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Comment Flightscope se différencie par rapport aux autres radars

Comment Flightscope se différencie par rapport aux autres radars

Au cours de notre visite du PGA Merchandise Show d’Orlando en janvier dernier, nous n’avons pas seulement visité les marques de drivers ou de fers, mais aussi profité de l’occasion pour faire un tour d’horizon des launch monitor, un sujet qui nous concerne au premier chef pour nos tests, mais aussi pour discerner ce qu’ils peuvent apporter à l’industrie et aussi aux amateurs. Si Trackman est le leader du marché, FlightScope et Foresigh Sports sont les principaux challengers. Et chacun tente de se démarquer dans un domaine où la précision de la donnée est fondamentale.

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Pour préparer ce sujet, nous avons interviewé Jeff Carr qui a beau être américain, vit en Europe, et plus particulièrement en Suède où il dirige le bureau européen de la marque Flightscope, spécialisé dans la production de launch monitor ou plus exactement de systèmes visant à « tracker » la balle de golf.

A l’origine, la société a été fondée en 1989 par Henri Johnson, et avait pour but initial de mesurer des projectiles à usage militaire.

Aujourd’hui encore, Flightscope continue de servir l’industrie de l’armement, et ce, dans 24 pays.

Pour cette société, le golf était en fait le « next step » logique utilisant les techniques à base de mesure doppler 3D.

Les deux principes techniques les plus importants concernant le doppler sont la technologie radar, et l’électronique embarqué.

Selon Jeff Carr, le rayon qui sert au suivi de mesure a non seulement été breveté, mais de plus, c’est le plus avancé de l’industrie.

Concrètement, ce système 3D permet de mesurer la balle, mais aussi le déplacement du club, ce qui n’est pas négligeable puisque cela donne un retour d’information sur le coup, et comment il a été réalisé.

Flightscope utilisé sur le stand TaylorMade à Orlando 

Au catalogue, Fligthscope propose plusieurs produits dans des gammes de prix différentes, le X2 Elite, le Xi Tour, et le Xi + modèle que nous utilisons d’ailleurs lorsque nous produisons des tests chez notre consultant, Loïc Monchalin, au golf du Gouverneur.

S’agissant du développement de la marque et de son axe de différenciation, c’est sous cet angle que nous avons démarré notre entretien avec Jeff Carr.

Nous essayons de produire d’année en année de meilleurs produits, et pour nous différencier, nous misons sur des applications connexes, comme par exemple, le nouveau système FocusBand qui est directement intégré dans notre app ou notre logiciel pour PC.

Il s’agit d’un bandeau que vous mettez autour du crâne, et qui mesure vos réactions pendant un swing de golf.

Pour nous, c’est vraiment un énorme produit dans notre développement.

De la même façon, nous avons le wireless bodytrak qui capte la pression des pieds pendant le swing.

Finalement, notre concept consiste à proposer une « white box » qui est notre moteur d’analyse, puis d’y ajouter différents composants pour compléter l’analyse, que ce soit au niveau du mental, ou de la pression des appuis.

En résumé, tout consiste dans la construction d’un « hub » avec le radar au centre, et de continuellement développer notre offre.

La Focusband couplée au Flightscope 

Ce principe de fonctionnement est selon moi une des grosses raisons pour lesquelles les clients peuvent choisir Flightscope.

En fait, si on peut décupler l’utilisation de notre radar dans différents domaines d’applications, nous pouvons réellement marquer des points par rapport à nos concurrents.

Vous opérez sur un marché où les changements technologiques sont légions. En quoi, la technologie est-elle prépondérante pour vous ?

De nos jours, dans le domaine de l’enseignement ou du custom fitting, il devient impossible d’exercer ces métiers sans l’apport de la technologie.

Ce serait comme avancer les yeux bandés. En s’appuyant sur la technologie, un professionnel peut en plus de ses yeux se référer à un outil fiable pour démontrer son raisonnement.

Avec un radar, un enseignant dispose d’un plus grand nombre de données pour construire de meilleurs swings pour ses élèves.

Transposez cela sur un médecin qui vous toucherait seulement l’épaule, et vous dirait « Ah, effectivement, vous avez mal au dos. »

Au contraire, il va s’appuyer sur des mesures ou des radios pour s’assurer de donner le meilleur diagnostic.

En matière de golf, c’est tout à fait la même situation.

En termes de positionnement prix, Flightscope ne se positionne pas au même niveau de prix que votre principal concurrent, Trackman, comment expliquez-vous ce décalage ?

Effectivement, je crois que nous avons construit un produit de qualité à un bon prix.

Ceci étant, c’est toujours un produit relativement coûteux bien que moins cher que nos concurrents pour apporter une meilleure valeur ajoutée à nos clients.

Comment appréhendez-vous l’arrivée de nouveaux acteurs sur votre marché ?

