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Dubuisson et la FFG liés par l'enjeu de l’Alstom Open de France 2015

Le bout de son tunnel pour Dubuisson à l'Open de France ? ASO/Presse Sports/S.Thomas

Le public français lui voue une véritable admiration, Victor Dubuisson l’assure, il va plus jouer cet été,  et notamment à Paris dans le cadre du grand Open Français organisé au Golf National. Pourtant, si le début de saison de « Dubush » peut largement laisser sceptique, est-il la meilleure chance tricolore ? Quel est le plan de la FFG pour l’Open de France 2015 ?

Sommaire de cet article dédié à Victor Dubuisson et l'Alstom Open de France 2015

  1. Opération : Sauvons le soldat Dubuisson
  2. La comm’ de la FFG
  3. L’enjeu du tournoi : Le public
  4. Les chances françaises à Paris 

Opération : Sauvons le soldat Dubuisson

Durant l’Irish Open, Victor Dubuisson était sur le pont…de son bateau pour pêcher au large de Golf-Juan, tout sourire, le cannois semblait profiter de quelques jours de repos pour se reconstruire un moral, et une envie de jouer.

Après deux ans de succès et de fortes pressions médiatiques, Dubuisson qui n’a jamais eu la réputation d’être un grand communiquant, et de vouloir faire comme tout le monde, semble depuis le début de la saison 2015 être moins au « golf ».

Privilégiant de jouer sur le parcours de Cannes Mandelieu avec ses amis plutôt que de jouer sur le tour professionnel  avec son lot d’obligations.

La carrière d’un golfeur professionnel n’est pas quelque chose qui implique de jouer toutes les semaines sur tous les tournois.

Dans ce registre, Tiger Woods a été un des premiers joueurs à « sélectionner » ses apparitions, se réservant pour les majeurs, et les championnats du monde, contribuant d’ailleurs à créer une sorte de golf de haut niveau à deux vitesses.

Des tournois comme ceux du week-end dernier sur le PGA Tour, et l’European Tour devenant des épreuves de deuxième division, sans que cela soit tout à fait mérité, surtout au vue des investissements réalisés pour faire venir les meilleurs golfeurs de la planète.

Mais la grande différence entre Woods et Dubuisson, que ce dernier avoue admirer, c’est qu’à 25 ans, le palmarès de Woods était déjà très fourni, et quand il se permettait de s’absenter, quand il revenait, on ne le remarquait pas… car il gagnait !

Depuis 2010, ce système de va et vient réussit beaucoup moins à Woods, car en dix ans, le niveau de jeu s’est considérablement accru sur le tour.

Ces rivaux sont de plus en plus forts à tous points de vues : technique, mental, et physique.

Pour Dubuisson, pas sûr que ce système soit aussi prolifique dans un contexte où même l’actuel numéro un mondial, Rory McIlroy, n’hésite pas à jouer le plus souvent possible, quitte à être moins performant, comme en atteste son cut manqué en Irlande du Nord.

Sans vouloir égratigner l’image de Dubuisson, on dira à minima qu’il est un mystère.

Soyons honnête, nous ne le connaissons pas vraiment.

Il ne s’agit pas de le juger, de l’encenser ou de l’enfoncer. Simplement, il n’est peut-être pas le grand champion que « la France du golf » se rêve.

Lui n’a rien demandé !

C’est juste un bon joueur qui rêve de vivre les bons côtés de la vie de golfeur professionnel.

La comm’ de la FFG

Grillé aux yeux des médias français comme l’Equipe ou le Journal du Golf (la même maison), laissant totalement indifférent les grands médias nationaux, qui ont autre chose à faire que de courir après un golfeur, cette situation pourrait en rester là, d’autant que Dubuisson est apprécié du public de golfeur.

Ce qui pourrait largement lui suffire au vue de sa relation conflictuelle avec la presse !

alstom-open-france-2015.jpg

L’an passé, lors de l’Alstom Open de France, l’attente autour de lui était extrême.

A chaque trou, une nuée de spectateurs l’entourait, ce qui d’ailleurs a contribué à sa relative contre-performance du premier tour.

Mais cette situation contrarie la Fédération Française de Golf qui s’est fixée comme objectif de faire reconnaître le golf, comme un grand sport au même titre que le tennis ou le football.

Cet objectif est même en réalité plus important que celui d’augmenter le nombre de golfeurs.

De 700 000 golfeurs ciblés en 2022, les ambitions de la FFG se sont peu à peu corrigés vers le bas à seulement 500 000, et à mesure qu’elle enregistre deux années consécutives de baisses des licences, alors que cela devrait largement être le contraire, au vue de l’engagement Ryder Cup 2018.

La Ryder Cup est de ce point de vue plus un objectif de crédibilité sportive qu’un objectif de recrutement massif de nouveaux golfeurs.

Nous aurons l’occasion d’y revenir dans un autre sujet consacré à la fédération.

Compte tenu de l’absence de Dubuisson depuis le début de saison, et ses résultats totalement anecdotiques, en plus du conflit qui l’oppose à l’Equipe, la FFG est contrariée dans ses plans visant à faire de Dubuisson sa tête d’affiche, sa star, sa vitrine de son élite sportive.

Dans ce cadre, elle cherche à redorer l’image sérieusement écornée du joueur.

C’est pourquoi, elle a entrepris une opération de reprise en main passant par la participation de Dubuisson au Pro-Am de l’Alstom Open de France qui aura lieu du 2 au 5 juillet à Saint-Quentin-En-Yvelines.

Quoi de mieux que d’associer le gentil Dubuisson à de jeunes joueurs amateurs issus des clubs d’Ile-de-France ?

