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Driver versus Driver2: Le Wilson Cortex déclaré gagnant! Est-ce vraiment une innovation?

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Pour certains et peut-être beaucoup, il va sans doute s’agir du meilleur driver jamais produit par Wilson Golf. Pour moi, c’est l’exemple que malgré des centaines de projets en compétition dans le cadre du show de GolfChannel aux Etats-Unis, Driver VS Driver, finalement, on en revient toujours aux mêmes technologies, et aux mêmes idées. Le driver Cortex affiche déjà un excellent niveau de performance, parmi les meilleurs du moment, et c’est très bien pour Wilson, en mal d’image de marque dans ce domaine. Cependant, c’est aussi la démonstration des limites humaines actuelles en termes de conception d’un driver pour le golf.

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Le programme Driver Vs Driver est certainement l’émission de télévision la plus novatrice de ses dernières années, pour un programme dédié au golf. La réussite de cette émission outre-Atlantique est indéniable, et en premier lieu, parce qu’elle donne la parole aux golfeurs.

Plus particulièrement à des ingénieurs ou des étudiants qui rivalisent d’idées pour concevoir le driver qui sera sélectionné pour être produit en grande série par Wilson Golf.

Le vainqueur de ce concours organisé à la télévision repart avec un joli chèque de 250 000 dollars.

Sur la ligne de départ, on a dénombré une centaine de projets.

Dans la dernière ligne droite, c’est le driver Cortex dessiné par Evan Hoffman, un designer industriel originaire de San Diego en Californie qui a remporté le gros lot.

Dès l’annonce de sa victoire, la production en série du Cortex ayant sans doute été anticipée, le driver a été expédié aux quatre coins des USA, pour être rapidement mis dans les racks de magasins.

Wilson profite de ce show pour réaliser une opération de communication particulièrement habile et impactante.

Après le jury, c’est au consommateur de se prononcer par son acte d’achat.

Pendant quelques jours, les médias du monde entier vont s’emparer de cette histoire pour le moins original.

Dans la dernière ligne droite, c’est le driver Cortex dessiné par Evan Hoffman, un designer industriel originaire de San Diego en Californie qui a remporté le gros lot.

Pour gagner du temps, Wilson a placé les deux drivers arrivés en finale du show sur la liste de mise en conformité de l’USGA. Ainsi, dès l’annonce du vainqueur, la marque a pu accélérer et livrer les premiers exemplaires.

Le Cortex était opposé au Rozwell, qui en-dehors du nom présentait un concept au moins original dans le dessin du rail coulissant sous la semelle. Il s’agissait d’une forme de Z arrondi encore jamais vu en grande série.

Le Cortex était opposé au Rozwell, qui en-dehors du nom présentait un concept au moins original dans le dessin du rail coulissant sous la semelle. Il s’agissait d’une forme de Z arrondi encore jamais vu en grande série.

Le vainqueur, le driver Cortex présente quant à lui un rail coulissant d’avant en arrière très classique, et deux poids ajustables et interchangeables de 2 et 8 grammes à l’arrière de la tête, et situé de chaque côté pour favoriser le draw ou le fade.

La structure du driver est en titane. La couronne comporte des éléments en carbone.

En quoi est-ce vraiment original ?

En réalité, cela ne l’est pas vraiment.

Mizuno, TaylorMade, Callaway… beaucoup de marques ont déjà proposé des drivers où sous les semelles se trouvaient des rails pour coulisser des poids.

Ce n’est pas une idée très originale, ce qui démontre qu’une centaine d’ingénieurs en-dehors de l’industrie du matériel de golf arrivent finalement aux mêmes types de conclusions que la centaine d’ingénieurs qui composent les centres de Recherche et développement des grandes marques.

Des rails, des poids ajustables, des couronnes similaires, un driver reste un driver.

Ce produit n’est pas encore arrivé en France. Je n’ai donc pas pu le tester. Cependant, certains sites américains ont déjà eu cette occasion, notamment Tony Covey de MyGolfSpy.

Il est arrivé à la conclusion que le nouveau Cortex propose des performances comparables au PING G400 LST, avec un taux de spin sous la barre des 2300 tours pour une vitesse de swing supérieure à 110 mph.

G400 LST ou CORTEX, les trajectoires sont très similaires. Le PING restant devant le Cortex pour 3 petits yards (2,7 mètres).

En somme, sans agir sur la longueur du manche, son poids, sans toucher à la forme de la tête, les ingénieurs qu’ils travaillent pour une marque ou « en chambre » arrivent toujours plus ou moins aux mêmes propositions, et n’arrivent pas à surpasser les performances des produits déjà sur le marché.

Sans dire que le résultat du Cortex soit décevant, j’aurai aimé un résultat plus original, moins formaté, et en fait une révolution.

Le Cortex semble être une belle évolution, surtout pour Wilson qui a du mal à convaincre une majorité de golfeurs avec ses drivers habituels.

Avec l’émission sur GolfChannel, Wilson contourne astucieusement le problème de la visibilité sur le PGA Tour, qui reste le premier élément pour vendre un nouveau driver.

Pour faire une révolution, il aurait fallu au contraire des idées réellement neuves, du jamais vu, or le résultat de Driver Vs Driver illustre que nos ingénieurs amateurs repartent quasiment tous des mêmes principes pour arriver aux mêmes conclusions.