Pour être tout à fait honnête, je pense que nous sommes assez seul sur notre segment de marché, et du point de vue des ventes, nous revendiquons le fait de vendre plus de radars que n’importe qui d’autre.

Après, la compétition a toujours du bon, et comme vous me le demandiez, la différenciation est l’élément clé.

Nous sommes les meilleurs sur certaines mesures, et d’autres sont meilleurs dans d’autres domaines.

Bien entendu, nous essayons d’être les meilleurs dans tous les domaines, et si vous regardez la liste de nos clients, et des personnes qui ont intégré nos solutions, vous verrez que nous avons plus de clients que n’importe quel autre fabricant.

Peut-on imaginer que dans un futur proche les golfeurs amateurs pourront bénéficier plus directement de ce type de technologie ?

Nous avons des plans pour atteindre le consommateur final avec une version appropriée.

Cependant, la difficulté consiste à trouver le niveau de prix en relation avec le niveau de développement nécessaire pour fournir un outil suffisamment précis, et de fait, utile.

Un outil pour tracker la balle 

Si 12 000 dollars est un prix élevé pour un golfeur amateur, il faut trouver un prix qui soit suffisant pour développer une technologie suffisamment précise.

Un radar peut être moins cher et vous apporter du plaisir, mais si les données ne sont pas précises, quel intérêt !

Attendez un petit peu, et vous verrez que nous reviendrons avec une solution adaptée pour les amateurs.

Quelle est la donnée qui est la plus difficile à tracker pour un launch monitor ?

En indoor, je dirai que c’est le taux de spin. Pour nous garantir un résultat précis, nous utilisons une petite pastille au centre de la balle.

L’angle d’attaque n’est pas très facile à capter surtout qu’il existe de plus en plus de têtes différentes, et quand le club vient rencontrer la balle, en la tapant, ou en prenant de l’herbe, le bruit généré peut perturber la mesure du radar.

Toutes les machines rencontrent ce type de problème. Nos ingénieurs ont travaillé d’arrache-pied pour réduire les interférences entre la balle, et le radar.

Il n’existe pas de machines 100% parfaites. Nous essayons seulement d’améliorer notre outil de mesure au maximum.

Y’a-t-il une grosse différence entre une balle premium et une balle de practice dans les mesures avec votre radar ?

Oui, la différence est même très importante.

Si vous allez sur un practice de golf en Suède au mois de novembre où le froid est déjà très important avec même de la neige ou si vous allez en Espagne, vous allez constater d’importantes différences.

Nous conseillons à nos clients de taper une balle premium devant un flightscope et puis de taper une balle de practice, vous verrez la différence entre les deux balles en termes de spin, et de vitesse de balle.

Après quand vous taperez d’autres balles de practices, vous pourrez vous référer au fait qu’il y a une différence d’au moins 10 à 12% par rapport à une balle premium.

Et dans certains cas, l’écart peut même monter jusqu’à 20% quand la balle de practice n’a plus aucune alvéole.

Finalement, les launch monitors permettent surtout de mieux connaître le jeu de golf des amateurs ?

Je trouve que c’est un des bénéfices que nous apportons au consommateur quand nous lui apprenons qu’il peut taper un fer 6, dix à quinze mètres plus court au practice par rapport au parcours, seulement à cause de la balle.

De la même façon, nous constatons très souvent que quand quelqu’un tape des balles pour la première fois avec un launch monitor, il est souvent surpris par ses distances, se pensant souvent plus long.

Par exemple, quand vous vous trouvez sur le tee de par 4 long de 335 mètres et que vous tapez un drive qui vous met à 135 mètres du green, vous pensez avoir tapé un drive à 200 mètres.

Sauf que si les boules ont été avancées de dix mètres ou reculés de vingt, votre mesure visuelle n’est pas le reflet exact de votre performance.

Les amateurs, les consommateurs finaux des données d'un radar

Un jour où nous avions une démo sur un pro-am, j’ai mesuré les drives des amateurs.

En moyenne, ils tapaient à 186 mètres.

Quand je leur ai dit, ils m’ont tous soutenu que c’était impossible, et qu’ils tapaient plutôt à 210 ou 220 mètres.

J’ai choisi un repère visuel sur le parcours, un bunker et je leur ai demandé si au drive, ils arrivaient à passer généralement cet obstacle.

Ils m’ont répondu que non…Et pour cause, ce bunker était en fait à 195 mètres !

Notre perception visuelle des distances peut nous jouer des tours par rapport aux distances réelles que nous produisons avec nos clubs.

De la même façon, nos clubfitters, et nos enseignants commencent à apporter une nouvelle valeur ajoutée aux amateurs, en leurs proposant de venir tester leurs clubs, et étalonner leurs distances avec chaque fers pour justement découvrir des anomalies ou si des clubs sont redondants dans le sac.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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