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Développer le golf en France : Quelles solutions?

Développer du golf en France : Une question de prix pour beaucoup

Qui va faire le premier pas ? A l’occasion de la publication du précédent sujet consacré au bilan de la Ryder Cup en France, et l’impact sur le nombre de licenciés, de très nombreux internautes ont réagi et pris la parole. Parmi les thèmes récurrents, on retrouve la notion de coût de la pratique, abonnements dans un club ou green-fee. En France, le prix de revient moyen d’une partie de golf se situe en moyenne autour de 40-45 euros (c’est une moyenne) pour les clubs. Difficile de descendre sous ce seuil alors qu’une bonne partie des parcours sont déficitaires. Quelles solutions, si elles existent ?

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Qui va faire le premier pas, de l’offre ou de la demande, pour améliorer la rencontre ? La question peut effectivement se poser pour éviter le statu quo.

Depuis plusieurs saisons, la FFG publie chaque année des chiffres de licences en relative stagnation.

-0,5% ou +0,5%, il faut considérer que les 412 000 licenciés sont relativement stables dans le temps.

Pour Ronan Cadic « Aux USA, on trouve beaucoup de Golfs municipaux, et des green-fees entre 15 et 35 dollars. Il ne faut pas chercher bien loin pour augmenter le nombre de licenciés. »

Effectivement, sur les dizaines de milliers de golf qui existent de l’autre côté de l’Atlantique, à côté du très select et très fermé Augusta National, vous trouvez un grand nombre de parcours très accessibles en prix.

A San Diego, à 5 minutes des buildings et du centre-ville, plutôt que de trouver des terrains de baskets, vous trouvez un 18 trous à Balboa Park, poumon de la ville. Il n’a pas le prestige du parcours de Torrey Pines à 300 dollars la partie pour un non-résident, mais comme par hasard, sur le practice, vous trouvez des moins de 25 ans qui s’initient.

Pour Rodolphe Schwartz « Le green-fee devrait être entre 15 et 25 euros en semaine, et 30 à 45 euros le week-end ». Cette proposition est très inférieure au coût de revient généralement constaté en France, et donc impossible sans ajustements.

C’est pourtant l’attente d’une partie des pratiquants.

A la différence des Etats-Unis, notre protection sociale, et notre code du travail divergent de sorte que ces prix sont en l’espèce difficile à atteindre.

Quand dans un parcours américain, vous êtes accueilli par un voiturier afro-américain de plus de 60 ans, il ne faut pas occulter le fait que même si le PIB par habitant est de 55 000 dollars aux USA contre seulement 38 000 dollars en France, il existe de grands écarts de rémunérations, et de niveaux de vies, et sans doute plus qu’en France.

La masse salariale d’un golf est comme dans beaucoup d’entreprises, le premier poste de dépense d’un golf.

Couper cette dépense au minimum n’est pas viable. En France, les parcours qui ferment sont le plus souvent ceux qui justement limitaient au maximum les frais de personnel, et notamment l’entretien du terrain.

Pour le prix, les golfeurs attendent un niveau de prestation minimum. C’est donc bien la question du rapport qualité/prix qui est au centre du débat.

Pour Cyril Tapie de Celeyran, directeur de golf et enseignant, en réponse à Rodolphe Schwartz « C’est quand même très lié à un coût d’entretien, et une prestation offerte par la structure d’accueil. »

Considérant que nous avons d’un côté 400 000 licenciés et sans doute des golfeurs sans licences comme l’explique Thierry Mathon, enseignant « Nombreux sont les golfeurs qui ne prennent plus de licence dès lors qu’ils ne jouent plus en compétition, mais par contre, ils jouent deux fois par semaine. », et considérant que le coût de revient d’une partie de golf est de 45 euros, comment faire bouger l’équation positivement pour les deux parties ?

Les golfs ont cruellement besoin de plus de joueurs, et les golfeurs aimeraient pouvoir jouer pour un coût plus abordable.

Inutile de redire ici que c’est en quelque sorte une crise structurelle. L’offre n’est pas actuellement en mesure de répondre à cette demande, car majoritairement, elle a vue trop gros et trop beau.

Depuis les années 80 et le boom de la construction des parcours sur le territoire, les architectes et propriétaires ont adopté une pensée souvent unique : Le parcours 18 trous de championnat pour une clientèle fortunée.

Aucun d’entre eux n’a réellement pris en compte que pour fabriquer un golfeur, il fallait un chemin, et notamment des parcours écoles.

A leur décharge, ils n’avaient pas prévu que l’économie se retournerait durablement, et pèserait sur les classes moyennes.

Pour François Gross, justement « Il faut des tarifs accessibles aux classes moyennes. »

Aujourd’hui, le tissu des golfs français est trop homogène sur l’offre de qualité supérieure, et paradoxalement, il manque de porte d’entrées, et justement de golfs avec ces prix qui permettraient de faire entrer plus facilement des nouveaux.

