Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans European Golf Tour

Le Danemark remporte la Coupe du monde de golf par équipes, et alors ?

Le Danemark remporte la Coupe du monde de golf par équipes, et alors ? - Getty Images

Pour les non-avertis, cela pourrait paraître improbable ! Pourtant, le Danemark, un pays de 5 millions d’âmes compte 3% de golfeurs, soit en proportion de la population, cinq fois plus de pratiquants qu’en France ! Avec seulement 18 golfeurs professionnels, et surtout 150 000 licenciés, le Danemark vient de mettre la main pour la première fois de son histoire sur la Coupe du Monde de golf.  Søren Kjeldsen and Thorbjørn Olesen sont les dignes héritiers de Thomas Bjorn, jusque-là la principale star du golf dans son pays…

Sommaire

  1. De Bjorn à Olesen, le Danemark, un vrai grand pays européen de golf !
  2. Dubuisson gagne son pari ! Langasque sort renforcé !
  3. La coupe du monde de golf vraiment sous-médiatisée ?

Découvrez nos formules d'abonnements

De Bjorn à Olesen, le Danemark, un vrai grand pays européen de golf !

Justement, la plus grande star de golf au Danemark était jusqu’à présent le grand Thomas Bjorn qui à 45 ans a déjà remporté onze grands tournois dans sa carrière dont l’Omega European Masters 2013, participé à trois Ryder Cup, et trois coupes du Monde pour son pays, mais n’avait pas réussi à terminer mieux que vice-champion en 2001 en duo avec Soren Hansen.

La relève Danoise semble en marche, surtout qu’Olesen, longtemps considéré comme un jeune prodige commence à se hisser régulièrement au plus haut niveau comme l’atteste sa récente victoire sur le Turkish Airlines Open.

Jusqu’à ce week-end, la deuxième place de Bjorn était le meilleur résultat pour le Danemark dans ce format de compétition qui peine à exister dans l’immense calendrier du golf professionnel.

En 2001, ce fut un play-off qui priva le Danemark de sa première victoire.

En 2016, Olesen et Kjeldsen ont bien failli ouvrir la porte à un retour, en particulier à celui de la doublette Cannoise, Dubuisson-Langasque, tous deux auteurs d’une superbe dernière journée en 63 dans un format en Fourballs.

Au petit jeu de la meilleure balle, les danois ont démarré leur dernier tour en mode diesel, se contentant de passer l’aller dans le par.

Il faut dire qu’ils avaient créé les conditions d’une bonne avance au cours des trois premiers jours de compétitions sur le parcours du Kingston Heath Golf Club, situé à Melbourne en Australie.

Les deux golfeurs expérimentés (Kjeldsen a déjà 6 participations au compteur tandis qu’Olesen en est à 3) ont mis le turbo sur les trous du retour pour faire fructifier leur avance initiale de quatre coups avant le dernier tour.

A partir du trou dix, les danois ont rentré cinq birdies en six trous pour résister, repasser d’un coup d’avance à finalement quatre à la fin, devant le duo français qui avait suscité tant de polémiques, et les duos chinois et américains, dos à dos.

Première Coupe du Monde pour le Danemark !

Si la performance des danois est unanimement saluée, celle des américains Jimmy Walker-Rickie Fowler laisse à désirer outre-Atlantique. Les commentateurs regrettant que l’équipe américaine n’ai justement pas mieux tiré parti du démarrage poussif de la paire danoise.

Vous noterez que sur l’échiquier du golf mondial. La Chine continue sa croissance vitesse grand V en plaçant justement son équipe (Wu Ashun et Li Hatong) au même niveau que l’équipe américaine en 272 coups, -16 total, et devant l’équipe japonaise emmenée par Matsuyama (sixième), anciennement le pays leader du golf en Asie.

Cela aurait paru inimaginable seulement dix ans auparavant...

Alors justement dans ce contexte de concurrence est-ouest arbitrée par l’Europe, la performance du duo français n’est pas passée inaperçue.

Dubuisson gagne son pari ! Langasque sort renforcé !

En plein rebond depuis trois semaines, Victor Dubuisson a pleinement assumé son rôle de leader, et assumé son choix d’emmener avec lui, le tout jeune Romain Langasque.

