Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Dustin Johnson : Champion du monde du power fade à Mexico

Dustin Johnson : Champion du monde du power fade à Mexico

Dustin Johnson redevient peu à peu aussi dominateur que lors de la saison 2017, où il était justement parvenu au rang de numéro un mondial. Si sa victoire en Arabie Saoudite est plus anecdotique, son succès probant au Mexique, sur un parcours taillé pour son jeu, illustre à quel point le power fade peut être une arme redoutable, pour reprendre l’ascendant sur les meilleurs golfeurs de la planète.

Découvrez nos formules d'abonnements

Ils étaient tous là ! Sauf Justin Rose au repos, et pourtant du gratin du golf mondial, Dustin Johnson n’a fait qu’une bouchée.

L’espace d’un week-end, on a retrouvé le Dustin Johnson aérien que l’on avait vu pendant au moins quatre mois, au début de la saison 2017, moment où il enchaînait les victoires avec une facilité et une décontraction déconcertante.

Pendant que l’ex-numéro du golf français était engagé dans une furieuse pêche au thon au large de la Croisette, Dustin Johnson enchaînait les drives puissants, et précis, à plus de 2300 mètres d’altitude.

Et dire que le tracé du golf de Chapultepec est étroit et exigeant, obligeant par endroit, les pros à opter pour un bois 3 plutôt qu’un driver.

Sur pratiquement 100% des tees de départs, au drive, au bois 3 ou avec un fer, Dustin Johnson a systématiquement opté pour une stratégie en power fade.

Avec un chemin de club volontairement extérieur-intérieur et une face square, l’américain n’a pas varié d’un cil la trajectoire de ses balles de golf.

Son équipementier, TaylorMade, aura beau jeu de vanter les nouvelles performances de sa TP5X, cependant, c’est bien le joueur qui tape la balle, et pas l’inverse…

A Mexico, « DJ » n’a pas changé une tactique qui gagne.

Taper de toutes ses forces de puissants « power fade », pour tenir la balle en jeu, tout en acceptant l’idée de ne pas taper droit, ce qui reste finalement le graal de la difficulté au golf.

Il n’y a guère que sur des approches avec un wedge à moins de 50 mètres du green que l’américain n’a pas caricaturé son jeu, au point de faire tourner la balle de gauche à droite.

Pour le chroniqueur américain Brandel Chamblee, avant d’utiliser exclusivement le fade dans son jeu, Dustin Johnson était déjà un très bon golfeur.

Depuis qu’il a fait ce choix systématique, il est devenu encore plus fort.

Chamblee ajoute que la stratégie du fade permet de trouver les fairways plus facilement, mais ce n’est pas le seul avantage mathématique.

Le chroniqueur révèle qu’un fade a aussi plus de chance d’apporter un bénéfice sur les greens, considérant qu’en théorie, en fin de course, une balle en fade tombe plus souvent à droite, et courte par rapport au centre du green, alors qu’à l’inverse, une balle en draw a plus de chances de terminer à gauche, et dépasser le centre du green.

Or, pour Chamblee, sur un green classique, plat, statistiquement, les joueurs ont plus de chances de rentrer des putts en direction du centre du green, en partant d’une position à droite et en « montant » vers le trou plutôt que l’inverse.

C’est donc une partie du secret de l’américain, qui semaine après semaine, peut se montrer comme l’un des plus réguliers sur le PGA Tour.

Pour Jaime Diaz, un journaliste avec 30 ans d’expériences dans le domaine du golf aux Etats-Unis, Dustin Johnson peut réellement s’imposer comme le meilleur golfeur de l’ère post Tiger Woods.

Il n’est pas seulement un long frappeur ou un adepte du power fade, c’est aussi un excellent joueur dans tous les compartiments du jeu. Il n’a pas réellement de points faibles.

En 2018, il était numéro un pour le nombre de coups gagnés depuis le tee, cinquième pour les approches aux greens, et 25eme pour le putting !

En 2017, du temps de sa position de numéro un mondial, il n’avait même pas à faire partie des 50 meilleurs du monde au putting. En ce début 2019, sur ce seul compartiment du jeu, il est 13eme pour le nombre de coups gagnés !

A la sortie de son dernier tour au Mexique, il pouvait déclarer que son année serait prolifique s’il continuait à faire rouler la balle ainsi sur les greens…

Bien entendu, la clé numéro un de son jeu reste son swing.

