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DP World Tour Championship 2017 : Jon Rahm comme une évidence

DP World Tour Championship 2017 : Jon Rahm comme une évidence

La saison européenne de golf est arrivée à son terme dimanche sur le parcours du Jumeirah Golf Estate à Dubaï, sanctionnée par une dernière victoire de l’espagnol Jon Rahm, véritable phénomène, désormais numéro quatre mondial, seulement 15 mois après son passage chez les professionnels. Sur la ligne des meilleurs amateurs du monde à passer professionnel fin 2016, ils étaient trois avec DeChambeau et Langasque. Rahm a nettement gagné la première manche. Jusqu’où ira-t-il ? Certainement très loin !

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Jon Rahm, un éclair de génie

Passé pro en 2016, l’espagnol Jon Rahm, de la génération Langasque/DeChambeau est le premier à avoir gagné sur le circuit professionnel.

Désormais, après trois victoires en onze mois, dont une sur le PGA Tour à l’occasion du Farmers Championship, et deux sur le circuit européen, en Irlande et à Dubaï, il est surtout le premier à passer du statut d’un des meilleurs amateurs au monde, à un des meilleurs professionnels au monde.

Le titre de rookie de l’année n’a même plus beaucoup de sens pour un garçon de 23 ans qui pourrait postuler à celui de meilleur européen de l’année, quel que soit le niveau d’expérience.

De 2017, on pourra retenir que le joueur de l’année est le vainqueur de majeur, Justin Thomas. On pourra se souvenir de la victoire de Jordan Spieth au British ou encore du final entre Garcia et Rose à Augusta.

Le golf de haut niveau étant plein de paradoxe dont son fonctionnement, c’est surtout Dustin Johnson, brillant en début de saison qui occupe le fauteuil de numéro un mondial, et quoi que l’on en dise, ce devrait être lui, le joueur de l’année !

Nous sommes plus dans les années Woods. Le numéro un n’est pas nécessairement celui qui attire seulement sur lui tous les crépitements des flashs.

Notamment à cause de garçon comme Rahm, qui avec trois victoires dont la finale de la saison de l’European Tour ou encore une défaite en finale des championnats du monde de match-play contre Dustin Johnson, illustre à quel point le plateau actuel est relevé.

On peut aussi considérer que cela renforce le crédit de l’actuel numéro un que de devoir se battre contre une telle adversité.

Auteur d’un dernier score en 67 dimanche, Rahm a déposé le thailandais Aphibarnrat et Shane Lowry d'un coup.

« Je ne pourrais pas être moins fière de ce que j’ai accompli cette semaine. Produire un tel final avec 12 coups sous le par sur les 36 derniers trous, aucun bogey sur le dernier tour, c’est vraiment spécial. »

Spécial, c’est le mot qui convient au sujet de l’espagnol !

Rahm roi d'une génération dorée

Sans présager de l’avenir, ce que nous avons tous tendance à faire quand un jeune talent se révèle. Pour une première année, il faut admettre que Rahm a fait très fort, et avec une assurance rare pour cet âge.

Une génération dorée, un leader en or

DeChambeau, Langasque et Rahm n’avaient pas à rougir de leurs sponsors pour cette première année sur le tour.

Les trois ont profité de généreux sponsors pour démarrer leurs carrières dans les meilleures conditions.

DeChambeau s’est compliqué la tâche avec des positions, et des stratégies aux antipodes du conventionnel, notamment au putting, cherchant parfois trop à compliquer. Il a tout de même réussi à remporter une première victoire professionnelle pour sa première année.

Sans le parcours de son jeune rival espagnol, DeChambeau aurait pu être considéré comme un réel nouveau prodige du golf mondial.

Pour Romain Langasque, des trois espoirs, la comparaison est cruelle.

Plutôt en réussite à la fin de l’été 2016 avant de passer sur le grand tour, obtenant très vite son droit de jeu, au niveau des meilleurs à l’Omega European Masters, un test de golf, il a d’abord connu une bonne phase d’apprentissage avec 7 cuts passés consécutivement de décembre à mars avec un premier top-10 en Australie.

Cette performance entrevoir de belles possibilités, et certainement pas, la conclusion cruelle d’un premier rendez-vous manqué.

Aux termes de l’exercice 2017, seulement 151eme européen, loin de Rahm et DeChambeau, il doit reculer d’un cran.

