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Comment lire un green pour baisser son nombre de putts ?

Comment bien lire un green de golf ?

Le putting représente près de 50% du jeu de golf. Etre performant dans ce domaine peut vous aider à rapidement baisser vos scores sur le parcours. Il existe de nombreuses méthodes et recommandations de moniteurs ou de joueurs professionnels. Tour d’horizon des dernières techniques pour mieux lire un green…

Avant même d’avoir une bonne technique, à savoir à minima, un geste régulier et facilement répétable, pour être un bon « putter », il faut déjà commencer par avoir une bonne vision de son environnement de jeu, et en particulier, la surface d’un green.

Le putting est à la fois l’aspect le plus instinctif du golf, mais pas le moins technique comme nous pouvons faussement le croire.

Le mot technique n’englobe pas forcément qu’une question de dextérité. Sur le green, c’est peut-être le moment où le cerveau et tous les sens, sont les plus mobilisés pour simplement pousser une balle au fond d’un trou.

Les fausses croyances concernant la lecture d’un putt

Si vous jouez toujours sur le même parcours, à force et sans vous rendre compte, par habitude, vous allez croire que vous commencez bien lire les greens, et même vous sentir à l’aise avec votre putting.

Vous finirez même par vous sentir bon dans cette partie du jeu. Et puis un jour, vous allez jouer sur un nouveau parcours, et sur les greens, parfois au bout de seulement quelques trous, vous allez éprouver un sentiment bizarre.

Comme si ce jour-là, vous n’aviez pas votre habituelle aisance putter en mains !

Bien lire un green, doit être une compétence que vous pouvez transposer sur chaque nouveau trou, quel que soit le parcours que vous jouez !

A force de jouer sur un parcours, notamment pour les abonnés, et même si le greenkeeper fait de temps en temps l’effort de déplacer les trous, vous avez pu développer une compétence, qui se rapproche plus de la mémoire que de la réelle lecture des greens, à savoir les pentes, les directions du gazon, et plus globalement la ligne idéale jusqu’au trou.

Même pour un golfeur amateur, le cerveau et le corps enregistrent plus que vous ne le croyez les bons mouvements, et corrigent les mauvais.

L’expérience est quelque chose qui fonctionne au golf, même inconsciemment.

C’est pourquoi, quand vous quittez votre parcours habituel, cette expérience qui n’a pas eu lieu sur un nouveau parcours vous fait cruellement défaut au moment de putter sur de nouveaux greens.

Mais il n’y a pas de fatalité ! Ce n’est pas ce qui empêche les professionnels de golf qui ne jouent jamais sur les mêmes greens d’une semaine à l’autre de trouver des parades.

La lecture d’un green de golf est une technique qui peut s’apprendre

Comme pour d’autres compartiments du jeu de golf, il existe des techniques de lecture de greens.

Certaines sont un peu tirées par les cheveux comme cette bonne vieille méthode de fil de plomb.

D’autres utilisent leurs putters en le tendant devant eux comme un baton à la verticale de la ligne de putt idéale

Si vous avez un jour, regardé un tournoi de golf à la télévision, vous avez sans doute déjà vu des pros se baisser à genou sur le green, mettre leurs mains sur leurs casquettes comme si il créait un tunnel visuel pour en fait restreindre leurs champs de vision aux seuls éléments qui concernent la trajectoire idéale…ou alors tout simplement pour mieux se concentrer, et visualiser.

Aux USA, un célèbre enseignant de golf, Mark Sweeney a mis au point un système de visée au putting appelé - Aimpoint - qui a connu un certain succès sur les tournois du PGA Tour, et notamment pendant les retransmissions de GolfChannel.

aimpoint.jpg

Il s’agissait de lignes digitales superposées qui étaient capables de prédire à quel endroit la ligne de putt allait casser, et à quel endroit les golfeurs avaient besoin de viser pour anticiper cette rupture dans la ligne de putt.

Une notion fondamentale du putting : la rupture de trajectoire

Sur un green, il existe au moins deux situations très importantes : le putt tout droit, et le putt qui marque une rupture par rapport à une ligne droite.

  • Pour le putt tout droit, la principale difficulté réside dans le dosage pour parcourir la distance.
  • Pour le putt avec rupture de trajectoire, la difficulté est double : dosage pour parcourir la distance, plus, et c’est le plus difficile, être capable d’anticiper ce fameux point où la balle change de trajectoire.

Dans certains cas, il peut arriver que la balle change plusieurs fois de trajectoires, notamment sur les greens en plateaux.

Vous l’aurez compris, pour bien putter, il est donc essentiel de maîtriser cette notion de rupture de trajectoire.

