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Des drivers vraiment trop puissants ? Le Royal s'enlise à Carnoustie

Des drivers vraiment trop puissants ? Le Royal s'enlise à Carnoustie

Le Royal et Ancient, par la voix de son patron, Martin Slumbers, semble toujours déterminé à alimenter le débat concernant la distance au drive et les nouveaux drivers, dans le but de limiter les gains de distances sur le tour. Bien loin des préoccupations des golfeurs amateurs, le gouvernement du golf s’enlise dans un débat difficile à argumenter objectivement, et surtout peu utile à la cause du développement du golf en Europe…

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Le Royal et Ancient veut tester 30 drivers et 30 joueurs à Carnoustie

Quelques jours avant le début de The Open à Carnoustie, Martin Slumbers, patron du Royal et Ancient a annoncé vouloir contrôler trente joueurs et autant de drivers.

L’organisation qui régente le golf entend ainsi maintenir la pression, quelques mois après avoir sorti un rapport très contesté, sur l’état des progrès en matière de distance au drive, sur les différents circuits professionnels à travers le monde.

Un rapport très contesté, notamment par les marques, et certains joueurs, car la distance au drive ne peut pas être prise que sous le seul angle du matériel.

Il faut aussi prendre en compte la puissance physique améliorée de garçons comme Rory McIlroy, Dustin Johnson ou Brooks Koepka qui peuvent être difficilement comparés à Jack Nicklaus ou Arnold Palmer.

Un autre élément contribue potentiellement à l’accroissement des distances sur les circuits professionnels, et pourrait se résumer à une petite boîte orange : Un Trackman.

Physiquement ou techniquement, les golfeurs professionnels ont réalisé d’énormes progrès ces dernières années.

Ces deux paramètres ne peuvent pas être occultés quand il s’agit de parler d’angle de lancement, de vitesse de swing, de vitesse de balle, ou de taux de spin.

Martin Slumbers a donc profité de sa conférence de presse à Carnoustie pour se déclarer en mode « écoute » pour aussi souligner qu’il n’était pas encore en mode « action ».

Continuant d’affirmer qu’il y avait des gains importants et même considérables en matière de distance sur le tour, Slumbers continue de pointer du doigt sans vraiment les nommer, les fabricants d’équipements.

Des drivers vraiment trop puissants, vraiment ?

En annonçant des tests un peu inopinés, Slumbers entretient le mythe de drivers non conformes, et donc plus performants que la normale.

Sur ce point, le circuit professionnel n’échappe pas tout à fait aux grands problèmes de notre temps : La triche, le dopage ou des aides illicites.

En son temps, Jean Van de Velde s’interrogeait sur la distance au drive de confrères qui sur le practice ne tapaient pas plus loin que lui, mais une fois avec leur balle sur le parcours, pouvaient lui claquer 10, 15 ou 20 mètres d’écarts.

Chasser les tricheurs, et insinuer que les drivers sont trop puissants sont deux choses différentes. C’est aussi faire une trop belle publicité pour les marques.

Ces dernières contestent le rapport car elles craignent qu’en conséquences, le gouvernement du golf ne légifère dans le sens de réduire la performance.

Les préoccupations sur le circuit sont pourtant très loin des préoccupations des amateurs qui eux, ne sont pas concernés par des gains spectaculaires.

Un par-4 de 365 mètres reste toujours un dilemme pour 80% des golfeurs qui ne drivent pas à 250 mètres.

Alors que l’on s’interroge sur les moyens de rendre le golf plus accessible, et plus facile, diminuer la performance des clubs ne passerait pas pour une majorité de joueurs.

L’augmentation de la distance est à la fois le premier argument de vente des marques, mais aussi, la première demande des joueurs.

