Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans European Golf Tour

Comment Mickelson s’est-il transformé en golfeur de links ?

Comment Mickelson s’est-il transformé en golfeur de links ?

Tout de noir vêtu dans son ensemble veste-pantalon pour lutter contre la pluie, mais toutefois bien trempée, avec un petit clip pour garder sa casquette vissée sur sa tête, avec ses deux gants, les pieds trempés, marchant sur le parcours de Troon sans parapluie, le visage à la merci des gouttes de pluie pendant cinq heures, Phil Mickelson a de nouveau démontré toute son aisance dans les pires conditions, et sur un format de parcours bien particulier : le links ! Mais comment fait-il ?

Découvrez nos formules d'abonnements

Plus les conditions deviennent effroyables, et plus elles semblent sourire au jeu de Phil Mickelson !

Après tant d’années à avoir échoué sur The Open, tant d’années à ne pas avoir réussi à s’adapter aux conditions, et aux parcours, il semble bel et bien que « Lefty » soit enfin parvenu à trouver la formule magique.

Il a enfin compris qu’il lui fallait arrêter de jouer la puissance absolue, et essayer d’over-driver tous les fairways.

A 46 ans, Mickelson a enfin embrassé toute la dimension d’un parcours de type links.

Et il s’en réjouit…A l’image d’Edgar Grospiron reconverti de champion olympique de ski de bosse en consultant en management, ce dernier vous vante de vous brancher sur les opportunités !

« Vous croyez que j’aurais fait du ski de bosse, si j’avais cru que chacune d’entre elle était une menace. Au contraire, à chaque fois, c’était une occasion de se dépasser.»

De la même façon que Grospiron, Mickelson embrasse pleinement toute la difficulté d’une partie de golf à Troon.

« J’aime vraiment le challenge que nous fournit la météo. »

Tout au long de sa carrière, l’offensif Mickelson a déjà gâché de très nombreuses occasions dans des conditions pourtant parfaites.

Mickelson a toujours été un attaquant ! Et c’est pour cette raison que le public aime le voir jouer. C’est pour cette raison qu’il est un des golfeurs les plus appréciés, et les plus suivis. Car avec lui, il peut toujours se passer quelque chose d’extraordinaire.

Ce n’est pas un hasard s’il use et abuse du lobshot, y compris pour faire passer la balle au-dessus de sa tête, et avec le trou dans son dos…

Dans les conditions les plus difficiles de vent et de pluie, l’attaquant trouve un challenge à sa mesure. C’est presque un avantage par rapport à tous ses rivaux.

Une grande partie de sa confiance est née de sa collaboration avec Dave Pelz en 2003 alors qu’il avait 33 ans, et n’avait encore jamais gagné de majeurs.

Le coach et le joueur offensif se sont retrouvés autour du petit jeu, et d’une idée : Celle que la plus difficile des victoires serait The Open.

Difficile pour Mickelson car à cette époque, cela supposait de revoir complètement la stratégie et l’approche du petit-jeu du gaucher.

Pour Pelz « Phil a un angle d’attaque très vertical. Il tape la balle très durement, et donne plus de spin que n’importe quel autre joueur sur le tour avec ses wedges. C’est à peu près la pire chose à faire sur un links et dans le vent… »

Le célèbre gourou du petit-jeu a donc travaillé avec le champion pour lui faire enlever du spin, aussi bien sur les longs clubs que sur les clubs d’approches.

L’objectif consistait à lancer la balle dans l’air le plus vite possible, pour qu’elle retombe tout aussi vite sur le sol.

Tout l’inverse de ce qu’il avait appris jusqu’à présent !

« On m’a enseigné à taper la balle basse, à placer la balle très en arrière dans mon stance, et à délofter le club… »

Reconnaissant que le problème « était de générer un angle très raide et de créer beaucoup de spin. »

Et même quand la balle est sur une trajectoire basse, pénétrante, elle prenait du spin !

Or, sur un links, justement, vous ne voulez pas ça !

« Pour moi, il n’y a qu’une seule différence ! La position de ma balle, mon swing, tout est similaire, sauf que je raccourcis légèrement mon backswing, et j’accélère plus dans la balle. »

Ainsi, Mickelson ne déploie pas assez de vitesse pour créer le même montant de spin.