Calcul du point de rupture

 

Sur le visuel ci-dessus, nous pouvons observé plusieurs éléments :

  • la ligne imaginaire du point de départ vers le trou matérialisée par plusieurs balles blanches
  • la ligne bleue qui représente la visée qui doit être adoptée avec la bonne vitesse du putt pour suivre la trajectoire de balle idéale
  • la ligne jaune représente la ligne droite depuis le point de départ du putt, qui va croiser le point de rupture du putt idéal
  • la case rouge "apex" symbolise l'endroit exact du point de rupture, et c'est ce point qui doit être maîtrisé pour parvenir au putt idéal
  • et enfin, nous pouvons calculer la quantité d'écart entre la ligne de visée et le trou "amount of break".

Toute balle qui traversera la zone marquée par la case rouge et allant à la bonne vitesse aura 100% de chances de rentrer dans le trou.

Mark Sweeney : le père du système AimPoint

Sweeney a beau être seulement index huit, ses résultats au putting sont tout bonnement impressionnants.

A tel point que certains golfeurs professionnels comme Padraig Harrington ou Bo Van Pelt ont adopté son système de visée.

Quand Sweeney demande à un golfeur qui se trouve sur un putting-green de lui dire comment il a choisi son point de visée, ce dernier est souvent embarrassé pour répondre de manière argumenté.

Et c’est normal selon Sweeney « Personne ne peut répondre précisément à cette question »

Quelques années auparavant, alors qu’il regardait le British Open à la télévision, il constata que la plupart des joueurs manquaient systématiquement le même putt sur un des trous.

Intrigué, ce diplômé d’un MBA à Whaton qui travaillait avec des ordinateurs de calculs surpuissants n’avait pas pour habitude de croire aux forces surnaturelles !

« Croyez-le ou pas, mais une balle de golf fait ce qu’elle doit faire, et c’est reproductible »

Pour le démontrer, il prend une balle de golf dans sa main, tend son bras, et la lâche. Il reproduit le même geste à plusieurs reprises. Vous pouvez tenter de reproduire l’expérience, et vous pourrez constater comme lui que la balle tombe droite sur le sol, et toujours de la même façon.

La gravité et la friction déterminent la réaction de la balle.

Le chemin d’une balle qui roule est dicté par la gravité (souvent appelé au golf « Slope »), la friction (le contact lisse de la balle avec le green, en tenant compte de la vitesse et la direction du vent), et la force du coup.

Pour créer son système de lignes de putting que vous pouvez voir sur certaines retransmissions de golf à la télévision, AimPoint trace au laser les contours du green sous formes de cartes, mesure une quantité d’autres variables, et charge le tout dans un programme d’ordinateur.

Un humain peut apprendre à faire la même chose dans un délai de deux heures et demi avec une formation appropriée. Pour faire simple, il s’agit essentiellement de notions de topographie.

La première étape dans le fonctionnement du système de Sweeney est en fait l’identification de la « ligne zéro » (le plus souvent une courbe), soit une série de points connectés entre eux à partir des desquels, un putt doit être aligné jusqu’au trou.

Imaginez que vous avez devant vous un putt de dix mètres en montée. Vous n’êtes pas certain du point de rupture.

En utilisant cette méthode, qui s’apparente à celle des petits cailloux du chaperon rouge, et en marchant sur le green en suivant au plus près cette trajectoire (les sensations que vous ressentez dans vos pieds sont plus sensibles que celles que vous enregistrez avec vos yeux), vous deviez finir par trouver le point de rupture, la ligne zéro.

SI votre balle part sur la droite de cette ligne, votre putt va casser sur la gauche. Si votre balle est à gauche de la ligne, votre balle va casser sur la droite, comme définit par les lois de la gravitation.

C’est aussi simple que cela…selon Sweeney.

Mesure du point de rupture d'un putt à 1m50

Maintenant que vous avez la bonne information…à savoir ce qu’il faut chercher à identifier sur un green (la ligne zéro), vous ne regarderez plus les greens de la même façon.

Devant chaque putt, et quel que soit le parcours que vous jouez, vous devez toujours avoir le réflexe de chercher le point de rupture de votre ligne de putt, si possible marcher le long de votre ligne, dessinez mentalement une série de points jusqu’au trou, et enfin gérez votre technique de putting.

De cette façon, le putting ne sera plus une affaire de hasard ou pire de phénomène paranormal.

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Auteur

Master Class PGA en petit jeu et entrainement de haut niveau certifié par la TPI (Titleist Performance Institute), Michel a dirigé la section Sport Études Golf Rhône Alpes de 1995 à 2001, et a formé plusieurs joueurs actuellement sur le tour européen.


Sur le site, il intervient comme consultant technique pour les questions liées à la pratique du golf pour les amateurs.

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