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Dustin Johnson: « Il a tout du numéro un mondial de golf en puissance ! »

Dustin Johnson: « Il a tout du numéro un mondial de golf en puissance ! »

Exceptionnellement présent à Pacific Palisades (Californie) pour le Genesis Open 2017, j’ai pu suivre le déroulement du second tour de l’américain Dustin Johnson, leader du tournoi à -10 après deux cartes consécutives en 66. Chouchou du public, celui qui fut longtemps considéré comme l’enfant terrible du golf américain veut réellement démontrer qu’il peut être le boss du circuit mondial.

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Quelques heures avant le début du second tour du Genesis Open 2017, tournoi organisé par TGR, la société de Tiger Woods, Paulina Gretzky, fille du célèbre hockeyeur américain, et compagne de Dustin Johnson a posté une photo d’elle sur Instagram, annonçant l’arrivée d’un deuxième enfant dans la famille.

Pour en avoir parlé avec différentes personnes rencontrées cette semaine aux Etats-Unis, des membres des staffs de TaylorMade, Cobra, Titleist ou encore Callaway, DJ semble bien plus posé que par le passé. Son nouveau statut de père de famille, en particulier encadré par un beau-père qui a été un immense champion, semble bien lui réussir.

Longtemps Dustin Johnson a souffert d’être considéré comme un golfeur doué mais qui ne travaillait pas assez.

Or, pour les observateurs « insiders », cela n’a jamais été le cas. Au contraire, DJ est un bosseur, et il fait partie de ceux qui veulent réellement devenir le numéro un.

Parmi chaque génération, vous avez plusieurs golfeurs dont on détecte le talent pour parvenir au sommet. Cependant, tous n’ont pas nécessairement envie de tout sacrifier pour la couronne suprême.

Fred Couples, pour la génération 80/90 avait ce don. Il a été le numéro un pendant un temps, mais pas assez obsédé pour le rester.

Cela peut vous surprendre… mais certains golfeurs de haut niveau très talentueux, n’ont pas toujours l’ambition d’être absolument numéro un.

DJ a cette ambition, et c’est une partie importante de l’explication de sa consistance tournois après tournois.

Bien entendu, il ne gagne pas à tous les coups. Le golf est un sport trop difficile et trop aléatoire pour qu’il suffise de le vouloir le plus…

Cependant, Johnson se donne souvent un maximum de chances, et en particulier, sur les parcours qu’il affectionne comme celui du Riviera Country Club, terrain sur lequel il est le golfeur qui a scoré le plus de cartes les plus basses depuis 2008, par rapport au reste du champ de joueurs.

En 2017, il ne fait pas exception à la règle avec deux premières cartes de 66 sur ce par-71, long de 7322 yards des backtees.

Arrivé seulement samedi matin à 7h30 pour le début du second tour reporté suite aux intempéries de la veille, j’ai pu constater à quel point les conditions de jeux ne sont vraiment pas agréables.

Au départ du 4, la pluie battait son plein ce matin

Avec les averses de la veille et du jour, malgré l’excellent drainage du parcours, le terrain est très humide. Le parcours est d’autant plus long que les balles ne roulent pas.

Finalement, un avantage pour un golfeur comme DJ qui porte la balle loin et haut. Cependant, sa performance du jour ne se résume pas à sa puissance depuis le tee.

Son petit-jeu a fait des merveilles à de nombreuses reprises autour du green.

En deux jours, il n’a concédé qu’un bogey (le premier jour) pour se montrer imperturbable depuis le début du tournoi.

Dans la même partie qu’Adam Scott et Justin Rose, le public était pourtant le plus nombreux autour de cette partie.

Très franchement, comme pour un tournoi de l’European Tour, le public a tendance à se masser autour de 2/3 parties maximum, tant et si bien, que les autres joueurs sont assez tranquilles.