Avant d’arriver au Mexique, Dustin Johnson avait eu besoin de travailler son geste avec « Butchie », son coach Butch Harmon, car il ne se sentait pas à son aise, pas aussi serein qu’il paraît pourtant sur le parcours, notamment quand il est en contrôle totale des événements, comme lors des 9 derniers trous.

Cette séance de remise en cause avec le coach a donc été très bénéfique.

Même sa victoire en Arabie Saoudite, quelques semaines plus tôt ne lui avait pas fait dire que son jeu était en place.

Pendant quatre tours cette semaine, le néo numéro deux mondial a navigué entre 72 et 94% de greens en régulations, laissant très peu de place à l’improvisation sur le parcours.

Pour être aussi précis, il ne s’est pas particulièrement bridé sur la question de la distance, montant crescendo de 278 mètres de moyenne depuis le tee le premier jour, à 313 mètres lors du dernier tour.

McIlroy, le seul à pouvoir lui contester la victoire pendant le week-end, a drivé plus fort et plus loin, notamment à 333 mètres de moyenne dimanche.

Sans être si loin de Dustin Johnson au score (finalement 5 coups dont 3 pris en retard sur les 36 derniers trous), McIlroy a eu beau taper plus loin, il n’a pas tenu la comparaison en termes de greens en régulations.

Dans la dernière partie avec Dustin Johnson, le nord-irlandais a bien livré une belle partie (score de 67) et obtenu une nouvelle belle deuxième place, confirmant au passage son ambition de réussir une bonne saison 2019, mais contre le power fade méthodique, froid et répété de son rival américain, il aurait fallu « another kind of magic » en référence au vainqueur le même jour de l’oscar du meilleur acteur 2019, Rami Malek, pour son interprétation magistrale de Freddy Mercury dans Bohemian Rhapsody.

Sur les 14 derniers trous, le vainqueur à la sauce Bruce Springsteen, le boss, a enquillé six birdies pour aucun bogey, survolant littéralement les difficultés du parcours.

Depuis le début de la saison, DJ ne s’est pourtant pas distingué pour sa précision depuis le tee, seulement classé 202 eme avec 54% de moyenne de fairways en régulation.

Sur le parcours Mexicain, il a joué au-dessus de son niveau habituel (60%), mais a aussi bénéficié d’une moindre pénalisation des roughs, par rapport à d’autres parcours. On pourrait se rappeler ceux du Golf National pour relativiser sa force…

Toutefois, sur le parcours de Chapultepec, Dustin Johnson n’a pas vraiment été pris en défaut sur ses engagements, hauteur de rough ou pas.

En mai dernier, Butch Harmon déclarait à propos de son protégé, qu’il allait devoir travailler un peu plus, comme il l’avait fait dans le passé pour redevenir numéro un mondial.

« Avant de se blesser à Augusta en avril 2017, personne ne pouvait approcher de son niveau de jeu. Il était au top de son jeu. »

2018 n’a pas été une mauvaise saison, mais incontestablement, il a ouvert la porte aux retours de Justin Rose, Brooks Koepka et Justin Thomas.

Comment redevenir le crack qu’il était en 2017 ?

Comment redevenir le crack qu’il était en 2017 ? - crédit photo : Getty Images par TaylorMade

Pour Harmon, et visiblement il l’a entendu « Il doit travailler un peu plus. Il doit revenir à ce qu’il faisait à l’époque. Il aime la vie. Il aime le temps en dehors du golf, mais je pense qu’il va devoir remettre un peu d’intensité dans son travail… »

Au même moment, Harmon reconnaissait « Il aime être numéro 1. Il va faire ce qu’il faut. »

Le message du coach a visiblement été bien reçu.

Avec cette nouvelle victoire, sa vingtième en carrière sur le PGA Tour, celle qui lui permet au passage de porter à douze saisons consécutives avec au moins un succès sur le PGA Tour, un score en cours inégalé, il reprend la deuxième place au classement mondial, à un cheveu de Justin Rose.

Six fois vainqueur en WGC, il est un véritable spécialiste de ces tournois qui ont le mérite de réunir le gratin du golf mondial.

Avec un tel niveau de jeu, une telle arme avec le power fade, il ne reste plus qu’à Dustin Johnson de densifier son palmarès en majeur, à un bémol près… Augusta sourit plus facilement aux joueurs de draw ou alors récemment aux gauchers (Mickelson, et Bubba Watson)…

Crédit photo : Joshua Sarner/Icon Sportswire et Getty Images.

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 255
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.