Ces golfs existent comme par exemple à Miribel près de Lyon, mais ne sont pas suffisants en nombres.

Les crises structurelles sont les plus difficiles à résoudre sans investissement, sans analyse de la situation, et sans virage de l’offre.

La seule solution pour contenter tout le monde consisterait à faire un pacte entre golfeurs et clubs.

Si chaque licencié (400 000) s’engageait dans une année à faire découvrir le golf à deux non-golfeurs, prêter ou fournir du matériel, encadrer et initier, et même accompagner.

Si en contrepartie chaque club fournissait des avantages durables aux parrains, et aux initiés, une nouvelle économie de la filière serait peut-être possible.

Pourquoi deux ? Considérant que la pratique du golf génère naturellement des abandons… il faut maximiser les chances de transformation d’un non-golfeur en golfeur, ce qui prend du temps, et les embûches sont nombreuses.

En réalité, sur 800 000 personnes ainsi accompagnées, ce qui paraît très ambitieux (deux initiés par 400 000 licenciés), en réalité 80 000 personnes (10%) pourraient probablement s’installer durablement comme golfeur ou golfeuse.

La filière pourrait passer de 400 000 licenciés à un peu moins de 500 000 sans que cela paraisse pourtant irréaliste, et nécessite d’organiser une Ryder Cup.

Les licenciés ont financé par un coût supplémentaire de la licence la promotion de la Ryder Cup.

A ce propos, Frédéric Balech relève « En recevant la relance de renouvellement de la licence 2019, je me suis rendu compte que le tarif des licences n'avait pas baissé, pourtant si mes souvenirs sont bons, les hausses devaient servir à l'organisation de la Ryder cup. Celle-ci étant passé, je pensais qu'ils seraient revenus en arrière. Il n'y a jamais de marche arrière dans ce sens. »

Si on comprend bien que ce projet passerait par une prise de conscience collective des golfeurs, et reposerait sur leur bonne volonté, la question essentielle du premier pas, c’est bien la contrepartie de la filière.

Filière qui comprend la fédération, les golfs, les fabricants, et distributeurs de matériel, les enseignants, et tous les services en lien avec le golf.

Pour Thierry Mathon « Le fédération pourrait faire deux licences : Une pour les personnes faisant les compétitions à 54 euros et l’autre pour les joueurs qui jouent en loisir, avec la partie assurance uniquement vers les 15 euros. »

L’idée de segmenter les golfeurs par type de besoin n’est pas nouvelle, et pourrait effectivement permettre de mieux répondre aux différentes attentes exprimées.

Tous les golfeurs et toutes les golfeuses n’attendent pas la même chose du golf, et c’est plutôt un point fort sous-exploité.

Pour Yannick Allain « Une politique tarifaire adaptée serait un bon remède. Ne nous trompons pas de cible, que voulons-nous ? Que le golf reste un plaisir à partager entre amis ou un autre sport de masse ? L’exclusivité de ce sport est comme d’autre, réservée à une élite financière, qu’on le veuille ou non. »

En créant un pacte tarifaire avec les parrains (remise à définir par les golfs, mais qui permettraient de se rapprocher des 45 euros le green-fee au lieu de 75 euros), il y aurait une motivation à amener deux connaissances sur le golf.

Les journées porte-ouvertes ou les journées Tous au golf ne répondent que partiellement à la question de fond. D’abord, ce sont des opérations ponctuelles dans le temps. Ensuite, elles ne mobilisent pas les golfeurs, mais seulement les acteurs de la filière.

L’ensemble de la filière, et pas seulement les golfs, pourrait créer une segmentation tarifaire incitative pour le parrain, et les nouveaux initiés.

Cette idée n’est pas nouvelle. Elle n’a pas été généralisée et décrétée comme urgence. Il y a un réel besoin d’états généraux du golf, et de demander aux golfeurs ce qu’ils souhaitent pour demain.

Dans cet article, on se contente essentiellement de les citer. Il y a une réelle demande de leur part pour participer et exprimer leurs points de vue. Sont-ils entendus par la FFG et les décideurs de la filière ? Ils gagneraient à créer ce lien avec les golfeurs.

Beaucoup d’entre nous ne seraient pas intéressés par l’idée de faire découvrir le golf à deux amis ou connaissances, et rien ne devrait les y contraindre.

Cependant, une incitation forte pourrait peut-être motiver d’autres à jouer le jeu.

Au-delà des golfs, et des enseignants, les golfeurs et les golfeuses sont les premiers potentiels à pouvoir créer des nouveaux pratiquants. C’est peut-être une ressource à mieux utiliser.

