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Danny Willett peut-il devenir le numéro un du golf européen?

Danny Willett peut-il devenir le numéro un du golf européen?

Vainqueur dimanche du Omega European Masters, tournoi de golf de l’European Tour disputé en Suisse, à Crans-sur-Sierre, l’anglais Danny WIllett, déjà remarqué pour sa sixième place au British Open peut-il devenir numéro un de la Race To Dubai à la fin de la saison, et passer du titre de roi des montagnes selon son sponsor, à roi du golf européen ? Notre enquête sur ce golfeur qui incarne la relève des Paul Casey, Luke Donald, Justin Rose et autre Ian Poulter.

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La question mérite d’être posée car depuis plusieurs mois, c’est un nord-irlandais qui cumule le titre de meilleur golfeur du Monde, et celui de meilleur golfeur d’Europe. Vous l’aurez sans doute reconnu : Rory McIlroy.

D’une part, le numéro un mondial à l’ordre du mérite est sur le flan (blessé à une jambe en jouant au football quelques jours avant d’aller défendre son titre à The Open), et d’autre part, McIlroy joue plus souvent aux Etats-Unis, et sur le PGA Tour.

Dans les deux cas, ce n’est pas une très bonne nouvelle pour le golf européen, surtout que le circuit professionnel se cherche une légitimité dans l’ombre du géant PGA Tour américain.

Chaque semaine, les tournois de golf du vieux-continent attirent un, deux, trois et rarement plus d’une dizaine des meilleurs golfeurs du top-10 mondial.

Tant et si bien que cela laisse la porte ouverte à de nouveaux talents, et justement, l’anglais Danny Willett n’a pas manqué cette occasion de se poser cette année comme le nouveau patron du circuit.

Déjà deuxième du classement de la Race To Dubai avant sa victoire sur l’Open de golf Suisse, cet anglais de 27 ans est bien la révélation de l’année, et peut-être même bien plus en fin de saison, pour le grand bonheur de son équipementier, Callaway qui n’est pas à la fête depuis le début de saison au niveau des victoires dans les grands tournois.

Passé pro en 2000, revenons sur les origines de ce joueur, son style de jeu, son classement européen, et ses chances réelles de s’imposer en 2015.

Fils d’un prédicateur de Sheffield, ce jeune homme a réussi une belle carrière amateur avant de passer pro, se distinguant en remportant l’Amateur Championship sur le parcours du Royal St. Georges en 2007, puis en devenant numéro un amateur européen, membre de l’équipe de Walker Cup.

Suite à cette saison exceptionnelle, il est passé pro en 2008 à 21 ans.

Il va frapper les esprits une première fois à l’occasion du BMW International Open 2012, tournoi qu’il va remporter en play-off contre Marcus Fraser, avant de connaître réellement cette année, une éclosion au grand jour.

Vainqueur en début de saison du Nedbank Golf Challenge, Willett s’est porté rapidement en tête de la Race to Dubaï.

A ce stade de la saison, nous pouvions imaginer que sa position en tête du classement ne durerait pas très longtemps, et pourtant, il a largement démenti tous les pronostics, se posant comme le véritable animateur de la saison.

Dans la foulée de sa victoire au Nedbank, tournoi disputé sur le parcours de l’illustre Gary Player, Willett a confirmé dès les jours suivants avec une solide quatrième place au Alfred Dunhill Championship.

Pour le premier gros tournoi du circuit européen avec la plupart des gros bras, y compris quelques américains, il est quelque peu rentré dans le rang, se contentant de passer le cut.

Après ce début de saison africain réussi, Willett a bondi à la cinquantième place de l’ordre du mérite mondial, ce qui lui a ouvert les portes des plus grands tournois, majeurs et championnats du monde inclus.

Et pour le WGC-Cadillac, il ne s’est pas manqué puisqu’il a pris la douzième place du tournoi.

A cette occasion, WIllett va imiter ses collègues anglais les plus connus comme Luke Donald, ou Justin Rose, et jouer près de huit semaines sur le tour américain dans la perspective de disputer le Masters, et un deuxième championnat du monde, le match-play.

Cette incartade américaine sera plutôt réussie avec une place de 38ème au Masters, et surtout, une demi-finale aux championnats du monde de match-play, pour finir troisième aux dépens de l’américain Jim Furyk.

Une victoire qui lui a d’ailleurs offert un statut de jeu temporaire sur le PGA Tour. A peine, nouveau crack du tour européen et déjà attiré par les sirènes du circuit américain !

La semaine suivante, il manquait le cut au Players et rentrait en Europe sans que son classement de numéro deux européen derrière McIlroy n’ait été remis en cause.

Les championnats du monde apportant des points au tour européen, Willett a fait fructifier son absence.

Il ne tarde pas à se remettre en selle sur le sol européen, profitant de l’Open d’Irlande pour prendre une nouvelle place d’honneur (6ème).

Visiblement plus à l’aise dans un environnement anglo-saxon, il ne brille pas chez nous sur le difficile parcours du Golf National, et manque le cut de l’Open de France, mais dix jours plus tard, il signe un nouvel exploit retentissant en prenant la sixième place du British Open, sa meilleure performance en majeur à ce jour.

