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Comment progresser au golf en 2014 ? Quels objectifs se fixer ?

Vous souhaitez progresser au golf en 2014 ? Adoptez la bonne méthode !

A quelques heures des traditionnels vœux de début d’année, si vous êtes passionnés de golf, vous avez sans doute envie de vous fixer un nouvel objectif, ou passer un cap pour prendre encore plus de plaisir sur un parcours de golf en 2014. A tort ou à raison, le score occupe une grande place dans notre perception du jeu…

Que veut-dire progresser au golf ?

Si c’est pour mieux jouer, cela implique une notion de technique. Idem, si c’est pour baisser son handicap.

Le swing, qu’il soit pour driver ou pour putter est au cœur du jeu de golf. (Voir mes précédents articles sur les outils de mesures,  l'entrainement et la biomécanique)

Il est le premier outil pour produire un résultat sur le parcours. Se contenter de se dire, je dois améliorer mon swing, est certes un vœu pieux, mais il faut surtout savoir pourquoi faire ?

Les golfeurs américains sont très « chiffres ». Ils n’aiment pas les statistiques que pour le côté « frime au club-house ». Si vous en avez côtoyé, vous avez sans doute déjà pu constater à quel point, ils sont pragmatiques.

Les chiffres ou statistiques sont d’abord un excellent moyen de quantifier les performances, et ensuite de les analyser pour en déduire une stratégie.

Pas seulement sur le parcours, mais aussi en dehors pour définir quels sont leurs points faibles, et donc les zones du jeu qu’ils doivent améliorer.

La première chose à faire quand on veut progresser au golf, consiste donc savoir où. Et pour le savoir, il faut déjà se connaître.

Le golf est un sport de précision. Il ne s’agit pas de vaguement se dire « ah oui, de temps en temps, je rate ce par-3 ou mes départs au drive sont trop courts ».

Certains philosophes du golf aiment à dire « ce qui est important, ce n’est pas comment, mais combien ».

C’est vrai d’un point de vue de la finalité du jeu.

Mais quand on veut progresser, c’est justement l’inverse. C’est comment qui nous explique pourquoi on peut améliorer combien.

Seulement dix ans en arrière, pour répondre à cette question du comment, il aurait fallu mettre en place un procédé bien fastidieux pour mesurer toutes les données d’une simple partie de golf.

Désormais, avec une simple application smartphone du type Fungolf ou Mobitee, et il y en a d’autres, nous permet de mesurer toutes ces fameuses données qui trahissent notre vrai jeu de golf.

La question est donc plus de savoir les lire que de les collecter.

Mon propos est bien de vous faire passer le message suivant : Pour progresser au golf, se fixer des objectifs trop généraux, pas assez précis ne fonctionne pas. Se dire, je vais baisser mon handicap de 15 à 10, peut être un vœu mais pas une méthode efficace pour diriger l’entrainement, et arriver à répondre à la question du comment.

Il faut être plus précis.

Exemple d’un joueur professionnel sur le PGA Tour : Keegan Bradley

Pour argumenter, prenons un exemple avec le récent changement d’entraîneur opéré par un golfeur professionnel parmi les vingt meilleurs golfeurs du monde, Keegan Bradley.

En 2014, Keegan Bradley change de coach

Vainqueur d’un tournoi majeur de golf (US PGA Championship 2011) seulement trois ans après être passé pro, cet américain de 27 ans est promis à un bel avenir sur le PGA Tour.

En décembre, il vient de décider de changer de coach, quittant Jim McLean, un célèbre enseignant de golf aux Etats-Unis pour Chuck Cook, le coach de son ami Jason Dufner.

Au passage, Chuck Cook se constitue une belle écurie puisqu’il va donc gérer les swings de Dunfer, Bradley et Luke Donald, soit trois golfeurs du top-20 mondial.

Dans le cas d’un golfeur professionnel de ce niveau, ce dernier explique son choix, principalement par le besoin d’avoir un autre regard.

Précisons que Bradley n’a pas seulement choisi son nouvel entraineur par lubie. Il se connaissait déjà, et surtout, Bradley semble convaincu que ce nouveau coach peut l’aider à progresser de bien des manières.

Il est certain que la première chose que Bradley et Cook vont faire, est de se pencher sur les statistiques du joueur pour comprendre où le joueur doit réellement progresser, et dans quelle situation, il est perfectible.

Je pense que le temps où l’amateur classé entre 0 et 18 arrive devant n’importe quel pro de golf au practice, en lui disant, je veux progresser, et je veux baisser mon index est révolu.

Cela ne suffit pas ! Sans oser l’avouer, l’amateur attend beaucoup plus d’un coach. Il attend un résultat, une méthode, et un chemin précis à suivre pour atteindre l’objectif fixé.

Avec les nouveaux outils de mesures, le moniteur de golf doit pouvoir connaitre dans les moindres détails, les résultats du joueur sur le terrain, véritable et seul juge de paix.

Je vous propose donc ci-dessous, le type de données qu’il faut observer pour en déduire une stratégie d’entraînements, et donc se fixer des objectifs techniques précis, pour réellement progresser, et contrôler la progression.

Performances du golfeur par typologie de trous.

Dans le cas de Keegan Bradley, et même si en 2013, il n’a pas soulevé de trophée du vainqueur, il a réussi à prendre la onzième place de l’ordre du mérite de la Fedex Cup, car en score moyen sur le PGA Tour, il s’est classé à la dixième position.

Son jeu est donc très régulier.

Quand nous regardons dans le détail de son jeu, nous pouvons constater qu’il est très performant sur les par 5. Il est même le meilleur joueur sur ce type de trous.

A l’inverse, sur les par-3, il est très loin des meilleurs joueurs de son circuit.