Tim Clarke, président de Wilson Golf a beau jeu de déclarer « Le Cortex présente le rail ajustable le plus long jamais produit par Wilson pour déplacer un poids de 8 grammes, et ce, pour permettre aux golfeurs de modifier le spin et le vol de balle à volonté. »

Tim Clarke, président de Wilson Golf a beau jeu de déclarer « Le Cortex présente le rail ajustable le plus long jamais produit par Wilson pour déplacer un poids de 8 grammes, et ce, pour permettre aux golfeurs de modifier le spin et le vol de balle à volonté. »

La principale innovation, c’est donc la longueur du rail bien plus que le rail en lui-même.

Pour moi, une véritable innovation incroyable serait une technologie qui aiderait les golfeurs à ramener le chemin du club plus souvent dans l’axe, et faciliterait la position de la face square.

Cela aurait pour conséquence de réduire les trajectoires de balles un peu folles, trop à droite ou à gauche du fairway.

Peut-être que pour des golfeurs classés 5 d’index qui drivent déjà à 250 mètres, cela n’aurait pas beaucoup de sens, mais à une époque où le problème numéro un du golf, c’est le nombre insuffisant de débutants ou le trop grand nombre de golfeurs qui abandonnent, car envoyer un drive droit à 180 mètres, c’est déjà difficile, la prochaine bonne idée, ce serait vraiment de rendre le driving plus facile pour la majorité des joueurs qui jouent plus de 24 sur un parcours.

La technologie développée sur le Cortex s’adresse à des golfeurs qui savent déjà très bien jouer au golf. Ils vont peut-être trouver un gain de 0,05 mph de vitesse de balle, et 100 tours de spin. A très haut niveau, cela peut éventuellement compter, surtout si on surpondère l’importance du matériel dans la performance du joueur.

Pour Monsieur le golfeur du dimanche, ce sera peut-être grisant de jouer un driver aussi bien optimisé, mais en fin de compte, est-ce que cela va révolutionner son jeu ?

Messieurs les ingénieurs, vous pensez peut-être trop à travers le prisme de la très haute performance, et en plus, toujours avec les mêmes arguments.

Le résultat de cette deuxième saison de Driver Vs Driver illustre le fait que malgré votre compétence d’ingénieur, vous ne prenez pas vraiment de risques, et ne tentez pas assez des expériences différentes, sous le prisme de la majorité des golfeurs, ceux qui ne tapent pas à 300 mètres.

Cette saison aboutit finalement à nous proposer un driver pour concurrencer TaylorMade, sans avoir le moyen de payer 100 joueurs du PGA Tour pour qu’ils jouent votre driver.

C’est astucieux d’un point de vue communication, mais c’est peut-être une perte de temps, et d’énergie.

Qu’est-ce qui va faire que le Cortex ne sera pas mis au rancard l’année prochaine, parce qu’un autre ingénieur aura inventé un rail deux centimètres plus long ?

Qu’est-ce qui va faire que le Cortex ne sera pas mis au rancard l’année prochaine, parce qu’un autre ingénieur aura inventé un rail deux centimètres plus long ?

Qui se souvient du précédent driver Triton, vainqueur de la première saison du show ?

Oui, pour moi, le résultat de la saison est un peu décevant, car il n’y a pas vraiment une idée « Out of the box » qui sort, alors que pourtant, les concepteurs n’avaient pas à rester dans le cadre formaté d’un service d’ingénierie d’une marque, qui quelque part obéit à des contraintes économiques, commerciales et calendaires.

C’est peut-être lié au fait qu’Evan Hoffman, le vainqueur, n’a pas réellement travaillé tout seul.

Comme chacun des principaux concurrents, il a fait évoluer son produit avec l’équipe Wilson Labs, et donc les ingénieurs de la marque. Ensemble, ils ont finalement raisonné par rapport à l’existant.

A l’heure de la robotique, à l’heure des capteurs, et de l’intelligence artificielle, je suis très surpris que ces terrains d’investigations ne soient pas davantage creusés, surtout dans le cadre d’une telle émission, et pour une marque comme Wilson, qui n’a en fait rien à perdre.

Avec moins de 5% de parts de marchés aux USA, Wilson aurait tout à gagner à prendre de vrais risques, et pas seulement essayer de nous proposer une légère amélioration du driver TaylorMade M3.

Wilson ne sera jamais TaylorMade ou Callaway, et en tout cas, pas en utilisant les mêmes méthodes avec moins de moyens financiers…

rozwell-cortex.jpg

En attendant, je ne doute pas que le Cortex soit un bon driver pour un golfeur qui tape déjà très bien au drive. Il pourra changer les poids pour ajuster à volonté la trajectoire de ses coups.

Pour un golfeur qui a du mal à mettre la balle sur la piste, est-ce que ce nouveau driver va réellement apporter une idée neuve ? La réponse ne me paraît pas évidente.

L’émission Driver Vs Driver, comme les jurés, devraient peut-être en tenir compte, et donner une plus grande représentativité à la majorité des golfeurs, et non pas la minorité des plus longs frappeurs amateurs.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Commentaires   

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jeanlucfabre0@gmail.com
0 #1 Limites de la conceptionjeanlucfabre0@gmail.com 17-11-2018 19:29
Aujourd'hui la conception des drivers est limitée en partie par les règles (le COR) et surtout par les lois de la physique ...
Ne critiquez pas les ingénieurs, ils ne peuvent rien contre les lois de la physique.
Pour taper un driver loin et droit, rien ne vaut un bon swing .
Cordialement.
 

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