Du coup le Dubuisson pêcheur au large de Golf-Juan va se muer en golfeur professionnel attaché aux valeurs de transmission d’expérience et de valeurs aux plus jeunes, toujours selon le communiqué de la FFG.

Et c’est vrai que Dubuisson a toujours apprécié la compagnie d’enfants golfeurs, notamment sur ces parties d’entraînements à Cannes Mandelieu.

Toujours pour soigner l’image du joueur, la FFG prévoit dans la continuité de cette action de remplir la salle de presse de jeunes golfeurs qui pourront lui poser des questions la veille du tournoi.

La FFG a-t-elle peur que la salle de presse soit en fait vide quand Dubuisson s’exprimera ?

Comme nous l’écrivions plus haut.

Nous ne connaissons pas personnellement « Dubush ». On ne peut pas dire que nous avons de bons ou de mauvais rapports.

Au mieux, nous sommes indifférents à son conflit avec la presse golfique.

Pour autant, il semble bien que le joueur ait fortement agacé une grande partie de cette même presse qui se dit lassé par le comportement d’un garçon qui les accuse de poser des « questions de merde » dans un pays qui ne connait rien au golf.

L’enjeu du tournoi : Le public

La FFG, soucieuse de ce problème d’image, et ne pouvant pas réellement rapprocher les différentes parties, préfèrent donc esquiver le problème, pour mettre l’accent sur la relation particulière entre Dubuisson et les jeunes, pour qu’à minima, son image reste intacte auprès du grand public.

Ce public qui paie son ticket pour se rendre à l’Open de France.

Un public plus important aidant la FFG dans sa négociation avec ses partenaires, et au premier rang desquels, Alstom, qui a largement renouvelé son engagement, et ce alors que la société passait des moments difficiles au niveau politique et médiatique, au moment du rapprochement avec General Electric.

Dubuisson déplace les foules ASO/Presse Sports/S.Thomas

Les enjeux dépassent largement le problème de la personne de Dubuisson.

C’est lui qui fait venir le public, et la FFG a besoin de ce public pour financer son tournoi.

Dans ce contexte, la FFG mise sur la carte jeune !

Rappelant au passage qu’il avait invité quatre membres des équipes de France junior à assister à la finale de la Race to Dubai, où il s'était classé deuxième ex æquo.

Remarquez, la FFG aurait pu nous inviter puisque nous sommes « un jeune média », et que nous avons jamais invectivé Dubuisson dans nos articles, au pire, relaté les informations, décortiqué son jeu, soutenu ses chances et son projet de jouer aux Etats-Unis, qui pour l’heure semble d’ailleurs moins important. 

L'édition 2015 de l'Alstom Open de France marquera la septième participation de Victor Dubuisson à son open national, où sa meilleure performance est la 18e place enregistrée en 2013.

Elle marquera également le dixième anniversaire de ses débuts dans le tournoi : en 2005, il était en effet devenu à 15 ans le plus jeune joueur à participer à une épreuve du circuit européen.

En manque de résultats cette saison – sa 4e place à Abu Dhabi en janvier reste son unique top 10 à ce jour – le 32e joueur mondial (au 1er juin) aura à cœur de faire briller les couleurs françaises sur son sol et devant son public.

En aura-t’il vraiment les moyens ? Le doute est permis au vue de son absence de résultat, et de son faible temps de jeu.

Les chances françaises à Paris

Pas sûr que Dubuisson soit au mieux pour porter les couleurs du golf français. Pas sûr non plus que cela soit Alexander Levy, l’autre chouchou du public, qui ne connait pas une année 2015 fantastique.

Depuis le début de l’année, son meilleur résultat reste une troisième place au Volvo China Open où pour l’occasion, il défendait son titre acquis, un an plus tôt.

Hormis ce bon résultat, Levy a manqué le cut en Irlande, et depuis la Chine, il n’a pas réussi à rentrer une fois dans le top-50 d’un tournoi de l’European tour.

Récemment qualifié pour l’US Open, ce qui est exploit à saluer (premier de son épreuve qualificative), la forme de Levy est en fait imprévisible.

Tout comme le lyonnais, Gary Stal, qui a remporté la seule victoire tricolore de l’année à Abu Dhabi, pour ponctuer un excellent parcours au Moyen-Orient puisqu’à cette victoire, il faut ajouter une quatrième place à Dubai.

Depuis le début de saison, Gary Stal est largement rentré dans le rang, manquant un cut sur deux, et le denier en date pour l’Irish Open, qui décidément n’a pas réussi aux bleus.

Romain Wattel paraît ainsi plus régulier depuis quelques semaines, et sa place de second au Trophée Hassan II.

Depuis l’épreuve marocaine, il n’a plus manqué de cuts, et signé un autre top-10 en Chine.

Moins sous pression que Levy et Dubuisson, il pourrait être la meilleure chance française à Paris, au même titre que Julien Quesne, qui lui aussi affiche un beau retour en forme depuis quelques semaines, et quatre top-10 depuis l’Africa Open.

Sa huitième place à Wentworth est de ce point de vue un excellent résultat sur un tournoi disputé par l’élite du golf européen.

Pour clore ce chapitre sur les français et leurs chances à Paris, n’oublions pas Benjamin Hebert et Edouard Espana qui sont en progrès accélérés sur le grand tour cette saison.

Espana réussissant à prendre la deuxième place de l’Open d’Espagne pour sa première saison sur l’European Tour !

Et tous ces golfeurs ne semblent pas souffrir d’une plus grande exposition médiatique…

Difficile d’imaginer un français remporter l’Open de France 2015 au vue des résultats des uns et des autres, et à un mois du tournoi francilien.

Ceci dit Remesy et Levet n’avaient pas affiché une forme étincelante avant de déjouer tous les pronostics.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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