a commis deux erreurs consécutives sur les trous 12 et 13, alors que dans le même temps l’autre phénomène du moment, l’espagnol Jon Rahm entamait une remontada des plus incroyables.

Eagle au 11 puis deux birdies consécutifs au 14 et 15 pour se retrouver ex-aequo puis seul leader avec un coup d’avance, l’espagnol a marqué les esprits sur ce tournoi.

Tout s’est finalement joué sur les trois derniers trous, Rahm, trop jeune ou trop tendre, peut-être surpris de mener un championnat du monde, a lâché prise avec deux bogeys, alors que Johnson avait déjà remis les pendules à l’heure avec un birdie au 15, pour finir par trois PARs.

Son dernier par au 18 est d’ailleurs l’illustration d’un champion tout en maîtrise qui sait gagner un grand tournoi.

A 32 ans, il n’est plus seulement un bon joueur ou même le moins côté de sa génération par la faute d’une attitude un peu désinvolte en début de carrière.

Aujourd’hui, il a les meilleures statistiques dans la plupart des compartiments du jeu, et pas seulement la distance au drive, son petit jeu est une merveille comme sa superbe sortie de bunker au 15, un par 5.

Mais comment fait-il cela ?

Pourriez-vous imaginer réaliser un tel coup à sa place ? En pente dans le bunker, les pieds extrêmement écartés, à quelques mètres du drapeau, il sort un petit coup et la balle s’élève plus qu’elle ne parcoure de chemin pour terminer à quelques centimètres du trou, et lui assurer derrière un birdie.

Pas n’importe lequel des birdies, car à ce moment-là, il était mené par Rahm.

Pour l’avoir vu joué de près, j’avais déjà vu sa capacité à frapper loin et droit.

Frapper plus loin que ses partenaires, notamment Pat Perez et Cameron Tringale sur le parcours du Riviera Country Club.

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Cependant, la domination actuelle de Johnson n’est pas seulement le résultat de son driving. Son petit jeu est aussi une pure merveille, et bien entendu, il rentre les putts !

Il est probablement un peu trop tôt pour affirmer que Dustin Johnson va devenir le nouveau phénomène du golf mondial, et pour longtemps.

Fini, l’image du joueur désinvolte plus intéressé par la fête qu’autre chose, et pas forcément le plus talentueux !

Aujourd’hui, bien qu’il s’en défende devant les caméras, il veut réellement être le numéro un, et pas seulement pendant quelques semaines.

Face à lui, le niveau est très relevé.

Ce championnat du monde n’a beau pas être un majeur, cependant, avec son champ de seulement 77 golfeurs engagés, que les meilleurs, le spectacle et le suspense ont été au rendez-vous tout au long du week-end.

Ce championnat du monde n’a beau pas être un majeur, cependant, avec son champ de seulement 77 golfeurs engagés, que les meilleurs, le spectacle et le suspense ont été au rendez-vous tout au long du week-end.

Si Tommy Fleetwood hérite de la deuxième place à la faveur de deux cartes consécutives de 66 sur le week-end, sans lui faire offense, ce n’est pas lui qui aura semblé être le principal rival de DJ.

Au contraire, l’espagnol Jon Rahm a une nouvelle fois démontré un culot, un talent, et une confiance en soi étonnante pour un rookie.

Rahm, déjà vainqueur à Torrey Pines à la différence de DeChambeau ou Langasque, les autres talents de sa génération, a été à deux doigts de l’emporter.

Ce championnat du monde a été un très bon révélateur des forces en présence depuis le début de l’année 2017.

Dustin Johnson, Jon Rahm, mais aussi Justin Thomas, Rory McIlroy, Phil Mickelson, Tommy Fleetwood, Brandt Snedeker, Jordan Spieth, Sergio Garcia et Thomas Pieters se sont tous illustrés depuis le début de l’année, et on les a tous retrouvé tout en haut du leaderboard ce week-end.

Cela ne peut pas être un hasard, surtout sur un parcours que tous découvraient cette année.

Un parcours qui a sans doute un peu avantagé les longs frappeurs, à commencer par DJ qui au cours du troisième tour a signé un birdie sur le trou numéro un, en frappant un coup de fer à 330 yards pour prendre le green de ce par-4 en un seul coup, et derrière, signer le birdie.

Dimanche, Justin Thomas pourtant parti en tête avec un coup d’avance n’a pas trouvé les solutions pour contrer DJ.

Trop inconsistant sur l’aller, il a largement ouvert la porte à son rival.

Rory McIlroy, lui ne se voyait pas dans un tel niveau de réussite après six semaines sans jouer. Il ne termine pourtant qu’à quatre coups du vainqueur après un week-end sans réussite.

Il lui fallait un très bon départ sur l’aller, et un meilleur retour. Il n’a obtenu ni l’un, ni l’autre, et pourtant il ne termine pas si loin.

Mickelson a définitivement confirmé qu’il était le golfeur le plus intéressant à suivre. Si son grand jeu est un peu erratique, son petit jeu reste spectaculaire pour délivrer des coups à faire se lever le public autour des greens.

A 46 ans, sans doute le dernier de sa génération à pouvoir encore lutter avec les jeunes. En l’absence de Woods, il est le patron spirituel du circuit, alors que Dustin Johnson est le patron aux points.

D’ailleurs, la troupe de journalistes qui s’agglutinent autour de Mickelson à chaque fin de partie ne trompe pas sur le fait qu’il est la voix du PGA Tour, le sage que l’on écoute.

Dernier point notable à propos de ce premier grand rendez-vous de l’année, mis à part Dustin Johnson, le classement final fait état de quatre européens dans le top-5, et même six dans le top-10.

Quelques semaines après avoir reçu une fessée en Ryder Cup, l’équipe européenne peut revoir ses prétentions à la hausse, notamment avec Pieters et Rahm comme soutiens de McIlroy.

Quelques semaines après avoir reçu une fessée en Ryder Cup, l’équipe européenne peut revoir ses prétentions à la hausse, notamment avec Pieters et Rahm comme soutiens de McIlroy.

Ceci dit, la réalisation américaine a passé plus de temps à suivre les performances des golfeurs américains, plutôt que sur celles des anglais Fleetwood et Fisher, pourtant finalement deuxième et troisième.

En conclusion, Johnson est définitivement l’homme de la situation, celui qu’il va falloir rattraper, capable de gagner un gros tournoi dans la position du numéro un mondial.

« Cela signifie beaucoup car être numéro un est une position très difficile. Il y a beaucoup de pression, mais j’ai réussi à très bien joué. J’ai très bien tapé la balle toute la semaine. Les greens étaient difficiles à putter, et je n’ai d’ailleurs pas eu le sentiment de très bien putter… Mais j’ai vraiment bien tapé la balle, et joué juste assez bien pour gagner avec un coup d’avance. »

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Pour les semaines à venir, et notamment la perspective du Masters d’Augusta, Dustin Johnson, Jon Rahm, Justin Thomas, Rory McIlroy, et sans doute Jordan Spieth auront sûrement les plus belles cotes auprès des bookmakers. Thomas Pieters et Phil Mickelson pourraient faire office d’outsiders.

Crédit photo : Getty Images

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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