L’angle d’attaque de la balle n’est ainsi pas le même. Il est moins vertical, ce qui fait que la balle part plus basse sans vitesse, et sans trop de spin.

Au cours d’une séance de practice en 2005 à Saint-Andrews, Mickelson était en train de taper des coups à 135 mètres depuis le milieu du fairway quand il pris deux clubs de plus qu’à l’accoutumée, réalisa un trois-quarts de swing, et filer voler la balle sur 90 mètres, la laissant courir sur le reste de la distance…

Après que le gaucher ait mis huit balles sur dix sur le green, et certaines très près du drapeau, le superintendant du terrain se tourna vers Pelz et lui demanda « Il est vraiment si bon que cela, ou il a juste de la chance ? »

Amusé, le coach répondit « Il est en train de vraiment devenir très bon. Il aura un jour sa chance pour gagner ici… »

Finalement, il attendra encore huit ans pour réaliser cette prophétie. En gagnant à Muirfield en 2013, Mickelson avait alors accompli le plus grand exploit de sa carrière. En tout cas, celui qui l’a le plus marqué.

Et à ce sujet, Mickelson n’est pas avare de comment il a pu se transformer en très bon joueur de links. Il est même fier de sa transformation en un joueur encore plus complet.

Son apprentissage lui a encore été fort utile cette semaine sur le parcours de Troon, surtout après deux tours presque parfaits, et dans des conditions très différentes d’un jour à l’autre.

Sur le premier tour, l’américain a été en contrôle complet de son jeu pour scorer pour la première fois de l’histoire de The Open, un 63, et manquant d’un rien de battre le record en majeur.

Sur le second tour, dans une journée marquée par une forte pluie et un vent plus présent, des conditions qui ont poussé plusieurs golfeurs à la sortie de piste, Mickelson a ajouté quatre birdies supplémentaires.

Seul Henrik Stenson semble en mesure de le suivre sur ce rythme.

A moins dix après deux tours, pour un score total de 132, le gaucher a égalé son meilleur score en majeur.

A moins dix après deux tours, pour un score total de 132, le gaucher a égalé son meilleur score en majeur.

Pour le plus grand plaisir de Pelz, Mickelson a répété la stratégie gagnante de Muirfield qui voulait qu’il sacrifie son driver, et se restreigne sur les tees de départs pour au contraire, privilégier un fer 2, et une balle roulante sur de nombreux trous.

« Pour la première fois en treize ans de collaborations, je l’ai enfin vu taper un fer au départ de pars-5 , ce que je trouve fabuleux. » déclara un Pelz aux anges devant l’aisance stratégique de son poulain.

Ajoutant « Je ne suis pas très inquiet s’il se retrouve en difficultés autour des greens, car c’est le meilleur joueur de wedge du monde. Mais s’il se trouve en difficulté sur le tee de départ, alors cela peut tout mettre par terre. Je préfère le voir jouer ainsi.»

Si dimanche, Mickelson parvenait finalement à s’imposer, il deviendrait à 46 ans le plus vieux vainqueur du British Open depuis 1867 !

Comparé à dix ans plus tôt, il est pourtant moins gros, en meilleure forme physique, et plus fort.

Pour le champion, en plus, son swing est à nouveau bien en place, et dans le plan !

« Je recommence à taper des coups comme je pouvais le faire dix ans auparavant, et je recommence à jouer à nouveau mon meilleur golf. Je ne vois aucune raison pour ne pas être capable de faire cela toute la semaine, et encore pendant plusieurs années. »

Nous avons toujours pensé que ce serait au Masters que Mickelson connaitrait ses plus grands succès, tant son driving, son œil, et son jeu en gaucher y était parfaitement adapté.

Pourtant, c’est peut-être sur The Open qu’il pourrait être le plus longtemps prolifique avec déjà pas moins de quatre top-25 sur les cinq dernières années. Lui prédire une telle longévité sur des links était tout bonnement impensable dix ans plus tôt !

Pelz est passé par là, et l’a aidé à réinventer son jeu.

« Pour lui, c’était tout nouveau ! Mais quand il a commencé à changer son jeu, et découvrir une toute autre façon de procéder, cela a commencé à lui plaire. Il a fallu du temps comme pour n’importe quel joueur, mais maintenant, il est vraiment bon dans ce domaine, et il progresse toujours… »

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 1623
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.