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Dustin Johnson remporte le Genesis Open 2017 avec l’art et la manière

Dustin Johnson remporte le Genesis Open 2017 avec l’art et la manière

Depuis Pacific Palisades – Nous avons un nouveau numéro un mondial ! En remportant ou plutôt en dominant entièrement le Genesis Open 2017, Dustin Johnson s’empare du fauteuil du meilleur golfeur de la planète, et sans doute pour un certain temps.  Si Tiger Woods, organisateur du tournoi n’a pas pu être là, DJ s’est chargé de rappeler ses plus belles heures de gloires. Johnson n’a pas simplement gagné un tournoi de plus, le dixième de sa carrière, il a démontré un niveau de jeu au-dessus de l’entendement, en particulier sur un tournoi très relevé.

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Drive surpuissant au milieu du fairway, effet de fade à volonté, coup de fers stingers, approches millimétrées et meilleur putter de la semaine, pour le tournoi de Tiger Woods, Dustin Johnson a joué à la manière de Woods dans ses grandes heures. A savoir, un ton au-dessus de tout le monde !

Inutile de parler de suspense, dès samedi, DJ avait déjà pris une avance psychologique sur ses adversaires, et ils étaient encore nombreux à pouvoir y croire : Mickelson, Scott, Rose, Hoffman, Walker…

Personne n’a pu suivre le rythme d’enfer imprimé par le nouveau numéro un mondial de golf, qui au passage supplante un Jason Day, présent mais bien trop discret et encore trop loin de son meilleur niveau.

L’australien a d’ailleurs quitté le tournoi dans une certaine indifférence avec un score total de +2, à des années lumières du -17 de Johnson.

Seulement 64eme, Jason Day n’a jamais pu mener la lutte pour conserver sa couronne.

Si samedi, Johnson avait déjà pris l’ascendant, dimanche, il a fait pire en torpillant tout le monde dès le début de cette journée marathon, cumulant deux tours en un seul.

Toute la semaine, le parcours du Riviera Country Club a subi de fortes averses. Malgré les conditions météos, les organisateurs, très pros, ont tout fait pour garantir l’issue du tournoi au soir du dimanche.

Simplement, la météo a sans doute refroidi une partie du public, moins nombreux que par les années passées, à en juger par l'importance de la foule autour du 18 pour le final de Johnson, versus celle de l’an passé pour Bubba Watson.

Dans les derniers mètres pour rejoindre l’ultime green du tournoi, aux côtés de Dustin Johnson, j’ai pu voir à quel point il pouvait être impassible, avec non seulement 5 coups d’avance sur le second, Thomas Pieters, mais aussi avec la perspective de devenir enfin numéro un mondial, le principal sujet de discussion toute cette semaine.

Jamais, Johnson n’a paru en proie à la pression, ni pour la victoire, ni pour ce fauteuil.

En total self-control, Johnson a été au sommet de son art.

L'ultime swing de DJ avant de prendre le dernier green du tournoi.

Après seulement quelques trous ce matin, j’imaginais qu’il ne pouvait rien lui arriver. En seulement quelques trous, il a porté son avance de deux à huit coups, une avance impossible à combler, et même lui pouvait être ainsi à l’abri d’une défaillance.

Sur les dix derniers trous du jour, il a d’ailleurs pu se permettre de lâcher trois bogeys, tant son avance était irrattrapable.

Dans sa partie, à la faveur d’un exploit au 18 sur le deuxième tour, Cameron Tringale n’a jamais pu tenir le rythme. Il termine en -10. Pire pour Pat Perez, l’autre possible rival s’est écroulé dans cette journée marathon pour finir 28 eme à -5.

Alors que la plupart des meilleurs golfeurs du monde étaient présents ce week-end au Riviera Country Club, finalement, seul l’anglais Justin Rose a semblé en mesure, non pas de rivaliser, mais de tenir son rang. Il termine T4 en -11, conscient qu’il n’avait pas la possibilité de gêner Johnson.

Après une longue cérémonie de remise de prix où malheureusement un peu sous l’effet de la pluie, et l’heure tardive, le public a rapidement déserté, le speaker a tendu le micro au nouveau champion du golf américain.

Toujours relativement décontracté, déjà dans la peau du boss, Johnson a admis que la journée avait été longue, mais parfois, jouer 36 trous peut être très productif. Cela a été le cas pour lui aujourd’hui.

Il a véritablement pu mettre son jeu en place, notamment le matin avec son troisième tour joué en -7.

