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Comment trouver le shaft idéal de votre club de golf en trois swings?

Comment trouver le shaft idéal de votre club en trois swings de golf?

Pour les fans de matériel de golf, ou tout du moins les golfeurs qui s’interrogent sur comment faire les bons choix en termes de clubs, et de composants, Ping présente depuis quelques semaines, un nouvel outil d’aide pour déterminer, quel shaft serait le plus adapté au jeu du joueur.

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Cette innovation appelée nFlight Motion fait pourtant débat car elle ne sera proposée qu’au clubfitter professionnel, et pas au grand public.

Le principe de fonctionnement de cet outil est assez simple

Le golfeur qui s’interroge sur le choix du shaft qu’il devrait monter sur son putter, ses fers ou son driver, exécute trois swings, et l’appareil clipsé sur le shaft juste sous le grip enregistre les principaux résultats mesurés pour les comparer à la gigantesque base de données déjà constituée par le fabricant.

Au final, l’appareil est en mesure de fournir les bonnes caractéristiques nécessaires au joueur pour le choix de son shaft, et même le modèle du shaft à jouer.

Pour être plus précis, le système enregistre la vitesse du club, le tempo, et la traînée du shaft à l’impact, puis il analyse les données ensembles et produit une recommandation sur le type de tête de driver, le type de shaft, et le type de loft.

Tous les résultats sont ensuite envoyés l’ipad ou l’iphone du clubfitter.

Sur le papier, l’idée est très intéressante mais…

Du point de vue de Ping, cet outil a reçu un bon accueil de la part des clubfitters professionnels qui n’auraient pas nécessairement les moyens d’utiliser un radar doppler du type trackman ou flightscope.

Pourtant, une question nous taraude, comment prétendre être un clubfitter professionnel si vous n’êtes pas équipé des bons outils pour travailler ?

Quelque part, je serais presque surpris d’apprendre que des clubfitters n’aient pas de radar de mesures pour travailler, et surtout vérifier immédiatement les résultats d’un fitting avec des données objectives et incontestables.

Cette perspective décrédibilise cette innovation, qui au départ nous semblait très pertinente, en tout cas, à partir du moment où le nFlight Motion était commercialisé pour tous, et surtout pour les golfeurs amateurs.

Nous comprenons qu’en réalité, cette innovation pose un problème plus qu’elle n’en résout.

Le principe de fonctionnement de cet outil PING nFlight est assez simple

Le débat qui se pose…

Si Ping donne le moyen aux amateurs de réaliser une analyse de fitting en trois swings sans passer par la case clubfitter.

Justement, quel intérêt d’aller voir un clubfitter si ce n’est pas pour se contenter de lui demander de monter le shaft choisi avec la tête désirée sans autre forme de valeur ajoutée ?

Pour nous, il  y a débat, et le nFlight motion pourrait bien être une fausse bonne idée.

D’une part, si cet outil n’est disponible  que pour les clubfitters, ce qui est le cas actuellement, nous sommes en droit de douter du professionnalisme du clubfitter qui va utiliser ce seul outil à la place d’un radar doppler type trackman ou flightscope d’un prix compris entre 10 000 et 30 000 euros.

De plus, quand nous écoutons des clubfitters sérieux nous parler de leur métier, ils insistent tous sur la valeur ajoutée de leurs travaux en amont composés de discussion avec le golfeur, puis de séances d’essais comportant un minimum de dix shafts à utiliser, et parfois plus, pour resserrer les écarts, afin de trouver le produit idéal.

Le fitting est surtout un processus qui part d’un point zéro pour arriver au point le plus près de cent, en mêlant dialogue et données ultra-précises pour un diagnostic incontestable en fin de cheminement.

Diagnostic auquel le golfeur est complètement associé, et qui le réconforte complètement dans le choix final.

Si on admet que l’outil proposé par PING se résume trois swings, c’est un peu léger en comparaison du processus de travail sérieux d’un clubfitter, qui peut se dérouler parfois sur deux jours.

ping-nflight-trajectory.jpg

D’autre part, si Ping qui se présente comme le champion des outils de fitting, mettait sur le marché, et directement à disposition des amateurs de golf ce système de fitting, cela pourrait séduire un grand nombre d’amateurs qui se posent la question que nous avons soulevé au début de cet article, à savoir quel shaft est réellement bon pour moi ?

Question qu’il n’ose pas toujours poser à un clubfitter pour au moins deux raisons : la proximité et le coût.

La remise en question du fitting…

Effectivement, sur ce site, nous vantons les mérites du fitting. Il y a plusieurs façons de faire du fitting.

Ce mot englobe finalement de plus en plus de notions, et de notre point de vue, dans quelques temps, ce mot ne suffira plus ou pire sera contre-productif.

Qu’est-ce que le fitting ?