De quoi susciter de plus en plus l’attention des médias à son sujet, d’autant qu’il s’installe comme le nouveau numéro 2 anglais derrière Justin Rose, numéro 7 mondial qui pour l’instant semble tenir son rang à l’inverse de Ian Poulter (33ème), Lee Westwood (35ème) et surtout Luke Donald (60ème).

Quelques jours après sa belle performance à Saint-Andrews, WIllett remporte son deuxième succès de l’année en Suisse, et conforte sa place au sommet de la Race to Dubai à quelques points de Mcilroy qui n’a jamais été aussi près de céder son fauteuil.

Danny Willett vainqueur de l'Open de Suisse

Au sommet de la hiérarchie européenne, il ne fait plus de doutes que Willett sera à la lutte pour le titre en fin de saison.

Avec McIlroy et Oosthuizen, les trois hommes sont détachés loin devant l’autrichien Bernd Wiesberger justement vainqueur de l’Open de France et Branden Grace.

Affublé par son équipementier du titre de roi des montagnes, Danny Willett est surtout tout près de devenir le roi du golf européen en l’espace de seulement six mois !

Et pourtant, au départ, ses chances de devenir un champion de golf étaient faibles.

Il a découvert ce sport dans un champ pour moutons du Yorkshire, une région qui n’a jamais donné le moindre vainqueur de British Open, un fait rare pour être souligné.

Après avoir terminé l’école en Angleterre, il a très rapidement abandonné les études supérieures, convaincu de pouvoir passer pro de golf. A 17 ans, il s’est rendu en Alabama pour faire partie de l’équipe de l’université de Jacksonville, sans doute plus pour le golf que pour la qualité des cours…

Il a passé deux très belles années, surtout qu’à l’inverse de beaucoup de jeunes européens qui détestent être éloignés de leurs familles, il s’est plutôt trouvé à l’aise dans ce contexte.

Sur le tour européen depuis 2009, il n’a cessé de progresser pour être aujourd’hui l’un des meilleurs golfeurs européens.

Progresser n’est d’ailleurs peut-être pas le bon terme. Ce qui est frappant avec le jeu de golf de Willett, c’est qu’il a très vite trouvé la clé sur le tour européen avec une moyenne de score de 70.9 à ses débuts en 2010, et aujourd’hui, il joue à peine un peu mieux avec une moyenne par tour de 70.2, qui le place en septième position du classement des meilleurs européens.

Hormis en 2011, année où il a connu plus de difficultés avec onze cuts manqués, il a toujours été très régulier au plus haut niveau, sans toutefois se faire trop remarquer.

Vainqueur de son premier gros tournoi en 2012, depuis quatre ans, il a toujours au moins accroché une place de troisième en tournoi, et plusieurs top-10 pour figurer dans les 90 meilleurs golfeurs du monde.

Son jeu a tout de suite été en place. Sa distance au drive est relativement stable depuis sept ans entre 292 et 298 yards, et son pourcentage de greens en régulation se situe toujours entre 69 et 73%.

Le seul domaine où il a réellement progressé est le putting, passant d’une moyenne de 30 putts à moins de 29 putts par partie.

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Comparativement au jeu du numéro un mondial, Rory McIlroy, l’anglais s’illustre avec une meilleure précision au driving, et surtout un meilleur putting.

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De là, à penser qu’il puisse prendre la place de McIlroy, il y a encore du chemin à parcourir. Sauf à ce que le Nord-Irlandais mette du temps à récupérer de sa blessure, et reste absent un certain temps du circuit européen, ce qui est assez probable.

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A la fin de l’été, Danny Willett pourrait très bien s’installer en tête de la Race To Dubai, ce qui d’une certaine manière, serait plus souhaitable pour ce tour privé de ses stars.

Le système de points actuel est tout à fait favorable aux golfeurs qui jouent peu mais brillent sur les gros tournois, ce qui fait que McIlroy, Oosthuizen, et Justin Rose arrivent à faire illusion en ne jouant quasiment jamais en Europe.

Le fait qu’un Danny WIllett arrive à se hisser au niveau des meilleurs en jouant régulièrement sur les principaux tournois européens amène de la cohérence au circuit, en plus de démontrer une certaine bonne santé du golf britannique, toujours capable de sortir de nouveaux joueurs en mesure de prendre la relève des Westwood, Poulter et Donald.  

Danny Willet – What’s in the Bag 

Driver: XR Driver (10.5*)
Bois de parcours X2 Hot Pro (15* and 19*)
Fers : Apex Utility Irons (3-4), Apex Pro Irons (5-9)
Wedges: Mack Daddy 2 Wedge 47* (S Grind, 11* of bounce), Mack Daddy 2 Tour Grind Wedge 54* (T Grind, 11* of bounce), Mack Daddy 2 Tour Grind Wedge 58* (T Grind, 9* of bounce)
Putter: Odyssey Versa WBW #1 Wide Putter
Ball: SR3

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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