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Dossier spécial Open de Saint-Omer 2014

Qui pour succéder à Simon Thornton en 2014 au palmarès de l'Open de Saint-Omer ?

Neuvième épreuve de la saison au calendrier du Challenge Tour 2014, le Najeti Hotels et Golf Open, sponsor titre de l’Open de Saint-Omer est un rendez-vous très important pour le golf professionnel français, et pour les golfeurs tricolores. Notre dossier complet sur ce rendez-vous majeur pour les jeunes pros français.

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Assurément le troisième tournoi en terme de notoriété après l’Alstom Open de France, et l’Evian Championship, Saint-Omer, qui débute ce jeudi, est en fait le parfait tremplin pour bon nombre de golfeurs tricolores engagés sur la deuxième division européenne.

Et une belle occasion de s'illustrer devant un public acquis à leurs causes, et sur un parcours moins folklorique que ceux d’Azerbaïdjan ou du Kazakhstan.

Dans ce dossier, nous vous proposons de revenir sur les principaux enjeux du tournoi, avec les français qui sont en course pour la montée en « première division », ou ceux qui ont besoin de se relancer, et la présentation de Cyril Bouniol, un pro français au parcours Made in USA qui commence à percer en Europe.

Nous aborderons aussi les grands débuts de l’ancien meilleur amateur tricolore, Joel Stalter, qui ne pouvait pas connaitre un meilleur endroit pour débuter sa nouvelle vie de pro, mais avant cela, un focus particulier sur un tournoi qui est plus que les autres engagés dans l'activité handisport.

Saint-Omer : un terrain de sport pour tous les sportifs

Commençons par la particularité de Saint-Omer par rapport à d’autres tournois de golf professionnel : le lien très fort qui unit Saint-Omer et les sportifs handicapés de haut niveau.

Et il ne s’agit pas d’un positionnement marketing pour marquer une différence, mais bel et bien un engagement profond et même intime des dirigeants pour cette cause.

Saint-Omer : un terrain de sport pour tous les sportifs

A force d’effort, Monsieur Durand, président de l’Aa Saint-Omer et son équipe ont réussi à mettre en lumière plus que d’autres l’handigolf, au point de susciter le respect et la reconnaissance de tous.


Grâce à ses efforts, les pratiquants du handigolf ont obtenu une visibilité méritée de leurs efforts, valorisant peut-être même plus que les valides, l’image de notre sport.

Encore ce mercredi, veille de tournoi, Saint-Omer a mis en lumière un sportif de haut niveau handicapé en la personne de Vincent Gauthier Manuel, triple médaillé aux Jeux de Sotchi.

Pour le compte du traditionnel pro-am qui a réuni cette année près d’une cinquantaine d’équipes composés de trois amateurs et d’un pro, le champion paralympique a été le grand monsieur de cette journée.

Le jurassien de 28 ans, né sans avant-bras gauche nous a donné une belle leçon de vie, dépassant le simple cadre du golf en terminant avec son équipe à la 18ème place du classement général.Vincent faisait équipe avec deux handigolfeurs, Olivier Lecocq et Nino Ourabah et le joueur professionnel Jake ROOS (RSA).Vincent Gauthier Manuel, triple médaillé aux Jeux de Sotchi

Pourtant, Vincent n’a découvert le golf que depuis seulement deux ans.

Une belle histoire qui permet aussi de relativiser la difficulté du golf pour les débutants, et se rappeler que le golf peut procurer à tous de très grandes joies.

Les français sur le Challenge tour

Dans un autre registre, ce jeudi, de nombreux golfeurs français auront à cœur de bien figurer alors que la saison 2014 ne fait à peine que commencer.

Sur 28 épreuves, l’Open de Saint-Omer n’est jamais que la neuvième épreuve du calendrier. Les jeux sont loin d’être faits.

Avec 61,422 €, l’espagnol Jordi Garcia Pinto est l’actuel leader du classement du tour.

Pourtant à ce stade de la saison, il n’a pas encore remporté de victoire, au contraire du français Thomas Linard, vainqueur en Tchéquie, et leader du camp tricolore à l’ordre du mérite (6ème avec 36,852 €).

Comme pour la première division, pour sortir du Challenge tour, il faut surtout privilégier la régularité.