Souvenez-vous à l’occasion du dernier Omega European Masters disputé en Suisse à la fin de l’été, Dubuisson qui ne jouait plus, au creux de la vague avait décidé de faire équipe avec le jeune Langasque, pourtant sur le Challenge Tour, plutôt qu’avec le numéro 2 français, Grégory Bourdy alors en forme.

Il faut bien dire que cette histoire de sélection aurait pu en rester là, et ne pas faire grand bruit, si un journaliste de l’Equipe n’avait pas volontairement relancé le sujet, en tendant le micro sous le nez des membres du clan bordelais, dont Greg Havret et Bourdy.

Philippe Chassepot tend le micro à Greg Havret quelques minutes avant de rédiger son article sur la Coupe du Monde - Crans Montana

En publiant un article mettant en avant la colère du dernier nommé devant le fait de ne pas être retenu pour cet événement par le sélectionneur Dubuisson, et autant en colère contre le principe de cette compétition qui laisse le numéro un choisir son numéro deux, le journaliste qui est en conflit avec Dubuisson depuis bien longtemps (à tort ou à raison – chacun jugera) a relancé une polémique bien inutile, et de peu d’intérêt, sauf à démontrer que les pros français ne sont pas aussi soudés que l’on voudrait bien nous le faire croire.

Aujourd’hui, Dubuisson peut afficher un large sourire, car il se sort plutôt bien de cette situation.

« Cela a été une grande journée. Je pense que nous ne pouvions pas réellement mieux jouer. Jouer neuf sous le par est un super score, surtout du fait que les positions des drapeaux étaient particulièrement difficiles. Romain a très bien démarré son tour. Il a rentré des putts très importants sur les sept premiers trous qui sont pourtant très difficiles. Et puis ensuite, j’ai fait un bon birdie au huit, et nous étions déjà à -4 sous le par. A ce moment-là, j’ai pensé que nous avions une bonne chance, mais finalement, on a terminé un peu court pour la victoire. »

langasque_20161128-173319_1.JPG

Deuxième ou vainqueur, Dubuisson a de toute façon réalisé une belle opération à la vue du contexte, et au passage, Romain Langasque, qui, dans cette histoire de sélection était réellement celui qui pouvait être sous pression, s’en est réellement bien tiré, confirmant au passage tout son potentiel déjà largement observé au Masters ou justement en Suisse, lors du dernier Omega European Masters dont il a occupé la première place au soir du troisième tour.

Assuré de joueur sur l’European Tour après une très belle saison sur le Challenge Tour, celui qui était amateur encore il y a peu, a son avenir tout tracé et même dégagé pour briller au plus haut niveau.

Il ne reste plus qu’à réconcilier « les bordelais » et « les cannois », surtout que Bourdy a lui aussi réussi quelques belles performances en 2016, et notamment à l’US Open.

C’est tout de même plus intéressant de valoriser les belles performances tricolores, surtout quand il en y a, plutôt que d’aller chercher du scoop sensationnel pour dresser les uns contre les autres.

La coupe du monde de golf vraiment sous-médiatisée ?

Enfin, dernier point à retenir de cette Coupe du Monde de golf 2016 soulevé d’ailleurs par Julien Xanthopoulos : Son total désintérêt pour les médias hors golf vantant au passage le mérite de son employeur : Canal.

"La France, 2ème de la Coupe du Monde, et quasi rien sur les chaînes hertziennes...pathétique !"

Curieux étonnement du consultant de la chaîne Golf +, aux premières loges concernant la sous-médiatisation du golf en France.

Il y a de mon point de vue, deux écoles !

La première qui consiste à dire qu’il est rare qu’un sport ait en France sa propre chaîne spécialisée, ce qui tend à donner du mérite au groupe Canal.

La deuxième qui consiste à penser que du fait que le golf est uniquement sur une chaîne payante, et qu’elle possède les droits de rediffusion exclusifs, soit elle ne rétrocède pas bon marché ses images aux autres TV, soit elle limite la diffusion du golf aux seuls abonnés.

Modèle qui s'oppose au scénario qui a contribué à la démocratisation du golf outre-Manche avec la diffusion des quatre tours de The Open sur la BBC en gratuit pendant plusieurs décennies, avant effectivement de passer récemment sur une chaîne pay-per-view, ce qui semble de toute façon inéluctable.

Sur ce deuxième point, à nouveau, le consultant de Canal nous semble bien mieux placé pour connaître la vérité de la situation.

