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Qui pourra empêcher Bryson DeChambeau de devenir numéro un mondial de golf en 2019 ?

Qui pourra empêcher Bryson DeChambeau de devenir numéro un mondial de golf en 2019 ?

Justin Rose vient de remporter avec la manière, le Farmers Insurance Open, à Torrey Pines, devant quelques-unes des plus grandes stars du jeu, notamment Rory McIlroy, Jason Day ou encore Jon Rahm. De l’autre côté de la planète, l’américain Bryson DeChambeau s’était attribué quelques heures plus tôt, le Desert Classic à Dubaï, sa déjà quatrième victoire sur les neuf derniers tournois disputés, sa première victoire de rang au niveau international. On savait déjà que DeChambeau était un phénomène, le numéro 5 mondial résout avec une telle facilité toutes les difficultés qui se présentent à lui, que le trône de numéro un pourrait bien lui revenir avant la fin de l’année 2019…

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DeChambeau accélère !

Septième victoire chez les professionnels déjà pour DeChambeau à seulement 25 ans, et pas sur n’importe quels tournois, puisqu’il compte déjà à son tableau de chasse le Memorial, le Arnold Palmer Invitational, le John Deere ou encore deux épreuves des play-offs de la Fedex Cup.

Il vient d’ajouter un premier succès sur le circuit européen à l’occasion d’une étape Moyen-orientale.

Le « Mad Scientist » démontre au monde du golf que peu importe l’esthétique de votre swing, votre talent autour du green pour réaliser des flops-shots, votre puissance depuis le tee, ou votre sens inné de la lecture des pentes sur un green, ce qui compte plus que tout au golf, c’est la constance !

La capacité à toujours répéter, coup après coup, la même qualité, et rendre prévisible le résultat de chaque action !

DeChambeau n’est pas actuellement le plus long frappeur, ni le meilleur putter, ni le meilleur avec un wedge en main. Il n’est pas Rory McIlroy, Phil Mickelson ou Jordan Spieth.

Il n’est pas le meilleur dans un domaine en particulier du jeu de golf, quoi qu’il pourrait bien finir par devenir le meilleur pour le nombre de fairways et greens en régulation.

Son secret ? C’est bien celui-là !

Sur le PGA Tour, pour la saison 2019, il est déjà en fait le numéro un pour la moyenne de score sur le parcours avec un total sous la barre des 69 coups par parties, soit 68,94 !

72% de fairways en régulations, 77% de greens en régulations… Peut-importe comment DeChambeau joue et où il joue, il s’évertue à toujours placer la balle devant lui, à bonne distance des obstacles.

Il donne faussement l’impression que le golf est facile. Pour l’instant, il démontre surtout qu’il a cassé le code de la difficulté pour écraser toute forme de concurrence, et encore ce dimanche sur le parcours Majils pour la 30eme édition du Omega Dubaï Desert Classic.

Avec un score total de -24 sous le par qui laisse songeur, 4 cartes entre 68 et 64, la dernière étant son score final pour terrasser Matt Wallace, Sergio Garcia ou encore Ian Poulter, DeChambeau a même inspiré un commentaire admiratif de la part du numéro quatre mondial, Justin Thomas, qui sur Twitter a salué sa victoire, tout en se demandant s’il ne devait pas lui-même commencer à s’intéresser de plus près à la forme de « science » de son rival.

Justin Thomas, un des autres jeunes prodiges du golf mondial, un temps numéro un mondial, n’est plus hors de portée de DeChambeau dans sa folle ascension vers le titre suprême.

Depuis une 14eme place au Greenbrier Classic en juillet 2017, DeChambeau a tout simplement gagné 139 places au classement mondial, et pas les moindres puisqu’il s’agissait des dernières places les plus difficiles à capter.

De la génération des espoirs DeChambeau, Rahm, Langasque, c’est l’américain qui semble prendre le dessus, et pourtant, l’espagnol est juste un rang derrière lui au classement mondial. Quelle génération !

DeChambeau, le cérébral

Sur le dernier tour au Emirates Golf Club, DeChambeau n’a pas laissé de place au stress, et pourtant, il n’avait pas joué sur ce parcours depuis 2016, signe qu’il n’a pas besoin de jouer et rejouer les parcours à l’infini pour craquer les pièges tendus par les architectes.

Depuis la première fois où je l’ai suivi sur un tournoi à l’occasion d’un autre tournoi Omega, l’European Masters, beaucoup de choses ont changé pour lui, et au premier rang sa confiance en lui.

Alors que justement, il avait passé beaucoup de temps à égarer ses drives sous les arbres, en deux ans, il a réglé une par une toutes les questions qui se présentaient devant lui, la dernière en date, étant le grain du gazon sur les greens du Majils.