La plupart des dotations des tournois sont comprises entre 160 000 € (Challenge de Catalunya) et 600 000 € (NH Collection Open).

Sur la saison régulière, soit avant les play-offs, la moyenne des dotations est de 235 000 € pour un total de 5,6 millions € à se partager.  

Après seulement huit épreuves, les écarts sont donc encore relativement faibles, et surtout rattrapables.

Pinto est l’actuel leader pour avoir réussi un bel enchainement sur les tournois de la péninsule ibérique (tiens…tiens).

Deuxième au NH Collection Open, huitième au challenge de Catalunya, et troisième à Madère, ce qui lui permet d’avoir…1000 euros d’avance sur le second, l’allemand Moritz Lampert, vainqueur de deux épreuves : le Kantern Golf Open disputé en Autriche et le tournoi de la semaine passée, le Fred Olsen Challenge de Espana.

Ces deux hommes ont légèrement fait le trou sur les poursuivants.

A partir du troisième, Antonio Hortal (43 000 € de gains), jusqu’au trente-troisième, Edouard Espana, tous les golfeurs se tiennent en 30 000 €. Le classement risque donc de varier d’ici à la fin de saison.

Dans ce contexte, les 200 golfeurs du Challenge tour ont en théorie de bonnes chances d’intégrer le fameux top-45 pour les play-offs.

Par contre, pour le top-15 final, une bonne performance à Saint-Omer commence à être nécessaire.

Si Thomas Linard s’est facilité la vie avec sa première victoire de la saison, quelques français ont déjà commencé à tirer leurs épingles du jeu à l’image d’Adrien Bernardet (10ème),  Cyril Bouniol (13ème), Jérome Lando-Casanova (15ème).

Dans une catégorie de golfeurs bien placés, vous retrouvez aussi Julien Guerrier (23ème), Michael Lorenzo-Vera (27ème), et Edouard Espana (33ème).

Michael Lorenzo-Vera

Plus loin, quelques golfeurs français ont des besoins et des trajectoires différentes. Saddier (68ème), ou Stal (66ème) jouent déjà des tournois de l’European Tour, alors que les jeunes Benjamin Hebert (65ème) et Antony Snobeck (67ème) ont besoin de marquer des points pour véritablement lancer leurs saisons.

Sur son compte facebook, Julien Guerrier n’hésite pas à nous faire partager régulièrement ses sensations, comme lors du premier tour du Fred Olsen « 73 (+2), je fais beaucoup de bons putts mais ça ne veut pas rentrer, patience, patience. 15 greens en régulation, 35 putts, première socket de ma vie en compétition double bogeys au 10 suivi d'un 3 putts au 11 bogey. Mauvaise journée en ayant pas vraiment la sensation de mal jouer. Étrange ce sport... »

Deux jours plus tard, après un cut manqué, le troisième consécutif en incluant l’Open d’Espagne, lucide, Julien Guerrier est encore le meilleur commentateur de sa performance « 70 (-1) 16 greens en régulation 9 fairways 32 putts. On va retenir que le positif malgré le cut raté. J'ai la sensation que mon grand jeu est en train de revenir, je prends du plaisir à jouer comme ça. Il faut régler les petites erreurs, car j'ai le droit de prendre des bogeys mais double ou triple bogeys interdit. Prochain tournoi Sain-Omer. »

Effectivement, comme écrit plus haut, le niveau de compétition est tellement élevé entre les joueurs du Challenge tour qu’un putt de trop peut faire une différence sur un tournoi, et en fait sur le classement de la saison. Souhaitons-lui de rassembler tous les éléments de son jeu sur le parcours nordiste.

Les frenchies qui viennent d’Amérique (partie 1) : Joel Stalter

Une problématique que va découvrir, le jeune Joel Stalter, meilleur amateur français, tout juste passé pro pour l’occasion du tournoi nordiste.

Après avoir réalisé une partie de ses études aux USA, le voilà de retour en France avec une belle réputation d’excellent espoir du golf, auréolé de cinq victoires en tant que membre de l’université de Californie en NCAA.

Il a ainsi succédé dans cette catégorie à un certain Julien Brun.

Originaire d’Amnéville, près de Metz, le Challenge Tour est un passage obligé pour démarrer une vie de professionnel, mais à en juger de son potentiel outre-Atlantique, il pourrait très rapidement se faire remarquer en Europe, et en particulier auprès du public français qui ne le connait pas encore.

