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Drivers de couleurs ? Une demande des golfeurs ?

Udesign : Colorez vos parties de golf !

Pour les professionnels du marketing, la personnalisation des clubs de golf est une tendance de fond qui va tout emporter sur son passage. Pourtant, quand  on se balade sur les practices de golf, nous n’avons pas encore été emportés par ces effets de couleurs.

Cobra, Callaway, et dans une moindre mesure, TaylorMade s’interroge sans cesse sur le coloris des drivers.

Le leader dans le domaine des bois métal a connu un certain succès avec son driver à couronne blanche, le R1, mais par crainte de déplaire à une majorité de golfeurs attachés aux traditions, très rapidement, la marque de Carlsbad a vite sorti une version de son R1 en noir, pour ne surtout pas risquer de se couper d’une partie de sa clientèle.

D’autres comme Cobra joue à fond la carte de la couleur, poussant jusqu’au bout le concept flashy très bien porté par Rickie Fowler, son principal ambassadeur, avec pour but principal, se démarquer, et se faire remarquer.

Dans un univers où le noir mat domine, le moindre brin de couleur se distingue immédiatement

Depuis deux ans, et l’apparition de la série Cobra AMP Cell puis la BIO Cell, Tom Preece à l’origine des clubs Cobra, mise à fond sur le lien entre la couleur des drivers et les tenues vestimentaires PUMA, aux antipodes des golfeurs « old school » pour séduire une nouvelle catégorie de golfeurs plus jeunes, et même très jeunes.

A travers, les clubs, le message que veut passer la marque consiste à refléter dans ses clubs, le style et la mode Puma, propriétaire de la marque Cobra.

L’enjeu est de taille, car dans le domaine de la vente d’équipements de golf, les clubs valent relativement cher, mais les marges commerciales sont surtout faites par les vêtements.

Partant du principe que le golf change, des marques comme Cobra et Callaway ont beaucoup misé sur le fait que les golfeurs auraient envie de plus de couleurs, et même de choisir leurs coloris fétiches.

Il ne s’agit pas d’un simple concept marketing.

Derrière cette idée, il est aussi fort possible que les marques y aient vu un moyen de contrer deux menaces : la contrefaçon, et la guerre des prix entre distributeurs.

De manière usuelle, quand un marché est en crise ou en récession, il est convenu que les industriels cherchent essentiellement à produire des produits moins coûteux, pour s’adapter à la baisse des moyens de la clientèle.

Curieusement, les offres de produits colorés sont apparues au plus mauvais moment dans le cycle de ventes des clubs de golf.

Les années 2010 ne resteront certainement pas dans les annales des meilleures ventes.

Pourtant, c’est bien à ce moment que les marques ont cherché à se distinguer par de la couleur, et de la personnalisation, service qui suppose un coût additionnel, ou en tout cas, pas nécessairement une baisse de valeur des produits.

Donc, en plus de l’argument de différenciation marketing et le fait d’essayer d’anticiper un renouvellement des golfeurs, et un besoin de personnalisation, il y a fort à parier que ces nouveaux services apportés aux golfeurs contribuent à désamorcer en partie la guerre des prix que se livrent les distributeurs.

C’est le propre d’un produit personnalisable de ne pas être comparable chez Pierre, Paul, Jacques.

Ensuite, le fait qu’il faille chez Callaway, passer par le fabricant pour commander son club, et se le faire livrer dans le point de vente, est un excellent moyen pour s’assurer que le client n’achètera pas un produit concurrent, et encore moins une contrefaçon, tout en contrôlant la distribution.

Est-ce un habile moyen de protéger la marge du distributeur ?

Pour autant, est-ce que cette stratégie fonctionne ?

Dans notre univers très standardisé où les coques de smartphones de toutes les couleurs sont de plus en plus populaires, il n’est pas certain de croiser des golfeurs emportant dans leurs sacs des clubs multicolores.

Parfois, c’est à se demander, si nous, golfeurs amateurs ne prenons pas notre matériel pour quelque chose de très sérieux, et avec lequel, nous ne plaisantons pas !Un club à vos couleurs ?

Malgré les velléités de Cobra, la moyenne d’âge des golfeurs en France est plus proche de 45 ans que de 15 ans, et passé la quarantaine, les tenues « flashys » orange ont nettement moins la cote, tout comme les accessoires, y compris les drivers.

A en croire, Alan Hocknell, en charge de la conception des clubs Callaway, l’idée des clubs de couleurs est venue de discussion menée avec les principaux distributeurs, dont notamment Dick Sporting Goods, un important détaillant aux USA.

« Il est toujours utile d’écouter l’opinion des distributeurs au sujet d’un nouveau produit, et de nouvelles façons de le présenter. »

De cet échange, serais né le principe propre à Callaway, Udesign, en substance, « vous concevez votre club ».

