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Début de saison 2013 de Rory McIlroy: Mauvais cycle ou bad trip?

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Après trois tournois en 2013, le début de saison du néo-numéro un mondial du golf professionnel est tout simplement catastrophique. Aucun cut passé, et pire un abandon après neuf trous lors du 2ème tour du Honda Classic, dont il est pourtant tenant du titre.

Il serait facile de commencer ce billet par une charge contre le nouveau matériel de golf de Rory McIlroy : les bois de parcours, fers et putters de son équipementier Nike Golf.

A titre de comparaison, un autre membre du top-3 mondial (Tiger Woods) s’en accommode parfaitement depuis déjà plus de dix ans.

On ne doit pas apporter une importance plus importante au matériel de golf qu’il n’a en réalité.

Surtout à ce niveau où les clubs sont parfaitement fittés pour les meilleurs joueurs, et ce quel que soit la marque.

C’est le golfeur qui swingue, fais les bons ou les mauvais choix, lit les pentes des greens, etc.

Il faut plutôt chercher un début d’explication des contre-performances du nord-irlandais dans son passé sportif récent.

Depuis deux ans, McIlroy est considéré comme le nouveau prodige du golf

Pourtant depuis sa victoire à l’US Open 2011, on a oublié trop vite que le jeune homme est aussi capable de passer complètement au travers des tournois auxquels il participe.

Greg Norman, qui voit en McIlroy, un golfeur capable de battre un jour le record de victoires en majeur de Jack Nicklaus, s’est sans doute avancé un peu trop vite à son sujet.

Certes, l’été dernier, Rory a impressionné le monde du golf avec une victoire sans contestation possible sur l’US PGA 2012, et a surtout enchainé avec plusieurs très bonnes semaines de jeu pendant les play-offs de la Fedex Cup.

Ces très belles performances ont fait oublier un énorme trou de performances dans la saison 2012 du champion de golf.

De Mars à juillet, McIlroy a manqué plusieurs cuts d’affilés, et complètement loupé les premiers majeurs de la saison (Masters, British et US Open) en raison d’un swing de golf trop aléatoire.

L’année précédente, McIlroy alors dominateur du Masters 2011 avait presque tournoi gagné avant de littéralement exploser lors du dernier tour, et laissé filer une victoire qui lui était pourtant acquise.

Le monde du golf n’avait pas eu le temps de s’en émouvoir, car quelques semaines plus tard, il créait la sensation en remportant son premier majeur à Bethesda.

En somme, McIlroy est coutumier des accidents de parcours, et son attitude sur le Honda Classic 2013 (abandon après neuf trous disputés en +7), dénote une plus grande fébrilité au moment de gérer ses moments de bas.

A 23 ans, Rory n’a pas seulement changé de matériel de golf, et signé son premier gros contrat publicitaire avec Nike. Il a changé de dimension, et même si il n’a pas la pression d’une rock star ou d’une star du football, le nord-irlandais se met la pression plus qu’il n’était réellement prêt à la supporter.

Mal de dents, problème de concentration, bad trip, le golfeur nord-irlandais peut invoquer toutes les bonnes ou mauvaises raisons pour justifier un abandon en cours de tournoi.

En fait, il n’est tout simplement pas pour le moment en swing !

Et ce n’est donc pas un fait nouveau dans sa carrière car c’est un golfeur cyclique.

Dans un cycle haut, il est tout simplement intouchable, ou en tout cas, son swing est tellement parfait qu’il ne laisse aucune chance à ses adversaires.

A l’inverse, quand il n’est pas en swing, c’est un golfeur comme les autres, en proie aux doutes et aux bogeys.

Le problème qu’il n’arrive pas à gérer pour l’instant : Ce n’est pas de traverser des crises de swing, mais de les gérer avec la bonne attitude, et de satisfaire les attentes de la presse golfique.

Dans cette histoire, le plus gros perdant est surtout son nouvel équipementier.

Avec des performances de très bas niveau pour un numéro un mondial, Nike Golf est dans l’œil du cyclone, et les clubs de golf de la marque sont sous surveillance négative.

Or, en réalité, il y a peu de chances que pour l’instant, il faille incriminer les clubs plus que le joueur.

Pour les plus superstitieux, on peut commencer à se laisser aller à de mauvaises prédictions au sujet des golfeurs qui ont récemment signé avec la marque.

David Duval, ex-numéro un mondial dans les années 2000 a complètement disparu du circuit. Paul Casey ne semble toujours pas avoir retrouvé son meilleur niveau. Trevor Immelman a disparu des leaderboards, tout comme Anthony Kim, longtemps considéré comme le meilleur espoir américain.

La marque Nike Golf est-elle le chat noir des meilleurs golfeurs ?

En tout cas, la marque a fait preuve de beaucoup de classe en re-signant David Duval, alors que ce dernier n’a pas démontré la moindre capacité à bien jouer sur un tournoi du PGA Tour.

Sa dernière victoire remonte au British Open 2001, et l’an passé, il n’a passé que trois cuts sur 17 tournois disputés.

Sans contrat depuis la rupture de son précédent contrat avec Nike en 2010, Duval retrouve donc la maison Nike Golf en 2013, alors qu’il est sorti du top-125 mondial, et ne semble pas prêt d’y revenir.

Si une telle mésaventure arrivait à Rory McIlroy, le nord-irlandais pourra donc au moins compter sur le soutien sans faille de son nouvel équipementier.

Souhaitons-lui de ne pas être frappé par la même poisse que les autres golfeurs de la marque à la virgule.

Sans être devin ou apprenti voyant, impossible de prédire la fin du mauvais cycle actuel de McIlroy.

Il peut retrouver son swing dès la semaine prochaine ou dans un mois, mais à la lecture de son passé récent, quand McIlroy va reprendre le dessus sur son swing, il connaîtra à nouveau un cycle victorieux sur plusieurs semaines.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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