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A l’occasion de The Open disputé cette année à Carnoustie, le Royal et Ancient a donc annoncé avoir les moyens de mesurer le coefficient de restitution (COR) des faces de drivers, ainsi que la mesure du CT (Characteristic Time) qui dans les faits a déjà supplanté depuis longtemps la mesure du COR, jugée pas assez pertinente, y compris par des membres du gouvernement du golf !

Bien que le Royal fasse relativement l’unanimité contre lui sur ce sujet, l’organisation profite de son majeur pour sortir les muscles, et réaliser une opération de communication.

Est-ce un moyen d’exister médiatiquement ?

Un précédent test d’ampleur sur le circuit japonais n’avait pas permis de trouver le moindre driver illégal.

Parmi les 150 meilleurs joueurs du monde, il serait étonnant qu’elle parvienne à trouver un driver contrefait, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas des formes de tricheries dans le domaine du golf professionnel.

Simplement, comme le dopage, ces tricheries se font peut-être sur des éléments plus difficiles à vérifier que la conformité d’un driver.

Un débat difficile à argumenter pour le gouvernement du golf européen

Tout ce battage profite en quelque sorte aux fabricants, car cela pourrait induire dans l’esprit du consommateur que les drivers actuels posent des problèmes que ne posaient pas les précédents modèles.

Depuis 5 ans, on observe surtout une réduction du taux de spin, et quasiment aucune augmentation de la vitesse de balle, ce qui limite les gains à seulement quelques mètres.

Se voulant résolument modérée, mais en remettant un sujet mal argumenté sur le tapis, le Royal verse dans le ridicule alors que jusqu’à présent, le niveau de difficulté des majeurs ne laisse pas penser que les joueurs sont trop avantagés.

Il suffit de se rappeler la préparation catastrophique du dernier US Open.

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USGA et Royal ne devraient d’ailleurs pas perdre de vue leur mission principale vis-à-vis des grands tournois : Réussir l’organisation et garantir des conditions d’équités.

Sur la distance au drive, les chiffres montrent au contraire, et cela ne va pas dans le sens des marques, une forme de stagnation des moyennes des meilleurs joueurs sur 5 à 10 ans.

En revanche, il est vrai que la moyenne de tous les joueurs cumulés augmente. Signe que le niveau moyen au plus haut niveau se resserre.

On peut constater qu’un McIlroy dominant au drive  au début des années 2010 pouvait dominer le classement mondial. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

Plutôt que la distance au drive, et les préoccupations du circuit professionnel, le gouvernement du golf devrait se tourner plus rapidement sur l’état du jeu dans le monde, la difficulté de ramener des débutants, des jeunes et des femmes.

La distance au drive est un des éléments qui peut séduire les néophytes. Il n’est vraiment pas temps d’ouvrir des débats sur des sujets qui n’en sont pas.

A l’inverse, on pourrait se demander comment aider les amateurs à rentrer plus de putts, alors qu’ils n’ont pas l’aide d’un caddie pour lire les pentes.

Passer moins de temps, et produire un résultat plus efficient pourrait profiter au temps de jeu, souvent pointé du doigt pour expliquer pourquoi le golf peine à recruter de nouveaux adhérents.

Sur ce débat de la distance au drive, le Royal démontre non seulement une forme d’entêtement, mais aussi une forme d’isolement dans une tour d’ivoire, très loin des questions que se posent la filière golf pour sa survie, ou les questions des amateurs qui scorent 90 ou plus de 100 sur le parcours, sans que ce soit le terrain d’un majeur.

La question de la représentativité des amateurs dans cette instance, et notamment une plus grande part d’européens, et pas seulement des britanniques, serait un bien meilleur sujet à mettre sur la table.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Commentaires   

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Oliverdalton40@gmail.com
0 #1 Driver trop puissantOliverdalton40@gmail.com 21-07-2018 11:32
Laissons les joueurs matraquer la balle...mais réduisons la largeur des fairways, la hauteur et densité des rough...et vous verrez que la précision prendra l’avantage sur la puissance...
 

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