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Posté par le dans Insolites sur le golf

Comment les pros tuent le temps sur le parcours pendant une pause forcée ?

Comment les pros tuent le temps sur le parcours pendant une pause forcée ?

Au cours du troisième tour de l’Omega European Masters 2016, au départ du 14 ce samedi, il y a eu un sacré embouteillage, forçant les joueurs à attendre de longues minutes avant de pouvoir prendre le départ. En cause de nombreux drives égarés sous les arbres nécessitant de revenir sur le tee de départ…comme quoi les pros peuvent parfois connaître les mêmes problèmes que les amateurs.

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Sur le parcours de Crans-Sur-Sierre, le trou numéro 14 est l’un des plus éloignés du départ. Il se joue dans le sens de la descente vers la vallée, et mesure près de 512 mètres.

Pour une telle longueur, c’est bien entendu un par-5 qui nécessitent impérativement deux shots longues distances.

Il jouxte le 15 qui est aussi un par 5 mais celui-ci se joue en remontant, et mesure « seulement » 472 mètres !

Comme le 14 est un des trous les plus éloignés des « facilities », c’est aussi l’un des trous les moins fréquentés par le public, d’autant que les seuls abords réservés au public se trouvent être sous les arbres, ce qui n’est pas ce qui est le plus recherché par le public qui aime profiter d’une balade ensoleillée.

Conséquence indirecte, à la différence des autres trous, il y a beaucoup moins de personnes pour aider les pros à chercher leurs balles. 

Le départ étant joué vers la pente, les pros ne voient pas nécessairement le point de chute exact du drive.

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Et contrairement à ce que vous pourriez imaginer, ils ne la mettent pas si souvent au centre du fairway !

Par exemple, sur les deux premiers jours, Bryson DeChambeau a passé son temps à chercher ses coups de départs sur les bords des fairways.

Sur le parcours, il y a même des zones où un nombre certains de joueurs expédient régulièrement le drive sous les arbres. Je n’ai pas fait de statistiques mais au départ du 9, j’ai bien vu un joueur toutes les deux parties se mettre sous les arbres à droite avec un coup de recentrage compliqué à jouer.

Dans cette zone, il y a suffisamment de marshalls et de public pour trouver la balle immédiatement, d’autant que le rough est court et dégagé.

Sur le 14…bonne chance pour trouver votre balle dans une véritable forêt dense !

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Sur une journée où je passe près de 6/7 heures à marcher le parcours dans tous les sens, je vous avoue que je cherche parfois un « spot » où pouvoir poser ma caméra et mon appareil photo, et laisser les joueurs venir à moi, plutôt que l’inverse.

Samedi, pour le troisième jour de mon photo-reportage, le jour où la fatigue est aussi la plus importante, surtout que la météo a été plutôt très bonne, et donc un soleil qui a bien tapé, trouver un trou moins fréquenté et un peu ombragé n’est pas du luxe. 

Le hasard de mon périple qui m’a vu changer de spots tous les jours (le premier jour, j’ai sévi entre les trous 1 et 6, le deuxième jour plutôt sur les trous 9 à 13, et donc le troisième jour, j’ai sauté du 1 au 15, sans oublier de passer un peu tous les jours sur le 18), a donc voulu que je « fatigue » au 14 et que je laisse venir une douzaine de parties, à commencer par celle de Benjamin Hebert, jusqu’à celle de Willett, partie avec laquelle j’avais commencé ma troisième journée depuis le tee du 1. 

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Ainsi, j’ai vu passer la fine fleur du golf européen, y compris les meilleurs drivers du tour comme Chris Wood, Oliver Wilson, Lee Westwood, mais aussi les français Mike Lorenzo-Vera ou encore Raphael Jacquelin. 

Comme les pros repèrent le parcours avant, et pour certains l’ont déjà joué à plusieurs reprises depuis des années, ils savent que la mise en jeu est encore plus cruciale sur ce trou.

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Par exemple, Lorenzo-Vera, pas certain du point de chute de son premier drive n’a pas hésité à remettre une deuxième balle. 

Une bonne idée car à l’inverse de Brett Rumford il n’a pas eu à remonter le fairway en courant pour retaper une deuxième balle !

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Et si seulement, Rumford avait été le seul ! 

Le pauvre a bien dû taper trois drives en tout, et je ne suis pas sûr qu’un seul ait trouvé le fairway.

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Tout ceci pour expliquer pourquoi au départ du 14, les pros se sont souvent retrouver à deux parties à devoir attendre l’autorisation de poursuivre. 

Loin de s’exaspérer, ils en ont tous profité pour se reposer, s’asseoir, s’allonger comme Bernd Wiesberger ou manger comme Jacquelin, Lawrie ou Westwood.

Sur l’ensemble des joueurs, ils sont assez peu nombreux à en profiter pour répéter leurs gammes.

Alors que dans mon souvenir, il existe quelques cas de golfeurs professionnels qui ont été éliminés de tournois pour avoir utilisé des gadgets pour travailler la technique, ici, les golfeurs expérimentés ne commettent pas un tel impair, et restent sur des bonnes vieilles méthodes.

Ce fut le cas de Raphael Jacquelin qui pris son driver entre ses aisselles pour travailler la connexion bras-haut du corps, tout en cherchant l’action de la hanche gauche. 

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Autre exemple, Chris Wood qui enchaîne les drives à vide avec les mains très décalées sur le grip, notamment la main droite pour sentir l’action du bras droit qui se détend dans la zone d’impact.

Je ne sais pas si les joueurs qui répètent ce type d’exercices parviennent à mieux driver que les autres, sachant que les interruptions ont parfois duré plus de dix minutes, ceci étant, Jacquelin n’a pas manqué son drive alors que Wood n’a pas semblé satisfait du résultat.

Comme quoi, pro ou amateur, il n’y a pas de recette miracle pour réussir à parfaitement se reconcentrer après un arrêt de jeu.

Avec ce sujet, l’idée était de vous illustrer que parfois, pro ou amateurs, nous vivons sur la même planète golf !

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A une exception près, quand ils ont tapé le deuxième coup, un commissaire les ramène sur la partie en voiturette...

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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