Tout ceci pour dire que Canal + ne peut pas s’exonérer complètement du problème, et tient forcément une partie de l’équation.

Canal a négocié des exclusivités pour la diffusion du golf en France

Est-ce que Canal propose des prix de cessions de ses images acceptables par les autres médias, ou réellement en ont-ils que faire ?

Prenons l’exemple de Nathanael de Rincquesen, célèbre présentateur du Journal de France Télévisions ou même Lionel Chamoulaud, présentateur de Stade 2, qui tous deux sont des mordus de golf.

On ne peut pas penser qu’ils soient des opposants farouches au fait d’ajouter quelques secondes de golf dans leurs émissions respectives !

En revanche, ils ont sans doute en tête un ratio coût sur nombre de téléspectateurs qui les dissuadent.

La question de la faiblesse de l’audience TV golf n’est jamais abordé selon moi sous le bon angle : Combien ça coûte ? Qui paye ? 

De ce fait, il me semble que le consultant de Canal et sa chaîne ne sont pas les mieux placés pour s’offusquer du manque de considération des médias pour la deuxième place des tricolores en Coupe du Monde.

Autre raison à ce relatif désintérêt, la compétition en elle-même dans un calendrier surchargé de compétitions avec celles qui sont historiques, comme par exemple, les Majeurs ou la Ryder Cup, ou celles qui sont richement dotées comme la Fedex Cup, et prochainement les Rolex Series.

Mettons-nous à la place d’un journaliste non-spécialisé…Comment classer la Coupe du Monde de golf, un sport à la base individuel dans l’océan de tournois joués toute l’année, et dans de multiples calendriers par de multiples organisateurs ?

Le golf intéressera autant que le tennis, les médias non spécialisés quand un seul calendrier sera uniformisé avec un seul numéro un, et non pas, X circuits qui consacrent X champions à ne plus rien y comprendre entre Fedex Cup, Race To Dubai et autre Sunshine Tour !

Dans tout cela, la Coupe du Monde de golf est un gadget.

Le golf à la TV ? Pas le problème de McDowell !

Ne faisons pas semblant de croire que c’est un tournoi important !

Même dans les médias spécialisés, on peut constater que l’audience n’est pas au rendez-vous, sans parler de la comparaison avec les majeurs ou la Ryder Cup.

Le golf doit admettre que certains tournois sont sacralisés, et que d’autres font du remplissage. 

Ne prenons pas les golfeurs, les fans, les spectateurs, et les médias généralistes pour des vessies, pour ensuite s’indigner que Kim Kardashian fasse plus le buzz avec son vol de bijoux que le duo Dubuisson-Langasque qui ne peut pas rivaliser sur les formes avantageuses !

Référence aux propos de Rémy Bedu : "Pourquoi parle-t-on plus du vol des bijoux de Kim Kardashian que de la 2eme place de Victor et Romain à la coupe du monde ?
Ce n'est pas la polémique du lundi mais la question à 2 €.""

Franchement, il faut vraiment arrêter avec ce débat sur le manque de golf à la télévision.

D’une part, l’avenir de la pratique golfique en France ne se joue pas totalement là-dessus, et d’autre part, les médias parleront de golf le jour où cela leur rapportera quelque chose ! 

Stop à la naïveté de façade ou à l’argument de la Ryder Cup qui ne changera rien... 

Cabrera-Bello est-il en train de chercher les caméras ?

Le jour où la FFG se paiera un spot de pub sur France Télévisions, comme par hasard, il y aura plus de sujets pour parler de golf. 

D’autres sports l’ont compris depuis bien longtemps, et sur ce point, ont pris de l’avance ou ne se plaignent pas de sous-exposition médiatique pour justifier un problème de manque de croissance.

Se focaliser sur la sous-médiatisation est un raccourci facile pour justifier une absence de résultat sur la progression du nombre de golfeurs en France, car personne ne peut individuellement régler ce problème.

Il vaudrait mieux consacrer plus d'énergies à mettre en place des actions plus réalistes qui auraient un impact plus immédiat sur la vie des golfeurs, et des futurs golfeurs.

Au fait, le Danemark n'a pas plus de golf à la TV, par contre, ils ont 3% de pratiquants. Il y a peut-être un autre lien de cause à effet.

Crédits photos : Getty Images (en-dehors des photos propriétés de jeudegolf.org)

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 1231
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.