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Quels sont les drivers les plus vendus en 2018?

Quels sont les drivers les plus vendus en 2018 ?

Après bientôt 6 mois écoulés en 2018, on commence à y voir plus clair sur l’état actuel du marché des équipements pour le golf, et notamment dans le domaine du driver, où pratiquement tous les clubs ont été présentés depuis le PGA Merchandise Show à Orlando. Dans un contexte de forte baisse globale du marché, certains fabricants ont tiré leur épingle du jeu, pendant que d’autres vont sans doute devoir changer de fusil d’épaule, ou multiplier les démo day's pour rattraper leur retard. La météo a bien entendu joué un rôle considérable dans les résultats en demi-teinte du premier semestre en France.

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Un nouveau modèle en tête des ventes 2018

On peut tester tous les clubs du marché, émettre des avis positifs ou négatifs, il y a des phénomènes qui n’échappent pas à la loi de l’offre, et de la demande.

Après avoir discuté avec plusieurs vendeurs en magasins, j’ai pu établir une première tendance objective des ventes de drivers. Le driver le plus vendu n’est pas nécessairement le meilleur.

Le référencement, la disponibilité en stock, l’habitude de vente et l’affinité du vendeur pour une marque jouent toujours un grand rôle dans la vente.

Premier fait à noter, et comme les années précédentes, les drivers les plus vendus en 2018 dans l’hexagone sont essentiellement des nouveautés.

D’une part, les vendeurs n’ont pas nécessairement la vision des ventes qui peuvent se réaliser de la main à la main dans les golfs, ou sur Internet sur les sites d’occasions.

D’autre part, les vendeurs travaillent en flux tendu, avec de moins en moins de stocks.

Dès qu’un nouveau driver arrive sur le marché, il chasse le modèle précédent, sans trop alimenter ce même marché de l’occasion.

Ainsi, un modèle de 2017 ou 2016 a peu de chances d’être la meilleure vente en 2018.

Au risque de se répéter, les drivers les plus vendus ne sont pas nécessairement ceux qui sortent les mieux classés dans nos tests.

Le prix, la force du marketing, la force de persuasion du fabricant, et les relations parfois complexes entre distributeurs et fabricants jouent un plus grand rôle.

Aux Etats-Unis, certains sites indépendants réclament ou prêchent pour la force au consommateur, il faut être honnête et admettre qu’aux USA comme en France, c’est loin d’être encore le cas.

Pour mettre les pieds dans le plat, les consommateurs suivent encore trop le marketing, et ne passent pas assez de temps à faire un fitting, que ce soit pour choisir la tête, ou pour choisir le manche.

Certes, de plus en plus de magasins sont équipés de radar, et permettent aux futurs acquéreurs de clubs de tester, mais les consommateurs ne sont pas au fait de tous les chiffres que l’on peut interpréter.

Aux Etats-Unis comme en France, il ressort de plus en plus que les golfeurs et les golfeuses achètent un driver sur la vitesse de swing, et la distance totale moyenne obtenue sur quelques frappes.

Premièrement, ils ne sont pas assez avertis ou vigilants concernant les balles qu’ils tapent au moment de faire un essai.  D’une balle à une autre, la qualité influe grandement sur le résultat.

Ensuite, les critères de choix ne sont peut-être pas aussi simples.

Les marques ont compris ce phénomène qui consiste à être sélectionné après des frappes en indoor, et de moins en moins après des tests sur le parcours.

En augmentant de plus en plus la longueur des manches, elles s’assurent d’augmenter sensiblement la vitesse de swing, et en théorie, la distance totale.

Pour avoir vu beaucoup de golfeurs acheter un driver après ce type de test, j’ai pu constater qu’ils ne regardaient pas nécessairement la vitesse de balle ou la dispersion.

Résultat, une fois le driver acheté en pensant qu’il pourrait potentiellement faire gagner quelques mètres, le bénéfice après plusieurs parties n’est pas aussi flagrant, tant et si bien que l’année suivante, rebelote, ce même golfeur cherche un nouveau driver plus performant.

La clé pour choisir un bon driver est de trouver un set-up (équilibrage tête-manche) qui favorise une carte de chaleur plus élevée au centre de la face. A savoir, une plus grande récurrence des frappes au niveau de restitution maximum… le centre de la face.

La vitesse de balle est généralement le critère à surveiller en premier, alors que la dispersion devrait être regardée en second.

Sur un radar en indoor, si on n’y prête pas attention, le résultat peut être parfois à relativiser.

Un driver qui permet de mieux centrer la balle pourra être plus intéressant qu’un driver qui donne 5 mètres de longueur moyenne en plus.

Pour rappel, un coup tapé hors du fairway, et c’est l’assurance de faire bogey ou double-bogey. 5 mètres de plus ne compensent pas ce phénomène.

Ceci dit, le net recul des ventes en 2018 versus 2017 (de -15 à -20%) laisse penser que les golfeurs et les golfeuses sont pour l’instant en attente, et l’autre fait que l’on ne peut pas occulter, c’est que certaines marques, comme par exemple, Ping ou TaylorMade se basent sur un maillage de points de ventes très conséquents avec tous les pro-shops Blue Green ou UGolf qui distribuent leurs produits.

Ce qui n’est pas le cas pour toutes les marques, et donc joue sur le résultat final des clubs les plus vendus en France.

Le top-3 des drivers les plus vendus

Quelques semaines après sa présentation au PGA Show d’Orlando, le Callaway Rogue semblait tenir la corde pour la première place du classement. Des avis que nous avons recueillis, c’est le driver qui a réalisé la meilleure sortie post-PGA Show.