Pour Boris Bertillot « Le coût est la base de tout. Dans n'importe quel sport. L'équitation, le hockey, le tennis… Baisser le prix des greens-fees ferait augmenter le nombre de joueurs, et donc au final, je pense que le golf deviendra plus rentable. Ce n'est que mon avis. »

Sur une trentaine de réactions au précédent sujet, l’immense majorité des avis se tourne sur la question du prix.

Pour George Lozat « J’habite à la frontière italienne, et je joue au fronde près de Turin avec un green-fee semaine à 31 euros. » ce à quoi Jean-Michel Leroy lui répond « Un abonnement dans un club 18 trous, c'est minimum 1500 euros par an, soit plus de 100 euros par mois. Un green-fee, au mieux c'est 50 euros, sans compter le temps qu'il faut pour une partie, surtout, si on se frappe quatre mollassons devant soi, voilà pourquoi ça ne se démocratise pas le golf. »

Le temps de jeu sera toujours une question, surtout si on augmente de près de 20% le nombre de nouveaux golfeurs qui resteront à former au jeu, et au temps de jeu.

Le problème de l’offre et de la demande sur le prix au golf n’est pas une question simple, et chaque tentative de réponse apporte son lot d’autres difficultés à résoudre.

Cependant, il faudra bien tenter quelque chose pour contenter tout le monde.

Une augmentation de l’activité de près de 20% pour la filière serait générateur de revenus qui pourrait pérenniser une bonne partie des entreprises, à condition des les transformer, ce qui suppose des investissements supplémentaires.

Blue Green sous l’impulsion de son éphémère Président Manuel Biota a tenté une réponse qui allait complètement dans ce sens. Après avoir investi plusieurs millions d’euros pour transformer une demi-douzaine de ses clubs, l’expérience a tourné court, et le président avec son projet novateur a été remercié par l’actionnaire.

On sent bien que l’équation est très complexe à résoudre, et qu’elle ne peut pas être solutionnée par un seul acteur dans un acte isolé.

Pourtant, à défaut de trouver une solution, le golf pourrait bien continuer à connaître une position tarifaire élevée, justement faute de nouveaux adhérents, et nouveaux revenus.

Pour Gérard Debeaune « La solution serait de promouvoir le golf à l'école, dès l'âge de 7 ans, mais aussi de construire des pitch and putt en grand nombre, avec droit de jeux à moins de 10 euros ou abonnement inférieur à 500 euros par an. Dommage, car le golf est une sérieuse leçon de vie... J'ai commencé à 50 ans, et il aurait pu changer ma vie, si je l’avais pratiqué dès l’adolescence ! »

C’est l’autre grand thème pour le développement du golf en France. Initier les jeunes à l’école.

La FFG a bien tenté de développer cette approche. Des actions individuelles d’enseignants sont menés auprès des écoles, mais la plupart du temps, ces initiatives n’arrivent pas à s’inscrire dans la durée, sans un appui plus fort du ministère de l’éducation.

Le golf est perçu comme élitiste alors que Gérard Debeaune a raison, le ministère de l’éducation pourrait mieux percevoir « la leçon de vie » qui pourrait être très profitable dans le cadre d’un processus de formation des jeunes.

Autre frein au développement, le golf a mauvaise presse auprès d’une certaine pensée écologiste qui lutte activement contre la création de nouveaux parcours.

Pour Yan-Eric Strande « Il y avait un projet de création de golf municipal à Saverne. Les "écolos" l'ont empêché...y compris par la violence. »

Ce à quoi Jeremy lui répond « C'est dommage que des écologistes soient contre la préservation de la nature. Parce qu'un golf, c'est quand même à 95% de la nature, de l'herbe, et des arbres ! »

On en revient à l’exemple de San Diego où un golf est directement dans le premier parc de la ville, son poumon d’oxygène et anti-pollution.

Pour Axel Orphée Perez « Le golf c’est cher, mais pas forcément par choix. Il y a aussi les clubs, pour certains historiques (le mien a 120 ans), qui gardent des codes précis avec une certaine éthique, le prix de la tradition est aussi là. Il faut se dire que les golfs comme les BlueGreen sont de très bonnes qualités, mais ne peuvent pas vraiment baisser plus les prix. Je pense même qu’ils sont au max. »

C’est certainement la réalité, et c’est pourquoi la seule solution pour ajuster les tarifs passent par le volume de joueurs, à condition que les golfs soient en capacité d’accueillir réellement 20% de joueurs en plus, sans pénaliser le temps de jeu outre-mesure.

Quoi qu’il en soit, la FFG doit être au centre du projet de demain, pour fédérer et organiser les débats, et au final, agir comme locomotive.

Qui va faire le premier pas ? Les golfeurs ou les acteurs de la filière ? Et ce, pour rapprocher les points de vue, et trouver ensemble LA bonne solution tant recherchée par tous.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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