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Dubuisson brillant en Afrique du Sud! Est-ce le signe du retour au top?

Dubuisson brillant en Afrique du Sud! Est-ce le signe du retour au top?

On reproche souvent aux médias d’en faire des tonnes quand cela ne va pas, et d’être laconique, quand tout va pour le mieux ! Contredisons cet adage en soulignant la très grosse performance de Victor Dubuisson sur le Nedbank Golf Challenge 2016 achevé à la troisième place, ce qui replace le français dans le top-50 européen. Pour « Dubush », le retour dans le top-50 mondial est sans doute le prochain objectif légitime…

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Une année à oublier entre deux Nedbank Golf Challenge...

Au cours des douze derniers mois de la carrière professionnelle de Victor Dubuisson, il y a le Nedbank Golf Challenge disputé en décembre 2015, terminé à la quatrième place avec un score de 68 sur le dernier tour, pour un total de 280 coups et 254,000 euros.

Et il y a aussi le Nedbank Golf Challenge, toujours disputé en Afrique du Sud, toujours le tournoi de Gary Player, mais cette fois disputé en novembre 2016 pour le compte de la même saison, et de la même Race to Dubaï, terminé par un dernier tour en 68 pour un score total de 281 coups avec un chèque de 276,000 euros équivalent à une troisième place.

Entre ces deux belles performances, la saison du Cannois a ressemblé à une petite descente aux enfers.

Membre de l’équipe européenne en Eurasia Cup, Dubuisson avait le potentiel pour terminer parmi les meilleurs européens, et participer à sa deuxième Ryder Cup en fin de saison.

Cependant, les choses n’ont pas été linéaires, et la digestion du changement d’équipement plus longue que prévu, passant de Titleist à TaylorMade, un problème qu’ont connu d’autres pros célèbres avant lui, et notamment McIlroy quand il était passé de Titleist à Nike.

Ceci étant, les contres-performances de l’année 2016 n’incombent pas toutes au matériel.

En juillet dernier, à l’occasion de l’Open de France, Victor Dubuisson considérait être à la fois sur la bonne pente, et conscient que ses chances de se qualifier pour la Ryder Cup de plus en plus mince.

Surtout, il considérait qu’il pouvait connaître une année sans, ne dramatisant pas outre-mesure.

Et en effet, du 24 janvier au 16 octobre 2016, les résultats ont été quasiment inexistants avec 4 cuts manqués, pas une place dans un top-30, et des gains en chute libre…

En perte de confiance, s’entraînant peu, jouant peu, Dubuisson était à la dérive.

La sanction n’a pas tardé à tomber. Non seulement sorti du top-50 mondial, Dubuisson a fini par sortir aussi du top-100, ce qui n’a pas manqué d’alimenter les débats sur le haut niveau en France, finalement terriblement dépendant de Victor.

Les ennuis se sont poursuivis en Italie (disqualifié) puis au British Masters (abandon après 3 tours), pourtant, le retour à la performance était en train de se mettre en place.

En Turquie d’abord, pays théâtre de ses deux victoires sur le circuit, Dubuisson a réussi deux parties sous le par, et surtout joué quatre tours, pour décrocher son meilleur chèque depuis 6 mois.

Avec un score de 281 coups sur 4 tours, sa 47eme place lui a permis de continuer jusqu’au prochain tournoi avec un zest de confiance en plus.

Et justement, en Afrique du Sud, le français a sorti sa meilleure performance.

A la fois en jouant relativement bas sur un parcours exigeant, et aussi en étant consistant pendant quatre tours, ce qui ne lui était plus arrivé depuis près d’un an.

Cette seule performance lui permet de participer finalement au dernier tournoi de la saison : la finale du DP World Challenge disputée à Dubaï, un objectif qui lui tenait à cœur alors qu’il ne l’a jamais manqué depuis 2013.

Bien entendu, le putting retrouvé du Cannois a joué un rôle déterminant dans ce retour au premier plan, mais pas seulement !

dubuisson-rough-open.jpg

C’est l’ensemble du jeu de Victor Dubuisson qui lui a permis d’être bien classé au Nedbank

Au driving tout d’abord, il a porté sa balle à une moyenne de 320 yards (292 mètres), soit le sixième meilleur joueur du champ engagé.

Surtout qu’il ne s’est pas contenté d’être seulement long ! Avec 53% de fairways pris en régulation, il s’est aussi montré relativement précis.

Avec des mises en jeu réussis, il a pu mettre son jeu de fers en place, et touché 72% de greens en régulations (le 4eme meilleur total).

Une fois sur les greens, sa moyenne de putt par trous de seulement 1,71 (8eme meilleure moyenne) a effectivement joué un rôle déterminant dans ce résultat.

Seul bémol, quand Dubuisson a manqué le green, dans ce cas, il a aussi un peu moins bien putté.

En gros, il a parfaitement aligné les planètes la plupart du temps ! Un bon drive, un bon coup de fer, et un ou deux bons putts, et l’affaire était dans le sac.

Il aimerait sans doute pouvoir jouer ainsi plus souvent…Ce week-end, ce n’est donc pas le Dubuisson en mode « cactus », utilisant des trésors d’ingéniosité, qui a performé, mais plutôt un Dubuisson efficace et propre dans son jeu.

En jouant ainsi, il rappelle qu’il peut se mettre au niveau des tous meilleurs mondiaux. Son « french flair » pouvant faire la différence ensuite…et dans cet ordre.

A l’inverse, quand un golfeur s’en remet plus à cet instinct qui vous sort du rough, il se met plus souvent sous pression, et peut finir par lâcher des coups mentalement. 

« Plus propre », Dubuisson s’est mis moins de difficultés sur le dos pour jouer du très bon golf, et démontrer en seulement quatre jours, qu’il avait toute la capacité à effacer cette « année sans » dans un délai très court.

Peut-être dès ce week-end à Dubaï ? Un tournoi qui lui a déjà réussi par le passé.

Passé cette échéance, il sera associé à Romain Langasque pour défendre les couleurs de la France en Coupe du monde de golf fin novembre en Australie.

Souhaitons que la trêve n’arrive finalement pas trop tôt pour lui, et qu’il pourra réattaquer la prochaine saison sur ces bonnes bases.

Il est très difficile de rentrer dans le top-50 mondial. Il est aussi très difficile d’en sortir à la vue des privilèges de tournois à jouer dans cette catégorie, comme par exemple, les championnats du monde.

Si Dubuisson peut réintégrer cette catégorie, ce dont nous ne doutons pas, il faudra qu’il médite là-dessus. Le train peut passer deux fois. A ce niveau, une troisième fois, cela paraît tout de même compliqué…

dubuisson-putting.jpg

Concernant sa prestation en Afrique du Sud, oui, c’est un signe qu’il est largement capable de revenir au top, surtout par la manière démontrée qui ne doit rien ni au hasard, ni au fait d’avoir tapé outre-mesure dans le réservoir de la résistance mentale.

Lui considère que cette troisième place acquise dans un contexte d’obligation de résultat vaut une victoire. Il n’a pas tort…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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