Par exemple, en arrivant ce matin, j’ai suivi la partie du belge Thomas Pieters.  Ce dernier a très bien joué pour se positionner à la vingtième place provisoire. Heureusement ou malheureusement, il a joué une partie plutôt tranquille s’agissant de l’affluence autour des fairways.

Ce qui permet de relativiser la performance d’un Dustin Johnson, qui lui, joue avec un maximum de public tout au long des 18 trous.

C’est une chose de jouer une partie de golf sans pression du public, et une autre, de jouer avec toute une foule autour de vous.

Très franchement, DJ ne semble pas être perturbé, et sans doute bien habitué.

En fait, il s’est évertué à tirer parti des conditions du jour. Interrogé en conférence de presse « Je me sens bien sur ce parcours. Je crois qu’il convient parfaitement à mes yeux. Je l’aime bien. Comme j’ai eu beaucoup de bons résultats ici, cela me donne pas mal de confiance. »

Effectivement, DJ est l’un des golfeurs du tour qui a obtenu le plus de places d’honneurs sur ce parcours au cours des dernières années (près de 5).

A la différence de certains parcours américains très longs et très larges, Riviera est un parcours légèrement boisé mais tout de même relativement large. DJ a non seulement drivé long, mais a aussi fait preuve de contrôle une bonne partie de la journée.

Son pic de forme est intervenu en fin de partie avec trois birdies sur les quatre derniers trous du jour, au moment où les averses avaient cessé, et que le parcours séchait un tout petit peu.

Au départ du 18, un trou assez impressionnant en fait, avec un départ sous le fairway, et dont depuis le tee, vous ne voyez pas le point de chute de votre balle. Pour les plus longs frappeurs, le point d’arrivée est en fait dans un léger virage à droite (dog-leg).

Johnson a tapé un drive parfaitement en ligne et qui finalement a terminé sa course en léger fade. Le coup le plus parfait possible sur ce trou, et derrière, il s’est mis en parfaite position pour birdie.

En salle de presse, tous les américains se préoccupent surtout de savoir si DJ va prendre la place de numéro un mondial, position qui n’a jamais été aussi ouverte dans la mesure où Jason Day ou Rory McIlroy, pour différentes raisons n’arrivent pas à creuser l’écart.

L’australien est dans une longue période sans victoires, et Rory est toujours absent suite à sa récente blessure.

L’américain est donc en bonne position, surtout en cas de victoire à Riviera ce dimanche.

Lui l’assure, cela ne l’obsède pas, mais c’est un petit mensonge pour surtout ne pas se mettre trop de pression supplémentaire.

« Je veux remporter ce tournoi. Etre numéro un ou pas ne m’affecte pas. Je veux me mettre en position de remporter le tournoi lors du dernier tour. »

Et un birdie de plus pour DJ sur le 17

Pour y parvenir, le golfeur TaylorMade a tous les compartiments du jeu pour y parvenir. Connu pour sa puissance depuis le tee de départ, il concède pourtant n’avoir jamais été un gros adepte du practice, préférant de loin l’entraînement au petit jeu. Et aujourd’hui, cela s’est parfaitement vu, notamment au 17 où je me tenais à quelques mètres de lui quand il a sorti un chip magnifique pour un easy birdie.

Le tournoi ayant pris du retard, samedi, il va falloir jouer un maximum de trous, et si possible deux tours en une seule journée.  Deux heures de pose à peine, et DJ va devoir repartir.

Il devra rester sur le même rythme pour maintenir sa place en tête, et si possible creuser l’écart sur un Pat Perez, très en forme, et seulement à un coup derrière avec Cameron Tringale.

Il est temps pour moi de retourner sur le terrain. La pause s’achève. Les joueurs sont sur le point de s’élancer pour le troisième tour, et le soleil semble être enfin de la partie. Comme les joueurs, j’ai bien profité des averses du matin, je n’aurai rien contre un petit rayon de soleil.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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