Heureux de l’emporter sur ce tournoi, il a rappelé qu’il aurait déjà dû l’emporter par le passé sans un brin de malchance. Très à l’aise sur ce parcours, il en a profité pour remporter sa dixième victoire sur dix années consécutives, un exploit historique pour le PGA Tour.

Bisou furtif pour le vainqueur du Genesis Open 2017

Interrogé sur l’importance de cette victoire et la place de numéro un mondial, DJ a plaidé pour la victoire. « Je suis venu pour me mettre dans ce type de conditions. « Je l’ai fait et j’ai très bien joué. »

Ajoutant « Je ne pensais pas vraiment à cette place de numéro un mondial. Je n’étais concentré que sur le fait de remporter le tournoi. »

Est-il le meilleur joueur du monde ? Comptablement, bien entendu, l’est-il dans sa tête ? Lui, veut faire croire qu’il ne focalise pas là-dessus, se considérant comme un grand joueur, toutefois, avec le titre collé au-dessus de sa casquette, il ne peut plus fuir la question, et semble au contraire, prêt à assumer.

Depuis sa victoire à l’US Open, l’été dernier, Dustin Johnson aurait pu prendre ce statut bien avant. Incontestablement, cette première victoire en majeur a servi de boost au niveau de sa confiance, mais par la suite, il n’a pas retrouvé tout de suite le même « mojo spirit ».

C’est ce qui s’est finalement passé cette semaine. Au passage, il a fait une bonne publicité à son équipementier en avouant avoir mis en jeu le nouveau driver TaylorMade M1 ! Pour sûr, dès demain, la marque va savoir quoi faire de ce nouveau succès !

DJ ayant particulièrement bien drivé toute la semaine. Cela ne se voit peut-être pas à la télévision, mais quand vous êtes sur une tombée de drive, et que vous voyez la balle de Johnson tomber systématiquement dix, vingt ou trente mètres devant celles de ses rivaux, c’est très impressionnant.

Perez et Tringale n’étant pas des manches au driving !

Interrogé sur ses prochaines ambitions, à savoir le Masters d’Augusta dans sept semaines, le nouveau numéro un mondial et favori logique a parfaitement botté en touche sur la question d’une éventuelle première victoire, et première veste verte.

« Vous savez. Je me suis levé à 4h30 du matin, alors la seule chose à laquelle je pense, c’est aller me coucher. J’ai même déjà oublié votre question… »

Le speaker insiste…

« Oui, à l’évidence, mon jeu est superbe en ce moment. Pendant la trêve, j’ai coupé avec le golf, et cela m’a pris quelques semaines pour retrouver toutes mes sensations. Bien entendu qu’on pense au Masters, mais d’ici là, j’ai encore quelques gros tournois à disputer. Je veux les prendre les uns après les autres, avant de penser à Augusta. »

En plus d’embarquer le nouveau M1 dans son sac, DJ avait aussi changé de grip de putter pour ce tournoi. D’ailleurs, il a semblé très imprécis à ce sujet, ne laissant pas transpirer un grand fan de matériel. « Oui, j’ai mis une sorte de superstroke sur mon putter… »

Promis, ce sont ces mots !

DJ répond aux questions non sans malice

De ce tournoi, et de cette prestation tout en domination de la part de Dustin Johnson, il ne faut pas seulement retenir sa place de numéro un mondial. A 32 ans, DJ semble avoir tout le jeu et toute la maturité nécessaires pour durer, surtout qu’à la différence de beaucoup de ses rivaux, il n’a encore jamais montré de limites physiques ou de susceptibilités à se blesser.

Numéro un mondial depuis seulement quelques minutes, il n’est pas là par hasard. C’est bien une tendance de fond depuis des mois, qui aboutit aujourd’hui au Riviera Country Club.

Johnson est exactement ce type de champion que l’Amérique adore. Il est désormais un père de famille modèle avec une très belle femme. Il a un physique de gendre idéal, un beau-père célèbre, et il joue terriblement bien.

Pour ma part, c'est la fin de cette expérience exceptionnelle au Riviera Country Club. J'ai passé deux jours à suivre les joueurs au plus près sur le terrain, à travailler au media center... J'ai pu interviewer quelques instants Thomas Pieters en salle d'interview, et me trouver dans la fosse des photographes devant le vainqueur. En étant accrédité PGA Tour, j'ai pu vivre une expérience professionnelle et personnelle exceptionnelle.

Se trouver aux côtés de joueurs aussi  talenteux que Sergio Garcia, Jason Day, Jordan Spieth, Dustin Johnson, Phil Mickelson, et tant d'autres, a été un immense plaisir que j'ai essayé de vous retranscrire au plus près. Cela devrait appeler d'autres expériences de ce type dans les mois à venir...

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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