Changer le loft de son driver soi-même avec une clé fournie par le fabricant ? Construire sa série de fers avec des shafts adaptés sur-mesure après un travail précis et minutieux ?

Aujourd’hui, le fitting désigne bien ces deux notions, pourtant à l’opposé, l’une de l’autre.

Pour en revenir au problème de proximité et de coût, cela concerne essentiellement le deuxième cas de figure que nous décrivons, à savoir le réglage fin par un professionnel qui intervient pour notre compte sur nos clubs.

Pour être tout à fait honnête, il n’y a pas encore un clubfitter dans tous les magasins ou tous les clubs de golf, et tous ne sont pas au même niveau d’expérience et de connaissance.

Sans vouloir être provoquant, je dirais que c’est encore une profession confidentielle, et tous les golfeurs amateurs ne peuvent accéder à ces professionnels facilement.

Ensuite, le coût d’une session de fitting sérieuse est bien une charge supplémentaire dans l’achat d’un ou plusieurs clubs de golf.

Tous les golfeurs ne peuvent pas remettre le double du prix de leurs séries dans un travail d’orfèvre, ce qui là-aussi limite le marché des clubfitters, qui pourtant passent des heures à réaliser un travail qualitatif, et qu’il est légitime de rétribuer à sa juste valeur.

Personne n’oserai contester le métier de l’horloger qui remonte ou répare avec minutie la montre de valeur ?

Dans ce cas, l’outil mis au point par Ping aurait pu avoir du sens pour une grande part de golfeurs qui n’ont pas facilement accès au fitting.

Nous pouvons imaginer que Ping n’ait pas souhaité commercialisé son application au plus grand nombre de peur de se mettre à dos toute cette profession de clubfitter qui ce serait sentie dévalorisée, et même lésée par un outil qui prétend faire le job en trois swings !

Entre ces deux débats, nous constatons simplement que ce système est sans doute le cas typique de la fausse bonne idée qui ne correspond à personne.

Une troisième voie…

Les clubfitters ne peuvent décemment pas nous dire que cet outil peut les aider dans leurs travaux, en remplacement d’outils beaucoup plus onéreux, et plus complexes.

Et nous, golfeurs du dimanche qui aurions pu apprécier un outil simple et facile à mettre en œuvre pour avoir un début d’idée sur le bon shaft à utiliser, nous ne pouvons pas y accéder sans passer par un clubfitter !

Le fitting est surtout un processus qui part d’un point zéro pour arriver au point le plus près de cent, en mêlant dialogue et données ultra-précises pour un diagnostic incontestable en fin de cheminement.

Un esprit modéré pourrait sans doute considérer que cet outil crée un troisième marché jusqu’à présent inexistant : le fitting intermédiaire. 

A savoir une prestation fournie par le clubfitter (encore faudrait-il qu’il y en ait plus en France) qui ne dure que quelques minutes, et dont le coût serait forcément amoindrie par rapport à un travail de fitting exhaustif. 

Cela peut marcher, à condition que tout le monde soit conscient qu’il faut faire confiance à un outil qui pour le moment n’a pas encore été réellement critiqué ou jugé sur son efficacité réelle, et être aussi conscient qu’il s’agit d’une prestation low-cost  qui ne peut pas avoir la prétention d’être un fitting aussi poussé que ce qui est fait par les professionnels de ce métier actuellement. 

Sur cette hypothèse, je me garderai bien de donner un jugement. 

Le marché est toujours le fruit d’une offre qui rencontre une demande, et où les deux parties sont consciemment ou inconsciemment tombées d’accords sur les modalités, et les qualités de l’échange qu’elles soient mauvaises, bonnes ou très bonnes. 

En attendant que le marché ne décide,  pour John A Solheim, président de PING « Cet outil ouvre de nouvelles opportunités aux clubfitters pour qu’ils développent leurs affaires et aident plus de golfeurs à mieux jouer au golf tout en s’amusant. » 

Poursuivant « Pour le golfeur, c’est enrichissant de regarder son swing à partir d’une nouvelle perspective. Le clubfitter peut analyser le swing dans un plus grand détail pour ensuite faire des recommandations en vue d’optimiser la mécanique du swing de chaque joueur. » 

Déclaration qui me laisse interrogatif, existe-t-il réellement des clubfitters qui travaillaient jusqu’à présent sans outils de mesures ou de contrôles ? 

Vous imaginez un garagiste chez Renault ou Peugeot faire votre révision sans un ordinateur qui interprète les résultats de l’ordinateur de bord ou du moteur ?

En revanche, faire soi-même le diagnostic de son auto aurait pu avoir du sens en admettant qu’il serait pertinent d’aller ensuite voir le garagiste pour lui dire ce qu’il doit faire.

Bonne idée, fausse bonne idée, peu importe notre position sur ce sujet, c’est vous les golfeurs qui donnerez la bonne réponse.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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