Cependant, dans un marché en net recul, il y a une plus grande fluctuation des ventes par rapport aux années précédentes, et après quelques mois, il semblerait que le trio de tête soit composé du TaylorMade M4 devant le Ping G400, et le Callaway Rogue, finalement troisième.

Entre ces trois clubs, les écarts en volumes vendus se jouent dans un mouchoir de poche, d’où les risques de fluctuations de mois en mois.

Le TaylorMade M4 ressort en tête au bénéfice des bons résultats des joueurs américains sur le PGA Tour, la communication de la marque sur la Twisted Face, son référencement dans quasiment tous les points de ventes français, et enfin son prix versus le M3.

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Avec 100 euros d’écarts entre M3 (399 €) et M4 (499 €), c’est la confirmation qu’il y a bien un phénomène d’élasticité au prix dans les ventes de drivers.

Dans nos tests 2018, le M3 offrait un bien meilleur rendement que le M4, pourtant il semblerait que le prix rebute la majorité des joueurs.

Paradoxalement, le PING G400, deuxième meilleure vente du marché, réussit une belle performance malgré son prix de 469 euros.

A 549 euros, le driver Callaway Rogue prend la troisième place. Pas si simple de succéder au modèle phare de l’année précédente, le driver EPIC, qui avait recueilli un maximum de suffrage.

Au global, TaylorMade semble occuper la première place du marché pour la vente cumulée des drivers M3 et M4 (au-dessus d’une vente sur quatre).

Toutefois, ce bon résultat est à relativiser.

Il semble que ce soit légèrement inférieur à la part de l’an passé, ce qui laisserait penser que la marque a en fait un peu perdu en domination.

A ce petit jeu du cumul des drivers pour savoir quelle marque en vend le plus globalement, Callaway recule aussi.

Phénomène plus prévisible qu’alarmant en comparaison de Rogue par rapport à EPIC, ce qui souligne à quel point Callaway avait surperformé en 2017.

D’ailleurs, la marque a certainement anticipé sa mise en stock en conséquence, ce qui peut aussi expliquer un repli.

En réalité, et c’est un peu une surprise toujours en référence aux tests, c’est PING qui semble tirer son épingle du jeu depuis le début de la saison, et gagnerait en part de marché versus ses deux rivaux.

Callaway semble vouloir réagir avec la sortie du tout nouveau driver XR Speed à 399 euros qui pourrait bien lui permettre de remonter les ventes.

C’est pourquoi un classement des drivers les plus vendus n’est jamais qu’une photographie à un instant T. Ce marché est en fluctuation permanente.

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Les challengers

Après l’habituel trio de tête Callaway, Ping et TaylorMade, on retrouve les deux principaux challengers avec une surprise.

XXIO occupe désormais le quatrième rang des drivers les plus vendus en France.

Après plusieurs saisons de fortes progressions, malgré une distribution sélective qui limite le nombre de points de ventes, et enfin, un prix plutôt élevé, la marque japonaise réalise une percée significative avec le XXIO 10.

XXIO est ainsi à couteau tiré en volume de ventes par rapport à Cobra, et le King F8 à 429 euros, qui présente de nombreux avantages, comme le fait d’être connecté et de proposer une face très tolérante.

Cobra n’arrive toujours pas à valoriser la qualité de ses produits aux yeux des consommateurs. La marque souffre toujours d’un déficit d’image.

Les perdants du début de saison

Wilson n’arrive toujours pas à faire décoller ses ventes de drivers. Même si en 2018, on peut noter un léger mieux, cela reste très insuffisant pour réellement peser sur le marché.

Le C300 à 449 euros ne semble pas convaincre.

Seul le D300  à moins de 300 euros semble encore porter la marque, surtout en raison de son prix le plus bas du marché, qui peut intéresser des débutants (279 euros).

Grand perdant du moment, Titleist n’en finit plus de reculer dans les ventes. La clientèle habituelle est sans doute déjà dans l’attente des nouveaux TS2 et TS3, ce qui pourrait expliquer une baisse significative des ventes sur ce début d’année.

La marque Californienne aura bien besoin d’un lancement réussi pour remonter au niveau des leaders. Voir l’article consacré aux nouveaux drivers Titleist

A ranger aussi au chapitre des déceptions, le Cleveland HB Launcher qui devait marquer le retour d’un driver à la marque n’arrive pas à franchement s’imposer, malgré, là encore un prix raisonnable (329 euros).

Honma obtient une part de marché très faible (sans doute en-dessous de 2%), en revanche, le prix de vente d’un driver Honma étant très élevé, en valeur de vente, c’est plutôt une réussite étonnante qui confirme bien avec PXG et XXIO, que le segment Ultra-Premium se porte plutôt très bien en France.

A ce titre, le prix de vente moyen d’un driver est en 2018 plutôt autour de 300 euros, quand seulement un an plus tôt, il n’était que de 250 euros, soit 20% de hausse en 12 mois.

Le retrait définitif de Nike, le manque de croissance du segment premier prix (terrible paradoxe révélateur du manque de débutant), et la bonne santé du segment ultra-premium (bonne tenue du marché senior pratiquement seul réacteur en marche) expliquent ce phénomène de hausse du prix des drivers.

En dernière position, malgré la bonne volonté affichée par Piguy Sport néo-distributeur de Mizuno en France, les drivers de la marque japonaise ferment la marche, et les ventes ne décollent pas, au contraire…

La stratégie de désengagement ne semble vraiment pas porter ses fruits. A 399 ou 499 euros, ST ou GT180, un driver Mizuno reste un produit rare sur le marché français.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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