De mars à octobre, sa saison a ressemblé à un long chemin de croix. Or, au golf, la confiance peut se perdre très rapidement, et le doute s'ajoute trop facilement au doute. On peut parler de spirale négative.

Sans doute n’a-t-il pas fait tous les efforts nécessaires sur un circuit où la qualité du niveau de jeu se densifie chaque année, surtout quand on regarde les 10 premiers qualifiés des PQ dont l’ancien vainqueur, Fernandez-Castano ou le suédois Broberg !

On ne juge pas la carrière d’un golfeur professionnel sur une seule saison, surtout la première.

Langasque a toute sa vie de golfeur pour repartir de l’avant. Toutefois, la comparaison avec Rahm et DeChambeau est rude sur ce premier et seul exercice.

Rahm est un extraterrestre… Ce type de golfeur qui peut marquer une génération. Souhaitons juste que Langasque ne soit pas le Richard Gasquet de Rafa Nadal !

En junior, Gasquet dominait le plus souvent Nadal avant que la tendance ne s’inverse chez les professionnels, et dans des proportions sans équivoques.

Rahm possède toute la panoplie des coups d'un numéro un mondial

Un mental de champion qui ne laisse rien au hasard

Rahm surprend pour sa précocité au regard des autres talents de sa génération. Il possède tous les coups. Il est créatif. Il est puissant.

Pour se transformer en champion, l’espagnol a révélé qu’il avait complètement changé son alimentation, et sa préparation physique au moment de son arrivée aux USA.

« Dès que je suis passé professionnel, j’ai vu un nutritionniste. Nous avons fait un test sanguin pour voir ce que mon corps pouvait réagir, et ce qui pouvait être contre-indiqué à mon meilleur fonctionnement interne. Il s’agissait d’enlever une majorité des choses que je mangeais le plus souvent, et que je ne devais pas. »

Jordan Spieth a tenu des propos relativement proches au moment d’expliquer sa victoire au British.

« Je mange toujours un burger de temps en temps, mais une fois à la maison, je fais plus attention à ce que je devrais manger pour être à mon pic de forme, et cela marche. J’ai pu voir la conséquence sur mon swing. »

Le coach physique de Rahm a récemment déclaré qu’ils avaient ensemble un plan à 3 et 5 ans comme repère permanent.

Rahm qui soulevait essentiellement de la fonte en Espagne, s’est mis à travailler son agilité et sa mobilité aux Etats-Unis.

«Cela a été un changement très significatif. De nos jours, le golf est plus pratiqué par des athlètes que par des simples golfeurs. Vous voyez plus de joueurs qui sont « fit » car la distance est une grande partie de l’équation au golf. Etre capable de taper loin, et d’avoir de la puissance est quelque chose de très important aujourd’hui. Cela rend les choses plus faciles. »

Effectivement, Rahm est régulièrement classé dans les 15 plus longs frappeurs du PGA tour à plus de 305 yards (270 mètres).

Cette semaine à Dubaï, il s’est même classé premier à plus de 313 yards de moyenne. On peut voir un lien de cause à effet entre ce classement, et sa victoire finale.

Il n’est pas seulement long. Il est aussi précis comme en atteste son classement pour les points gagnés au drive, soit troisième meilleur joueur du PGA Tour !

Jon Rahm : Un monstre de puissance

En plus d’être puissant depuis le tee, Rahm est excellent sur les greens. Pour gagner le DP World Tour Championship 2017, il s’est classé dans le top-3 pour le nombre de putts par greens ou par tours disputés

Pas étonnant qu’une telle mécanique, une fois sur le circuit européen, s’impose assez largement alors qu’on entend assez peu les leaders du circuit européen se mettre au fitness à outrance… mis à part, Rory McIlroy.

Pour Rahm, la question n’est plus de savoir si cela va être un bon golfeur, mais jusqu’où il va pouvoir se hisser. Au niveau de Sergio Garcia ? Il l’a déjà battu en championnat du monde de match-play cette saison. Il lui manque une victoire en majeur.

Au niveau d’Olazabal ? En fait, en Espagne, tout le monde pense à Ballesteros. Jon Rahm a le profil d’un potentiel numéro un mondial et vainqueur en majeur.

Crédit photo : Getty Images

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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