Comme une analyste de la NASA, il identifie un problème, et le résout.

Et dire que son premier tour déjà joué en 66 ne l’avait pas satisfait, déclarant ne pas avoir la sensation de contrôler au mieux la trajectoire de sa balle sur les greens.

Au bout de deux tours, il était pourtant déjà leader, mais malgré cela, il a travaillé tard dans la nuit, et sous les lumières du club.

« Je n’ai pas les bonnes sensations, et la bonne proprioception de mes coups. »

En rajoutant une couche pour ce qui pourrait paraître de la prétention aux yeux de ses collègues « Je ne suis pas à 100% de mon jeu de golf à l’instant présent. »

Que dire de son 64 ?

Même si Larrazabal qui a terminé finalement 24eme a rendu la même carte, il a presque commenté sa prestation comme laborieuse.

DeChambeau en deviendrait presque désagréable et usant, surtout quand il va jusqu’à déclarer qu’il calcule la pression de l’aire, la fermeté du sol, ou encore le spin donné à la balle !

Pour l’américain, tout est sujet à analyse détaillée pour justement chercher comment optimiser le coup suivant. Cette logique est tellement parfaite que l’on peut finir par se demander s’il s’amuse un peu.

Bien sûr que non, il ne joue pas au golf en loisir.

« Nous essayons de voir comment je peux gagner le plus possible. »

Cela n’a rien de nouveau. DeChambeau est ainsi chaque semaine sur chaque tournoi disputé.

Il s’impose de longues séances d’entraînements au practice avec son radar. Il utilise un tablette et différents gadgets au putting-green, et va jusqu’à faire de longs debriefs après chaque partie avec son équipe, comme un pilote de formule 1 voulant mettre au point chaque détail de son bolide.

DeChambeau est-il en train de monter d’un niveau le standard de professionnalisme et d’exigence d’un golfeur pro, comme Tiger Woods avant lui à la fin des années 90 ?

Woods a inspiré plusieurs générations de golfeurs.

DeChambeau n’est pas encore numéro un mondial, mais à 25 ans, à ce rythme-là, on ne voit pas bien ce qui pourrait l’en empêcher, et peut-être même pas un brillant Justin Rose.

Cependant, pas sûr que DeChambeau attire la même admiration. Les journalistes, et notamment américains commencent à s’exaspérer de le voir jouer, de prendre autant de temps à préparer et analyser un coup. Son style scientifique qui amusait au début commence à lasser une partie des observateurs, en revanche, personne ne lui conteste que cela marche.

Son appétit insatiable pour la perfection dans un sport où la perfection semble à priori et justement inatteignable confine ou au génie ou à la folie.

Peut-il à lui seul changer le jeu de golf ?

Sur les greens, il déclare déjà vouloir laisser le drapeau au fond du trou en fonction de la matière de ce dernier !

DeChambeau n’est pas le premier golfeur à vouloir à poursuivre la perfection. En son temps, Bernhard Langer avait déjà cette réputation. Il a remporté deux Masters, et surtout aujourd’hui, à 61 ans, il domine comme personne le circuit senior.

Faut-il y voir un trait commun entre deux obsessionnels ?

DeChambeau risque pourtant d’effacer toute trace de talent pure derrière un processus de labeur intensif.

DeChambeau, l'obsessionnel 

Pour son ancien entraîneur, Josh Gregory « Personne ne travaille plus que lui, et en plus, maintenant, il sait qu’il appartient à l’élite… »

Le coach semble dire que désormais conscient de son rang, DeChambeau a à la fois, encore plus confiance dans sa méthode, et encore plus d’exigences de résultats.

Il déclare d’ailleurs n’être qu’à la moitié de son chemin personnel vers le niveau de jeu qu’il vise, suprême conscience de son expertise technique et golfique, et considère qu’il lui faudra encore cinq ans pour être à 80 ou 90% de ce qu’il vise, et ce qu’il veut prouver au monde entier.

Enigmatique et sans doute content de son effet, il déclare « On ne peut jamais prédire le sens du vent. »

Dans « Mad Scientist », il y a effectivement scientifique, mais il y a aussi « fou ».

La détermination des « uns » est-elle la folie des « autres » ?

D’ici à la fin de saison 2019, DeChambeau pourrait bien encore gagner des tournois. Pour lui, la prochaine étape est un majeur.

Si cela devait se produire dès cette année, peu importe l’état de son jeu par rapport à ce qu’il croit qu’il pourrait devenir, le californien pourrait bien être sur le toit du monde golfique.

Crédit photo : Darryl Oumi/Icon Sportswire

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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