Simplement en visualisant cette donnée, nous savons déjà que sur un type de trou, le jeu de Bradley est perfectible, et nous allons pouvoir en déduire un profil d’entrainement.

Le jeu de golf sur un par-3 implique un travail spécifique sur trois niveaux : le jeu de fer, les approches, et les putts longue distance.

Précisons au passage, que les par-4 sont les véritables trous qui permettent de mesurer si un golfeur a un jeu complet.

Pas seulement par le fait qu’ils soient plus nombreux sur une partie de golf, les par-4 sont en fait les trous les plus exigeants, et demandent le plus de compétences, et laissent le moins d’erreurs possibles.

Et plus un par-4 est long, et plus il est exigeant.

Performances du golfeur dans le domaine du driving : Mesurer la qualité des engagements

Pour bien jouer un trou, il faut déjà bien démarrer. Pour progresser au golf, il faut souvent améliorer ce compartiment du jeu.

Et contrairement à ce que pense la majorité des amateurs, il ne s’agit pas seulement de gagner cinq mètres en distance totale !

La qualité d'un joueur au drive ne se mesure pas qu'à la distance

Pour mesurer l’efficacité des engagements, il faut prendre en compte cinq critères :

  • la distance,
  • le nombre de fairways touchés,
  • la distance moyenne avec le bord du fairway quand on est dans le rough,
  • le pourcentage de bunker de fairways pris,
  • et ce que nous appellerons le pourcentage de grosses erreurs, à savoir les drives qui tombent dans un obstacle d’eau ou hors limites.

Quand nous combinons ces cinq mesures, nous obtenons la réelle performance d’un joueur au drive.

Dans le cas de Keegan Bradley, cette mesure permet de constater qu’il est le deuxième meilleur joueur du tour dans ce compartiment.

Pour devenir le prochain numéro un mondial, ce n’est donc pas spécifiquement, ce domaine qu’il devra faire progresser en 2014.

9ème pour la distance, il fait partie des soixante premiers pour la précision, et évite très bien les grosses difficultés.

Performances du golfeur dans le domaine du putting : Mesurer la qualité du petit jeu

Sur le PGA Tour, 70% des vainqueurs de tournois en 2013 ont terminé dans le top-10 de la catégorie « points gagnés au putting » !

Un mauvais putter n’a donc aucune chance de bien scorer.

Le putting est la clé du succès. Les approches sont la clé du putting.

Dans ce cas, il faut mesurer le nombre de putts rentrés depuis différentes distances :

  • Moins d’un mètre,
  • deux mètres,
  • trois mètres,
  • cinq mètres,
  • dix mètres,
  • et plus.de dix mètres.

Dans le cas de Keegan Bradley, les statistiques nous montrent qu’il rentre près de 99,6% de ses putts à moins d’un mètre, ce qui le classe 35ème sur le PGA tour. Rappelons qu’il est onzième de l’ordre du mérite en 2013.

88% à moins de 3 mètres, et seulement 8,6% à plus de dix mètres ,ce qui le classe 133ème.

Le putting est un secteur de jeu où finalement sans être mauvais, Bradley perd des points par rapport à ses concurrents, mais surtout, dans son jeu, nous pouvons constater qu’il perd des points sur les longs putts.

Or, c’est justement sur les par-3, où il aura le plus besoin de cette compétence, et donc c’est un nouvel argument pour dessiner un objectif d’entrainement bien précis pour un progrès tangible qui apporte réellement quelque chose au joueur.

Rappelons que sur les par-3, les bons joueurs ont plus rarement des putts à côté du drapeau après leurs approches.

C’est donc bien sur ces trous qu’il faut être bon sur les putts longues distances.

Performances du golfeur dans le domaine des approches : Sauver des pars ou rentrer des birdies

Autre mesure à prendre en compte pour comprendre le jeu de golf d’un joueur : la qualité des approches en bord de greens.

A savoir, mesurer la proximité moyenne des coups joués :

  • entre un et dix mètres,
  • entre dix et vingt mètres,
  • et les sorties de bunkers de greens.

Le drapeau : la finalité au golf

A moins de dix mètres, Keegan Bradley pose la balle en moyenne à 1,18 mètres, ce qui le classe seulement 151ème golfeur sur le PGA Tour.

A l’inverse, à moins de vingt mètres, il est beaucoup plus performant, car il pose sa balle en moyenne à 1,95 mètres, ce qui le classe 57ème.

En réalité, ce golfeur est plutôt un joueur d’approche assez moyen.

Toutefois, sur le parcours, il est un peu meilleur sur le sous-segment le plus important du petit jeu, les approches entre dix et vingt mètres, là où se joue le fait de sauver le par.

C’est d’ailleurs, une explication du fait que Bradley est un joueur assez doué pour éviter les bogeys, et pas assez performant au chipping pour faire plus de birdies.

A la lecture de ces trois segments (driving, putting et approches), nous pouvons réellement comprendre où le joueur doit progresser.

Dans le cas de notre cobaye, c’est vraiment dans le domaine des approches, et du putting.

Pour un amateur (index 0 à 18) et son coach, il convient donc de faire le même exercice pour déterminer par les statistiques, précisément  quel secteur de jeu faire progresser pour avoir un résultat vraiment tangible en 2014.

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Auteur

Master Class PGA en petit jeu et entrainement de haut niveau certifié par la TPI (Titleist Performance Institute), Michel a dirigé la section Sport Études Golf Rhône Alpes de 1995 à 2001, et a formé plusieurs joueurs actuellement sur le tour européen.


Sur le site, il intervient comme consultant technique pour les questions liées à la pratique du golf pour les amateurs.

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