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Doral: Un nouveau Blue Monster encore plus impressionnant

Le Blue Monster...le bébé de Donald Trump

Le WGC-Cadillac Championship, championnat du monde de golf, qui s’est ouvert ce jeudi au Doral en Floride, inaugure un tout nouveau parcours du Blue Monster, reconstruit en seulement un an pour justifier son statut de parcours monstre.

Ces dernières années, avec les progrès du matériel de golf, notamment les drivers oversized et les balles de golf de plus en plus performantes, le principal problème des architectes de golf a été de proposer des parcours adaptés à cette nouvelle donne, et souvent des terrains de plus en plus longs.

Donald Trump, milliardaire américain de l’immobilier, et propriétaire des lieux a souhaité en 2013 que le parcours soit modifié, et rendu plus difficile pour mieux résister aux meilleurs golfeurs de la planète.

Sous la direction de Gil Hanse, un architecte choisi par Trump pour correspondre à la propension du milliardaire pour le gigantisme, le Blue Monster a subi une véritable intervention chirurgicale. 

« C’est assurément un Doral différent, un parcours complètement nouveau. » pour Justin Rose, vainqueur du tournoi en 2012. 

Pour Billy Horschel, cela ne fait pas de doutes, « le parcours sera beaucoup plus difficile. » 

Pourtant, sur le papier, le parcours est seulement 137 mètres plus long que le précédent, bien qu’il ait permis l’implantation d’un tout nouveau complexe immobilier, cher à Trump. 

En 1996, Raymond Floyd avait déjà relooké le parcours en insistant lourdement sur les bunkers, cette fois, Gil Hanse a semble-t-il mis l’accent sur les obstacles d’eaux. 

Par exemple, le trou numéro 15 a été totalement transformé en green en île. 

Pour l’architecte, l’enjeu consistait à redonner au parcours, une réalité technique en correspondance avec son nom. 

En effet, ces dernières années, le Blue Monster n’était pas aussi impressionnant que son nom le laissait supposer, en étant simplement dans le milieu du paquet des parcours du PGA Tour en termes de difficultés, un constat qui semblait ne plus convenir au propriétaire. 

Et même si un trou avait plus que la réputation d’être très dur, en l’occurrence le trou numéro 18, un par 4 classé parmi les six trous les plus difficiles du tour en dehors des majeurs. 

Ce type de classement étant en fait le résultat de la fusion des statistiques de performances de tous les joueurs sur ces trous pour déterminer en moyenne, quels sont ceux sur lesquels, les scores sont les plus élevés. 

Au fil des années, ce trou a masqué le fait que le reste du parcours était finalement très accessible, et ne justifiait plus vraiment l’appellation de Monster. 

Le Blue Monster a fait peau neuve

Pourtant, bien que le trou 18 était déjà bien compliqué à jouer, il a été complexifié avec de la distance en plus, et une brochette de palmiers en plus sur la gauche. 

Pour l’australien Jason Day amené à s’exprimer sur ce nouveau trou, « il faut passer plus de 270 mètres au-dessus de l’eau, sans compter le vent, et le fait qu’ils ont ajouté des monticules sur la droite avec beaucoup plus d’arbres…ce qui fait que vous avez réellement intérêt à taper un bon coup sur ce trou, si vous voulez vous en sortir sans un bogey ou pire. » 

Autre aspect qui a été revu sur ce parcours, les greens qui ont été eux-aussi rendu plus difficiles. 

Une combinaison de greens plus dures en surface avec un vent typique de la Floride du sud qui devrait faire que les scores seront sans doute très élevés. 

Comme pour les majeurs, le jeu des organisateurs consiste à durcir au maximum le parcours, dans le but d’éviter que le vainqueur ne se trouve à -20 sous le par après quatre tours. 

C’est en fait une question de philosophie qui consiste à ne pas laisser croire, à travers les scores, que le parcours s’offre trop facilement, et qu’au contraire, le vainqueur n’a pas seulement battu les autres joueurs, mais il a aussi su vaincre un parcours terrible. 

Par exemple, à Augusta, théâtre du Masters, on ne concevrait pas qu’un tel parcours mythique puisse être cassé en deux par la majorité des joueurs, même professionnels.

Question de prestige, les parcours qui accueillent les plus grands événements golfiques de la saison (majeurs, championnats du monde, play-offs) sont condamnés à trouver de plus ou moins gros artifices pour ne pas se laisser attraper trop facilement.

Pour Justin Rose, la difficulté d’un parcours de golf, c’est aussi de prendre un coin de fairway ou un coin de green tellement précis, que si vous manquez, votre balle va se retrouver emmené très loin de la cible initiale, et cela pour seulement quelques centimètres trop à gauche, ou trop à droite. 

Le Blue Monster pas si terrible que ça ?

C’est souvent le cas au Masters, et c’est souvent ainsi que ce fait la différence entre les bons et les très bons joueurs de golf. 

Avec tous ces changements, il y a fort à parier que le pari soit réussi, et que dimanche, les scores révèlent que le Blue Monster s’est refait un nom et même un prénom de parcours injouable ou dirons-nous monstrueux. 

Une tendance qui concerne essentiellement les golfeurs professionnels, et qui en fait, est complètement inverse s’agissant des amateurs, ou au contraire, la tendance est à proposer des parcours de plus en plus accessibles, pour que les joueurs puissent s’amuser et ne pas se démotiver. 

Avec la philosophie du Blue Monster, il est certain que se creuse de plus en plus un golf à deux vitesses, un pour les professionnels qui ont besoin que l’on complexifie de plus en plus pour permettre de faire de vrais écarts entre eux, et un pour les amateurs, avec des parcours pitch & putt, ou des compacts pour au contraire, maintenir la motivation. 

Pour un golfeur amateur, il semble important que ce dernier ait bien conscience du type de parcours qu’il joue, et qu’il juge sa performance en conséquence. 

Par exemple, en France, à quelques semaines de l’Open de France masculin, le parcours de l’Albatros à Saint-Quentin-En-Yvelines est presqu’injouable…ce qui est encore pire pendant l’épreuve, ce que peuvent confirmer les amateurs qui participent au pro-am. 

L’amateur ne sait pas toujours mesurer la difficulté d’un parcours de golf, pourtant, entre l’Albatros et l’Aigle à Saint-Quentin-en-Yvelines, il y a a bien une différence, comme il y a une différence entre le nouveau Blue Monster et l’ancien.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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