Les frenchies qui viennent d’Amérique (partie 1) : Joel Stalter

Heureux d’être là « C’est génial de jouer mon premier tournoi pro en France. C’est plus facile de revenir ici après un passage aux USA. Je suis très excité à l’idée de jouer Saint-Omer.»

Poursuivant « J’ai essayé de garder toutes mes options ouvertes quand j’ai décidé de passer pro, et le fait de revenir en Europe m’a semblé la meilleure chose à faire.  Le Challenge tour est un circuit vraiment très suivi dans le monde entier, et vous voyez de plus en plus de golfeurs venir se mesurer sur ce tour. Il y a vraiment de très bons joueurs, donc ça va être génial. Nous verrons bien comment les choses vont tourner.».

Concernant son voyage, Stalter admet une pointe de regret sur le fait d’avoir quitté San Francisco, mais c’est rapidement balayé par le plaisir de revenir en France.

« J’ai passé quatre des plus belles années de ma vie à San Francisco. Cette semaine, j’ai plutôt l’impression de revenir à mes racines. »

Stalter est donc un grand espoir du golf français formé à l’extérieur de notre pays, ce qui peut amener un questionnement sur son choix, et son appréciation de la formation en France.

Pour autant, il est admis que plus tôt un golfeur se confronte à l’élite en devenir du golf mondial, et plus tôt, il se confronte à son devenir sportif.

A nouveau, les avis des américains sont plutôt très optimistes pour le lorrain, qui se rêve un parcours à la Brooks Koepka, un américain qui comme Stalter a choisi de venir en Europe pour lancer sa carrière.

Bien lui en a pris, puisqu’en l’espace de seulement quelques mois, il a remporté quatre victoires sur le Challenge tour (septembre 2012 à juin 2013) pour décrocher une carte sur le grand tour européen, et même une qualification sur le troisième majeur de la saison, le British Open : Un parcours météorique à ce niveau !

Un exemple qu’aimerait donc bien suivre l’attraction de cette semaine « Le Challenge tour est une belle étape pour progresser, et j’adorerais faire ce qu’il a fait, mais ce ne sera pas facile. »

Concernant Saint-Omer, le français a déjà bien analysé le parcours « Ici, vous devez jouer avec votre tête, et je sens que mon jeu est bien en place. Tout est génial, maintenant, il faut juste que les choses arrivent, et soient en ma faveur. Comme c’est mon premier tournoi pro, je vais essayer de ne pas être trop en demander. Si déjà je peux bien jouer et continuer à faire ce que j’ai fait les dernières années, cela m’ira très bien. Je veux apprendre, et regarder comment les autres se préparent. A partir du moment où vous êtes sur le tour, tous les jours, vous augmentez votre propre courbe d’apprentissage. »

Les frenchies qui viennent d’Amérique (partie 2) : Cyril Bouniol

Encore un français « Made In USA », Cyril Bouniol était encore relativement inconnu par le monde amateur français avant le mois de décembre 2013 et les PQ.

Titulaire de sa carte pour le Challenge Tour 2014, il fait déjà partie des meilleurs bleus sur ce circuit (13ème), confirmant au passage le bien-fondé de son choix de formation.

Après un beau parcours d’amateur au niveau universitaire américain, où il a notamment remporté le Byron Nelson Award, l’ancien étudiant de l’université Abilene Christian découvre cette semaine son premier tournoi professionnel en France dans la peau d’un favori.

A 27 ans, il a déjà réussi deux top-5 cette saison en Autriche et en Catalogne, et surtout démontré une belle régularité en ne manquant aucun cut jusqu’à présent.

Sa première victoire est donc très proche, et peut-être dès l’Open de Saint-Omer.

Brun, Bouniol et maintenant Stalter, de plus en plus d’espoirs du golf français passent par la case USA avant d’arriver sur le challenge tour.

Pour l’Open de Saint-Omer, les chances de voir briller les couleurs des golfeurs tricolores sont donc de plus en plus nombreuses.

Occasion qu’il ne faut d’ailleurs pas rater à en juger par le parcours des deux leaders du tour qui ont surtout brillé…à la maison.

Avis aux français, d’autant que l’on attend une victoire d’un tricolore depuis Sébastien Delagrange en 2001 !

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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