Au départ, il s’agissait de mixer des possibilités au niveau de la tête, du shaft et des grips.

Et aujourd’hui, Callaway poursuit dans cette voie en annonçant la mise en place de ce service de personnalisation pour ses gammes Big Berha.

Preuve que même si cette offre est finalement assez confidentielle, la marque continue à y croire, et persiste dans cette voie, au moins pour se différencier.

TaylorMade semblait avoir trouvé le « truc » avec les drivers R1 ou les RBZ qui avaient un look très typé.

Les ingénieurs ont bien tenté de nous expliquer que le blanc était beaucoup plus pertinent pour l’alignement, et finalement, les derniers drivers SLDR et JetSpeed ont abandonné ce bien-fondé, pour revenir à plus de classicisme.

Pourtant, l’argument du blanc comme meilleure aide à l’alignement à beaucoup plus marqué les esprits, que le fait de choisir de multiples couleurs, pour être certain d’avoir un club unique.

A l’inverse, les marques connues pour être les plus conservatrices, sont restées tout à fait insensibles à ces phénomènes de colorisations.

Ping comme Titleist n’ont pas varié d’un iota dans leurs stratégies.

Pas de blanc, pas de couleurs, à peine une touche fantaisiste sur le dernier driver i25, qui porte une bande sur sa couronne mate.

Conviction affirmée haut et fort chez Titleist par Chris McGinley, en charge des clubs « Nos drivers ont de la couleur…Elle est noire. C’est ce qui convient à notre cible de clientèle. Nous ne mettrons jamais de la couleur sur nos clubs juste pour faire un coup marketing. »

Et la performance dans tout ça ?

Les drivers de 2014 ne sont pas que des habillages cosmétiques.

Désormais, les principales tendances sont moins de spin, ce qui veut dire que si un amateur est capable de produire une trajectoire relativement propre, sa distance sera accrue par rapport à un club d’une génération précédente.

Les balles sont plus longues sur les coups décentrés du fait de faces de plus en plus tolérantes, tout en combinant un centre de gravité déplacé pour un angle de lancement accrue.

Et finalement, après la folie des années 2000 en termes de design (têtes carrées…), les formes de têtes sont peu à peu redevenues de plus en plus classiques.

Seule fantaisie, bien que l’USGA autorise des têtes pouvant aller jusqu’ 460cc, les marques produisent de plus en plus de petites têtes comprises entre 430 et 445 cc, et même parfois moins, comme en atteste, le dernier exemple en date du Mini-driver SLDR de TaylorMade.

Plus que la couleur, les marques insistent sur un autre type de personnalisation : le fitting ou en tout cas, la possibilité d’ajuster son driver en termes de loft, de lies, de poids de la tête, et d’angles de la face.

Effectivement, ces éléments peuvent considérablement influer sur le vol de la balle, et bien plus que la couleur.

Mais, il faut surtout retenir que l’enjeu majeur est la réduction du spin au drive.

D’année en année, les ingénieurs arrivent à réduire le spin donné par un driver de 200 tours par minute.

Imaginez un driver de 2009 par rapport à 2014 ! Vous pouvez pratiquement trouver un écart de 1000 tours par minute.

Pour l’avoir personnellement expérimenté avec mon driver Nike Sasquatch de 2007, l’écart est même bien plus important.

Udesign is back pour les drivers Big Bertha

En vous rendant sur le site  http://www.callawaygolf.com/more/select-your-region/, vous pourrez très facilement configurer votre futur driver.

Udesign : Un service en plus

Au départ, la marque vous propose huit options de couleurs pour la couronne, et la possibilité de différencier le poids central.

L’idée étant de vous laisser la possibilité de dessiner un club aux couleurs de votre région ou de votre équipe de foot préférée.

D’autres parties du club sont configurables comme le loft, le shaft et le grip.

Pour les plus fanatiques de la personnalisation, il est tout à fait possible de faire graver une inscription sous la semelle.

A la fin de la procédure, Callaway vous propose de visualiser votre club avec une vue multidimensionnelle.

Ensuite, il est temps de valider la commande du club, qui sera envoyé à votre magasin habituel.

Au total, c’est plus de 15000 possibilités de configurations qui vous sont offertes.

Concernant le prix de ce service, il faut compter un surcoût de 70 euros par rapport au prix du driver classique.

Toutefois, le fait de choisir certains shafts et certains grips hors standard peuvent entraîner d’autres coûts additionnels.

Disons que pour un driver Big Bertha Alpha, le prix sera de 539 euros, et pour un Big Bertha, le prix sera de 499 euros.

En conclusion, pour les amateurs, ce type de service est indéniablement un progrès, et une valeur ajoutée en plus. N’oubliez toutefois pas que le plus important est surtout de choisir un driver, qui vous est parfaitement adapté, notamment dans vos choix de shafts, car c’est ce qui est prépondérant dans la performance.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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